dimanche 26 juillet 2015

Le droit à la non optimisation de valise

Corrie Bond



A l'heure où les magazines nous assènent leurs "essentiels des vacances", nous expliquent que l'ère est à la sobriété, qu'il est souverainement libérateur de nettoyer sa valise pour ne garder qu'un paquetage minimal, versatile et idéal, je réclame le droit de ne pas choisir, de ne pas sélectionner, de ne pas m'encombrer la tête avec un exercice de rationalisation supplémentaire.

Non je n'ouvrirai pas un document Google Drive pour lister mes essentiels, je n'envisagerai pas ma valise comme un dossier de boulot

(la suite après le saut)

jeudi 16 juillet 2015

Le retour du Cactus dans les maisons

Instagram de Studio Doré



On n'en parlait plus beaucoup depuis que Jacques Dutronc avait décidé de nous en mettre dans le slip et que vous aviez senti sur vous le regard interro-glacial de la maitresse de CM2 à qui vous en aviez offert un mini tout chou pourtant dans sont petit pot à la fin de l'année.
On vous avait expliqué que ce genre de plantes grasses représentait un intérêt mineur et se trouvait avant tout dans les loges défraichies de concierges de cinéma et dans les serres abandonnées des pavillons de banlieue à vendre "gros potentiel, travaux de rafraichissement à prévoir"
Le cactus ringard ? Voire

Tout à coup, depuis 6 mois, c'est l'invasion. Dans les pages modes des magazines un peu lancés, sans doute lassés de la froide perfection des tulipes blanches, mais aussi dans les boutiques du Marais et sur les fils Instagram des filles qu'Internet s'arrache.

Du cactus gras avec des grosses feuilles, du petit qui pique dur, du moyen avec un genre de duvet urticant dessus. Posés dans de jolis pots en céramiques, arrangés en mosaïque sur le carrelage. Il  y  a des succulentes partout, c'est plus joli que le mot cactus qui irrite les oreilles, qui rappelle un peu trop la grande époque de la conquête de l'ouest, des imprimés Navajos et de la route 66 de pacotille.

Ca refait la cerise à l'idée de la plante d'intérieur impossible à garder verte et feuillue, ça redonne espoir à tous ceux qui n'ont pas la main verte ni l'idée d'arroser tous les jours leur plan de basilic sur le rebord de la fenêtre.

Instagram d'Augustin Augustine




lundi 13 juillet 2015

Ainsi parlait Renaud


Robert Kennedy et tout un tas de petits Kennedy sur l'eau 


Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus et les marins de Neptune.

Ainsi donc prenez un couple raisonnablement adapté à la vie citadine et plongez-les de manière prolongée dans un univers aquatique semi accueillant, accueillis par un vaisseau portant fièrement voilure et haubans.

Vous constaterez assez vite que la femme arrive généralement à bord chargée de tout un tas de "détails" sans importance, qui, au mieux feront hausser les sourcils de l'homme, au pire le feront soupirer bruyamment.

Détails au nombre desquels on trouvera une trousse de de toilette dépassant le strict nécessaire du marin composé tout le monde le sait d'une brosse à dent et.. d'une brosse à dent.
Elle a même pensé à la crème solaire (double haussement de sourcils)
Mais aussi des victuailles absurdes depuis que le scorbut a disparu des océans : fruits, légumes, oeufs frais et yaourts (alors que tout le monde sait qu'il reste 5 boites de Hénaff et 6 bières à bord et que ça suffira largement. Pour deux jours).
Sans oublier tout un paquetage de pulls, chaussettes, gilets, polaires, bonnets, écharpes pour affronter le mois de juillet sans avoir les jointures de doigts bleuies par la petite brise frisquette qui va les emmener d'un seul bord jusqu'à l'étape de ce soir. Un dressing 24 fils qui laisse perplexe l'homme qui ne supporte pas de porter autre chose que sa peau, en dessous de force 7, et encore seulement au près serré (non, parce qu'au portant, on est bien abrités, hein ?)

Une fois le port quitté sans regret et le moteur coupé dès la sortie du chenal, les différences chromosomiques se font encore plus criantes.

dimanche 12 juillet 2015

Fatale attraction


Guinnevere Shuster via Fubiz


Mince alors. Moi qui ai appelé ma fille Jeanne, qui peste contre la fourberie des Anglais et leur manière de se prendre pour les suzerains dédaigneux d'une vieille Europe forcément un peu ordinaire, voilà que tout à coup je me rends compte que tout doucement je suis entrainée sur la pente glissante d'une brittanophilie sirupeuse.

