lundi 27 août 2018

English vocabulary : oxymoron



oxymoron

noun   ox·y·mo·ron   \  ˌäk-si-ˈmȯr-ˌän ,  -sē- \
Popularity: Top 1% of lookups |Updated on: 25 Aug 2018


plural oxymora play  \ˌäk-si-ˈmȯr-ə, -sē-\

a combination of contradictory or incongruous words (such as cruel kindness);  broadly  something (such as a concept) that is made up of contradictory or incongruous elements 

oxymoronic

 play  \ˌäk-si-mə-ˈrä-nik, -mȯ-, -sē-\ adjective

oxymoronically

 play  \ˌäk-si-mə-ˈrä-ni-k(ə-)lē, -mȯ-, -sē-\ adverb


Merriam-Webster


Shaka Ponk est a priori aussi crédible en héraut de la consommation responsable que Tata Yvette en porte parole du CES de Barcelone.

Parce que Shaka Ponk est un groupe d'électro rock heavy metal patiné de funk et de punk, bref un mélange de Guns and Roses, de Nirvana patiné d'un je ne sais quoi rebelle, on a du mal à placer ses membres dans une imagerie de militants écolo scontemplant la nature s'éveiller au lever du soleil dans un silence seulement ponctué des cris de mouettes rieuses.




Pourtant en juillet dernier, Shaka Ponk, qui, nous apprend Wikipedia, n'est pas si "no future" que ça puisque créé dans un esprit zen, bouddhiste avec un esprit métal, a décidé de mettre sa notoriété (et elle est grande, en témoignent les immenses foules qui se pressent à leurs concerts) et ses amitiés solides avec le monde de la musique et des médias au sens très large, au service de la protection de la planète.

Ainsi est né le projet The Freaks, qui pour l'instant, liste 22 gestes écolos qui, s'ils sont appliqués par tous, nous permettront d'éviter le pire, ou tout du moins de faire en sorte que le pire arrive le plus tard possible. Certains gestes sont super connus, d'autres plus rigolos, mais TOUS sont donc définitivement rock'n roll.

Leur site est ici.

Avouez qu'après avoir bavé devant les merveilles de la nature tout l'été (en vrai ou sur le fil instagram des copains), c'est le bon moment pour s'y mettre (et convaincre nos délicieux ados que se voir offrir le dernier iPhone pour la rentrée est vraiment ringard).


jeudi 28 juin 2018

Chaos calme



Passer deux heures - juste deux heures, avec une classe d'enfants de 8 ans pour une mini sortie au marché, vaut toutes les retraites en monastère, les joggings de 2 heures, monodiètes et binge-watching de série.
L'effet est le même : pendant ce temps, on en perd toute notion (de temps), sauf au moment-flash où, prenant la mesure de la situation, on se demande ce qu'on fait là. Et pourtant en fin de compte, on se sent régénéré, nettoyé de l'intérieur (et dans le cas présent, un peu sourd quand même).

Imaginez une troupe d'une trentaine de garçons de filles parfaitement entrainés, au jeu finement réglé par 10 mois passés en communauté dans un bocal de 10 mètres sur 8. Chacun son poste : celui qui rend tout le monde marteau à force de trop d'énergie, la fille super fifille qui pleurniche, la bande de potes qui ne pense qu'à jouer au foot, la rêveuse, le costaud qui adore l'orthographe...
Arrivés au mois de juin, ils sont tous au max de la connivence et de leur capacité à partir en Live sur un sourire.
Fermez les yeux deux minutes et essayez de vous souvenir de votre classe de CE1.
Vous y êtes.
La même.

Le tout assaisonné d'une bonne dose de soleil , de bruit, de cris de joie, de cavalcades et d'arrêts "hauts les mains peau de lapin" devant un détail qui, à nous, pauvres adultes aux yeux collés par trop de pensées parasites, n'avait pas d'importance : au hasard, la forme d'un fruit, une lézarde dans le mur, une publicité dans la rue.

(la suite après le saut)

jeudi 5 avril 2018

les voyages immobiles


Longtemps, je n'ai pas réalisé que je grandissais entourée de bibelots.

Longtemps, je n'ai pas remarqué que la colonie s'enrichissait petit à petit d'un mélange anachronique qui faisait fi des pays, des époques, des goûts esthétiques et des matières. Des petits cailloux ramassés sur chaque chemin de voyage, comme des amulettes, des passeports pour un retour immédiat sur des lieux de villlégiature longtemps rêvés, et que peut-être même, ils n'imaginaient pas voir en vrai un jour.

Longtemps, mon regard est resté indifférent devant ces témoins de voyages que je ne voyais que dans la lucarne du Super 8 pour des séances que je trouvais super barbantes : une pyramide, un fleuve, un marché, des arbres et des montagnes et de temps en temps, mes parents, souriants, posant devant l'objectif un peu tremblant de l'ami missionné pour tenir la caméra.

