mercredi 19 avril 2017

Sur ma table de chevet




Mon côté de lit est un joyeux foutoir qui prend la poussière jusqu'à former un genre de marchepied naturel pas désagréable, quoi que fort peu stable, qui me laisse malgré tout penser que que je n'ai pas qu'un patronyme royal au moment de me jucher sur ma couche.

- - - - Couche par ailleurs perchée aussi haute qu'un lit médical grâce (à cause ?) du sommier et du matelas mémoire de forme épais comme des livres de Dan Brown de tout couple de plus de 45 ans qui a fini par se convaincre que "rien n'est plus important qu'une bonne literie à notre âge" même au prix d'un billet aller/retour Seychelles en 1ère classe. Parfois je regrette mon clic clac d'étudiante - - - - -


Revenue aux dures réalités de la vie en famille, de l'optimisation de l'espace et de la chasse au bazar, il m'arrive de me lancer avec enthousiasme et efficacité dans un tri, qui aboutit immanquablement à une rupture d'espace temps pendant lequel je me retrouve, assise par terre à trier les indispensables des désespérément inutiles, découper les recettes et les photos chouettes, relire les magazines et les livres, ouvrages et prospectus étalés par terre. Avant de tout remettre en tas.

Le dernier tri a permis malgré tout de sortir des limbes moutonneuses quelques pépites - à la demande générale de mon lectorat bibliophile.

(la suite après le saut)

mardi 18 avril 2017

Quand tu sais pas, t'as Carlos





Non Carlos n'est pas que le fils de Françoise Dolto ni l'interprète du tube planétaire Big Bisou sorti en 1977, en pleine période Punk. (Finalement, à bien y réfléchir, c'était peut-être lui, le vrai Punk de l'histoire).

Il a aussi sorti en 1976 un 45 tours sur lequel on trouvait sur la face A le totalement oublié (sauf de Roro et ses frères) "bougalou du loup garou", et sur la face B le encore plus oublié "Si j'étais Président", profession de foi super festive et ritournelle impeccable dont les paroles sont fixées dans ma mémoire depuis... mes 6 ans.

Une semaine à peine avant de partir d'un pas décidé vers les urnes remplir votre devoir citoyen, voilà de quoi envisager votre plongée dans les programmes des candidats avec entrain et bonne humeur  :





PS : l'histoire de Yvan Chrysostome Dolto, fils de, diplômé en kinésithérapie, devenu secrétaire particulier de Sylvie Vartan avant de changer de nom pour prendre celui de Carlos en hommage au percussionniste Carlos Patato Valdes, et devenir un artiste de variété incontournable, vaudrait à lui tout seul un film.


vendredi 14 avril 2017

Déposez les armes et écoutez Juliette



Quand j'avais 15 ans, j'écoutais d'une oreille un peu désabusée cette musique française des années 70 et après 80, ces soirées Maritie et Gilbert Carpentier, ces Champs Elysées de Drucker et ces Balavoine en cuir. 
Je préférais passer des heures à me tuer les yeux devant les Enfants du Rock et Philippe Manoeuvre, écouter Radio Neptune et enregistrer des albums de new wave et de rock anglais.

En 2017, Juliette Armanet ressuscite tout ça avec un twist qui le rend contemporain et c'est super bien.

Il ya les pistes douces et légèrement neurasthéniques (obligatoires de tout premier album on dirait), mais même là les paroles sont jolies et la voix est là, fraîche et franche.

Mais je vous recommande "Star triste" et "Samedi Soir dans l'histoire" avec de la pédale wawa, des paroles ciselées, une voix haut perchée et un tempo que ne renieraient ni Eric Serra, ni Billy Joël ni Michel Delpech ni même (et c'est pas rien) Nicole Croisille.

La bande son parfaite d'un grand week end avec cheveux dans le vent, air frais et tête qui tourne un peu après avoir bu un apéro avec des vrais bons potes dans le jardin.


Ci dessous la vidée de son premier single (qui ne va fâcher personne mais qui est un peu lisse et gentil comparé au reste de l'album)






mercredi 12 avril 2017

On est partis en croisière à Samoens

Slim Aarons - 'Snowmass Picnic' Aspen 1967 (tirage à vendre chez Yellow Corner)

Une semaine à la montagne pour des marins du dimanche de la côte Ouest qui croient que les spatules sont seulement dans le tiroir de la cuisine, c'est a priori prendre un poisson rouge et lui expliquer qu'il sera super bien dans un terrarium. Alors qu'en fait, il y a plus de points communs qu'on croit.

