mardi 3 juillet 2012

Sombre lumineux



Ezquerra - 1934


Je ne sais pas si vous êtes au courant mais en ce moment Paris bruisse des rumeurs de la Fashion Week. La semaine dernière c'était le prêt à porter hommes, cette semaine c'est la Haute Couture. Grandes maisons prestigieuses, créateurs plus confidentiels, tous ont mis les petites mains dans les grandes pour offrir à un public plus snob que snob la quintessence de leur art. 


On frémit devant "l'opulente austérité" de Dior, on applaudit à deux mains devant la mariée de Chanel dont Sophie Fontanel dit « "(....) ahurissante, elle avait la robe qui empiétait sur son visage, et ça faisait comme une victoire du vêtement sur tout. » On se pâme devant l'inventivité de Raf Simons pour les hommes qui "a ce souci de déconnexion avec un temps présent, trop las, trop bas. Elle est hédoniste même si toute en noir, elle se fiche de tout, de toute manière à quoi bon ?" (ici).


 Un peu comme si la langue devait se prendre les pieds dans le tapis pour réussir à décrire des vêtements et l'intention d'un artiste.

Mais après tout, ça ne nous change pas trop. austérité et croissance, vacances et mauvais temps, journée plus longues et nuits trop courtes. C'est pas un petit "new vintage" qui va nous faire perdre la tête, non ?




PS : cette photo du tour de France est extraite d'une série très chouette sur ce tumblr.

lundi 2 juillet 2012

3 séries de 6



Le lundi soir, je passe entre les mains d'une coach sportive qui a décidé que l'alternance d'exercices cardio et de muscu fait fondre la graisse. Et qui trouve qu'après c'est bien de faire des ados fessiers.

Non, je ne suis pas devenue esclave de mon corps.
Non, je ne me suis pas achetée un maillot de bain trop petit que je veux absolument mettre cet été.
Non, je ne m'ennuie pas chez moi

Mais je ne résiste pas à l'appel du jardin de ma copine, de ses copines aussi fortes que moi pour éviter l'exercice de la corde à sauter, du pique nique sans façon qu'on dévore après l'effort en se persuadant que c'est mérité.

Le lendemain, j'ai des cuisses avec du béton dedans et je meurs comme un ours blanc sur la banquise. Mais je peux faire tope là à Davina.



PS : le blog de l'ours est hilarant.

dimanche 1 juillet 2012

Playlist de juillet


Michael Jackson ici


Je prends donc Michael sous le bras aujourd'hui pour vous emmener dans mes dernières découvertes auditives, mes petites fixettes du moment.






Romy Romy aime bien les shorts trop courts, les talons trop hauts, les t-shirts trop échancrés mais donne quand même envie de devenir sa copine. Sans doute parce qu'elle ne minaude pas et qu'elle a une belle voix qui feule ? Ou alors parce que je suis maso. Possible aussi.




Little Talks chante une ritournelle qui plait beaucoup aux jeunes filles à grands cheveux. Et j'en ai sous la main et donc dans mes oreilles





Cette chanson de The Lefte Banke est une incongruité surannée, ce que j'ai parfois l'impression d'être ces jours ci. Pourtant elle date de 1967, alors que je suis beaucoup plus jeune.






Singtank est un peu la caution "je sors à Paris" de toute compile digne de ce nom. Ca ne suffit pas on est d'accord mais si en plus ça fait sautiller alors c'est gagné.



PS  Short, chaussettes, sleepers et coupe afro : Michael était furieusement SS12 dans les années 70. Un visionnaire ( ce qui m'inquiète un peu aussi - au vu de ses derniers looks affichés)

jeudi 28 juin 2012

Pétroleuses

observando.net


Il faut que je vous fasse une confession.
Voilà.
En fait toute ce histoire de jogging qui vous tient en haleine depuis un an, de séances bi hebdomadaires prétextes à des papotages intensifs suivis de plongeon dans les Pim's avec mes copines aussi fadas que moi.
Tout ça c'est du flan.


