mercredi 19 avril 2017

Sur ma table de chevet




Mon côté de lit est un joyeux foutoir qui prend la poussière jusqu'à former un genre de marchepied naturel pas désagréable, quoi que fort peu stable, qui me laisse malgré tout penser que que je n'ai pas qu'un patronyme royal au moment de me jucher sur ma couche.

- - - - Couche par ailleurs perchée aussi haute qu'un lit médical grâce (à cause ?) du sommier et du matelas mémoire de forme épais comme des livres de Dan Brown de tout couple de plus de 45 ans qui a fini par se convaincre que "rien n'est plus important qu'une bonne literie à notre âge" même au prix d'un billet aller/retour Seychelles en 1ère classe. Parfois je regrette mon clic clac d'étudiante - - - - -


Revenue aux dures réalités de la vie en famille, de l'optimisation de l'espace et de la chasse au bazar, il m'arrive de me lancer avec enthousiasme et efficacité dans un tri, qui aboutit immanquablement à une rupture d'espace temps pendant lequel je me retrouve, assise par terre à trier les indispensables des désespérément inutiles, découper les recettes et les photos chouettes, relire les magazines et les livres, ouvrages et prospectus étalés par terre. Avant de tout remettre en tas.

Le dernier tri a permis malgré tout de sortir des limbes moutonneuses quelques pépites - à la demande générale de mon lectorat bibliophile.

(la suite après le saut)

mardi 18 avril 2017

Quand tu sais pas, t'as Carlos





Non Carlos n'est pas que le fils de Françoise Dolto ni l'interprète du tube planétaire Big Bisou sorti en 1977, en pleine période Punk. (Finalement, à bien y réfléchir, c'était peut-être lui, le vrai Punk de l'histoire).

Il a aussi sorti en 1976 un 45 tours sur lequel on trouvait sur la face A le totalement oublié (sauf de Roro et ses frères) "bougalou du loup garou", et sur la face B le encore plus oublié "Si j'étais Président", profession de foi super festive et ritournelle impeccable dont les paroles sont fixées dans ma mémoire depuis... mes 6 ans.

Une semaine à peine avant de partir d'un pas décidé vers les urnes remplir votre devoir citoyen, voilà de quoi envisager votre plongée dans les programmes des candidats avec entrain et bonne humeur  :





PS : l'histoire de Yvan Chrysostome Dolto, fils de, diplômé en kinésithérapie, devenu secrétaire particulier de Sylvie Vartan avant de changer de nom pour prendre celui de Carlos en hommage au percussionniste Carlos Patato Valdes, et devenir un artiste de variété incontournable, vaudrait à lui tout seul un film.


vendredi 14 avril 2017

Déposez les armes et écoutez Juliette



Quand j'avais 15 ans, j'écoutais d'une oreille un peu désabusée cette musique française des années 70 et après 80, ces soirées Maritie et Gilbert Carpentier, ces Champs Elysées de Drucker et ces Balavoine en cuir. 
Je préférais passer des heures à me tuer les yeux devant les Enfants du Rock et Philippe Manoeuvre, écouter Radio Neptune et enregistrer des albums de new wave et de rock anglais.

En 2017, Juliette Armanet ressuscite tout ça avec un twist qui le rend contemporain et c'est super bien.

Il ya les pistes douces et légèrement neurasthéniques (obligatoires de tout premier album on dirait), mais même là les paroles sont jolies et la voix est là, fraîche et franche.

Mais je vous recommande "Star triste" et "Samedi Soir dans l'histoire" avec de la pédale wawa, des paroles ciselées, une voix haut perchée et un tempo que ne renieraient ni Eric Serra, ni Billy Joël ni Michel Delpech ni même (et c'est pas rien) Nicole Croisille.

La bande son parfaite d'un grand week end avec cheveux dans le vent, air frais et tête qui tourne un peu après avoir bu un apéro avec des vrais bons potes dans le jardin.


Ci dessous la vidée de son premier single (qui ne va fâcher personne mais qui est un peu lisse et gentil comparé au reste de l'album)






mercredi 12 avril 2017

On est partis en croisière à Samoens

Slim Aarons - 'Snowmass Picnic' Aspen 1967 (tirage à vendre chez Yellow Corner)

Une semaine à la montagne pour des marins du dimanche de la côte Ouest qui croient que les spatules sont seulement dans le tiroir de la cuisine, c'est a priori prendre un poisson rouge et lui expliquer qu'il sera super bien dans un terrarium. Alors qu'en fait, il y a plus de points communs qu'on croit.

