jeudi 30 décembre 2010
Cousins
On dirait qu'on se battrait.
Que le grand jouerait avec le pistolet mitrailleur du petit et que le petit achèterait exprès un ballon pour jouer avec le grand.
Et que les deux tatoueraient leur nom sur leur biceps saillant.
Certes, pas fort saillant chez le plus petit.
Et que les deux poseraient pour la photo avec fierté.
Avant de retourner se mettre en boule sur le tapis de l'entrée.
mercredi 29 décembre 2010
Et bien dansons maintenant
Sylvie Guillem est une danseuse bluffante. Un peu décalée parfois, mais bluffante. Cette vidéo n'est pas la plus évidente de toutes mais si on prend pas le temps de regarder ce genre de choses entre Noël et Premier de l'an, on le fait quand ?
mardi 28 décembre 2010
Contre jour
Sur la crête de la dune, le ballon à la main, les équipes s'organisent. Les très grands d'un côté, tous les petits de l'autre. Un pull de chaque côté pour faire la ligne d'essai.
On voit les mères qui arrivent et qui râlent parce que les jeans neufs vont être verts et puis elles laissent tomber en même temps qu'elles s'assoient dans l'herbe rase qui pique.
Il fait très froid, d'un froid qui mord les joues, mais les joueurs n'en ont que faire. Ils courent et crient et se jettent les uns sur les autres pour réussir le plus joli plaquage de l'année.
Les filles hurlent les noms de leur joueur préféré - qui change au gré des actions. Le jeu est illisible mais c'est pas grave.
Il fait très froid, d'un froid qui mord les joues, mais les chiens n'en ont que faire. Ils tirent sur leur laisse pour rejoindre le ballon et puis décident d'aller chasser le renard dans les trous de sable qui transforment la dune en gruyère.
Le ciel est bleu glacier et les nuages s'enfuient.
Il fait très froid, d'un froid qui mord les joues.
Mais je respire à m'en faire exploser les poumons.
Vent, embruns et goémon.
lundi 27 décembre 2010
dimanche 26 décembre 2010
Tête de litote
Les Bretons sont les champions du monde de la litote.
L'understatement est un sport national élevé au rang d'art.
Là ou un méridional - exemple pris au hasard - se lancerait dans un récit épique pour décrire les mille couleurs d'un ciel changeant, la douceur d'un feu de cheminée et le raffinement de mets délicats partagés avec des amis, le breton marmonnera d'un air impénétrable un fort laconique "Ya pire".
Ce n'est pas du pessimisme, ni un manque de reconnaissance, ni la marque d'un esprit désabusé qui a tellement pris d'embruns sur la tête qu'il ne sait plus distinguer la différence entre un jour bof et un jour youpi.
Le Breton est un hédoniste.
Mais ça reste très intérieur.
Et non dénué d'humour.
Preuve, ce signe à l'embarcadère de l'île de Batz, un jour d'été gris et frais : "risque d'éclaircie".
Au quotidien, on peut être désorienté au début.
Mais on finit par s'y faire.
Cela n'a aucun rapport avec la photo d'illustration ?
Allez, faites un effort. Vous ne voyez pas que c'est là une exacte démonstration par l'inverse ?
Imaginez comment les publicitaires s'arrachent les cheveux pour faire des publicités locales.
Sans superlatif.
Sans sur promesse.
Un vrai exercice de style.
PS : une fausse pub créée par une agence brésilienne et qui a quasi fait le tour du globe. On peut la retrouver avec d'autres déclinaisons aussi réussies ici.
samedi 25 décembre 2010
Sans embûche
(Jour de Noël - 17 heures, l'heure du dessert.
Les convives ont les joues roses, l'estomac plein et il flotte dans l'air un genre de doux contentement paisible et cotonneux.
Sur la nappe blanche, les reliefs d'un repas subtilement arrosé de vins ambrés et chauds comme l'été 89 d'où ils viennent.
On entend dans la pièce à côté le ronflement du fusil MP5-5 du presque dernier. La dernière, elle, commence à s'impatienter à l'étage.
Dehors, la nuit tombe sur une journée froide, venteuse et ensoleillée)
La maîtresse de maison apporte sur la table le dessert de fête.
Bûche maison. Toute au beurre, bien sûr.
Le gâteau, la crème. Tout.
D'aucuns la trouvent un peu écoeurante mais c'est un incontournable vénéré.
De ces plats totems qui concentrent en 15 centimètres tout l'esprit de Noël de cette famille.
Sur le gâteau couleur crème, le Père Noël fanfaronne. C'est son jour de gloire.
"Hopalaba !
Sont pas très nombreux cette année.
(il compte mentalement)
12.
Petite équipe.
Et petite bûche aussi. Mon terrain de jeu va être limité et ma mort rapide.
Et ce n'est pas le simili daim qui m'accompagne cette année qui va me faire de l'ombre.
Je suis le Roi du Monde !
(Il gonfle le torse et toise l'assemblée du haut de ses 4 centimètres ronds et rouges. avant de s'arrêter bruquement et de tousser)
Quoi ? Mais que vois-je sur ce plat devant moi ? Me toisant de sa parfaite plastique bicolore ? Une bûche glacée ? Brrr.
Une concurrente industrielle - certes locale - mais industrielle quand même.
Tout fout le camp et moi avec.
Ne me reste plus qu'à affronter mon dernier combat.
Je mourrai dans un plat vide ou mon honneur sera bafoué à jamais.
Allez, heureux convives, choisissez-moi ! Rejetez les sirènes de la promesse d'un "dessert léger et frais, parfait pour clôturer un repas de fête convivial et festif" pour céder jusqu'au bout aux délices des déesses glycémiques, glucidiques et lipidiques. Elles sont vos plus fidèles, elles ne vous ont jamais trahies ! Avec une lichette de liqueur de mandarine, elles vous emmèneront sans faillir vers les bras si doux de Morphée leur amie...
(il se dresse une dernière fois... Et tombe dans les rares miettes d'un plat vite redevenu blanc comme au premier jour, pendant que sa rivale glacée ne peut que fondre, innocente victime d'un combat inégal)
Inscription à :
Articles (Atom)




