jeudi 10 avril 2014

C'est le printemps


This is glamorous



Samedi matin tout au bout de la terre.
Ciel plombé, visibilité réduite, bruits étouffés par la pluie qui tombe dehors depuis le petit jour.

Le café fume sur la table du petit déjeuner.
Les yeux dans le vague je me demande à voix haute combien de temps va durer ce crachin.

Il lève les yeux de son journal et tourne la tête vers la porte vitrée en scrutant le ciel :
- "C'est pas du crachin, ça, c'est de la bruine"


Nuance.



mercredi 9 avril 2014

Réparer les vivants par Maylis de Kerangal


Fred Mortagne. Ricardo Fonseca skateboarding in Le Havre - 2005

Le sujet est difficile, les rues du Havre bien grises, et les personnages tellement happés par l'histoire qu'ils en oublient  toute fantaisie. Les phrases sont longues et si imagées qu'elles font parfois tourner la tête et demandent de l'effort. Et puis il y a ces descriptions médicales approfondies, et des digressions sans fin sur des personnages secondaires qui ne font que passer et qui laissent l'intrigue là, en plan pendant des pages.

A priori rien qui ne puisse nettoyer la tête, offrir l'évasion et la sérénité promises dans le titre et donner envie d'avancer dans la nuit pour avaler d'une traite les 288 pages de ce roman.

Et pourtant ça fait l'effet d'une grosse vague de fond qui secoue drôlement et laisse exsangue, mais bien vivant sur le sable mouillé. Et une fois le livre refermé, tous les petits bouts de bric et de broc semblent bien à leur place et le titre prend tout son sens.



Maylis de Kerangal lit un extrait de son livre ici.


mardi 8 avril 2014

surpopulation





Cette série "cramming people into a thing" du site "vintage everyday" rappelle cette blague de cours de récré :

Comment tu fais pour rentrer 2 éléphants dans une 2 cv?







Deux devant, deux derrière.


lundi 7 avril 2014

Derrière une chemise de nuit taille 5 ans




Derrière cette chemise de nuit taille 5 ans en coton léger attrapée par impulsion en tête gondole au Monoprix, il y a beaucoup plus que des vitres qui auraient besoin d'un bon coup de raclette et une jardinière moribonde.


il y a la promesse d'une petite fille toute propre, cheveux au carré séchés à la serviette et peignés au cordeau, pieds rouge homard et peau des mains toute fripée. Et chaussons lapin façon après-ski.

il y a un froncement de sourcil "elle est pas rose, moi j'aime le rose moi" et un sourire "mais y'a des fleurs , j'aime les fleurs moi"

Il y a l'odeur de la lessive et de l'assouplissant quand elle réclame un câlin et jette ses deux bras autour de mon cou

Il y a une tache de yaourt pile au niveau du nombril "je t'avais dit de mettre ta serviette"

Il y a un bras qui dépasse de la couette, abandonné et le visage parfaitement serein des rêves de début de nuit, aperçu dans la pénombre, la porte de chambre à peine entrebâillée

Il y a les matins froissés, trace d'oreiller sur la joue et robe tire-bouchonnée autour de la taille.



Derrière cette chemise de nuit taille 5 ans en coton léger attrapée par impulsion en tête gondole au Monoprix, il y a beaucoup plus que des vitres qui auraient besoin d'un bon coup de raclette et une jardinière moribonde.


Il y a le souvenir d'une chemise de nuit toute pareille il y a 40 ans. A moins que ce ne soit un papier peint dans une chambre d'enfant. Ou un mouchoir en tissu bien repassé et parfumé avec Y de Yves Saint Laurent.





mercredi 2 avril 2014

My baby is a super hero



Si vous n'avez pas encore vu cette irrésistible publicité pour EVIAN par l'agence BETC.





mardi 1 avril 2014

Mais qui es-tu Kelly Slater ?






Pour répondre à ta question, chère Odile, Kelly Slater, c'est le surfeur qui te donne envie illico de tailler ton tailleur en pièce, de démailloter ton maillot et de partir vivre (semi) nu(e) à Hawai, les pieds nus dans le sable et la tête au soleil (avec l'océan qui gronde au fond)

Le gars qui semble avoir du velcro sous les pieds tellement son surf semble faire partie de lui.

Le gars qui était canon en 1984, canon en 1990, canon en 2014 quand il annonce qu'il quitte son sponsor, Quicksilver, qu'il avait depuis 23 ans pour développer sa marque chez Kering, le mega groupe de luxe de François-Henri Pinault.

Le surfeur avec une conscience, qui veut vivre en accord avec la nature, en auto-suffisance, à Hawai (nous on veut bien aussi)

Et aussi et surtout un surfeur 11 fois champion du monde dont la dernière fois en 2011 à l'âge canonique de 39 ans.

Un genre de légende vivante en quelque sorte.








lundi 31 mars 2014

English vocabulary : a mirage


Garance Doré

mirage |məˈräZH|nounan optical illusion caused by atmospheric conditions, esp. the appearance of a sheet of water in a desert or on a hot road caused by the refraction of light from the sky by heated air.• something that appears real or possible but is not in fact so: the notion that the public is pro-business is a mirage.ORIGIN early 19th cent.: from French, from se mirer ‘be reflected,’ from Latin mirare ‘look at.’




Fâché(s)s de la fashion, égaré(e)s devant les pages modes de magazines, perplexes face à la fascination des modeuses averties et débutantes pour les photos de l'Impératrice corse de la blogosphère Garance Doré ?

Je vous comprends. Ou plutôt je vais essayer de vous faire comprendre.

Exercice pratique, cette photo postée la semaine passée et qui depuis flotte sur le réseau comme Casper dans les airs.

Sous ses dehors banals, cette photo est un mirage.

Je le sais parce que, comme tout mirage, on la croit proche.

On aime ou on n'aime pas la chaussette dans la sandale, le jean roulotté et les pieds qui se cherchent du coin de l'oeil. C'est une posture, un statement comme disent les anglophones. Sachez que vous allez en voir partout ce printemps, préparez-vous, mais là n'est pas la question.

Dans tous les cas, tout cela n'a pas l'air bien sorcier.

Un jean, des sandales et des chaussettes.

No big deal.
Pas de quoi se réveiller à 5 heures du matin, sauter de son lit pour se poster, haletante et confuse devant son dressing avec l'envie irrépressible de copier la fille de la photo et l'impression tenace que l'on n'y arrivera pas.

Sauf que, si l'on y regarde de plus près, on comprend pourquoi c'est un mirage.

Very Very far away the mirage même

Car pour copier cette photo, il faut avoir réussi à réaliser trois des achats les plus ardus du vestiaire féminin.

(la suite après le saut, ce serait dommage de rater le dénouement d'un billet à tel quotient de suspens)

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