vendredi 28 décembre 2012

Bonne résolution : trouver des mots



En 2013, halte aux néologismes, aux raccourcis, aux mots valises et aux PRN de la langue française : mais si vous savez ces petites robes noires qui vont avec tout et qui à force nous rendent tout terne.

Et vive les mots oubliés, les exclamations désuètes, les adjectifs précis

formidable
faramineux
vindicte
relax
fissa
débonnaire
commode
calé
savoureux
vilain
bath
élancé
babiller
tarder
glouton
margoulette
saperlipopette
et zou !
occir
rigolo








mercredi 19 décembre 2012

Pas ce soir chéri, il faut que je lise mon catalogue de la Redoute





Le catalogue de La Redoute, c'est un souffle de Paris qui arrive dans tous les salons
C'est le vibromasseur qu'on regarde l'oeil en biais pendant des années en se demandant à quoi sert ce truc (à se masser les joues pour qu'elles plissent pas c'est ça ?)
C'est le manteau qu'on a envie d'acheter en juillet, le maillot de bain en août
C'est les pages qu'on corne, celles qu'on marque d'une croix
C'est les grandes marques à la mode aux étiquettes à trois chiffres, qu'on voit dans les pages glossy des magazines, qui font des mini séries et des collections capsules
C'est les marques sans âges avec les dames tout pareil qu'on dirait exhumées d'un magazine bonne soirée de 1972
C'est le gros catalogue qui prend la poussière dans un coin de la lingerie ou qui disparait sous la pile de papiers du bureau
C'est le truc qu'on regarde avec les yeux de l'amour quand on a 15 ans et des sous dans la tête et qu'on finit par ne plus voir du tout plus tard, quand on change de gamme, mais qu'on ne se décide pas à jeter quand même
C'est les commandes à 23 heures 30 un dimanche au moment où on réalise qu'on n'a plus rien à se mettre
C'est les essayages devant la glace de la chambre avant de décider que non, vraiment, ça ne va avec rien ou bien qu'on garde et qu'on se retrouve à porter 10 ans
C'est le signe qu'on va vers une nouvelle saison, alors que celle dans laquelle on est, elle, vient juste de commencer.





mardi 18 décembre 2012

Jacky photographe

We heart it
Quand Jacky fait de la voile elle met une jolie robe rouge et un fichu pour ne pas abimer sa mise en plis.
Son bateau a des cordage en.. corde assortis à ses espadrilles et les winchs sont rutilants, tellement brillants qu'ils font comme un éclat sur les photos.
Ca en est presque agaçant.
pffft.


dimanche 16 décembre 2012

Njut, adolescence en kit



Corpus : 4 jours d'observation in vivo de deux adolescentes suédoises confrontées à deux adolescentes françaises dans un environnement français (légèrement dépassé par ce débordement d'hormones féminines)

Font tout pareil :

1. Elaborer des tour de Pise dans leur chambre à base de soutif, petites culottes et jeans tirebouchonnés
2. Ne pas faire son lit
3. Porter des Uggs tout en reconnaissant que c'est moche, que ça prend l'eau et que ça vieillit mal
4. Réclamer des légumes (rapport à la ligne, aux bourrelets et aux mannequins de chez Elite) et les assaisonner de généreuses cuillères de crème fraiche
5. Rester des heures vautrées dans un lit
6. Mettre son casque dès la porte de la voiture fermée et disparaitre dans une bulle musicale extrêmement étanche
7. Envisager la réussite d'un voyage découverte de la diversité culturelle d'un pays étranger au nombre de  centres commerciaux visités. Compter 4 points en plus par enseigne américaine parcourue au pas de charge.
8. Envoyer des SMS. Beaucoup, tout le temps. Recevoir des SMS. Beaucoup, tout le temps. Sur un téléphone dernière génération (un iPhone 4. au moins)
9. Lever les yeux au ciel
10. Se parfumer généreusement plusieurs fois par jour
11. Etre tantôt charmante, ouverte, prête à discuter et eager to help et tantôt, euh... non.
12. Avoir les cheveux longs, un slim, une doudoune à capuche en poil de yak et un sac porté au creux du coude.

Font pas pareil
1. ne pas connaître les cabas Vanessa Bruno à paillettes (les pauvres) mais affectionner les perfecto en cuir (les pauvres)
2. ne pas mettre pas de vernis à ongle multicolore mais forcer sur le rouge à lèvre. Rouge.
3. se teindre les cheveux à partir de 10-11 ans comme elles achèteraient un nouveau pull
4. parler anglais (avec des intonations américaines et des expressions toutes faites super énervantes parfois) mais parler anglais sans stress ni peur de mal faire.
5. ne pas sembler franchement stressées par les devoirs ni par le rythme scolaire.
6. ne pas faire la bise mais des hugs.


(à suivre... Elles ne partent que demain)


vendredi 14 décembre 2012

2013 # 1 : première résolution

The Smile Collective on Pinterest


Il n'est jamais trop tôt pour commencer à réfléchir aux bonnes résolutions pour attaquer la nouvelle année/

Même si finalement ce changement d'année se fait au moment où on est en pleine bourre.

