mercredi 7 décembre 2011
Cardinales pas banales
Quand on a des enfants, on s'expose à tout un tas de situations cocasses.
(Je dis cocasses parce que le mot cocasse est largement sous estimé).
On se retrouve parfois à faire des choses, à dire des choses qu'on pensait réservées à d'autres que nous.
La première fois qu'on doit sortir avec un landau dans la rue, le jour où on réalise qu'on passe tous ses dimanches aprem au parc à jouer les vigies, les courses gigantesques chez Leclerc tellement plus efficace si on a fait les menus de la semaine, les réunions d'école.
C'est pas qu'on est moins cools, c'est pas qu'on est plus vieux, c'est juste qu'on se trouve embarqués dans un chemin qui est, qu'on le veuille ou non, semé de petites balises incontournables, à la fois rassurantes, désespérantes, et aussi.. cocasses quand on réussit à les voir avec un peu de hauteur.
Là, maintenant, tout de suite, j'ai l'impression d'avoir passé une étape capitale - ou mieux cardinale pour continuer à filer la métaphore marine.
On accueille des correspondants étrangers à la maison.
Version light, hein.
4 jours, ils sont occupés pendant la journée, on ne doit jouer les hôtes parfaits que le matin, le soir et samedi toute la journée. En plus ils sont deux, donc au pire, ils s'ennuient à deux dans leur chambre.
Le hic, c'est qu'ils ne parlent pas un traitre mot de Français. Et qu'ils ont encore cette décontraction de l'enfance qui les pousse à nous faire des discours sans geste, sans expression, pour nous demander un truc dont on n'a aucune idée de l'importance.
Parce que le polonais, mesdames, messieurs, ça ne ressemble à rien. En tous cas, ni à l'anglais, ni à l'allemand, ni même au breton.
Et l'on se retrouve alors dans ces situations totalement absurdes où chacun de son côté parle dans sa langue tout en sachant pertinemment que l'autre n'y comprend goutte mais sans trop savoir comment faire autrement.
Dans ces cas là, on découvre le langage universel des über-marques et des symboles transfrontaliers.
Halte au rafraîchissement, au verre d'eau, et viva le "Coca Cola" !
Prononcez les deux syllabes magiques "pizza" et immédiatement un grand sourire barrera le visage jusqu'alors perplexe de votre interlocuteur.
Dites "soupe" et vous verrez le même visage réjoui redevenir beaucoup plus hésitant, avant qu'une dénégation timide ne crée une franche complicité entre tous les habitants de moins de 15 ans de la maison.
Lâchez deux garçons dans une chambre de garçon et observez les se jeter en connaisseur sur le double fusil mitrailleur à cartouches en mousse NERF, le soupeser et engager immédiatement une nouvelle bataille trans-polochons ponctuée de "schdong" et de "bang" contre la puissance invitante, plutôt contente de s'en tirer à si bon compte.
Et je comprends mieux pourquoi ma mère m'a toujours dit qu'on peut s'en sortir partout avec des sourires, des gestes et un peu de bonne volonté.
(à suivre)
mardi 6 décembre 2011
Alexander "Truth"
"J’aime les chansons où le chanteur siffle au début, ça me rappelle la conquête de l’Ouest et la foi qu’on met dans les conquêtes. Et j’aime les chansons avec quelque chose d’ambitieux, qui essaie de nous faire voler au lieu de nous faire plonger ou tressauter"
Sophie Fontanel dans les Inrocks
(en écoute ici. j'ai finalement désactivé le clip que je n'aime pas beaucoup finalement. Merci Val Làô)
lundi 5 décembre 2011
dimanche 4 décembre 2011
Si j'avais une baguette magique, je demanderais d'être
Enfermée une nuit au Bon Marché.
Virer toute la faune du samedi et garder une petite garde rapprochée pour me tenir compagnie et piquer des fous rires au rayon chaussettes hommes.
