dimanche 3 décembre 2017

Second chance




Moi je suis sûre que vous aussi ça vous fait plaisir que même Steve adopte ce t-shirt.

A force d'être assommé H24 de discours de winners de la win qui gravissent l'Everest en slip, la peau impeccablement bonzée, les abdos au poil et l'esprit parfaitement aligné par une heure de méditation quotidienne, on finit par oublier qu'il existe, planquée juste derrière cette sublime place d'honneur au panthéon de la victoire, une autre position, celle de Second.

Si vous êtes né.e au 20ème Siècle, la place de second est pour vous synonyme de Poulidor, cycliste éternel challenger toute sa carrière, abonné aux seconds rôles. Poulidor, c'est la lose sympathique, le bon gars qui a du talent, que tout le monde aime bien, pare qu'il n'a pas cette morgue du vainqueur, cet air supérieur de celui qui tutoie les étoiles comme nous on tape dans le dos de notre boucher.
A les écouter, du haut de mes pas si vieilles années,  Poulidor c'était le gars sympa, mais c'était aussi le gars que personne ne voulait être. Parce qu'aussi arrogant soit-il, le vainqueur leur faisait quand même vachement plus d'effet.

Aujourd'hui, cette idée prend un peu l'eau on dirait.
D'abord parce qu'à moins d'être Steve Austin (ou Barack Obama, ou Thomas Pesquet , ou Marie Curie), tout le monde ne peut pas être leader tout le temps. Tout le monde ne peut pas être leader par définition. Sinon ça s'appelle une armée mexicaine (pas sûre que cette expression soit follement politiquement correcte en 2017), une compétition sans enjeu.

Mais on dirait qu'à côté de cette conception binaire de l'existence (gagnant - perdant), la question est moins d'être le premier que d'en être simplement. Et la place de second re-prend alors toute sa place.
Etre dans le projet, y participer, y apporter sa contribution à la mesure de ses talents, prendre sa place dans l'équipe peut être aussi satisfaisant que de diriger cette équipe et d'en être le leader couvert de gloire.

Une conception de la vie ou tout à coup, ne pas coiffer pas tout le monde au poteau n'est pas la preuve évidente d'un renoncement, d'un manque d'ambition ou d'une faiblesse de caractère, mais plutôt d'une conception de la vie où on choisit ses objectifs et ce que l'on a envie de donner ou d'atteindre, tant que cela nous permet d'avancer sur notre chemin.


Et ça, un dimanche aprem, c'est drôlement réconfortant, non ?





lundi 13 novembre 2017

Se faire des noeuds au cerveau



Hellovader



Est-ce que regarder des vidéos de broderie peut être considéré comme "créer un climat propice à la réflexion dans le but de produire un contenu utile et enrichissant à destination d'étudiants en journalisme ?".

S'il est entendu qu'il (me) faut consacrer toute mon attention à un sujet qui n'a rien à voir pour finalement trouver l'inspiration qui me fera produire un contenu de qualité à destination professionnelle, ne faut-il pas s'intéresser à la nature même de ces détours ?

Et dans le cas présent, est-ce que le fait de regarder des vidéos de broderie pour apprendre à faire un point de chainette alors que la seule boucle que l'on maîtrise est le noeud de chaise peut être considéré comme un signe envoyé par ses neurones ?


mardi 31 octobre 2017

Flemme, ennui et vacances scolaires


Photo Thomas Lélu sur son compte Instagram



Passer deux semaines de vacances à la maison, avec un.e enfant, sans ami à proximité, tout en imaginant pouvoir se ménager quelques heures de travail par jour invite à s'interroger sur son rapport à la productivité, au temps qui passe et à l'ennui.

Nous avons donc d'un côté une adulte qui rêve de pouvoir allumer son ordi et expédier ce fameux dossier XX0 avant de s'effondrer sur le canapé pour terminer le roman commencé début septembre, voire faire une sieste, voire regarder le dernier épisode de This is US raté dimanche dernier. Attention, la réalisation de cet objectif est semée d'embûches et implique d'abord de surmonter l'immense poil de la main, l'incommensurable flemme qui nous saisit à chaque fois que le mot XX0 s'affiche devant nos yeux.

Et de l'autre une enfant, heureuse comme un bernique accroché à son rocher, toute à sa joie de pouvoir enfin voir sa mère plus de 2 minutes le soir, et ailleurs que dans la salle de bains où celle-ci vérifie un brossage de dents qui sinon resterait une douce chimère parentale. Enfant, qui bien évidemment, n'est pas particulièrement de nature contemplative, et qui, rapidement, montre les signes d'un ennui absolu.

(...)

vendredi 27 octobre 2017

Drôle d'endroit pour une rencontre




Il y a comme ça des photos qu'on ne se lasse pas de voir. Comme cette série de Jean-Pierre Bonnotte pour Gamma documentant la sortie en mer en 1968 d'Éric Tabarly, Alain Delon et Brigitte Bardot.