Les ados ont déjà attaqué leur deuxième trimestre, quasiment personne ne part en vacances à Noël plus que quelques jours et finalement l'activité ne ralentit pas, et, plus grave, les soldes n'ont même pas encore commencé et l'hiver ne fait que montrer se griffes.

Mais si en 2013, on commençait effectivement par essayer se s'extraire de la machine à laver position essoreuse pour envisager de vivre plus simplement et de prendre du recul, ce serait bien.

Non, ce serait énorme.


Mouais, je vais peut-être essayer de commencer par trouver des résolutions plus simples. C'est pas moi qui le dis, c'est ma première résolution.





jeudi 13 décembre 2012

English vocabulary : ampersand


Un board Pinterest entièrement dédié à ce joli signe grâcieux



ampersand |ˈampəsand|nounthe sign & (standing for and, as in Smith & Co., or the Latin et, as in &c.).ORIGIN mid 19th cent.: alteration of and per se and  & by itself is and ’, formerly chanted as an aid to learning the sign.



Nous on dit esperluette ou bien "tu sais, le signe (et on fait le signe dans l'air avec l'index d'un air entendu)"



Wikipedia nous apprend que 

"Son inventeur serait Tiron, secrétaire de Cicéron dont il fut l’esclave avant d’être affranchi, également auteur de la première méthode de sténographie décrite, les notes tironiennes, mais on ne retrouve ce signe typographique dans aucun de ses manuscrits. On cite aussi Alde Manuce, un imprimeur-libraire installé à Venise qui a révolutionné l’imprimerie, outre par cette création, par le format qu’il a donné à ses livres, en particulier l’in-octavo, plus petit, moins cher et plus maniable que les in-quarto ou in-folio"

mais on s'en fiche un peu.

mercredi 12 décembre 2012

Bim dans le grand bain




L'autre jour Balibulle, blogueuse que vous connaissez peut-être, sans doute, sinon allez-y c'est chouette,  est tombée en arrêt devant le catalogue Zara enfant (on dit lookbook quand on est lancé mais finalement c'est juste un catalogue) : la beauté de cette petite fille, ses vêtements, le bon goût de l'ensemble....

S'en est suivie une conversation assez houleuse dans les commentaires, entre pâmoison partagée (c'est vrai qu'elle est canon et super bien sapée cette minette) et sentiment de malaise ou d'inconfort devant la moue de la (petite) fille, cet air mélancolique et ces vêtements d'adulte.



De la difficulté de trouver une représentation de la jeune adolescence aujourd'hui.

Cette mannequin n'est plus une petite fille, elle n'est pas une ado et encore moins une femme. J'imagine qu'elle a 12-13 ans, qu'elle va au collège tous les jours et qu'elle change de photo sur son profil Facebook plus de fois en une semaine que nous tous en une vie.

Dans ces photos elle revêt tous les atours d'une jeune femme ou même d'une femme tout court. Mes filles de 13 et 15 ans pourraient s'habiller comme cela, mes vingtenaires de bureau aussi et moi, du haut de mes 42 ans aussi.
On dirait quand on la regarde comme ça qu'on pourrait aussi partager avec elle : nos conversations, nos loisirs, nos lectures. Comme si un jour, passé au collège on quittait l'enfance pour embrasser tout de go le monde des grands.

Et tout à coup on passe des goûters d'enfants aux dîners entre copines le samedi soir, aux sacs de marque et aux talons. Au vernis sur les doigts et au décolleté. Aux votes de classe et aux forums participatifs. Aux voyages en train en solo et aux soirées sans les parents. Aux vêtements de grandes parfaitement coupés et tellement jolis que même nos mères nous les chourent.

C'est ça qui me trouble.

J'ai l'impression qu'avant on avait tout au long de sa vie des rites de passages, des milestones qui faisaient comme des sas.
On avait des barboteuses et les cheveux longs,
puis de vrais pantalons et des couettes,
et puis des sandales qui claquent.
On se maquillait en cachette et ça débordait sur les joues, on cachait les talons de mamans sous on lit pour se pavaner devant sa glace dès qu'elle tournait le dos
Un jour on se retrouvait à essayer de twister ses habits de petite fille avec des pièces empruntés aux grands, un peu trop grands. On flottait dedans comme on flottait un peu tout court dans cet état entre deux, le temps de quitter l'enfance et de pouvoir enfin déplier ses ailes
Puis venait ensuite les oreilles percées, le premier bijou, les premiers talons, le premier mascara, le premier parfum.
Et le droit de regarder la télé après 22 heures.

Aujourd'hui on vit tout tout de suite. Paf à 11ans, la violence du monde et la prise de risque, la confrontation au doute et à l'excitation du saut dans le vide. Bing, le smartphone, l'open web, le porno sur youtube et les émissions de télé réalité, les manifs et le psy. La manucure et les films en VO.

Plus de sas, plus de palier, bim, dans le grand bain direct.