Jusqu'à ce qu'un jour une femme de ménage missionnée pour soulager ma mère qui devenait fragile, entra dans le salon et déclara que vraiment non, trop c'était trop et qu'elle refusait de faire la poussière de ces étagères surchargées. J'ouvrais alors les yeux sur cet assemblage hétéroclite, serré contre la cheminée comme sur un quai de train un jour où normalement il n'y a pas de grève,  et je classais sans trop y penser ce spectacle dans la catégorie des kitsheries parentales attendrissantes.

Quelques années plus tard, au détour d'une visite de musée, scotchée devant un discobole aux proportions parfaites, à l'origine et à l'authenticité dûment contrôlée, je vins à m'interroger sur mon manque d'étonnement devant ce vestige d'un passé fort fort lointain, venu d'un pays jamais visité. Puis le lendemain, après m'être frayée un passage pour apercevoir de loin le minuscule symbole de Bruxelles, je me surpris à ressentir ce même sentiment de déjà vu.

Ainsi donc, je me rendis compte que j'avais grandi, en toute ingénuité, au milieu d'une compilation géante, un best of des best of des monuments du monde et que mon cerveau avait enregistré dans la case "ça c'est bon Coco, on sait ce que c'est" une quantitéé non négligeable de symboles de la civilisation.

(N'empêche qu'en vrai le Discobole est vachement plus grand et que le Manneken Pis ne fait pas tire-bouchon. Et ça il fallait que je le vois de mes yeux pour m'en rendre compte. Ouf, toute forme d'innocence n'est pas perdue).


samedi 3 mars 2018

Bruxelles, une (première) fois





Armés du seul guide bleu Hachette (resté bien au chaud dans la chambre d'hôtel), de Pinterest et de Google, 2 jours complets à Bruxelles sans préparation, ni prétention.


Arrêt sur le chemin  : le  Louvre Lens,  3000 ans d'histoire en une heure et une cafétéria gentiment chauffée par le soleil à travers la baie vitré. Des gardiens (sans doute) champions du monde de la méditation à force de rester toute la journée dans le silence face à des oeuvres qui en ont vu d'autre, des groupes scolaires qui sautillent en attendant le gouter, des retraités qui profitent de leur  retraite et quelques RTT et congés payés, comme nous, qui prennent chaque minute passée loin du bureau et du chaos comme un cadeau.

L'hôtel des galeries : atterissage en douceur dans un numéro de Milk décoration. Ilôt contemporain et cosy au milieu de la Galerie Saint-Hubert, bulle de silence à deux minutes de la Grand Place et du parking du même nom. Le point de chute idéal pour des débutants en Belgitude pas ennemis de la boboïtude comme nous.

Ici : pour changer des frites, une néo-cantine (c'est comme ça qu'ils s'appellent) avec des jus verts, un tableau noir et tout plein de graines. Hyper bon et l'occasion de marcher un moment pour découvrir un quartier loin des touristes et des cartes postales.

Pour manger (quand même) des frites, des boulettes et boire de la bière : Le roi des Belges (Halles Saint Géry), les Gens que j'aime (pas loin de la Grand Place) et finalement tout le quartier Sainte Catherine et Saint Géry. Après avoir fait la queue dans le froid à 23 heures, l'esprit légèrement embué par la journée et la soirée, tenir dans ses mains un cornet de frites super chaud sonne comme un cadeau de Noël.

Eglises : se dire qu'on a loupé un truc en découvrant qu'on aurait pu appeler nos filles Gudule (comme la cathédrale) ou Wivine (que l'on prie pour guérir des maux de gorge dans l'église de la Madeleine), et plus généralement se frotter les yeux devant le nombre de chapelles et d'église de la ville. Aller évidemment se recueillir devant les portes (closes à 18 heures) de Notre Dame du Finistère (ça ne s'invente pas), faire un détour pour aller voir de plus près l'immmmmmmmeeeeeeeense Sacré-Coeur et finalement renoncer à allumer un cierge dans tous les lieux que l'on croise. Il y en a tellement que certains sites en dressent des classements.

Manneken Pis : c'est pas une blague, il est vraiment minus et parfaitement pas remarquable (si l'on fait abstraction de la nuée de touristes qui le prennent en photo), contrairement au Palais de Justice, dont on a renoncé à faire le tour, tellement grand et massif.

Le Musée Magritte, pour découvrir qu'on ne connait rien au surréalisme (et que le Musée ne nous aide pas beaucoup à y voir plus clair) mais avoir envie d'en savoir plus (et rester scotché devant certains tableaux). Regretter de ne pas avoir plus de temps pour voir les autres ailes du Musée Royal des Beaux-Arts.

Les Puces de la place du Jeu de Balle : tous les jours un joyeux déballage manifestement incontournable de toute visite dans la Capitale, pas loin du quarter Sablon et de ses antiquaires très chics.

