dimanche 26 décembre 2010

Tête de litote


Les Bretons sont les champions du monde de la litote.
L'understatement est un sport national élevé au rang d'art.
Là ou un méridional - exemple pris au hasard - se lancerait dans un récit épique pour décrire les mille couleurs d'un ciel changeant, la douceur d'un feu de cheminée et le raffinement de mets délicats partagés avec des amis, le breton marmonnera d'un air impénétrable un fort laconique "Ya pire".

Ce n'est pas du pessimisme, ni un manque de reconnaissance, ni la marque d'un esprit désabusé qui a tellement pris d'embruns sur la tête qu'il ne sait plus distinguer la différence entre un jour bof et un jour youpi.
Le Breton est un hédoniste.
Mais ça reste très intérieur.
Et non dénué d'humour.

Preuve, ce signe à l'embarcadère de l'île de Batz, un jour d'été gris et frais : "risque d'éclaircie".

Au quotidien, on peut être désorienté au début.
Mais on finit par s'y faire.

Cela n'a aucun rapport avec la photo d'illustration ?
Allez, faites un effort. Vous ne voyez pas que c'est là une exacte démonstration par l'inverse ?
Imaginez comment les publicitaires s'arrachent les cheveux pour faire des publicités locales.
Sans superlatif.
Sans sur promesse.
Un vrai exercice de style.


PS : une fausse pub créée par une agence brésilienne et qui a quasi fait le tour du globe. On peut la retrouver avec d'autres déclinaisons aussi réussies ici.

samedi 25 décembre 2010

Sans embûche



(Jour de Noël - 17 heures, l'heure du dessert.
Les convives ont les joues roses, l'estomac plein et il flotte dans l'air un genre de doux contentement paisible et cotonneux.
Sur la nappe blanche, les reliefs d'un repas subtilement arrosé de vins ambrés et chauds comme l'été 89 d'où ils viennent.
On entend dans la pièce à côté le ronflement du fusil MP5-5 du presque dernier. La dernière, elle, commence à s'impatienter à l'étage.
Dehors, la nuit tombe sur une journée froide, venteuse et ensoleillée)

La maîtresse de maison apporte sur la table le dessert de fête.
Bûche maison. Toute au beurre, bien sûr.
Le gâteau, la crème. Tout.
D'aucuns la trouvent un peu écoeurante mais c'est un incontournable vénéré.
De ces plats totems qui concentrent en 15 centimètres tout l'esprit de Noël de cette famille.

Sur le gâteau couleur crème, le Père Noël fanfaronne. C'est son jour de gloire.

"Hopalaba !
Sont pas très nombreux cette année.
(il compte mentalement)
12.
Petite équipe.
Et petite bûche aussi. Mon terrain de jeu va être limité et ma mort rapide.
Et ce n'est pas le simili daim qui m'accompagne cette année qui va me faire de l'ombre.
Je suis le Roi du Monde !
(Il gonfle le torse et toise l'assemblée du haut de ses 4 centimètres ronds et rouges. avant de s'arrêter bruquement et de tousser)
Quoi ? Mais que vois-je sur ce plat devant moi ? Me toisant de sa parfaite plastique bicolore ? Une bûche glacée ? Brrr.
Une concurrente industrielle - certes locale - mais industrielle quand même.
Tout fout le camp et moi avec.
Ne me reste plus qu'à affronter mon dernier combat.
Je mourrai dans un plat vide ou mon honneur sera bafoué à jamais.
Allez, heureux convives, choisissez-moi ! Rejetez les sirènes de la promesse d'un "dessert léger et frais, parfait pour clôturer un repas de fête convivial et festif" pour céder jusqu'au bout aux délices des déesses glycémiques, glucidiques et lipidiques. Elles sont vos plus fidèles, elles ne vous ont jamais trahies ! Avec une lichette de liqueur de mandarine, elles vous emmèneront sans faillir vers les bras si doux de Morphée leur amie...
(il se dresse une dernière fois... Et tombe dans les rares miettes d'un plat vite redevenu blanc comme au premier jour, pendant que sa rivale glacée ne peut que fondre, innocente victime d'un combat inégal)

vendredi 24 décembre 2010

Yalla Noël !




"Partout et toujours,
cherche sans te lasser le remède qui soulage,
sème l'espoir, ça vivifie et ton amour peut faire des miracles".

Soeur Emmanuelle
 
 
Je vous l'ai déjà écrit mais je ne me lasse pas de cette phrase qui regroupe en peu de mots tout l'esprit de Noël.
Que ce week end de fête soit pour vous un bouillon de culture pour l'année qui vient et vous rende plus forts et meilleurs encore..