Et tout ça me saute à la tête quand je vois ces photos.
Et je ne sais fichtrement pas si c'est bien ou pas.





mardi 11 décembre 2012

Le pouvoir des fleurs



Dans le coeur de l'hiver, pour retrouver le goût des couleurs dans un océan de gris et d'arbres nus, allez faire un tour sur ce tableau Pinterest "Flowers for sale" de Siafanar Bos et retombez amoureux des parterre de fleurs, des bouquets fous et foisonnants


lundi 10 décembre 2012

La fille qui rêve

Have less, be more


C'est l'histoire de la fille qui dit au revoir Monsieur à la boulangère,
La fille qui perd ses lunettes sur son nez
Qui sourit à sa copine dans la rue alors que c'est pas sa copine
La fille qui met de la crème de jour sur sa brosse à dent, du dentifrice dans ses cheveux et du gel sur ses joues
La fille qui se trompe de quai
La fille qui se prend la porte vitrée

C'est la fille qui trouve dans sa myopie l'excuse qu'il lui fallait pour laisser libre cours à sa tendance naturelle à être aussi tête en l'air, à vivre dans la lune.

Ca fatigue tout le monde sauf elle, mais elle sourit d'un air contrit alors on ne peut pas trop lui en vouloir.




dimanche 9 décembre 2012

1249

Jessica L sur Pinterest


1249 posts après, vous pouvez me suivre sur Facebook : http://www.facebook.com/UneFemmeAvecToi

Pour ne plus rien rater de mes posts et des dernières photos de Steve.
Et découvrir des liens et des photos non publiés sur le blog
Ca vaut le coup, non ?




jeudi 6 décembre 2012

Allez, Mariah






Welcome Back Mariah, personne presque récurrent de ces pages, disparue momentanément mais enfin de retour.

Mariah, t'es trop.

Tu es une provocation manifeste au bon goût : tu chantes des trucs mielleux en faisant des trémolos, tu fais trop de manières, tu es trop ronde, trop frisée, trop sophistiquée.

Mais qu'est-ce que t'es chouette quand tu nous donnes l'esprit de Noël, comme ça, pile poil dans les oreilles.










mercredi 5 décembre 2012

Petit petit petit



Pocket Monkey


En Français, On aime bien ajouter du petit partout

Un petit boulot
Une petite jeune fille
Un petit retard
Un petit break
Une petit bébé
Un petit café
Un petit dessert
Un petit dîner



Pfft, vous n'en avez pas un petit peu marre, vous ?


mardi 4 décembre 2012

Les nuits de pleine lune




Parfois le soir, quand je rentre du travail, une fois passé le portail, déjà rentrée mais pas encore tout à fait démasquée, j'aime rester une minute ou deux, plantée dans le gravier de l'allée, regarder de loin la maison qui respire et qui vit.

Je vois une ombre passer derrière la vitre, j'entends des éclats de voix assourdis.
Je sens par avance  la chaleur du foyer que je vais retrouver
J'imagine les cris des enfants quand je vais passer la porte, Marguerite qui va essayer de me chiper un bout de pain, les grandes qui montent à tour de rôle et me racontent leur journée, et puis le ronron de la machine ou les notes de la radio en bas.

Comme j'aime ça, ce sas où je laisse le froid, la lumière crûe du train et la fatigue des visages.
Le pain encore chaud dans mes mains.








lundi 3 décembre 2012

Souris, baby c'est lundi


The Selvedge Yard

Allez, allez essayez de faire la tronche.
Vous n'y arrivez pas, c'est normal c'est l'effet Steve.


Pas rassasiés ?
Allez un peu de rab.
Mais c'est bien parce qu'il pleut.








PS : photos par Richard Avedon. 1965.

dimanche 2 décembre 2012

Les ondines de la planche à voile




(à force de regarder tout le temps dans le rétroviseur avec des lunettes roses, on oublie un peu vite l'ambiance qui régnait autour des vestiaires filles de sports de glisse dans les années 80. 30 ans plus tard, on imagine mal de telles accroches de magazines et de reportages télé, qui semblaient passer très au dessus des performances sportives des femmes, loin d'être des potiches)

Introduction du clip culte de Jenna qui planche seins nus (mais avec un harnais - quand même)

"Dans tous les sports, les femmes apportent grâce et beauté, mais c'est la planche à voile qui les met le plus en valeur, et pour notre plaisir, les courbes harmonieuses de leurs corps jouent dans le vent et les vagues"







jeudi 29 novembre 2012

L'enfant derrière le paquet de céréales



TOUS les enfants du monde se planquent derrière leur paquet de céréales le matin

A se demander s'ils mangent ces substituts de croquettes seulement pour pouvoir dresser cette barrière devant eux. A moins que ce ne soit l'ultime preuve de leur proximité avec le mode de vie de leurs zamis à quatre pattes : manger, dormir, se promener, jouer.

Ou alors parce que c'est le moyen de déplacer l'espace personnel de leur lit trop tôt quitté sur la table familiale, de prolonger la douceur du cocon de la couette, de rester dans leur bulle ultra-personnelle, confidentielle.
S'isoler de la radio qui parle trop fort, de la lumière trop vive, des frères et soeurs aussi patauds qu'eux à force de ne pas réussir à sortir du sommeil.
Loin des parents, aussi, pas fort réveillés non plus mais qui tentent d'établir le dialogue et d'imposer des règles de bien-vivre. Comme si les règles de bienséance pouvaient s'appliquer avant 8 heures de matin alors que même Louis XIV, lui, ne se levait pas avant le soleil (qu'il était, certes, mais c'est une autre histoire).