Avant :
- On part aussi chargés dans la voiture que si on envisageait un séjour de détox sur une île déserte : courses alimentaires, vêtements chauds, livres, magazines.
- On regarde la météo tous les jours
- On fait ses valises avec beaucoup trop de choses dedans

Sur les pistes :
- le sandwich avalé au grand air au déjeuner est le meilleur du monde.
- la première gorgée de bière fraiche les yeux fermés face au soleil arrête immédiatement les pendules
- Les monos sont hyper bronzés sauf sur sur les yeux
- On se tartine d'indice 50 - surtout sur le nez
- Heure après heure on s'enivre d'air frais et on réhabitue ses yeux à l'espace

En dehors de pistes :
- On a l'air ahuri, les yeux fatigués et la mine joyeuse.
- Le coca rouge tiède faute de frigo dans la voiture a le même goût délicieux que celui qu'on buvait petits dans le cockpit, le dernier bout amarré au ponton.
- On se demande, après 6 heures en territoire naturel et chaussé de caoutchouc et de plastique semi humide, si une paire de Ugg portée pieds nus n'est pas un véritable avant goût du paradis.
- On est mal sapés pendant une semaine et on s'en fiche complètement. Le maître mot est la chaleur et le confort. Legging, polaires chaussettes. Même pour aller chercher du pain. Voire pour aller diner au resto (le soir où on décide de se coucher après 20 heures)
- On dîne hyper tôt, on se couche hyper tôt, on dort tout de suite
- On lit rien du tout. Ou alors vachement.


La minute guide touristique après le saut :

Le compte instagram du blog



Ayé j'ai ouvert un compte Instagram Une Femme Avec Toi (@unefemmeavectoi ou https://www.instagram.com/unefemmeavectoi/ si vous n'avez pas de mobile).
Pour partager avec vous et le monde entier de l'univers mes pérégrinations quotidiennes, mes étonnements et mes émerveillements (au moins) en français et en anglais aussi parce que je le peux et parce que je veux voir jusqu'où mes posts peuvent m'emmener.
Ca va être un petit laboratoire d'idées et de tests aussi. Je vous raconterai.

Pour l'instant il est tout maigre mais j'ai plein d'idées et il va grossir très vite.

Vous pouvez commenter, m'interpeller, me dire des trucs cool. Ca va être chouette.


mardi 11 avril 2017

Viens avec moi dans mes montagnes russes


Les plus belles photos prises dans les montagnes russes



Lundi : déjeuner avec une copine de copine pour parler d'un projet d'association; pas de business model ni de perspective de monter la prochaine licorne qui nous obligerait à louer un yacht l'été prochain pour échapper à la foule des médias en délire. Juste plein de points communs et d'aspirations partagées, l'envie de développer les échanges et de changer le monde. C'est excitant, c'est exaltant, c'est aussi hyper concret. Le ciel est bleu, l'air est frais. Je suis la Reine du Monde.
Les heures de la journée glissent sur moi comme une ondée bienveillante.

Mardi :

8 heures : découvrir les yeux à peine ouvert le ciel orageux sur mon compte en banque. Râler contre Pôle Emploi qui  traine à payer les indemnités.

9 heures :  ouvrir mon compte et me rendre compte que le virement a bien eu lieu. Hélas. Abandonner alors arc en ciel, licorne et Reine du Monde et écumer Indeed, Pôle Emploi et LinkedIn à la recherche d'un travail super bien payé tout de suite là maintenant.

9 heures 05 - 10 heures : écrire frénétiquement 5 mails de candidature en oubliant toutes mes bonnes résolutions de ne pas me jeter sur le premier job qui passe. Avant d'appuyer sur la touche "envoyer", demander conseil auprès de ceux, bienveillants, qui observent et encouragent de loin.

10 heures 30 : recevoir des emojis horrifiés en retour. Secouer la tête et détruire les mails de candidature.

10 heures 31 : recevoir la notification de rappel de rendez-vous avec Pôle Emploi demain.

10 heures 32 : hésiter entre boire un café et avaler un paquet de Shoks pour oublier. Laisser trainer un regard affolé dans le salon. Me souvenir que non seulement je ne suis pas capable de trouver un travail mais en plus il y a du linge à plier / une machine à vider / un panier à repasser. La liste des Il FAUT s'allonge devant mes yeux comme la litanie des Saints à la veillée pascale. Envisager de me ronger les ongles, habitude perdue depuis 1996.

10 heures 42 : recevoir une notification de LinkedIn qui me dit qu'ON a consulté mon profil. Le coeur presque gonflé d'orgueil, cliquer et découvrir qu'une  (seule) personne, déjà de mon réseau a regardé mon profil. Dégonfler mon orgueil.

11 heures : recevoir une notification de Runtastic qui me dit de ne pas oublier de "prendre un moment pour moi" et d'enfiler mes baskets. Envisager d'enfiler mes baskets 2 secondes avant de fermement refuser de céder à cette énième injonction numérique. Avec les notifications automatiques, j'ai l'impression d'avoir 15 ans et un directeur de conscience sur les épaules. Niet. Je suis pauvre, mais libre.

11 heures 45 : m'habiller avec autre chose que des vêtements mous, reprendre visage humain et sortir déjeuner sans avoir trouvé de solution et sans avoir faim.

