dimanche 4 décembre 2011

Si j'avais une baguette magique, je demanderais d'être




Enfermée une nuit au Bon Marché.

Virer toute la faune du samedi et garder une petite garde rapprochée pour me tenir compagnie et piquer des fous rires au rayon chaussettes hommes.

Se donner rendez-vous dans une heure et partir chacun dans une direction comme un explorateur du 7ème (arrondissement).

Moi je filerais au rayon femme. J'essayerais tous les jeans jusqu'à trouver celui que je ne voudrais plus quitter. Je m'inonderais de Neroli Portofino et me ferais 5 manucures. Je ferais ma poseuse dans les allées en portant un sac Celine comme si c'était normal, je m'enroulerais dans les décorations de Noël, je déciderais après mûre réflexion et moultes essayages que Roger Vivier fait les plus belles bottines à talon et que c'est indéniable, je fais bien un 37. 
Je chanterais à tue tête et je jouerais à la marchande.
La blasée, la pédante, la timide et la pressée. L'extra embauchée pour les fêtes et qui manie le bolduc comme une virtuose. La super professionnelle qui sait comme personne sublimer sa cliente.

Et puis après on se retrouverait tout là haut au milieu des canapés larges comme un périphérique et des chaises à bascule.
On ferait une grande et belle table, improviserait un dîner avec 2-3 bricoles de la Grande Epicerie. On irait allumer la stéréo pour brancher notre musique. 
On allumerait des bougies, beaucoup de bougies, en choisissant des parfums qui s'accordent subtilement. 
On irait s'habiller super chic sans regarder les étiquettes et on se sentirait pour une fois aussi rich and famous que les rich and famous. 

"Oh darling, you look delicious !" "Jeeez, baby, you're a star in that gown !" 

Après on dînerait en parlant anglais tout du long avant de s'étrangler de rire au dessert.
On terminerait en dansant jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout.
Et on s'écoulerait épuisés dans des lits gigantesques, enroulés dans des plaids en cachemire qui sentent le neuf sur des matelas trop pneumatiques pour être vrais.

Ca vous tente ?



PS : non, mon chéri, cette description n'est pas une liste de Noël déguisée. C'est juste un exercice préalable. (la photo vient du magasin BONTON de la rue du Bac, où Marguerite aimerait bien rester toute la nuit)


jeudi 1 décembre 2011

Respirer

Avant de :

prendre le comptable au téléphone
vider la machine à laver
s'attaquer au repassage
remplir les papiers de la sécu
traverser le jardin et s'engouffrer dans la voiture
attaquer le contrat Murdoch par la face Nord
parler boulot
rassembler ses forces et se jeter dans la bataille



PS : Love love love Pinterest et Naturally Nina !

mercredi 30 novembre 2011

Réunion salle B22 à 20 heures 30


J'ai réalisé aujourd'hui que personne ne prévient les parents qui veulent une famille nombreuse qu'ils devront donc se coltiner une quantité exponentielle de de réunion de rentrée, assemblée générale, préparation de la fête de fin d'année, formation, mise en sacs des lots de la pêche à la ligne..

Une foule de merveilleuses opportunités de rencontres à la nuit tombée, de partage d'expérience autour de tables en bois, où on redevient le temps d'une soirée l'élève qu'on ne pensait plus jamais être : les doigts serrés sur son bic pour ne rien rater ou les yeux dans les nuages en attendant la fin.

Ou bien des heures de mise sous pli, découpe de bolduc et numérotation de grilles sans fins.

Tout plein de réunions potentiellement essentielles, et finalement toujours instructives ou franchement chaleureuses, mais qui demandent de  s'arracher au cocon douillet de la cuisine encore plongée dans ses effluves de tartes aux poireaux du diner.

Remettre son manteau, son écharpe, prendre ses clés et s'enfoncer dans la nuit.




PS : le site de cette photo est un petit bijou d'évasion et de lavage oculaire accéléré.

mardi 29 novembre 2011

Avant l'Avent



C'est l'heure de préparer le calendrier de l'avent. De le garnir de Kinder, de mots d'amour ou de pièces. Même si on fera mine de trouver ça nul d'avoir un mot d'amour au jour 7 alors que la veille on a eu 1euro. Même si c'est insoutenable cette attente de 24 jours.






PS : et pour tromper cette fichue attente, relisez ce billet de l'année dernière et comparez ma libre interprétation de l'installation repérée sur un joli blog décor.

lundi 28 novembre 2011

Love is all




Lectrice, lecteur, si tu es né entre 1963 et 1972 et que tu n'as pas été privé(e) de télé toute ton enfance, tu as évidemment été bercé(e) par la grenouille de Roger Glover qui surgissait on ne pas trop pourquoi entre deux programmes plus ou moins soporifiques comme "mes mains ont la parole" ou "watoo watoo".

Et cette petite vidéo de fort mauvaise qualité devrait te catapulter dans ton pyjama en pilou et tes charentaises à carreaux, en tailleur devant l'écran 4/4ème 26 pouces à boutons ronds.

Si lecteur, lectrice, tu es hors catégorie, ce n'est pas grave, parce que tu vas découvrir le pouvoir euphorisant de cette petite ritournelle qui te dit que l'amour est tout. Et vois-tu, j'aime à penser Roger n'a pas tort.



Minute Philippe Manoeuvre : Roger Glover est aussi le bassiste de Deep Purple et a été le producteur de Rory Gallagher. C'est pas rien.

dimanche 27 novembre 2011

Dans le bus 53



Le bus 53 traverse le 17ème arrondissement. Son versant chic. Grandes avenues bordées d'arbres, façades Haussmaniennes et petits commerçants. Une ligne de train aussi, le Parc Monceau très Catherine Deneuve et la proximité canaille des Batignolles.

Dans le bus 53, il y a une sur représentation de lecteurs du Figaro et du Monde cahier littéraire. 
Des dames très convenables et des messieurs très chics dans leur Barbour patinés, juste élimés à point. Du cachemire et des pardessus, des palettes graphiques d'automne et de vacances atlantiques. Des collants 16 deniers chair et des souliers Mephisto. Des chaussettes (hautes les chaussettes) en fil d'écosse qui dépassent d'une velours camel aux reflets éteints.

Pour les dames, souvent des cailloux qu'on devine très purs portés à l'annulaire gauche  avec tellement d'habitude qu'ils semblent un peu oubliés. Comme leur voisine la chevalière. Patinée par les ans, avec des armoiries sans aucune fioritures - celles de leur époux, celles de leur naissance. Pas de couteux brushing mais une coiffure tout terrain, nette et propre comme une friction à l'eau de cologne extra vieille de Roger et Gallet.

Ils sont dans le bus comme ils sont chez eux. Oublieux de l'environnement, dans leur bulle ouatée peuplée de bien nés, de belles lettres et de grandes chasses en Sologne. Le journal plié sur leurs genoux, prêts à pousser la porte de leur domicile parisien pour le Lapsang Souchong de 17 heures dont les volutes embrument leurs lunettes à monture en écaille.

Au milieu de la trépidation de la ville, c'est comme un petit bout de vie suspendue qui s'assoit pour quelques stations après avoir poinçonné son ticket d'autobus. Dont on ne sait s'ils sont sympathiques ou snobs, pédants ou délicieux. Tout occupés qu'ils sont à ne pas perdre le fil de leur flegme.



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