Parce que la conversation est impossible si tôt le matin, les connexions pas encore toutes faites, la moitié des neurones encore dans les rêves et l'autre moitié mobilisée à tenir la cuillère d'une main et la tête d'une autre, pour actionner l'ouverture de la mâchoire, enfourner la cuillère et mâcher sa bouillie.

Alors le mur du paquet donne un semblant d'intimité, un semblant de contenance parce qu'ils font semblant de lire les informations écrites au dos alors qu'en fait leur tête est encore en train de dégommer des indiens dans le Far West (ou de dévaliser H&M ou de tirer la langue au prof de maths).






mercredi 28 novembre 2012

Il est fort, Victor



Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.





(j'ai longtemps trouvé les poésies gnangnan. Jusqu'à ce que je réalise au hasard des jours sans soleils ou des éclipses autour de moi, que parfois seule la poésie réussit à calmer l'âme. J'avais appris ce poème de Hugo au Collège, et alors, mon coeur trop frais n'avait pas saisi l'infinie beauté, l'insondable tristesse de ces vers. Jusqu'à ce soir où la magie des requêtes Google - si si - m'a pris la main jusqu'à ces lignes - pile le jour où mes pensées et mes prières vont vers celles et ceux autour de moi qui ont le coeur en miettes.)



mardi 27 novembre 2012

Sorry Steve

Made Luminati via Middle Child Complex

Daniel (Craig) et Bérénice (Marlohe). Sans doute quelque part en Asie pour le tournage de Skyfall.
La patate, le soleil et le sex appeal.



Il n'en faut pas plus pour laisser de côté pour une fois mon sex symbole préféré Steve et ses sweet 60's et sauter à pieds joints dans le XXIème siècle.
Il était temps me direz-vous.


(vous remarquerez la dimension pneumatique des courbes des personnages et le mouvement du vent dans les cheveux, les expressions des visages et les plis des vêtements. On dirait que la photo est en 3D)



PS2 : j'aimerais bien savoir qui a pris cette photo et dans quelles circonstances.

lundi 26 novembre 2012

8 mois pile

In lost we trust

8 mois pile.
Je vais peut-être m'acheter un maillot rose, moi, tiens.


(rien de mieux que de penser aux vacances d'été avant même de plonger dans l'hiver. Essayer de se souvenir de la caresse du soleil, savoir que le long tunnel des mois sans lumière ne sera bientôt qu'un souvenir un peu trop froid, un peu trop frais)

jeudi 22 novembre 2012

Il se reconnaitra


Il se reconnaitra celui qui aurait adoré avoir une couettabra pour lire dans son lit sans avoir froid.
Et qui avait imaginé mettre les bras dans son peignoir pour contourner le problème et terminer sa BD sans problèmes.
A 40 ans près, on aura su quoi lui offrir pour Noël.

Vu dans My Little Paris

mercredi 21 novembre 2012

Le mystère insondable de l'enfantement

Vintage Maclaren 1966 au MoMa via Marvellous kiddo


Chères femmes en âge de procréer mais pas encore primipares.

Vous jouez à vous faire peur en écoutant les mères autour de vous se raconter avec des airs de conspiratrices tout ce qui se passe au delà - au plus beau du bout du précipice, quand on se jette dans l'air en espérant que son parachute va s'ouvrir à un moment ou un autre.

Vous hésitez entre l'horreur et l'envie, le sens du devoir et l'urgent besoin de ne pas s'engager dans une voie que vous savez sans retour.

A 25 ans vous savez tout de l'épisiotomie, des nuits sans sommeil et de la dépression post partum. Des kilos en trop et des vergetures. De la libido en berne et des seins qui grossissent, qui débordent avant de s'affaisser comme des gants de toilettes. Vous vous gaussez des femmes au sourire béat qui se rappellent de leur accouchement avec force détails gores et cuculs à la fois, quand elles ne vous mettent pas sous les yeux des clichés pleins de plis et de rougeurs.

Et vous adorez raconter ces anecdotes atroces à vos bonnes copines d'infortunes, comme on agite une gousse d'ail devant un vampire assoiffé.

Vous vous raccrochez aux exemples de la cousine qui n'a jamais eu de nausées, de la multi-mère qui ne se plaint jamais, de la voisine qui pond des enfants tous les ans et qui garde le sourire, tout en trouvant ça louche.
Comme si elles cherchaient juste à vous enfumer pour de peur de voir vous enfuir et échapper à ce destin inéluctable de l'espèce animale : se reproduire.

Vous imaginez un lavage de cerveau à la maternité, la signature d'un pacte obscur des jeunes accouchées. Elles sont passées "de l'autre côté", celui dont on revient avec des cernes, des histoires de couche et de rots plein la bouche. Et des taches sur le t-shirt.

La plupart du temps vous n'y pensez pas, mais parfois ça prend toute la place dans votre tête.

Et moi, je me sens comme une vieille dame devant vous.
Et je ne sais pas quoi vous dire.
Parce que ce n'est pas simple, c'est vrai.
Sauter le pas ou pas
Le faire sans trop réfléchir au risque de s'en mordre les doigts ou trop réfléchir et ne pas le faire - parce que rationnellement c'est franchement une mauvaise idée non ? - et s'en mordre les doigts.