Passe encore ma passion pour le Liberty (ça va hein, ils ont pas le monopole des fleurs), le cheesecake de Marks&Spencer (acheté à la Défense, ça compte pas), et les manières décomplexées de Jamie Oliver, le cuisinier britton sapé comme un pompiste.

Mais voilà que je me surprends à fondre devant les photos du baptême de Charlotte, aussi spontanées qu'une nouvelle exposition de Madame Tussaud, et que je ne jure plus que par les séries télé britanniques, teeeeelllllllement plus raffinées, telllement plus classes que leurs cousines américaines à l'accent gluant comme un chewing gum fondu sur Madison avenue.

Les yeux dans les jardins, j'applaudis des deux mains devant le savant fouillis des prairies que l'on plante en ville pour redonner vie à moindre coût aux friches urbaines et faire revenir les abeilles maltraitées à la campagne, et je tourne le dos aux rigoureux et mathématiques jardins à la française.

La liste est longue et incontestablement convergente.

Et tout à coup, on me rappelle que je suis née en Bretagne, avec la peau blanche et un suroît de fonction offert à la maternité de Carhaix (berceau de chevaliers de la table ronde, dois-je vous le rappeler), ce qui me place quelque part pas si loin d'une vague cousinerie albionesque.

Le sort s'acharne. Il ne me reste plus qu'à me jeter sur toutes les photos Martin Parr  pour tenter de résister. Ou bien me laisser aller et prendre un billet de train pour Brighton.

dimanche 5 juillet 2015

English vocabulary : quench your thirst





quenchverbthey quenched their thirst with local wine and spring water | his answer had not quenched my curiosity at all:satisfyslakesatesatiategratifyrelieveassuagetake the edge offappeasemeetfulfilindulge;lessendeadendecreaselowerreducediminishcurbcheckstilldampsuppressextinguish,smotherstifleovercome.the flames were quickly quenched with buckets of waterextinguishput outsnuff outsmotherdouse,dampen down.

Si le mot de punch évoque pour vous une soupe saumâtre et tiède à gueule de bois garantie, découvrez sa version 2015, fleurie, sa sucre et sans alcool, décrite par Jamie Oliver, le mécano du piano.

Cherry on the drink, ça vous changera du Spritz, devenu totalement has been depuis que Les Echos ont révélé que sa popularité n'était que le fruit d'une stratégie redoutable menée par Aperol pour se (re)lancer (et ça a l'air grave).



lundi 29 juin 2015

The coolest place







Ce soir, parce que je sais que malgré tous vos efforts vous avez eu du mal à passer à travers les messages alarmistes sur l'air de "attention mercredi il va faire hyper chaud, ouh la la, canicule, insolations, boire de l'eau mais pas trop, et mouiller son maillot et ouh lala bon courage à tous", je vous offre une parenthèse de fraicheur.

Une bulle sans bruit, sans foule, sans odeur de pots d'échappement ni de chape de plomb de rayons ardents.

Un coin baptisé par les esprits moqueurs "le seul endroit de France où on ne va pas suffoquer" "Ah ben dis  donc si on m'avait dit qu'un jour j'aurais envie d'être en Bretagne en été hé hé" (bonne blague, sourire en coin, air entendu)

Et donc, pour une fois the coolest place in France. For a week, at least.
Enjoy,




mardi 23 juin 2015

Elle ne rentre pas ce soir

les trois chouettes 


Un jour, après des semaines englouties dans ses cahiers, elle déclare "au fait, mercredi, c'est la fin du Bac, je sors et n'allez pas me dire à quelle heure je rentre"

Comme ça.
D'une petite phrase tranquille, balancée l'air de rien et sans aucune forfanterie ni provocation, ma toute petite fille m'a donné préavis.

Un peu comme si elle me signifiait la fin de la Saison 1 de la série "Véro, ma mère, ma vie"
Après 18 épisodes. Ok, on se doutait bien hein, qu'on rejouait pas Amour, Gloire et Beauté mais j'aurais bien continué la saison 1 encore quelque temps, non ?


J'imagine que quasiment tous les parents passent par là à un moment où un autre. Pour certains c'est le départ de la maison, le permis de conduire, le premier soutien gorge, la première cuite ou l'anniversaire de 20 ans.

Moi, c'est le bac. Qu'elle l'aie ou pas, avec ou sans mention, peu importe finalement. Mon coeur de mère est d'ores et déjà (j'aime bien ça, d'ores et déjà, ça pète non?) empli de fierté, de nostalgie et d'anticipation.

Allez, va, ma toute petite fille et vis ta vie de grande. Je ne bouge pas, je suis là.
J'attends la saison 2 avec impatience.






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