mardi 17 janvier 2012

Rédac'



La cloche vient de sonner.
Le bout de doigts aussi rouges que le nez, les pieds tout engourdis dans les souliers en cuir, c'est la fin de la récré et l'heure de rejoindre la douce chaleur de la classe de CM1 de Madame Berthou.
Madame Berthou dont personne ne peut ignorer les moindres recoins de la vie, prétextes à démonstration, exemple et digressions de 8 heures à 16 heures 45.
Madame Berthou, enthousiaste supportrice des rédactions qu'elle ne se résoudra jamais à appeler expression écrite malgré les injonctions répétées des circulaires ministérielles. Des rédactions sur la rentrée des classes, les dernières vacances et la beauté de la nature au printemps, peu importe, du moment que ça les fasse écrire, ces chers petits qu'elle couve comme une fratrie indisciplinée.

Si ces souvenirs éveillent en vous une douce nostalgie, alors j'ai la potion magique.
On remplace la sémillante Madame Berthou, son frère missionnaire et son mari prof de latin par Julien Simon, concepteur rédacteur, qui se se propose de vous envoyer chaque jour un exercice de storyfication. Derrière ce néologisme so furieusement 2.0, vous trouverez une idée pour reprendre le bonheur de la rédaction là vous l'avez laissé, la tête penchée et un bout de langue qui dépasse de la bouche.
La pression en moins. Inutile d'écrire si vous n'en avez pas envie, vous pouvez déjà commencer par vous raconter vos histoires dans la tête.
Ca va vous changer des histoires de machines à café et du froid polaire.


Aujourd'hui, ça donnait :

ÊTRE LA VICTIME D'UNE IMMENSE CONSPIRATION: L'avantage de cet exercice est qu'il peut se pratiquer à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, et enn'importe quel endroit: il s'agit uniquement d'un bouton à activer dans votre cerveau. Une sorte d'état mental. L'inconvénient, c'est qu'il peut vite vous faire virer à lafolie furieuse. Mais qu'est-ce que la perspective de finir sa vie à l'asile lorsqu'on a l'occasion de rigoler un bon coup, n'est-ce pas? Pour cet exercice, peuplez tout votre univers habituel (plus c'est habituel, mieux c'est) de conspirateurs. Ces gens qui vousregardent dans la rue: ils vous surveillent. Ces collègues qui vous sourient: ils savent quelque chose. Ce patron qui veut vous voir dans son bureau: il en veut à votre vie. La personne qui partage votre vie: un agent infiltré. Cette machine à cafétruffée de caméras reliées à un bureau des services secrets, ou même à la mafia. Une seule solution: fuir pour leur échapper. Mais ils sont partout! Achevez l'expérience autour d'un pain au chocolat moelleux acheté à cette si gentille boulangère. Mais ne vient-elle pas de passer un coup de fil? La boulangère vient de vous vendre à l'ennemi.Courez!


On s'y met ?


PS : illustration via Design Mom

1 commentaire:

  1. Ah non ! Moi je ne m'y mets pas : je ne supporte pas la paranoïa !

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