J'aimerais vous dire que c'est évident. Mais non.
Et chacune a le droit de se poser la question.
Et de prendre la décision qu'elle veut.
Il n'ya ni bien, ni mal, juste des femmes qui avancent et qui se confrontent à l'insondables et qui heureusement la plupart du temps, d'instinct, font pour le mieux.





PS : ça coco, c'est du titre de post aspirationel, inspirationnel, SEO et tout. Pas trop déçus à l'arrivée ?
PS2 : avant même d'avoir des enfants, j'aimais déjà les MacLaren.
PS3 : une poussette vide, c'est limite angoissant pour celles qui ne les connaissent que pleines et chargées jusqu'aux essieux, béquille fidèle des jours de marche sur les trottoirs.


mardi 20 novembre 2012

Philippe et Bernard




Corriere Della Sera

Tomber par hasard sur un site italien, regarder des photos de vieux films.
De ceux que je devrais connaître si j'avais des pellicules dans mon cerveau et pas sur ma tête (c'est pas vrai, j'ai pas de pellicule, mais ça faisait joli dans la phrase).

N'en reconnaître aucun sauf le seul avec des Français dedans. Et encore.

Me dire que le grand avec un pull en laine c'est Philippe Noiret (Le vieux fusil entr'aperçu dans le reflet de la fenêtre du salon un soir où mes parents m'avaient dit que "ce n'était pas un film pour moi")
Et celui au milieu, celui qui ressemble à Coluche mélangé à Papy Mougeot.
Une tête connue, qu'on entend plus que l'on voit.
La quintessence de l'esprit français, drôle, hâbleur, de mauvaise humeur mais qu'on n'arrive jamais vraiment à détester.
Bernard Blier.
(c'est écrit sous la photo)
Me voilà catapultée dans mes années chaussettes hautes et jupe en jeans, barrette de couleur et cheveux mi-longs.
Des heures à observer mes pieds se balancer pendant que mes parents regardaient des émissions de télévision avec du velours, de la fumée de cigarette, Michel Drucker avec plein de cheveux et des micros carrés.

Aller chercher le nom du film - mes chers amis - Amici Miei en V.I -



Regarder la bande annonce, n'y comprendre goutte mais me dire que j'aimerais bien partir en Italie.

dimanche 18 novembre 2012

Oscar et la santé


O

Cher Oscar,


Moi aussi, je trouve ça super healthy d'être seule de temps en temps.
Aux toilettes et sous la douche.
Voilà mes deux bons gros et seuls moments de solitude depuis, attendez voir, 1997 ?
Et c'est vrai que sans, je serais en hyper moins bonne santé.


Bien à vous
Véronique




PS : J'aime vos traits d'humour qui sont à la littérature ce que la doublure fantaisie est à un costume de Savile Row (ou le gingembre à la soupe à la citrouille).

vendredi 16 novembre 2012

English vocabulary : wanderlust


hrtrrrr



wanderlust |ˈwändərˌləst|nouna strong desire to travel: a man consumed by wanderlust.ORIGIN early 20th cent.: from German Wanderlust .




En Français la citation de Marcel Proust se traduit par : "Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. "



jeudi 15 novembre 2012

Upside down



chat



Article découvert dans le magazine luxembourgeois en ligne l'Essentiel :


"Après les poupées qui font pipi, celles qui parlent ou qui marchent, voici le poupon à allaiter. Ce jouet conçu par une marque espagnole provoque la polémique aux États-Unis depuis sa commercialisation.
La poupée simule la succion une fois que l'enfant approche le jouet de sa poitrine, après avoir enfilé au préalable une brassière ornée de deux pâquerettes symbolisant les seins, équipées de capteurs déclenchant le mouvement des lèvres du poupon. "
voilà voilà


mardi 13 novembre 2012

Entr'acte


(via)

Deux vidéos.
La première, hilarante, est une parodie de la série Homeland découverte sur le Daily Elle



Et la seconde est un premier cadeau de Noël, une publicité pour le magasin John Lewis, jolie  comme un flocon de neige





(La chanson est une reprise de Frankie Goes to Hollywood par  Gabrielle Aplin "The power of love")



lundi 12 novembre 2012

Non c'est non







Le jour où on réalise qu'on n'est pas tout seul, qu'il faut vivre avec des règles, des priorités, des concessions, des partages.

(rage sourde)

(rage sonore)

(cris, pleurs, caprices, désespoir, solitude)


Le jour où on comprend qu'il n'est pas forcément malin de se prendre le 38 tonnes de face, que peut-être un peu de malice, de manipulation, de dissimulation pourront faire passer la pilule

(bien mieux, triomphe, jouissance, pouvoir)


exemple A :

- Maman, gâteau
- Non, tu sors de table, ce n'est pas l'heure de manger des gâteaux
- Mais maman, gâteau !
- Non, tu sors de table, pas de gâteau
- (pleurnicherie) MAMAAAAAAAN GATEAUUUUU
- Quand je dis non, c'est non

(parent droit dans ses bottes, enfant en échec, désespoir)


exemple B :

- Marguerite, tu viens prendre ton bain ?
- (enfant ne lève pas la tête) Non maman !
- Allez, viens prendre ton bain
- (enfant lève la tête mais continue son activité) Non
- Ecoute, tu viens tout de suite où je me fâche
- (enfant soupire, lève les yeux au ciel) Quand je dis non, c'est non