15 heures 15 : rentrer du déjeuner sans avoir trouvé de solution, sans avoir faim mais avec la ferme intention de FAIRE quelque chose. Ignorer le linge, la poussière, les papiers et le linge à repasser.

15 heures 30 : Envoyer deux mails de relance, proposer de prendre un café à un nouveau contact.

15 heures 45 : commencer un post de blog en forme de mise en abime de l'abime de mes pensées. Me rouler dans la désespérance et l'auto-complaisance vaguement ironique et faussement détachée, ça va pas plaire au banquier mais au moins, ça je sais faire.

17 heures : le téléphone sonne à 5 minutes d'intervalle. Deux rendez-vous à venir pour du boulot.

17 heures 05 : gonflée à bloc, reprendre le projet d'association, écrire 25 idées en 3 minutes, trouver 10 articles parfaits, plier le linge, trouver la recette du pesto d'ail des ours et le faire dans la foulée, embrasser enfants et prendre photo de la glycine sous le soleil.




jeudi 30 mars 2017

Séché




Face à face. les pieds sur le siège de devant. L'allure savamment décontracté et l'arrogante beauté de cette jeunesse qui n'existe que quelque part autour de 22 ans (avant ils sont encore engoncés dans leurs habits de lycéens taillés par leurs parents selon leurs désirs de parents et après ils ont dans les yeux un éclat de tension qui vient de s'être déjà frottés aux horaires imposées, à l'idée de devoir y arriver mais pas toujours à quoi et à l'envie de ne rien laisser passer).

Deux jeunes hommes donc. Ni gros ni maigres, ni grands ni petits, ni caricatures de sportifs ni portraits robots de geeks au teint pâle.

On comprend assez vite, et sans trop chercher à y prêter attention d'ailleurs, qu'ils parlent régime.

Leur conversation s'impose. On notera à leur décharge que leur échange est tout à fait bonhomme et qu'ils ne cherchent nullement à attirer l'attention. Ils parlent, tranquilles, faisant porter leur voix dans le wagon sinon à peu près déserté de ce début d'après-midi légèrement entorpeuré dans cette premier journée de chaleur de printemps.

- L'important, c'est que tu brûles plus que tu ne consommes, tu vois. Quand t'as faim tu remplaces par plein de salade. Des pommes aussi. Pas de pain, pas de riz, pas de pâtes. Comme ça tu sèches.

- Pas de viande ?

- La viande faut faire gaffe. Tu manges des pommes. Et surtout pas de sucre.

(soupir effaré du deuxième. On l'imagine, dépité, manger des pommes et de la salade alors que le monde entier autour s'empiffre de MacDo) : Et tu fais ça longtemps ?

- Nan, tu peux le faire un jour avec, un jour sans.

- Mais pendant combien de temps ?

- Jusqu'à ce que t'as le résultat que tu veux. Là je vais le faire un mois.

- Ah ouais. Mais alors le matin, tu manges quoi ?

- Une pomme

On sent dans les relances du second que ses envies de ressembler à GI Joe, de devenir l'Apollon du dancing, le bellâtre aux tablettes de chocolat, s'amenuisent à mesure que le premier lui annonce le mois de privation à venir.



mercredi 29 mars 2017

L'homme araignée et la sociologie de comptoir



<< Spoiler alert >> amoureux fou de Marvel et/ou des Avengers, désireux de garder jusqu'au bout intact le plaisir de la découverte de ce nouvel opus jusqu'au 7 juillet prochain, passez votre chemin. Non, c'est vrai, je comprends. Ca m'énerverait aussi d'apprendre dans un post de blog Si Meredith va enfin remplacer Dr Mamour dans Grey's Anatomy.



Le nouveau Spiderman, Homecoming (que les Québécois ont traduit par "retrouvailles" ce qui a le mérite de la clarté), annoncé pour l'été prochain, envahit littéralement la toile (hé hé) depuis quelques mois avec des extraits exclusifs, des bande annonces bondissantes et la diffusion sur Canal + d'une jolie introduction dans le dernier Avengers, Civil War (que les Québécois ont traduit par "guerre civile" faisant ici preuve d'un beau sens de la traduction littérale).

Inutile de vous dire qu'il ne va pas être facile de passer à côté.

Au-delà d'une histoire qu'on imagine forcément jalonnée de sourires, d'obstacles, de blagounettes de Tony Stark, de bagarres, de peut-être Gwyneth-Pepper, d'échecs et finalement de victoire éclatante sur paysage dévasté, ce nouvel opus représente une chouette analogie de ce qu'est un Millenial vu par les générations qui le précèdent.

Le Millenial (en anglais), appelé aussi Génération (Y en français), est devenu petit à petit l'épouvantail moderne qui remplace avantageusement les CD suspendus dans les arbres pour faire fuir les oiseaux vieux. On le pare de mille vertus (il a tout compris, il va sauver le monde) et on le craint comme un virus (il va nous expédier en maison de retraite avant nos 50 ans)

Voici donc ce que cela donne si l'on pose ces deux figures de la société moderne sur les deux personnages principaux du film (déjà aperçus dans Civil War).