Avant :
- On part aussi chargés dans la voiture que si on envisageait un séjour de détox sur une île déserte : courses alimentaires, vêtements chauds, livres, magazines.
- On regarde la météo tous les jours
- On fait ses valises avec beaucoup trop de choses dedans

Sur les pistes :
- le sandwich avalé au grand air au déjeuner est le meilleur du monde.
- la première gorgée de bière fraiche les yeux fermés face au soleil arrête immédiatement les pendules
- Les monos sont hyper bronzés sauf sur sur les yeux
- On se tartine d'indice 50 - surtout sur le nez
- Heure après heure on s'enivre d'air frais et on réhabitue ses yeux à l'espace

En dehors de pistes :
- On a l'air ahuri, les yeux fatigués et la mine joyeuse.
- Le coca rouge tiède faute de frigo dans la voiture a le même goût délicieux que celui qu'on buvait petits dans le cockpit, le dernier bout amarré au ponton.
- On se demande, après 6 heures en territoire naturel et chaussé de caoutchouc et de plastique semi humide, si une paire de Ugg portée pieds nus n'est pas un véritable avant goût du paradis.
- On est mal sapés pendant une semaine et on s'en fiche complètement. Le maître mot est la chaleur et le confort. Legging, polaires chaussettes. Même pour aller chercher du pain. Voire pour aller diner au resto (le soir où on décide de se coucher après 20 heures)
- On dîne hyper tôt, on se couche hyper tôt, on dort tout de suite
- On lit rien du tout. Ou alors vachement.


La minute guide touristique après le saut :

Le compte instagram du blog



Ayé j'ai ouvert un compte Instagram Une Femme Avec Toi (@unefemmeavectoi ou https://www.instagram.com/unefemmeavectoi/ si vous n'avez pas de mobile).
Pour partager avec vous et le monde entier de l'univers mes pérégrinations quotidiennes, mes étonnements et mes émerveillements (au moins) en français et en anglais aussi parce que je le peux et parce que je veux voir jusqu'où mes posts peuvent m'emmener.
Ca va être un petit laboratoire d'idées et de tests aussi. Je vous raconterai.

Pour l'instant il est tout maigre mais j'ai plein d'idées et il va grossir très vite.

Vous pouvez commenter, m'interpeller, me dire des trucs cool. Ca va être chouette.


mardi 11 avril 2017

Viens avec moi dans mes montagnes russes


Les plus belles photos prises dans les montagnes russes



Lundi : déjeuner avec une copine de copine pour parler d'un projet d'association; pas de business model ni de perspective de monter la prochaine licorne qui nous obligerait à louer un yacht l'été prochain pour échapper à la foule des médias en délire. Juste plein de points communs et d'aspirations partagées, l'envie de développer les échanges et de changer le monde. C'est excitant, c'est exaltant, c'est aussi hyper concret. Le ciel est bleu, l'air est frais. Je suis la Reine du Monde.
Les heures de la journée glissent sur moi comme une ondée bienveillante.

Mardi :

8 heures : découvrir les yeux à peine ouvert le ciel orageux sur mon compte en banque. Râler contre Pôle Emploi qui  traine à payer les indemnités.

9 heures :  ouvrir mon compte et me rendre compte que le virement a bien eu lieu. Hélas. Abandonner alors arc en ciel, licorne et Reine du Monde et écumer Indeed, Pôle Emploi et LinkedIn à la recherche d'un travail super bien payé tout de suite là maintenant.

9 heures 05 - 10 heures : écrire frénétiquement 5 mails de candidature en oubliant toutes mes bonnes résolutions de ne pas me jeter sur le premier job qui passe. Avant d'appuyer sur la touche "envoyer", demander conseil auprès de ceux, bienveillants, qui observent et encouragent de loin.

10 heures 30 : recevoir des emojis horrifiés en retour. Secouer la tête et détruire les mails de candidature.

10 heures 31 : recevoir la notification de rappel de rendez-vous avec Pôle Emploi demain.