(parent perplexe, hésitant entre rire et froncement de sourcil désapprobateur, 10 secondes de perdues, enfant triomphe, CQFD)





PS : Le magazine so chic so urban so parisien so désirable Milk a demandé à des parents (presque) comme les autres quelles punitions ils infligent à leurs enfants. Les réponses sont ici. Chacun y va de sa blagounette ou de sa réponse ultra sérieuse. De mon côté et bien que Milk ne me demande pas mon avis, j'aurais bien répondu que j'adorerais être super cool et ne jamais punir ni gronder quiconque mais allez savoir pourquoi j'ai beaucoup de mal à ce que les besoins impérieux et discutables de ma progéniture envahissent ma (notion de la) liberté. Et ça vaut mieux pour moi et pour eux.

dimanche 11 novembre 2012

A table !

Julian Wasser via This isn't happiness


Le couteau à droite de l'assiette, les dents vers l'intérieur
La fourchette à gauche, face contre table
Les assiettes appariées
Un verre, une serviette chacun
Une bouteille d'eau

Les mains propres et les cheveux attachés, le dos droit.
On attend que tout le monde soit servi avant de commencer
On débarrasse avant de quitter la cuisine

Non seulement on tient dur comme fer à ces repas en famille mais en plus perdurent des règles qu'on aurait juré crû jeter aux oubliettes dès la liberté de son propre foyer acquise.

Comme si c'était leur donner des clés supplémentaires dont ils auront l'usage un jour, le jour où ils s'y attendront le moins
Comme si c'était chaque jour un petit sommet de Yalta où tout le monde laisse ses armes à la porte du saloon pour vivre un moment de trêve où enfin tout doit se passer comme il le faut, où on parle, où on se regarde dans les yeux, où on échange et on se vit ensemble.

Un pur moment de cohésion familiale.

Souvent à base de soupe et de légumes.
Soit.

Mais personne n'a dit que la trêve devait être simple non plus.





jeudi 8 novembre 2012

Oups he did it again

The Sartorialist, évidemment


Oh non, encore ?
Non, parce que là j'étais tranquille, j'étais peinard, en train de marcher dans la rue, et paf, voilà une photo.

Vraiment Scott, tu pousses. Et c'est pas la première fois (ici) et puis aussi. Je vais finir par me rebeller.





mercredi 7 novembre 2012

CIO : centre d'information et d'orientation


Alors ma petite jeune fille, tu cherches des idées de métier ? Laisse moi te présenter quelques activités qui te feront voir d'un tout autre oeil les emplois de bureau de tes parents, tes idoles, tes modèles (si, tes modèles).


Ecureuil pour l'ONF : grimper à 35 mètres du sol sur des échelles en aluminium pour cueillir les pommes de pins et faire des stocks en vue d'une éventuelle reforestation.

Restaurateur de tapisseries panoramiques du 19ème Siècle

Artiste de rue à New York : se prendre en photo nue dans la rue, dans le métro, dans une gare, à vélo, sans se faire arrêter par la police, ramer mais être libre. Et rigoler.


Eleveur de bisons, ou de chiens de traineaux, ou forestier dans le Jura.


La télévision, ma petite, va te donner des perspectives incroyables.







mardi 6 novembre 2012

Mardi confession : Céline

via Le Figaro

Il est super ringard de dire qu'on aime Céline Dion.

(Comme Mariah Carey, mais c'est une autre histoire)

Si je n'aime pas particulièrement sa musique un peu trop formatée et variétisée pour mes goûts de parisienne bobo quarantenaire qui ne jure que par les ballades névrotiques à la guitare sèche (quasi), je rêve pourtant d'aller à Las Vegas pour la voir en concert, tant cette femme me botte.

Capable de jurer comme un charretier en robé lamé, d'appeler ses enfants Nelson et Eddy, de peser 50 millions de dollars et moins de 45 kilos et de marcher non stop sur des talons de 15, le tout avec un naturel confondant et la tête de la fille qui ne se pose pas trop de questions sur le chemin à prendre.

Alors OK elle est riche à millions, refaite de partout, elle a autant de nannies et de personal assistant qu'elle veut , elle n'a jamais mis les pieds dans un Franprix depuis.. que Franprix existe. Sa vie est à peu près aussi proche de la vie de euh... tout le monde que Barack Obama (il fallait placer Obama, aujourd'hui, forcé).

Elle s'habille trop kitsch, chante trop fort, raconte sa vie à tout le monde, y compris les détails les plus gores, a des principes d'éducation étranges et une drôle de tête toute en longueur.

Et pourtant, Céline me donne la patate les soirs où j'ai une furieuse envie de me suicider au Pepito. Regarder un reportage sur elle à la télé me donne le même plaisir coupable que de me jeter sur Voici dans la salle d'attente des médecins, que de manger un Kinder Surprise debout dans la cuisine à 11 heures 45. Visionner une galerie photo d'elle me fait sourire jusqu'aux oreilles.

Un antidote à la morosité, au qu'en dira-t-on et au diktat du bon goût, une vraie grosse boule d'énergie.

Celine 4 ever.