(la suite après le saut)

mardi 28 mars 2017

10 distractions qui améliorent votre productivité


Jean-Daniel Lorieux via Man Repeller


Derrière ce titre de post qui témoigne de ma (trop) grande consommation de LinkedIn en ce moment se cachent toutes les choses qu'on ne peut pas faire au bureau et c'est bien dommage parce qu'en même temps ça ne nuit pas vraiment à la concentration ni à la quantité de travail abattu. Il faudra que je m'en souvienne quand je négocierai mon prochain CDI.

Me faire les ongles de pieds (si vous êtes un homme, se faire les poils du nez doit faire le même effet). En profiter pour continuer à travailler pieds nus.

Prendre mon ordi sur les genoux et me poser sur le bord de la fenêtre là pile où l'écran est à l'ombre et les doigts de pieds au soleil ;

Aller courir, marcher, faire une course, repasser 3 chemises, mettre du linge à sécher, bref toute activité vaguement ennuyeuse et répétitive propice à la réflexion ;

Terminer les BN (d'abord c'est vraiment des gâteaux pas du tout bons pour la santé. Il vaut mieux laisser le pain complet aux enfants, un jour ils me diront merci) ;

Travailler sans musique et la fenêtre ouverte jusqu'à me rendre compte que les oiseaux, les jardiniers, les chiens font un barouf d'enfer (ça s'appelle réhabituer ses oreilles au silence, qui donc, n'existe pas)  mais que ça ne rend pas pareil que les sirènes de police, les embouteillages et les téléphones qui sonnent ;

M'interrompre pour aller chercher le t-shirt blanc et les chaussettes de danse de Marguerite (dans le sac de linge sale), lui faire (avec amour) un smoothie lait mangue banane (qu'elle ne boira pas parce qu'elle préfère quand ils sont rouges) et lui donner une Pom'Pote et un pain (frais) avec du chocolat.

Ecrire dans mon lit en posant mon ordi sur le gros coussin ringard d'IKEA.

Faire une pause déjeuner de 12 minutes à 15 heures. Ou de 2 heures entre 11 heures et 13 heures. Quand j'en ai marre plus que quand c'est l'heure.

Aller déjeuner ou prendre un café avec plein de gens différents et ne pas parler de mon boulot, mais du leur ou bien alors de plein d'autres choses.

vendredi 24 mars 2017

Red Nose Day



A moins d'habiter dans une grotte humide dans le Vercors (et encore je suis sûre qu'on doit bien pouvoir capter un signal 4G), difficile d'échapper à la bande annonce de la mini suite de Love Actually qui va être diffusée aujourd'hui en Angleterre et le 25 mai aux Etats-Unis à l'occasion du Red Nose Day.

Love Actually, film choral réalisé par Alan Curtis où Hugh Grant, Colin Firth, Emma Thompson et Keira Knightley sont plongés dans les affres de l'amour. Love Actually, aussi indispensable à Noël que la paella de madame Willman et les Ferrero Roche d'Or.

La nouvelle d'un bonus inédit et tout chaud fait donc le tour des réseaux sociaux, ainsi que cette petite vidéo réjouissante.

Mais savez-vous ce qu'est le Red Nose Day  - littéralement le "jour du nez rouge" ?

(hop le saut)


jeudi 23 mars 2017

Martine's women agency





12 heures 30. Belinda se hâte rue de Marignan. Ses talons bobines claquent sur le trottoir et le vent souffle, mettant en péril la coiffure élaborée de la jeune femme qui tente malgré tout de garder la tête haute et le souffle régulier. Hors de question d'arriver rouge tomate devant Martine.

Martine est une femme à qui on ne joue pas le jeu de l'excuse bidon. Martine a passé l'âge. Elle tient son agence d'une main de fer et ne tolère aucun écart. Au départ, c'était un jeu, un passe-temps amusant : avec son entregent et ses connaissances, elle avait proposé de rendre service à ses riches amies qui avaient besoin de personnel ponctuel et bien né. Sa fille était adolescente et était toujours à la recherche de petits boulots pour arrondir ses fins de mois et financer son shopping. Jolies, bien habillées et très bien élevées, elle et ses amies faisaient un tabac dans les diners et les pince fesses organisés dans les salons des beaux quartiers.
Et puis, un jour ,Martine s'est prise au jeu. Elle a monté son agence, pris des bureaux à côté de Champs Elysées, embauché une assistante et fait visser sa plaque sur la façade.

Martine's women agency. Un nom qui claque.
Loin des flonflons des noms d'agences de mannequins et du racolage des boutiques d'hôtesses :
son prénom en avant, sa carte de visite, son oriflamme,
et puis une touche d'anglais pour la classe
et le mot women pour bien signifier aux importuns chasseurs de filles faciles de passer leur chemin.
La clientèle de l'agence aime chasser le soleil toute l'année, rester dans un entre soi rassurant, se protéger du scandale et des étrangères aux pouvoirs vénéneux. Elle apprécie le calme tranquille de Martine et sa totale discrétion.

