lundi 17 mai 2010

Un peu d'aire

Besoin de ravitaillement, envie de pipi, jauge dangereusement basse,ras le bol, fourmis dans les jambes, hypoglycémie.
A 200 mètres, l'arche du pétrolier apparait, aussi attirante qu'un gros bonbon dégoulinant de sucre.
Clignotant, rétrograde, 130, 90, 70, 50, passe en seconde.
Eteint la radio. Coupe le contact.
Silence.
Ouf.

La queue aux toilettes dames. Mes yeux vagabondent et tombent sur le tableau à droite, c'est Virginie qui est passée la dernière pour nettoyer les lieux, il y a 2 heures. Sachant qu'un passage aux toilettes dure en moyenne 4 minutes, combien de personnes ont utilisé les toilettes depuis 2 heures ? Brr.
En sortant, je me lave les mains, le savon a une odeur douce et écoeurante, le sèche mains ne sèche rien, j'essuie mes mains humides sur mon jeans.
Le fauteuil de massage en simili cuir s'ennuie, il y a du monde devant les machines à café. Ambiance bureau autour des tables hautes.
Une dame regarde les magazines en touillant sa soupe à la tomate.

Retour à la voiture. On mange notre sandwich Sodebo, le jambon emmental salade qui transforme le simple pain beurre en délice 3 étoiles. Des chips sans pouvoir s'arrêter. Et une pomme Golden inodore, incolore et sans saveur. Pour l'équilibre. Et on fait passer le tout avec du Yop fraise.
de l'autre côté du pare brise, chacun joue son rôle à la perfection.
Le motard en Harley, garé ostensiblement devant l'entrée, boit un Red Bull en faisant bien attention à ce que tout le monde le voit et le regarde. Ca marche. Blouson en cuir brodé, allure massive, crâne rasé, bandana noir, grosses lunettes et barbiche satanique, on dirait qu'il a avalé une panoplie. Si ça se trouve, du lundi au vendredi, il est dentiste ?
Deux amoureux se tiennent la main en mangeant leur sandwich baguette maison roulé dans l'aluminium. Au cul d'un camion espagnol en sommeil, le regard fixé sur l'horizon, ils sont seuls au monde. L'amour, aveugle et sourd, se niche partout.
Un gentil couple en 307. Elle nettoie les vitres pendant qu'il fait le plein. Marinière bleu et blanche pour elle, mocassins Tod's pour elle. L'alliance qui brille un peu trop. Pas encore de siège auto à l'arrière. Rendez-vous dans un an, profitez des voyages en silence.
Tiens, le voilà le C4 Picasso. Maman sort en trombe avec petite fille à la main. Urgence sanitaire, laissez passer ! Le papa détache un garçon à peine plus grand et se contorsionne pour sortir un poupon tout rouge. 1,2,3, le compte est bon. Monsieur, dans la voiture, vous êtes plutôt Vincent Malone ou Henri Dès ?
Une bande de jeunes à jeans qui tombe entrent en chahutant dans la station, et ressortent quelques minutes plus tard. Cigarette et Coca, café et Pringles. Retour de concert ? Compétition de fléchettes ?

Bon, on y va. Si on veut pas être tous ensemble à la barrière de Saint Arnoult, va pas falloir trainer.
Je m'étire et m'installe.
Tout le monde est attaché ?
C'est parti. Allez, faites la sieste, ça passera plus vite.





PS : photo Life

mercredi 12 mai 2010

Pas facile

Pendant 38 ans, Walter Iooss a été le photographe du numéro annuel du magazine Sports Illustrated.
Voilà, il y a des jobs qui font plus rêver que d'autres..
Surtout quand on est en pull au mois de mai.
C'est à lire et voir dans Vanity Fair.

mardi 11 mai 2010

The Naughty Lady of Shady Lane

C'est l'été. Il a fait chaud toute la journée.
Ils viennent de rentrer à la villa après une journée en mer. Fruits de mer et champagne. Sieste et poker à l'ombre du parasol. Plongeons dans l'eau turquoise. Fruits frais et chantilly.

Le soleil va bientôt se coucher, l'air est doux. C'est l'heure du premier pim's au bord de la piscine.
Conversation paresseuse et rires étouffés.
Edward a mis un disque sur la platine.
Roberta se sent libre, heureuse, un peu pompète.
Elle fait valser ses nu pieds et commence à danser.

On est en juillet 1961 et la vita è bella.


Bande son...


Crédit photo : Favorit color is cloudy

lundi 10 mai 2010

Oukilé ?

Parfois, le désir totalement accessoire et donc totalement impératif d'un nouveau pantalon vous fait franchir les frontières du raisonnable

Tel César avec le Rubicon, aucun obstacle ne peut vous arrêter.