PS : non mais, sans rire, Céline à Vegas ! Quel pied, non ?




lundi 5 novembre 2012

Ce qu'on ne voit pas


Ce qu'on ne voit pas est dans les détails.

Dans la couleur du jus de pommes tout frais et tellement clair que quand on regarde à travers tout prend des éclats de caramel.

Dans le sweat shirt du petit (pas si petit) garçon, le même que celui de ses cousins, que ses soeurs, que ses oncles, que ses tantes, ses parents et ses grands parents. Ceux qui s'empilent dans le placard de la maison et qui semblent ne s'user jamais.

Dans le mug au premier plan avec un fond de café dedans. Le café de 11 heures, celui qui réchauffe et réconforte après 2 heures dehors dans le froid doux, le clair obscur inimitable de cette région au mois de novembre

Dans les assiettes empilées sur les étagères dont certaines sont encore un peu dorées au bord et qui ont vu plus de quatre fois plus de repas et plus de vaisselle que le petit (pas si petit) garçon n'a passé de nuits sur Terre.

Sur la toile cirée raccommodée avec une pièce là à gauche sous le carton qu'il faudrait changer mais qu'on ne change pas

Dans la patine de la grande table en bois longue et étroite planquée sous la dite toile cirée.

Dans le ciré jaune qui sèche accroché à la fenêtre et qui rappelle des heures plus hem, humides.

Dans la carte punaisée au mur qui répertorie tous les chemins, tous les hameaux et tous les lieux dits avec des noms qu'on se fixe comme objectifs de connaître par coeur un jour

Dans le calme apparent de cette scène alors que dehors s'agitent les grands et les petits sous les ordres du grand gars au pull jaune et que le petit (pas si petit) garçon ne s'est arrêté que le temps de dessiner la pancarte qu'il va brandir dans trois minutes au bord de la route.




mardi 30 octobre 2012

English vocabulary : to dive in

This isn't happiness
diveverbthey dived into the clear water | the plane was diving toward the groundplunge,nosedivejump head firstbellyflopplummetfalldroppitchdive-bomb.the islanders dive for oystersswim under watersnorkelscuba dive.they dove for coverleapjumplungelaunch oneselfthrow oneselfgo headlongduck.nouna dive into the poolplungeswan divenosedivejumpbellyflopplummet,falldropswooppitch.a sideways divelungespringjumpleap.informal John got into a fight in some divesleazy bar/nightclubseedy bar/nightclubinformal (drinking) jointhole.


Plonger dans son lit la tête la première
Plonger dans le paquet de gâteau
Plonger sur la route pour avaler des kilomètres
Plonger dans l'herbe

Et plonger dans les pommes. Encore.



lundi 29 octobre 2012

Dans mon train


via Pinterest

Dans mon train il n'y a rien à voir dehors. Pas de montagnes ni d'étendues sauvages et magnifiques. Pas de mer ni de champs à perte de vue. Pas de vache ni de garde barrière.

Dans mon train, le voyage est surtout à l'intérieur.

Dans les pages de la jeune femme impassible qui lit 50 nuances de grey, roman sado maso, à 8 heures 50 entre Clichy et Pont Cardinet
ou dans celles de cette dame fort respectable qui attaque un chapitre de son Poche tout neuf intitulé "I'm not a dog". Yes indeed, you're not a dog, Ma'am, I can see that.
Dans les yeux des amoureux, heureux d'être collé serrés alors que leurs voisins ne rêvent que de quelques centimètres d'espace pour respirer.
Dans les oreilles de tous ceux qui entrent et sortent sans cesser de parler dans leur téléphone.
Dans les doigts des cadres sup scotchés à leur jeux d'adresse sur leur console portable.
Dans les mains de cette femme diaphane qui s'applique à revêtir les atours de la cadre sup - base matifiante, mascara, ombre et poudre, flush et rouge à lèvre
Dans les pieds des ados qui se trémoussent en se partageant des écouteurs.








jeudi 25 octobre 2012

Lego ça veut dire je joue






Voilà une vidéo qui me permet et de reparler de ce grand dingue de Félix (qui by the way a décidé d'arrêter sa carrière de casse cou parait il)  et de Jean de la Lune.


Une reproduction au 1:350 du saut de la stratosphère de Baumgartner.

C'est spectaculaire, parfaitement inutile, et donc un peu indispensable (via La Boite Verte)




mercredi 24 octobre 2012

la Victoire est belle


Il est des petits riens qui sont comme des nirvanas d'accomplissement personnel.

Félix Baumgartner, son truc c'est de se jeter dans le vide de très très haut avec un mini parachute ridicule sans même pouvoir hurler banzaï rapport à son scaphandre.
Karl Lagerfeld, c'est de promener sa houppette en racontant des vacheries sur... à peu près tout le monde.
Lady Gaga c'est de s'habiller avec des choses de plus en plus bizarre et d'appeler ça un costume.

Moi, c'est d'oeuvrer au rapprochement familial des chaussettes.

Apparier les coton taille 45, les Artengo taille 34 et les Miss Helen taille 38
Retrouver au fond du panier un petit bout de laine gris qui déplié, retrouve miraculeusement la mine de sa copine planquée dans le tas des orphelines grises en size bébito.

Comme un jeu de mémory géant, un défi à mon sens pratique.