30 ans plus tard, Martine est un peu lasse mais elle tient toujours la barre.
Un jour ou l'autre elle dévissera la plaque et fermera ses bureaux. Emportera ses petites histoires et ses grands secrets avec elle à Cassis, dans sa villa avec vue sur la mer, et coulera des jours heureux, loin de l'agitation de la vie parisienne et de ses socialites qui tuent le métier à petit feu avec leurs jambes kilométriques et leurs jupes aussi courtes que leurs idées.

En attendant, aujourd'hui, elle a rendez-vous avec une candidate.
12 heures 31 et l'interphone grésille.

Martine se lève, lisse sa robe, vérifie sa coiffure et se dirige vers la porte.



PS : en réalité, Martine's women agency est une agence de mannequin, sise au 15 de la rue de Marignan, à des années lumière de la douce nostalgie qui se dégage de son nom et de sa plaque (mais qui représente des femmes de tous âges plutôt chics).





lundi 20 mars 2017

Raconte moi une histoire de MOOC






MOOC veut dire Massive Online Open Course. En français on devrait dire FLOT (Formation en Ligne Ouverte à Tous) mais en fait on le dit pas, snobant pour toujours toutes les ouvertures hilarantes de jeux de mots de cet acronyme maritime (non, ne me poussez pas, je n'en ferai rien)

Aujourd'hui on peut quasiment prendre des cours de tout sur Internet sur des plateformes dédiées, bien souvent gratuitement, et à condition d'être hyper motivé (pas de radiateur sur lequel s'endormir, pas de voisin compréhensif pour tricher pour les exams, pas de sonnerie qui annonce la récré). Des universités, des institutions, des centres de recherche, des marques, des centres de formation pour adultes, proposent d'éclairer vos longues soirées d'hiver été vos riantes soirées d'été.  Tapez MOOC sur Google et explorez, vous allez voir, c'est Luna Park.

A ce moment, haussement de sourcil de tous les Gauthier, les Salima, les Hugo, les Fiona (et tous les autres), qui, à-mi parcours de collège peinent à comprendre comment on peut avoir envie de retourner à l'école sans y être obligés.

Est-ce parce qu'une fois adulte on se rend compte qu'on apprendra toute sa vie ou bien parce que certains cours sont franchement baths, en tous cas les MOOC cartonnent.

Au milieu de l'océan de propositions, une d'entre elles est super bath.

Pixar vient de mettre en ligne un cours gratuit sur la Khan Academy pour apprendre l'art de raconter une histoire.
Le cours, en anglais (et sous titré en anglais ce qui le rend accessible même si vous n'avez pas épousé Miss Marple ou le Docteur Sheperd), propose une série de vidéos, de témoignages et d'exercices qui complètent la série intitulé "Pixar in a Box".
Le premier chapitre est déjà en ligne, les autres suivront progressivement.
Dans les premières leçons, on apprend que toute histoire commence par "what if ?", ce qu'on pourrait traduire par "imagine", gymnastique jubilatoire qu'affectionnent certains, qui devrait être au moins aussi obligatoire que la cohérence cardiaque, la méditation et le chocolat pour garantir un esprit sain, un corps sain et tout le tintouin.

Et ce n'est pas Madame Berthou, jamais rassasiée de rédactions de CM1 en 1981 et éternelle muse de ce blog, qui me contredira.

Vivement fin mars pour le deuxième chapitre.



PS : la Khan Academy a été créée par Salman Khan, un de ces hommes incroyables et visionnaires qui savent super bien raconter leur fabuleuse histoire, ici celle d'un Américain issu de l'immigration qui a gravi un par les un les marches académiques avait de lancer son académie ouverte pour que tout le monde aie le droit d'accéder à la connaissance. Vous pouvez le découvrir ici, dans une conférence donnée en 2011.

jeudi 16 mars 2017

Amazing grace





"Ce n'est pas quelque chose que l'on peut contrôler
Ce qu'on appelle la grâce, c'est un état d'esprit, 
Ca ne s'apprend pas.
La grâce, elle vient uniquement de la tête, 
de savoir comment on parle aux autres
C'est uniquement l'âme du personnage qui ressort.
C'est ça la grâce je crois"


Dans un court-métrage réalisé par Clémence Poésy pour l'Opéra de Paris, c'est l'étoile Michaël Denard qui fait la voix off.
Et il faut l'écouter poser ses mots avec précaution sur les images pleines de concentration, de douceur et d'effort des élèves de l'école, isolés dans une bulle ouatée.
Ce film est un petit véhicule de grâce justement, où l'on sent toute l'empathie de l'équipe qui a saisi ces instants de travail intense de ceux que l'on verra peut-être un jour en plein soleil, sur la scène.