La maison Dandoy : biscuits, pains sucrés, gateaux et friandises. Comme son nom l'indique. Et en plus leur adresse principale est rue au Beurre (décidément, les Belges sont-ils les cousins des Bretons ?)

L'Atomium. Sous le soleil.

Et la sensation qu'on aurait pu y passer encore plusieurs jours pour découvrir par exemple le Bois de la Cambre, les chocolatiers fameux, toutes les marques de bière que l'on a pas goutées et tous les restaurants recommandés par Brussel's kitchen dont la Guinguette en ville qui nous faisait de l'oeil mais qui était complet.


Plus d'idées sur ce tableau Pinterest.


PS : en illustration, un tableau de Magritte sans pipe ni chapeau.

dimanche 7 janvier 2018

L'enfer, c'est les autres





Je ne sais pas si c'est d'avoir regardé le secret des banquises ou bien de m'être perdue dans les abysses d'Instagram pour me rappeler que finalement l'endroit le plus beau du monde c'était mon canapé et le feu de cheminée devant moi, ou bien encore d'avoir retrouvé mes amis les manchots boudeurs (*) sur le quai bondé de la gare Saint Lazare mardi dernier, mais je suis tombée en arrêt devant cette agence de voyage qui propose pour un tarif ridiculement stratosphérique de vous faire passer des vacances de l'extrême, mais en tout confort, en Antarctique.

(la suite après le saut, histoire de reprendre mon souffle après cette phrase kilométrique)

dimanche 3 décembre 2017

Second chance




Moi je suis sûre que vous aussi ça vous fait plaisir que même Steve adopte ce t-shirt.

A force d'être assommé H24 de discours de winners de la win qui gravissent l'Everest en slip, la peau impeccablement bonzée, les abdos au poil et l'esprit parfaitement aligné par une heure de méditation quotidienne, on finit par oublier qu'il existe, planquée juste derrière cette sublime place d'honneur au panthéon de la victoire, une autre position, celle de Second.

Si vous êtes né.e au 20ème Siècle, la place de second est pour vous synonyme de Poulidor, cycliste éternel challenger toute sa carrière, abonné aux seconds rôles. Poulidor, c'est la lose sympathique, le bon gars qui a du talent, que tout le monde aime bien, parce qu'il n'a pas cette morgue du vainqueur, cet air supérieur de celui qui tutoie les étoiles comme nous on tape dans le dos de notre boucher.
A les écouter, du haut de mes pas si vieilles années,  Poulidor c'était le gars sympa, mais c'était aussi le gars que personne ne voulait être. Parce qu'aussi arrogant soit-il, le vainqueur faisait quand même vachement plus d'effet.

Aujourd'hui, cette idée prend un peu l'eau on dirait.
D'abord parce qu'à moins d'être Steve Austin (ou Barack Obama, ou Thomas Pesquet, ou François Gabart, ou Marie Curie), tout le monde ne peut pas être leader tout le temps. Tout le monde ne peut pas être leader par définition. Sinon ça s'appelle une armée mexicaine (pas sûre que cette expression soit follement politiquement correcte en 2017), une compétition sans enjeu.

Mais on dirait qu'à côté de cette conception binaire de l'existence (gagnant - perdant), la question est moins d'être le premier que d'en être simplement. Et la place de second re-prend alors toute sa place.
Etre dans le projet, y participer, y apporter sa contribution à la mesure de ses talents, prendre sa place dans l'équipe peut être aussi satisfaisant que de diriger cette équipe et d'en être le leader couvert de gloire.

Une conception de la vie où tout à coup, ne pas coiffer pas tout le monde au poteau n'est pas la preuve évidente d'un renoncement, d'un manque d'ambition ou d'une faiblesse de caractère, mais plutôt d'une conception de la vie où on choisit ses objectifs et ce que l'on a envie de donner ou d'atteindre, tant que cela nous permet d'avancer sur notre chemin.


Et ça, un dimanche aprem, c'est drôlement réconfortant, non ?

lundi 13 novembre 2017

Se faire des noeuds au cerveau



Hellovader



Est-ce que regarder des vidéos de broderie peut être considéré comme "créer un climat propice à la réflexion dans le but de produire un contenu utile et enrichissant à destination d'étudiants en journalisme ?".

S'il est entendu qu'il (me) faut consacrer toute mon attention à un sujet qui n'a rien à voir pour finalement trouver l'inspiration qui me fera produire un contenu de qualité à destination professionnelle, ne faut-il pas s'intéresser à la nature même de ces détours ?

Et dans le cas présent, est-ce que le fait de regarder des vidéos de broderie pour apprendre à faire un point de chainette alors que la seule boucle que l'on maîtrise est le noeud de chaise peut être considéré comme un signe envoyé par ses neurones ?


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