Ce matin, j'ai compté 14 paires.
14 paires officielles, hein, pas des presque pareilles que "si mon chéri, en marchant vite, personne n'y verra rien". Non des frères et des soeurs de coeur et de sang, baignées dans le même bain de basket pendant de longues journée.

Et ça, ce n'est pas rien.
Un immense facteur de cohésion familiale, la garantie de gagner de précieuses minutes le matin, d'éviter des montées en vrille dans les tympans.

Le pied.



mardi 23 octobre 2012

Jean de la Lune et temps masqué








Petite fille, tu es dans la lune !
La maman se penche sur sa petite fille et remet une de ses mèches derrière l'oreille en lui caressant la joue.
A quoi penses-tu petite fleur ?  Vers quoi les nuages t'emportent comme cela ? 

Assise en tailleur par terre, la tête dans les mains et les yeux plongés dans le ciel, toute tranquille et détendue, les traits reposés et le regard vague, la petite fille n'entend pas la voix douce de sa maman, tressaille à peine sous sa caresse. Partie dans une petite bulle d'éternité, elle n'a que faire de ce qui se passe autour d'elle. Elle grandit, elle imagine, elle frémit aussi sans doute, laisse les lego des heures passées s'empiler et se ranger dans sa tête. Elle a tout le temps devant elle.

La maman s'éclipse et ferme la porte derrière elle. Sa petite fille est une rêveuse, elle est comme ça et après tout, pourquoi pas ? Elle aura bien le temps de se réveiller plus tard, la vie est longue et elle est au début du chemin.



Et puis, un jour, on grandit et notre temps est compté. On jongle en empilant plusieurs fois 24 heures en une journée. Il faut être efficace, rapide, décidé, opérationnel. 
On apprend à maîtriser le temps masqué comme on respire : faire les courses en discutant avec une vieille copine au téléphone, lire dans le train du matin, déjeuner en surfant sur Internet, faire réciter une leçon en se faisant les ongles.

On se souvient qu'il faut souffler aussi un peu.
Alors on industrialise son repos du corps et de l'âme.
On apprend à méditer, on "prend du temps pour soi", on "décompresse" et on "se défoule". On apprend le "lâcher prise".

Comme si on avait enfoui Jean de la Lune trop loin en nous pour ne plus le retrouver.




lundi 22 octobre 2012

Maddie the dog



Ce blog, Maddie the Coonhound fait parler de lui depuis quelques mois déjà.
Je ne sais pas trop si c'est vraiment drôle de prendre son chien comme une marionnette dans des postures étranges et décalées mais là, ce soir, alors que Noé est en train de terminer ses emplettes et que son arche va bientôt quitter la rive (non, mais sans rire, c'est quoi ce déluge ?), je suis retombée dessus. Et définitivement sous le charme.

De la mine stoïque de ce chien, quoiqu'invente son maître
De la qualité de la prise de vue et des lumières
De l'élégance polie et ironique de l'ensemble







jeudi 18 octobre 2012

Ca c'est Paris


A conversation on cool

Ce matin, chez Carette, place du Trocadéro.
Un salon de thé très comme il faut, très Paris de carte postale où les serveuses attendent à l'entrée avec leur tablier blanc, où les céramiques le disputent au cannage des chaises niveau "estampillé typique".
Avec des couples de jeunes qui arrivent en moto, un vieux couple qui arrive en berline, les serveuses qui préviennent quand les pervenches attaquent la file de voiture en double file.
Le café au prix de la cafetière
Le petit déjeuner servi avec des demi baguettes toastées et de la confiture
Le café au lait avec du café d'un côté et le lait de l'autre
Des toilettes avec des petits carreaux couleur jaune pâle par terre.
Et sa surpopulation de chemises blanches et complets foncés, de sourcils froncés et de smartphones.

De quoi entretenir le mythe de Paris de carte postale.


(au retour dans le métro, j'ai retrouvé cette odeur RATP de caoutchouc chauffé, de détergent et de chaleur grillée. Pas de celles qu'on respire à pleins poumons comme le maquis corse ou l'air de la Mer d'Iroise, mais assez caractéristique et plaisante pour me rappeler mes premières semaines dans la capitale, à moitié fascinée et à moitié terrorisée aussi)





mercredi 17 octobre 2012

Tous dans le même (Petit) Bateau




Les opérations de mécénat ou de storytelling des marques ont parfois le goût du plastique et de la colle en kit. Ce n'est pas qu'elles sont ratées, mais c'est plutôt qu'on n'y croit pas vraiment.
Petit Bateau a au contraire non seulement un patrimoine en or, mais en plus des idées suffisamment chouettes pour qu'on ait envie d'écouter.

Dernière en date, l'exposition photo réalisée à Troyes avec les salariés de l'usine Petit Bateau par le photographe Stéphane Rémael





D'autres clichés et la présentation formelle de l'exposition sur le blog de Petit Bateau.



Vous ne trouvez pas que ça ressemble à ces photos de Dulce Pinzon sur les héros invisibles ? On y trouve la même volonté de célébrer les travailleurs de l'ombre, ceux auxquels on ne fait pas très attention. Et c'est chouette, non ?









PS : Petit Bateau, j'en ai déjà parlé ici, et puis là aussi,

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