 
 
PS : crédit Little Galerie (quelle perle ce site !)

jeudi 23 décembre 2010

En vitrine

Pour tous les nostalgiques des maisons de poupée, Heather Bennings a fabriqué dans un champ au Canada, une maison de poupée grandeur d'adulte.
Avec une façade entière en plexiglas, des murs pastels et des meubles en vrai.
Drôle d'idée.


Via the The Jealous Curator (avec tout plein d'autres photos)

mercredi 22 décembre 2010

Ma(ture) rebellion


L'un des grands avantages des longs trajets en voiture, c'est qu'on peut laisser son esprit vagabonder et les idées librement caracoler dans sa tête comme Laura Ingalls dévalant la prairie au bas de laquelle se trouve sa petite maison.
Aujourd'hui, j'ai sacrément eu le temps de rejoindre Walnut Grove grâce au concours de la neige annoncée (mais jamais tombée), des nids de poule sur l'A10 et des sorties de bureau sur la rocade de Rennes. Et de Disco et Coco - monuments du cinéma français - qui ont rendus muets mes camarades de route.
A force d'écouter les BB Brunes, Jenifer et Europe 1 entrecoupés par les prévisions trafic de 107.7, de manger des gateaux secs et des carrés de chocolat, de rêver de dépasser le 130 et de sourire aux automobilistes que je dépasse, c'était obligé, CA m'est tombé dessus.
THE tendance de la fin 2010.
Celle que les medias brandissent comme l'étendard de la communion cathodique.

La rebellion.


Yep. La rebellion 2010 est comme le Canada Dry.
Elle a la couleur, l'odeur, la pétillance de la vraie, mais c'est que du faux.
Ca donne juste l'attitude cooool so fin d'année qui nous manquait à nous - jeunes adultes de moins de 75 ans.

Yen avait plein la voiture cet aprem, de la rebellion post adolescente.

Du bruit fait autour du pamphlet de Stéphane Hessel, un jeunôt de 93 ans qui nous explique (en gros) que l'on est des moutons et qu'on n'a que ce qu'on mérite et qu'on ferait mieux de s'indigner plutôt que d'accepter la situation honteuse de notre société.
De la couverture de GQ qui encense la mauvaise humeur.
De la vodka qui fait la rime chez Jenifer et chez les BB Brunes - ultime indice de leur nature profondément décadente et libre.
Des municipalités qui veulent bouter hors de leurs murs les 4x4 - monture désignée des puissants égoïstes et frimeurs - et les voitures diesel -méchantes méchantes rejeteuses de particules.
Des spots de la Prévention Routière qui nous encouragent à boire (beaucoup) mais pas à conduire ni "bourrés" ni "pétés".

Ouais. On est tous jeunes. On va tous dire un grand ZUT aux conventions, aux cons même. Parce que c'est Noël. Ouais, on est trop libres dans notre tête de faire ce qu'on veut.

Les Jeunes manifestent pour la retraite à 60 ans ?
Ils préfèrent être fonctionnaires que de créer leur entreprise ?

Ben nous, on va boire du Red Bull avec les huitres plates n°2 de Prat Ar Coum.
Et toc.

mardi 21 décembre 2010

Frimeuse, va !


A quoi elle joue, cette fille ?
Et je penche la tête sur le côté, et je fais des mines effarouchées.
On dirait un bébé dans sa chaise haute qui veut faire fondre son papa.
Et ça m'agace.

Audrey qui, vous dites ?

Eppeubeurn ?
Connais pas.

Ahh, une actrice américaine que tout le monde connait ? Des années 60 ?
Ah, vous voulez dire qu'elle est morte, quoi ?

En attendant, je trouve qu'elle fait sa pimbêche, là. 
Et j'aime pas les pimbêches. je préfère Brigitte Bardot. Une belle fille saine. Quand j'étais jeune, à Nice, on était tous gagas de Brigitte et de ses petits maillots de bain à carreaux. Elle était comme nous. Une fille de la campagne qui aime s'amuser, boire le coup et rigoler avec les copains. 
Votre Audrey, elle m'a tout l'air d'une intellectuelle de Paris. Qui parle avec la bouche pincée et qui boit des coquetels dans des verres à pied.

Américaine ?

Pouah.. Je préfère les filles de chez nous.


(Serge, 65 ans, Nice)






PS : via Little wish Jar

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