Allez fureter sur le site de l'Opéra de Paris et 3ème Scène, sa plateforme de contenus numériques : une vraie mine de vidéos qui ouvrent les yeux sur une toute autre manière de voir l'Opéra, par exemple en ouvrant celui-ci à l'interprétation d'artistes que l'on ne s'attend pas à voir là, comme Vincent Dedienne ou Abd Al Malik ou Clémence Poésy justement.




mardi 14 mars 2017

Le point d'union


"Marlon Brando et son chat" Bridoz.com


Communiquer sans stéréotype de sexe est un premier pas vers une égalité réelle entre femmes et hommes, et l'un des chevaux de bataille du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

L'institution a édité un guide pratique pour nous aider à y voir clair et a établi 10 recommandations pour une communication publique sans stéréotype de sexe.

L'une de ces recommandations vise à adopter de nouvelles règles typographiques.

(la suite après le saut, le suspens est à son comble)

lundi 13 mars 2017

Le meilleur UX du monde ne remplacera jamais Valérie, Kevin ou Yasmine


Il faut se retrouver dans les magasins à contre courant de leur flux habituel pour se rendre compte que l’automatisation à des limites.

Essayez donc la Poste un matin (le samedi fera l’affaire si vraiment vous ne pouvez pas quitter votre bureau pendant les heures ouvrables). Ou alors un hypermarché un mardi à 11 heures.

Au milieu de la (petite) foule habituelle qui avance, choisit ses produits et file vers la caisse, ou bien attend plus ou moins patiemment son tour, on voit alors tous ces déclassés volontaires ou subis qui ne sont pas dans le moule : parce qu’ils n'ont pas fait "marketing 2ème langue", parce qu'ils parlent pas bien français, parce qu’ils n’ont pas les clés pour rentrer dans les cases, ou bien juste pas envie de gagner du temps à tout prix, ni besoin d’une rapidité de service à toute épreuve. 
Ou alors parfois ils cherchent quelque chose et n’ont nul envie de jouer à la chasse au trésor en suivant les signes de piste des rayons ou de la nouvelle signalétique à pictos. 
Ils veulent envoyer un courrier, pas taper l’adresse sur un clavier, ils veulent des noisettes en poudre sans avoir à deviner s’ils les trouveront au rayon fruits et légumes ou farines - condiments - sauces. Ils veulent un téléphone portable sans avoir à choisir entre 4 forfaits et 8 téléphones en s’abimant les yeux sur une notice écrite en patte de mouches.
Ou alors, ils veulent seulement un contact humain.

vendredi 10 mars 2017

La mère parfaite n'existe pas




Vous savez, tous ces discours émouvants, ces déclarations d'amour confites de bons sentiments, où les mères sont fortes, qu'elles mènent leur vie et leur famille en oubliant leur propre confort. Debout les premières, couchées les dernières, camouflant leurs bleus à l'âme et au corps sous des sourires bienveillants et des cardigans col rond impeccables ?
On a tous en tête ces témoignages de grands costauds tatoués jusqu'aux yeux, ces terreurs des cités ou de la City, devenant tout chamallow quand ils évoquent leur mère, qui jamais n'a failli, ni ne les a fait souffrir.
Moi aussi, j'ai été élevée par une Sainte qui jamais ne se plaignait ni ne faisait passer son intérêt personnel avant le nôtre. Debout la première, couchée la dernière, malade seulement quand on ne regardait pas, souriante, bonne cuisinière, couturière hors pair, capable de trouver tout ce que j'avais perdu en moins de 2 minutes et qui en plus, donnait sans compter à notre communauté.

Cette image de super héroïne qui colle à la peau de l'image d'Epinal de la MERE, devenue la panacée à tous les maux, brandie partout et par tout le monde comme LA solution, le refuge ultime, me fait un peu frissonner.

J'ai un aveu à faire : c'est vrai que parfois je fais passer le bonheur de mes enfants avant le mien, que je plie le linge sans broncher. Que je fais des sacrifices, que je fais bonne figure alors que j'aimerais juste enfouir ma tête sous l'oreiller et disparaitre. Mais le plus souvent, je le fais parce que ça ME fait du bien à moi aussi.
Et puis, parfois aussi  je ne le fais pas; je baisse les bras, je capitule, je vais me coucher à 19 heures, je disparais, je hurle que personne ne m'aide, je terrifie mes enfants en les privant de sortie s'ils ne vident pas le lave vaisselle. Je pense à moi et seulement à moi en me disant que j'ai besoin de vivre, que ma vie est au moins aussi importante que la leur.