En vrai, je suis une warrior, un commando à moi toute seule
Et regardez mon prochain accessoire pour arpenter les sentiers du Parc Départemental.
Le shorty de compression avec holster intégré.
C'est pas la classe ça ?

Ah Ah, je l'attends de pieds ferme le dragueur des sentiers.
Moi et ma bande, on va le dégommer en 5 sec.





ici

PS : Je me demande quand même si les américains à l'origine de cet accessoire si sexy savent ce qu'est un pétard en argot français...

mercredi 27 juin 2012

English vocabulary : awkward

Never asleep


awkward |ˈôkwərd|adjectivecausing difficulty; hard to do or deal with: one of the most awkward jobs ispainting a ceiling | some awkward questions | the wheelbarrow can be awkward tomaneuver.• deliberately unreasonable or uncooperative: you're being damned awkward!causing or feeling embarrassment or inconvenience: he had put her in a very awkward situation.not smooth or graceful; ungainly: Luther's awkward movements impeded his progress | she was long-legged and rather awkward.• uncomfortable or abnormal: make sure the baby isn't sleeping in an awkward position.DERIVATIVESawkwardly adverbORIGIN late Middle English (in the sense the wrong way around, upside down): from dialect awk backward, perverse, clumsy (from Old Norseafugr turned the wrong way) + -ward.


On devine bien que awkward ne nous invite pas à nous rouler de joie dans la béatitude.
Derrière cette addition de lettres qui doit valoir cher au Boggles se trouve ce sentiment d'inconfort qu'on appelle maintenant : grand moment de solitude (avec emphase sur le grand et ).

Jamais aussi cuisant qu'à l'adolescence quand on se trimballe une peau de homard en mue entre le lycée et la maison et qu'on ne sait plus - pas - trop qui on est.
Le magazine Rookie est un magazine ébouriffant pour ados qui revient aujourd'hui sur ces moments d'immense solitude où on appelle la prof "maman" ou bien où l'on envoie un mail super perso à... son père.  How to be smooth propose un kit de survie alternatif et rigolo à ces situations qui ont un goût amer d'éternité.

Note : se souvenir que même adulte on se retrouve quand même parfois dans des minutes très awkward aussi, même si on fait mine de ne s'en souvenir qu'un peu pompette, quand la conversation amicale et détendue glisse sur ces situations embarrassantes où vous avez rêvé que le sol s'ouvre et vous absorbe.

mardi 26 juin 2012

C'est hip, c'est hop

ici

Des mois et des mois que je vous laisse tomber, croyez-vous, vous qui habitez en dessous de la Loire et avez déjà adopté le régime pastis-tongs-ventilateur.

Mais non, dans mon immense mansuétude, j'enlève mes moufles et vous propose de passer en revue 2-3 snobismes du moment .

En ce moment, à Paris :

On oublie momentanément les séances de bronzing dans le Parc pour rêver aux bracelets dont l'on va parer nos bras, car oui, cette année on veut toutes des wrap bracelets. Des Wrap bracelets, ce sont des liens, des cordons, des truc qu'on entoure plein de fois autour de nos poignets graciles. Et on ressort les bracelets brésiliens, les bracelets en perle, les bracelets en fil DMC. Le top du top c'est le bracelet Hipanema, une coolitude à 60 euros qui s'enlève et se remet en un aimant. Sold out partout, cherchez pas. Vous qui avez des jeunes filles à portée de main, mettez les au boulot, il y a de quoi faire.


On se trémousse mollement en regardant au loin d'un air vague. On aime The Popopopops, ce groupe rennais de post ados au nom de blog Tumblr de jeune fille amoureuse de lolcats. Et on dit, c'est très anglais, très New Order, non ?
Comme on est vraiment dans le vent, on les compare à leurs copains de Manceau et de Juveniles."Ouais, Manceau surfe sur la vague de Cocoon et de Tahiti 80 alors que Juveniles est plus électro".