En 1968, Éric Tabarly a 37 ans, c'est un marin déjà célèbre, encore officier de marine, qui a déjà gagné beaucoup de courses. Cette série de photos est prise l'année où sort du chantier Pen Duick IV, un trimaran géant et révolutionnaire qui sera cédé deux ans plus tard à Alain Colas, qui le rebaptisera Manureva  avant de gagner une Transat en 1972 et de disparaitre ensuite, permettant à Alain Chamfort d'alimenter les ondes des radios pour les 40 ans qui suivent. Éric Tabarly est alors (et le restera) un gars guère bavard en société, vraisemblablement plus à l'aise en slip de bain et baskets sur son bateau qu'en smoking sur les tapis rouges de la croisette.

En 1968, Alain Delon a 33 ans, il a un fils de 4 ans et va divorcer cette année de sa première femme. Il est (ou va le devenir) amoureux de Mireille Darc. C'est aussi l'année où il est à l'affiche de 5 films dont La Piscine dans lequel il joue avec son ex, Romy Schneider. Le gars qui chôme pas en quelque sorte.

En 1968, BB a 34 ans, c'est une immense star qui ne peut pas faire 3 pas sans qu'une horde de photographe n'apparaisse. L'année précédente elle s'est fait fouetter par Alain Delon pour un sketch de Louis Malle tourné à Rome, intitulé "William Wilson", faisant partie du film "Histoire Extraordinaires" de Louis Malle, Roger Vadim et Federico Fellini, acclamé par la critique.
Ca crée des liens.


Drôle d'équipage donc pour une sortie en mer dont le seul témoin est une série de photos atteignant un niveau de glamour rarement retrouvé depuis. Et le web, habituellement si bavard se révèle muet sur les conditions et circonstances de cette rencontre, nous laissant libres, pour une fois, d'imaginer ce qu'on veut.








lundi 23 octobre 2017

Jouer avec les mots


Ufunk





Un livre d'illustrations pour retenir l'orthographe en faisant appel à notre mémoire visuelle, ça vous dit ? Aujourd'hui, je vous invite à découvrir cette super série de Sandrine Campese éditée aux éditions Le Robert. Après le succès rencontré par ses deux premiers livres destinés aux adultes, la spécialiste de la langue française édite cette fois une version savoureuse pour les enfants.

Sur le lien sous la photo vous découvrirez quelques exemples. C'est malin et efficace.

Et sinon, dans le même fil, vous pouvez également aller jeter un oeil au travail de Joël Guenoun, un graphiste qui a le sens des mots et des concepts tout en un.
Tous les mardis ils traduit en image un point d'actualité (ici)et sinon on peut trouver un échantillon de son travail sur son site.
Là aussi c'est malin, épatant même, et ça donne envie de regarder le français d'un autre oeil.

Bonne semaine !







mardi 17 octobre 2017

english vocabulary : trigger may be the tiger


Miles and Miles




trigger

 /ˈtrɪɡə/
WordReference Random House Learner's Dictionary of American English © 2017
trig•ger /ˈtrɪgɚ/  n. [countable]
  1. a small tongue in a gun that, when pressed by the finger, fires the gun.
  2. a device pulled or pressed to release something.
  3. anything that causes a reaction:a trigger for the fight.

v. [+ object]
  1. to cause or begin (a chain of events):Inflation triggered unemployment.
  2. to fire or explode (a gun, etc.) by pulling a trigger.


Dans l'épisode 3 de l'émission A voix Nue de France Culture (oui, je suis retournée courir ce matin), Jean Rochefort raconte comment Jean-Pierre Marielle a su trouver les mots pour le sortir de la torpeur dépressive d'un mariage malheureux et d'un échec incompréhensible au Conservatoire.
Afin de le convaincre de se rendre à une audition pour intégrer une troupe de théâtre, à court d'argument, Marielle dit ainsi à son ami "Le bus est direct" et, contre toute attente, cette phrase anodine se révèle un déclencheur suffisant pour que Jean Rochefort se rende à l'audition, soit engagé et passe 7 ans dans cette troupe de théâtre.
"Le moindre petit détail peut donner du courage et Marielle m'a sauvé" conclut Jean Rochefort.



For english readers : sometimes, out of the blue, you get the tiny itsy bitsy sparkle you need to do what seemed completely out of reach the moment before. And sometimes it changes your life. That is what happened to a very famous french actor, recently gone, who recalls how his friend, by giving me the most odd and random advice triggered his career.



PS : rien à voir mais la photo illustrant ce post est tirée du site d'un couple, Sarah Murphy et Stefaan DuPont qui voyage à travers le monde et qui en profite pour poursuivre les activités de son studio de création. C'est beau, ça fait rêver.








vendredi 13 octobre 2017

Oxymore (is never enough)




Oxymore : figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires (Exemple : un silence éloquent). Dictionnaire Larousse

Il y a comme ça des alliances qui paraissent impossibles et qui pourtant, quand on s'y colle avec un peu de curiosité, se mettent à fonctionner comme des pièces de puzzle parfaitement emboitées.


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