Alors, la mère parfaite qui s'oublie, la mater doloris sacrificielle existe sûrement.
Mais, dieu merci, j'aime à penser que toute mère bénéficie du regard éperdu d'amour de ses enfants qui, même alors qu'elle a remplacé le masque de Batman par celui de Dart Vador, garde à ses yeux et pour toujours une aura merveilleuse.


jeudi 9 mars 2017

English vocabulary : nudge


nudge BrE nʌdʒAmE nədʒ | coup m de coude, poussée vt (push, touchpousser du coude, donner un petit coup de coude à (accidentallyheurter (brush againstfrôler to nudge one's way through se frayer un chemin à travers [qch] à coups de coude IDIOM nudge nudge, wink wink ‹informal› tu vois un peu ce que je veux dire


Je me souviens de cette scène.
Il y a 8 ans.
Moi, un samedi soir, diner tranquille - bougies - champagne - serviettes en lin - lazy music, debout dans la cuisine, essayant de m'occuper pour échapper à un mal de tête lancinant pendant que Lucille et Perrine bavardaient l'air de rien. Et tout à coup, sorti de nulle part et certainement assez anodine au milieu de cette conversation légère d'un samedi soir d'automne bien gris et bien pluvieux, dans les vapeurs des légumes tout juste cuits, cette invitation à ouvrir mon blog à moi, à écrire tout ce qui me passait par la tête puisque c'était ça que j'aimais.
Je ne sais pas si ces  deux amies, qui à l'époque étaient encore surtout des copines, ont jamais réalisé quel détonateur elles ont été, quel verrou elles ont fait sauter ce soir là. Sans doute pas. On a beaucoup ri, beaucoup parlé pendant cette soirée - et c'est très bien comme ça.


Depuis, ce blog est né, a bien vécu, a connu des pics de visites, des grands messages d'encouragements de mes proches proches, des rencontres épistolaires et dans la vraie vie pour de vrai, des trous d'air et des soirées de grand blanc. Sans ligne éditoriale, sans SEO ni référencement ni backlinks ni rien de ce qu'on professe dans les grands messes digitales. C'est un exutoire bienvenu, un terrain de jeu, un cahier d'exercice et une gymnastique de plaisir indispensable. Rendu possible par un encouragement tombé à pic.



mardi 7 mars 2017

Sans nu, Playboy était à poil


Ou bien "A force de trop vouloir partir loin de son histoire on finit par y laisser sa chemise" Ou bien "Quand un fils à papa aurait mieux fait d'écouter Aimé Jacquet en 1998", je ne sais pas pourquoi mais cette news 'inspire tout un tas de calembours pas très fins.


Lu aujourd'hui dans Courrier International, cet article  du playboy daté du 15 février dernier qui raconte comment, un an après avoir lancé sa nouvelle formule garantie 100% textile, le fils de Hugh Hefner a fini par se rendre à l'évidence : "Naked is normal", sous entendu, on va pas en faire tout un fromage d'un téton qui dépasse, allez, hop, redonnez-nous les Playmates toutes nues (et pas cachées derrière des voiles) et que l'on retrouve une belle croissance à deux chiffres.

A l'origine, la décision de s'affranchir du nu intégral avait pourtant pour objectif de stopper l'érosion des ventes et de se démarquer d'un marché dit du charme, totalement spoilé par une industrie pornographique sans foi ni loi.
Las, cette décision, bien que saluée à son lancement, n'a pas eu l'effet escompté.

Comme quoi, finalement, on a rarement raison de délaisser sa raison d'être pour espérer durer.






lundi 6 mars 2017

Exploration du territoire oublié



Quand on arrête de travailler, il faut se réhabituer au vide.
Dans les rayons des magasins, dans la maison, dans sa tête, dans ses poches, dans sa boite mail, dans son emploi du temps.

Réajuster ses yeux à la lumière du jour dans les rues de la ville (pas vues depuis des lustres), à la population (des nounous, des personnes âgées, des gens qui courent parce qu'ils sont en retard, des policiers qui font des rondes, le facteur, des enfants qui se chamaillent à la sortie des cours, des collégiens qui fument en se cachant pas vraiment dans la ruelle).

Se retrouver dans la rue à 15 heures 15 avec un chou fleur et deux baguettes tradition dans les bras. Plus un parapluie, un livre de poches et un pochon en papier avec deux trois bricoles dedans. Parce qu'on a eu l'idée à 15 heures 05, en passant devant le Monop', que ce serait bien de faire un gratin de chou fleur ce soir. Et que ça a fait comme un petit rebond dans le coeur, de se dire que "pour une fois je ne bricolerai pas un menu à 19 heure 43, debout devant le frigo avec Chica Vampiro en fond sonore." Comme un étrange sentiment de plénitude hérité d'une éducation pas très féministe quand on y pense.


(la suite)

samedi 4 mars 2017

Glissements de terrain





Il y a comme un vent de folie en cette fin d'hiver. Une impression d'ère catapultés dans l'espace avec des confettis, des bazookas, des tonnes de chewing-gum gums déjà mâchés et des fleurs des champs en pagaille. Un drôle d'environnement me direz-vous, mais vous ne pouvez pas ne pas comprendre ce dont je parle. Cet oeil du cyclone, cette impression que tout peut arriver. Et je ne parle pas seulement de politique, de météo et de la fin jamais programmée de Grey's anatomy malgré la mort (atroce) de son héros.

