lundi 12 mars 2012

Coupe coupe


Rassurez-moi.
Dites-moi que vous aussi vous repoussez le plus possible le moment où vous devrez passer la porte de chez le coiffeur.

Cette bouffée tiède de sèche cheveux, d'odeur de shampooing mêlée au gel et à la laque. Le blanc des murs, le blanc des blouses, et le skai des sièges qui glisse quand on s'assoit.
Les magazines people qu'on lit avec application, les photos de coiffure pliées dans la poche ou calées en écran d'accueil du téléphone.
Le shampoing "ça vous va la température" et la coiffure de Grand Mamamouchi avec laquelle on devient sourde et figée dans son siège.
L'arrivée devant le miroir, le sac à mains aux pieds.
Et la phrase faussement engageante "alors qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?"à laquelle on répond embarrassée : "pas trop court, mais plus net, féminin mais pas gnangnan, vous voyez non ? Moi en mieux. Je vous ai apporté des photos"
La réponse parfaitement assurée de la coiffeuse qui glace au moins autant qu'elle rassure : "Mmmm. ok, on y va".

Le bavardage léger et les yeux rivés sur le miroir. Les ciseaux qui coupent, qui coupent, et les cheveux qui tombent, qui tombent. La tranquille assurance de l'artiste qui tourne autour de notre tête, qui n'a pas l'air de se rendre compte que ça ne va pas du tout, tous ces cheveux qui tombent.
Le bavardage léger qui s'étire et qui s'éteint. L'artiste parce qu'elle évalue le nombre de clients qui attendent leur tour, et la cliente sur le siège qui imagine sa tête une fois que tous ses cheveux seront tombés. Qui calcule le prix qu'elle pourrait en tirer avec tous ses cheveux si elle vivait dans le Cheval d'Orgueil.

Le séchage, délicieux dans la nuque et annonciateur de la fin. Le produit coiffant qui caresse les narines. Le gros plumeau pour les petits cheveux autour des oreilles. Le miroir qui fait le tour de la tête, seul moment de l'année où on a des yeux derrière la tête.

Et cette dame bizarre qui regarde dans la glace là où on était il y a 20 minutes. C'est nous ? Ah oui. la réponse rituelle "oui, c'est super, c'est plus frais" sans en être toute à fait sûre.

Faut il être délicieusement masochiste pour s'imposer des épreuves pareilles...




PS : mon obsession se manifeste ici aussi.

5 commentaires:

  1. Du caramel sur les murs, du béton au sol, des blouses noires, des beaux fauteuils en cuir rouges, c'est à ça que ressemble le salon où je vais. Cheveux courts pour moi, ce qui demande un certain entretien. A force, ma coiffeuse est devenue une copine. J'ai rendez-vous chez une copine, chaque mois, et j'aime ça. Des couleurs et des coupes au gré de mes envies, elle m'a toujours suivie et l'a fait bien. Là, nous arrivons au délicat passage du "cheveux colorés aux cheveux naturels blancs". J'ai 43 ans, mais des cheveux blancs depuis 25 ans (oui).
    On s'est vu vendredi dernier, elle avait réfléchi depuis plusieurs jours à ce qu'elle pourrait me proposer sans me cramer les cheveux et sans devoir me taper la période racines (je lui avais parlé de mon projet lors de notre précédent rendez-vous).
    J'aime ma copine coiffeuse.

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  2. Tu as bien de la chance dis sonc ! Moi j'ai une coiffeuse adorable mais qui a oublié que peut-être je pourrais avoir envie de changer de coupe. Rien de grave donc, mais toujours pas le Graal ! Ton témoignage me prouve que ça existe, c'est chouette

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  3. Et le tout dans une ville de 3.500 habitants (et qui compte 8(!!!) salons de coiffure ! (oui, on est tous très bien coiffés, au village...)

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  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. J'ai bien ri à la lecture de cet article capillaire ! Il manquait juste le "on passe au bac ?" Moi aussi je hais le coiffeur mais je n'aime pas être coiffée comme un cocker, alors...

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