Alors que le calendrier des festivités familiales devrait plutôt vous orienter vers une tenue dite jolie madame, attendue à 10 heures sur le parvis de l'église.
Alors que le processus de dégonflement post partum n'est pas totalement achevé et qu'il est aujourd'hui impossible de prévoir si votre silhouette sera plus proche de Charlotte Gainsbourg ou de Véronique Genest dans 4 mois, rendant la durée de vie du-dit pantalon d'autant plus aléatoire.
Alors que vous avez tellement plongé dans le Nutella avec une louche que la simple vision du pot vous donne mal au coeur et vous oblige à finir le paquet de BN - pour contrer le haut le coeur. Ce qui risque de ne pas arranger vos soucis de taille.
Alors que votre horizon fashion se réduit à la sortie de l'école et aux allées du Franprix entre 10 heures et 11 heures.
Et que la seule présence féminine que vous croisez plus de 2 heures dans la journée fait 5kilos7 et n'est intéressée que par vos bras et par les repas que vous pouvez lui donner toutes les 3 heures.
Et que le dit-pantalon n'est pas forcément de celui qui va vous rendre irrésistible aux yeux de votre mari.
Alors que vous habitez hors de portée pédestre de tout centre commercial digne de ce nom
Et j'oubliais un détail.
...que le pantalon que vous convoitez est un Balmain. A 1400 Euros. Inenvisageable.

Vous faites part de votre désir à la seule personne qui vous comprend instantanément.
(Non, pas votre mère)
(Ni votre banquier)
Votre meilleure amie qui elle même recherche un pantalon slim court clair comme celui vu sur une rédactrice de mode sur un blog en septembre 2009. Qui mesure bien toute la légèreté de cette quête. Et qui ne s'en offusque pas. S'en amuse même, et promet de vous aider.

Les jours passent et le désir grandit.
Les échanges de mail s'intensifient.
L'étau se resserre... Puis se relâche. Rien chez TopShop, rien dans les boutiques. Misère. Le moral en berne, vous essayez de vous divertir de votre désir en commençant un abécédaire au point de croix. En nettoyant la salle de bain au cure dent. En épluchant des haricots verts frais. En vain.

Quand un jeudi, vous recevez le coup de fil et les photos par e-mail de votre personal shoppeuse - qui, ne se décourageant pas - a fait un store check exhaustif de toute surface commerciale de plus 5 mètres carré entre Alma et Saint Sébastien Froissart.

Yes, le Graal existe.
A Neuilly.
Dans tout plein de taille et donc la vôtre Quelle qu'elle soit.
A moins de 8% du prix de l'original.

Il vous attend, c'est un signe.
Il faut y aller. C'est obligé.

Samedi 16 heures. L'affaire est dans le sac.
Vous avez bravé l'heure de la sieste, les parkings déserts, les trottoirs défoncés et une rue commerçante de banlieue inconnue un samedi aprem (ok, c'est Neuilly. Mais c'est un peu effrayant autant de propreté, de luxe tranquille et de magasins quasi déserts)

Vous êtes la reine du bitume, l'impératrice du futile qui rend heureux. Et le pantalon est juste assez serré pour vous détourner des BN.


PS : N'oubliez pas de vous connecter sur le site de my own private Patrick pour qu'il puisse participer à la course des Héros et contribuer ainsi à soutenir l'action de Mécénat Chirurgie Cardiaque. Parce qu'il n'y a pas que les courses au pantalon motard dans la vie... C'est ici.


PS : crédit photo Hula Seventy

Pouce !


J'adorerais être capable de suivre ce précepte.
Souvent je passe plus de temps à me demander ce que j'aurais pu faire mieux ou ce que que je ferai plus tard et j'en oublie de profiter de l'instant présent.

Là, telle que vous ne me voyez pas, je suis en train de me demander comment occuper au mieux les 20 minutes qui viennent et là, telle que vous ne me voyez pas, il y a fort à faire que je vais réussir à ne rien faire. Si ce n'est regretter par avance de ne rien avoir fait de ces 20 minutes de calme.
Rien à faire. Je suis très loin de Robin Williams.

Pour moi, profiter de l'instant présent, ce serait avoir une journée entière pour ne rien faire. Laisser vagabonder mon esprit pour voir ce qui s'y trouve tout au fond. Sans être parasitée par toute la vie autour et sans avoir de contrainte liée à l'heure de sortie de l'école, la fin de la sieste, les heures de repas, les mails et les coups de fils et les ventes privées Eric Bompard. Chouette utopie non ?

Aïe, serais-je tentée par une vie d'ermite ?


PS : crédit illustration 31 experiment

jeudi 6 mai 2010

affiche

L'année dernière, il y avait cette pub placardée partout dans le métro de New York pour la nouvelle série télé Nurse Betty (en ce moment sur Canal Plus).
L'histoire d'une infirmière dévouée, droguée et adultère, mère d'une enfant difficile de surcroit (je résume, je résume mais avouez que l'imagination des scénaristes américains est sans limite...)
Vous imaginez la même publicité sur nos quais de gare ? En 4x3 en gare d'Ermont Eaubonne : "La vie est pleine de petites b...."

J'en souris encore...

PS : j'autocensure ma traduction pour ne pas affoler vos filtres parentaux.
PS2 : la photo n'est pas formidable, je vous l'accorde. Mais on n'est pas dans l'artistique, on est dans l'informatif.
PS3 : Quand je serai grande, j'adorerais être scénariste de séries télé US. Etre payée pour imaginer des histoires aussi délirantes et me croire dans le roman Saga de Benacquista.... Je vais peut-être me payer cette coach ?

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