Les stars sur tapis rouge n'ont plus toutes des seins ronds et enflés comme des pastèques et parfois mêmes certaines osent afficher sans vergogne une poitrine menue et/ou occultée par un corsage qui monte jusqu'à la clavicule. Vous allez voir que bientôt elles auront des cuisses, et là....

(...) la suite

vendredi 3 mars 2017

english vocabulary : english paradox



According to Wikipedia :

The French paradox is a catchphrase, first used in the late 1980s, that summarizes the apparently paradoxical epidemiological observation that French people have a relatively low incidence of coronary heart disease (CHD), while having a diet relatively rich in saturated fats, in apparent contradiction to the widely held belief that the high consumption of such fats is a risk factor for CHD. The paradox is that if the thesis linking saturated fats to CHD is valid, the French ought to have a higher rate of CHD than comparable countries where the per capita consumption of such fats is lower.


En français, ça donne :
"Le paradoxe français est l'expression employée par le monde anglo-saxon et les diététiciens pour désigner l'étude épidémiologique d'une importante et étonnante contradiction entre la richesse en matières grasses et en vins français de la cuisine française, en particulier de la cuisine du Sud-Ouest et de la cuisine de la Provence méditerranéenne riche en huile d'olive, et la relative bonne santé publique des Français en matière de maladie cardio-vasculaire ou de cancer, en comparaison en particulier avec les mauvais résultats sur la santé publique anglo-saxonne et mondiale en rapport avec l'industrie agroalimentaire moderne américaine et britannique, souvent qualifiée d'importante source de « malbouffe »."


En breton, on peut traduire ça par : "j'aime le jaune et le soleil même si parfois il vaut mieux l'envisager dans des matière déperlantes et des laines d'agneau quatre fils". 

dimanche 12 février 2017

Jusqu'au bout du plus loin possible





Peut-on aller  trop loin pour un bon titre ?

Anne Demoulin, journaliste à 20 Minutes semble avoir décidé de repousser encore un petit peu les limites. Rebondissant sur un nouveau mot valise inventé par la merveilleuse lange anglaise, si prompte à passer son dico au blender pour qualifier chaque épiphénomène stylistique (cf. juste en dessous les 1500 signes sur le "blorange"), voici notre rédactrice zélée qui ne peut s'empêcher de créer la confusion dans l'esprit embrumé de ses lecteurs.

On imagine la moue malicieuse derrière l'écran et le plaisir non feint d'entrer enfin dans la compétition du titre calembour de l'année de la rédac, habituellement squattée par les journalistes des pages sports.
Il faudra qu'elle nous dise si elle a gagné, quand même.





Les bruits de l'Ile




Parfois, c'est sûr, vous ressentez le besoin de tendre l'oreille au bruit de la nature sans filtre alors que vous êtes assis sur votre fauteuil haute performance face à votre écran 92 pouces et que votre horizon s'étire en un camaïeu de gris.
Alors fermez la porte (ou mettez votre casque audio ce qui revient au même quand on travaille en open space) et accordez-vous le temps d'aller écrouter les bruits d'Ouessant enregistrés par Yann Tiersen  pour son album EUSA (eusasound).
Je ne vous garantis pas de pouvoir recommencer à plonger dans Excel comme dans la Mer d'Iroise ensuite. Ni même d'avoir le coeur gai comme un pinson. Mais c'est assez irrésistible quand même.

lundi 30 janvier 2017

Original is never finished






Bluffée par l'énergie débordante de cette campagne ADIDAS, par le chant choral de la fin, par les paroles de Paul Anka, une sorte de regard rétrospectif sur la vie d'un homme mûr et pensif qui affirme, à propos de chacun des faits marquants de son existence : « I did it my way » (vous y verrez ce que vous y voulez, je ne fais que citer la page wikipedia de la chanson), ce qui n'a vraiment rien à voir avec Cloclo qui lève son col en pleurant sur un mariage tristounet, non ?

And now, the end is near; 
And so I face the final curtain.
My friend, I'll say it clear, 
I'll state my case, of which I'm certain.

I've lived a life that's full.
I've traveled each and every highway; 
And more, much more than this, 
I did it my way.

Regrets, I've had a few; 
But then again, too few to mention.
I did what I had to do
And saw it through without exemption.

I planned each charted course; 
Each careful step along the byway, 
And more, much more than this, 
I did it my way.

Yes, there were times, I'm sure you knew
When I bit off more than I could chew.
But through it all, when there was doubt, 
I ate it up and spit it out.
I faced it all and I stood tall; 
And did it my way.

I've loved, I've laughed and cried.
I've had my fill; my share of losing.
And now, as tears subside, 
I find it all so amusing.

To think I did all that; 
And may I say - not in a shy way, 
"Oh no, oh no not me, 
I did it my way".

For what is a man, what has he got?
If not himself, then he has naught.
To say the things he truly feels; 
And not the words of one who kneels.
The record shows I took the blows -
And did it my way! 

Yes, it was my way.






PS : pour les puristes : cette publicité est l'oeuvre d'une agence américaine : 

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