On continue à fluoter des doigts, des t-shirts et des ceintures. Mais pas avec du noir, hein. On "adoucit la tonalité gym tonic de ces couleurs so 80's avec des camaïeux de pastels" comme elles disent les copines des blogs de mode. En français, ça donne du fluo avec du gris clair, du beige et du mastic. Et promis c'est joli. Même sur nos teints d'endive, c'est dire.

On oublie la tomate-mozza. On adopte le mélange légumes marinés et burrata. Ca revient au même mais c'est plus snob, donc c'est mieux.


On regarde les filles des fesses dans la rue car oui "les fesses c'est les nouveaux seins" comme elles disent les copines de sites de fashion lancés.
A nous le régime de dingo de Gisele dans le Vogue de Juillet, la gym façon bootcamp et les régimes sans sucres. Le gros popotin revient. Mais ferme et petit en fait. Donc impossible. C'est pour ça qu'on le veut.


Et Paris reste toujours Paris.





dimanche 24 juin 2012

Les filles qui valaient 10 000. Mètres






Faire une course, ça commence par traverser Paris un samedi matin pour aller chercher son dossard. Et celui de ses copines. Premier doute, mais au fait pourquoi ?
Ensuite, ça veut dire se coucher pas trop tard, mettre le réveil et d'un coup d'un seul se retrouver sur un quai de gare à 8 heures 40 à attendre ses camarades de jeu après avoir pris un train semi désert où tout se monde se regarde - hagard - en se demandant ce qu'il fait là.
Sortie de boite, train matinal, salon Emmaüs Porte de Versailles, ou course à pied donc.
Première expérience de transport en commun en leggings qui brille et chaussures de running. Ouf, le Sartorialist est à Milan.
Ma sparring partner arrive, pomponnée comme pour un premier rendez-vous. j'ai du rater un truc.



Ensuite, dans le métro, à mesure que le point de départ s'approche, on commence à repérer les autres membres de la mystérieuse secte du t-shirt rouge. On fait genre on se voit pas. Etre un héros à 10 000 c'est beaucoup moins héroïque.




On arrive par l'arrivée, répétition générale de ce que sera notre triomphe dans quelques heures.



On essaie de négocier la médaille et le ravitaillement avant de commencer. La dame charmante bénévole, nous fait saliver mais reste intraitable. Le super sautoir, c'est que APRES. Ahhh, c'est donc pour ça qu'on parle de "discipline" sportive.




Pépé tire la langue pour bien caler son dossard au carré sur son maillot.




Bon, ben voilà, salut les gars, on se croirait devant H&M un matin de sortie de collection capsule. La musique à fond en plus. Et beaucoup plus d'hommes aussi.




Je suis jalouse des souliers coucher de soleil sur la baie di Lava de Pépé. Elle le sait et me nargue, la fourbe. Je me vengerai au kilomètre 8.



 On est tous seuls.
Presque. On lève les mains et on fait des vagues.

A un moment, et alors que le gagnant est déjà à 10 minutes de la fin de sa course et que les voitures s'impatientent derrière les barrières, on part.
Derrière nous, il y a 3 coureurs.
Oui, je crois qu'on peut dire qu'on part les dernières.

Après on applaudit les animations du bord de la route, on se félicite de réussir à passer devant Merci sans s'arrêter, on double plein de monde, on fait des blagues, on se raconte la semaine, Pépé me montre un resto qui paie pas de mine mais qui est super, on en oublie de prendre des photos, même le gars qui court avec sa fiancée habillée en mini tutu blanc et qui a l'air de trouver moyen cette idée de course amoureuse, même le papy et la mamy qui ont l'air aussi touristes que nous. On double les filles trop jolies, on slalome pour ne pas perdre le fil de notre conversation, et on fait des grimaces aux photographes.
On termine tout schuss.

Les premiers sont partis depuis longtemps. Il pleut et on court - encore - se mettre à l'abri avec des bananes dans la poche.



Au retour, à mesure qu'on s'éloigne du départ, on voit de moins en moins de lurex, de latex et de bas de contention. On mange des fruits secs, aussi pompettes qu'après une coupe un vendredi soir en terrasse. On sourit bêtement et se dit qu'on recommencera faire un chrono une autre fois.



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