10 heures 32 : hésiter entre boire un café et avaler un paquet de Shoks pour oublier. Laisser trainer un regard affolé dans le salon. Me souvenir que non seulement je ne suis pas capable de trouver un travail mais en plus il y a du linge à plier / une machine à vider / un panier à repasser. La liste des Il FAUT s'allonge devant mes yeux comme la litanie des Saints à la veillée pascale. Envisager de me ronger les ongles, habitude perdue depuis 1996.

10 heures 42 : recevoir une notification de LinkedIn qui me dit qu'ON a consulté mon profil. Le coeur presque gonflé d'orgueil, cliquer et découvrir qu'une  (seule) personne, déjà de mon réseau a regardé mon profil. Dégonfler mon orgueil.

11 heures : recevoir une notification de Runtastic qui me dit de ne pas oublier de "prendre un moment pour moi" et d'enfiler mes baskets. Envisager d'enfiler mes baskets 2 secondes avant de fermement refuser de céder à cette énième injonction numérique. Avec les notifications automatiques, j'ai l'impression d'avoir 15 ans et un directeur de conscience sur les épaules. Niet. Je suis pauvre, mais libre.

11 heures 45 : m'habiller avec autre chose que des vêtements mous, reprendre visage humain et sortir déjeuner sans avoir trouvé de solution et sans avoir faim.

15 heures 15 : rentrer du déjeuner sans avoir trouvé de solution, sans avoir faim mais avec la ferme intention de FAIRE quelque chose. Ignorer le linge, la poussière, les papiers et le linge à repasser.

15 heures 30 : Envoyer deux mails de relance, proposer de prendre un café à un nouveau contact.

15 heures 45 : commencer un post de blog en forme de mise en abime de l'abime de mes pensées. Me rouler dans la désespérance et l'auto-complaisance vaguement ironique et faussement détachée, ça va pas plaire au banquier mais au moins, ça je sais faire.

17 heures : le téléphone sonne à 5 minutes d'intervalle. Deux rendez-vous à venir pour du boulot.

17 heures 05 : gonflée à bloc, reprendre le projet d'association, écrire 25 idées en 3 minutes, trouver 10 articles parfaits, plier le linge, trouver la recette du pesto d'ail des ours et le faire dans la foulée, embrasser enfants et prendre photo de la glycine sous le soleil.




jeudi 30 mars 2017

Séché




Face à face. les pieds sur le siège de devant. L'allure savamment décontracté et l'arrogante beauté de cette jeunesse qui n'existe que quelque part autour de 22 ans (avant ils sont encore engoncés dans leurs habits de lycéens taillés par leurs parents selon leurs désirs de parents et après ils ont dans les yeux un éclat de tension qui vient de s'être déjà frottés aux horaires imposées, à l'idée de devoir y arriver mais pas toujours à quoi et à l'envie de ne rien laisser passer).

Deux jeunes hommes donc. Ni gros ni maigres, ni grands ni petits, ni caricatures de sportifs ni portraits robots de geeks au teint pâle.

On comprend assez vite, et sans trop chercher à y prêter attention d'ailleurs, qu'ils parlent régime.

Leur conversation s'impose. On notera à leur décharge que leur échange est tout à fait bonhomme et qu'ils ne cherchent nullement à attirer l'attention. Ils parlent, tranquilles, faisant porter leur voix dans le wagon sinon à peu près déserté de ce début d'après-midi légèrement entorpeuré dans cette premier journée de chaleur de printemps.

- L'important, c'est que tu brûles plus que tu ne consommes, tu vois. Quand t'as faim tu remplaces par plein de salade. Des pommes aussi. Pas de pain, pas de riz, pas de pâtes. Comme ça tu sèches.

- Pas de viande ?

- La viande faut faire gaffe. Tu manges des pommes. Et surtout pas de sucre.

(soupir effaré du deuxième. On l'imagine, dépité, manger des pommes et de la salade alors que le monde entier autour s'empiffre de MacDo) : Et tu fais ça longtemps ?

- Nan, tu peux le faire un jour avec, un jour sans.

- Mais pendant combien de temps ?

- Jusqu'à ce que t'as le résultat que tu veux. Là je vais le faire un mois.

- Ah ouais. Mais alors le matin, tu manges quoi ?

- Une pomme

On sent dans les relances du second que ses envies de ressembler à GI Joe, de devenir l'Apollon du dancing, le bellâtre aux tablettes de chocolat, s'amenuisent à mesure que le premier lui annonce le mois de privation à venir.



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