Se donner rendez-vous dans une heure et partir chacun dans une direction comme un explorateur du 7ème (arrondissement).
Moi je filerais au rayon femme. J'essayerais tous les jeans jusqu'à trouver celui que je ne voudrais plus quitter. Je m'inonderais de Neroli Portofino et me ferais 5 manucures. Je ferais ma poseuse dans les allées en portant un sac Celine comme si c'était normal, je m'enroulerais dans les décorations de Noël, je déciderais après mûre réflexion et moultes essayages que Roger Vivier fait les plus belles bottines à talon et que c'est indéniable, je fais bien un 37.
Je chanterais à tue tête et je jouerais à la marchande.
La blasée, la pédante, la timide et la pressée. L'extra embauchée pour les fêtes et qui manie le bolduc comme une virtuose. La super professionnelle qui sait comme personne sublimer sa cliente.
Et puis après on se retrouverait tout là haut au milieu des canapés larges comme un périphérique et des chaises à bascule.
On ferait une grande et belle table, improviserait un dîner avec 2-3 bricoles de la Grande Epicerie. On irait allumer la stéréo pour brancher notre musique.
On allumerait des bougies, beaucoup de bougies, en choisissant des parfums qui s'accordent subtilement.
On irait s'habiller super chic sans regarder les étiquettes et on se sentirait pour une fois aussi rich and famous que les rich and famous.
"Oh darling, you look delicious !" "Jeeez, baby, you're a star in that gown !"
Après on dînerait en parlant anglais tout du long avant de s'étrangler de rire au dessert.
On terminerait en dansant jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout.
Et on s'écoulerait épuisés dans des lits gigantesques, enroulés dans des plaids en cachemire qui sentent le neuf sur des matelas trop pneumatiques pour être vrais.
Ca vous tente ?
PS : non, mon chéri, cette description n'est pas une liste de Noël déguisée. C'est juste un exercice préalable. (la photo vient du magasin BONTON de la rue du Bac, où Marguerite aimerait bien rester toute la nuit)
jeudi 1 décembre 2011
Respirer
Avant de :
prendre le comptable au téléphone
vider la machine à laver
s'attaquer au repassage
remplir les papiers de la sécu
traverser le jardin et s'engouffrer dans la voiture
attaquer le contrat Murdoch par la face Nord
parler boulot
rassembler ses forces et se jeter dans la bataille
PS : Love love love Pinterest et Naturally Nina !
prendre le comptable au téléphone
vider la machine à laver
s'attaquer au repassage
remplir les papiers de la sécu
traverser le jardin et s'engouffrer dans la voiture
attaquer le contrat Murdoch par la face Nord
parler boulot
rassembler ses forces et se jeter dans la bataille
PS : Love love love Pinterest et Naturally Nina !
mercredi 30 novembre 2011
Réunion salle B22 à 20 heures 30
J'ai réalisé aujourd'hui que personne ne prévient les parents qui veulent une famille nombreuse qu'ils devront donc se coltiner une quantité exponentielle de de réunion de rentrée, assemblée générale, préparation de la fête de fin d'année, formation, mise en sacs des lots de la pêche à la ligne..
Une foule de merveilleuses opportunités de rencontres à la nuit tombée, de partage d'expérience autour de tables en bois, où on redevient le temps d'une soirée l'élève qu'on ne pensait plus jamais être : les doigts serrés sur son bic pour ne rien rater ou les yeux dans les nuages en attendant la fin.
Ou bien des heures de mise sous pli, découpe de bolduc et numérotation de grilles sans fins.
Remettre son manteau, son écharpe, prendre ses clés et s'enfoncer dans la nuit.
PS : le site de cette photo est un petit bijou d'évasion et de lavage oculaire accéléré.
mardi 29 novembre 2011
Avant l'Avent
PS : et pour tromper cette fichue attente, relisez ce billet de l'année dernière et comparez ma libre interprétation de l'installation repérée sur un joli blog décor.
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