jeudi 3 octobre 2013

La vie en rouge

Noir Lac sur Pinterest


Le rouge à lèvre est beaucoup plus qu'un rouge à lèvre.

Il est rouge et effet vinyle, rouge vif et mat, rouge sombre et satiné, comme un phare au milieu du visage, un appel au baiser, une arme de séduction massive. Pourtant souvent les hommes ne l'aiment pas. Ils y voient comme un papier tue mouche, qui va allumer leur envie d'étreinte et causer leur perte. Le rouge c'est la trace sur la joue, la trace sur le col, l'empreinte sur le verre de champagne. Mais le rouge est irrésistible, il éveille des images d'amour fou et d'étreintes sans fin. c'est Hollywood à portée de main, la promesse de nuits torrides.

Il est beige ou subtilement rosé, hydrate et dessine doucement les contours de la bouche. C'est le rouge convention sociale, le cousin de la manucure transparente et des culottes sans démarcation. Celui qui dénote le chic et la distinction de la femme soignée. Je revois ma mère qui n'aurait pas imaginé franchir le seuil de la porte d'entrée sans son rouge, elle qui ne se maquillait jamais par ailleurs.

Il est à la mode. Celui qui détourne les yeux d'une mise trop banale, d'un uniforme passe partout ou d'un jour sans inspiration. Avec lui, le combo jean-pull-ballerines devient un écrin qui met en valeur sa pièce maitresse : cette bouche si jolie, si trendy selon les derniers codes  des magazines et de l'imagination sans fin des rois de la cosmétique. Le sauveur pas cher des placards moroses. 

Il se voit et il est le premier pas des jeunes filles qui veulent qu'on les prennent au sérieux. L'allié des premières soirées qui ne sont définitivement plus des boums. Celui qu'elles chipaient petites avec les talons et le collier trop grand pour jouer à la grande devant le miroir de la chambre et qu'un jour elles décident de garder. Le bâton de relais que les mères ont reçu de leur mère et qu'elles acceptent un jour de passer à leurs filles, la boule au ventre et la fierté dans le coeur. Celui que les mères voient comme le début de la fin et que les filles voient comme la fin -enfin, du début.

Il est rose ou rouge et il rehausse le teint. Il est l'armure derrière laquelle on cache son vague à l'âme ou ses peines, ses nuits trop courtes ou son manque de soleil. C'est un rouge porte bonheur ou plutôt un rouge garde malheur. C'est le rouge du toréador qui détourne l'attention et permet de souffler à l'abri.
C'est le jour qui faire croire que, alors qu'en fait pas du tout. C'est le rouge bravache et insolent, le porte drapeau de la méthode Annie Cordy-ça-ira-mieux-demain.








1 commentaire:

  1. Val Làô sur la Colline7 octobre 2013 à 11:50

    C'est vraiment très joli, ton texte

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