mardi 9 juillet 2013

Sehnsucht toi même






Trois ans au moins qu'on nous rebat les oreilles de la serendipité, cet esprit de joyeuse découverte à l'aveugle sensé ouvrir notre horizon.
Un horizon rendu chaque jour plus réduit parce que le choix est si immense que l'on préfère finalement s'en tenir à ces (forcément) petites habitudes, mais aussi parce que les méchants géants de l'internet à force de vouloir nous garder avec eux ne nous donnent à manger que ce qui ressemble à ce que l'on aime déjà : "vous avez aimé la Grèce, vous allez adorer la Croatie !", "vous aimez Daft Punk, mais connaissez-vous Yuksek?"

Viva donc la serendipité qui redonne le goût des ballades le nez au vent et des découvertes surprises. Ce sera la réponse au sentiment d'enfermement et de manipulation qui nous étreint le matin quand on allume la radio machinalement avant d'ouvrir le robinet de douche ! La liberté retrouvée dans les méandres de l'aléatoire..

On a appris alors à prononcer ce mot imprononçable, à l'écrire et à l'utiliser à bon escient. On ne sait pas bien si c'est anglais ou français, si c'est un mot qui sort de l'imagination de Harry Potter ou d'un dcitionnaire Thésaurus poussiéreux.
Mais peu importe, c'est joli, ça fait grimoire et puis c'est autrement plus excitant que de dire "au pif" ou "par hasard". Donc n'oubliez pas, la prochaine fois que vous enfilez un vieux t-shirt retrouvé dans un placard alors que vous cherchiez vos lunettes de soleil, dites bien quand on vous complimentera "oh ça ? c'est rien, juste un peu de serendipité de placard". Et votre vieux t-shirt deviendra trésor.


En 2013, on va devoir apprendre un autre mot. Cette fois ci il s'agit de mettre le doigt sur la nostalgie immense pour on ne sait pas quoi, un genre d'état de flottaison difficile à faire taire, même avec un pot de crème glacée king size ou une tablette de Crunch. Et qu'un verre de vin n'arrangera pas.

C'est inévitable et (normalement) passager. Ca donne l'impression de descendre au fond de la mine. Ca arrive à tout le monde, même Vic Beckham , même Barack Obama et le Dalaï Lama je suis sûre.

Et c'est tellement plus chic d'appeler ça un sehnsucht qu'un coup de blues non ?


(Rien qui ne puisse se soigner en s'évadant dans un endroit comme ça)




lundi 8 juillet 2013

Move your body, baby

Je suis bonne


1/ parce qu'aucun régime ne nous donnera un corps de bombe
2/ parce que transpirer volontairement nous rappelle notre condition animale. Et c'est pas mal de redécouvrir son odeur pour une fois
3/ parce que le fondant au chocolat a vraiment une autre saveur après une heure de squats, d'abdos fessiers et de trucs sans nom mais qui font mal
4/ parce que boiter dans les bureaux à cause des courbatures confère un genre de classe, non ?
5/ parce que sinon, on verrait jamais nos copines





PS : "Je suis bonne" est un site à la gloire découvert grâce à Géraldine de Café Mode, qui dans un billet dimanche s'interrogeait sur la finalité d'une telle débauche de filles  au physique incroyable, d'incantations mi new age, mi semi disciplinaires. Le tout couronné d'un grand nombre de commentaires passionnés sur le sujet. ("je suis bonne" ? pas sûre que l'auteur du blog soit très familière avec les double sens en français)



dimanche 7 juillet 2013

Chroniques de l'été : No kids, free time


My Little Paris



A l'heure où l'été sonne enfin à nos portes recouvertes de mousse et d'escargots, les parents confient leurs enfants à des monos à peine plus âgés  pour retrouver un peu de leur insouciance de jeune couple.

(il y a aussi l'option grands-parents, frère ou soeur ou bonne copine qui se sentent l'âme de chef scout option grande salade de pâtes et chips à tous les repas, peu importe)

Ils en parlent à tout le monde et se répètent des semaines à l'avance comme un avant-goût de paradis le planning de sorties programmées : ciné, expo, dîners chez les potes sans repasser à la maison, frigo vide et valises sous les yeux. J'oubliais les grasse-matinées, les soirées à l'autre bout de la ville sans contrainte de baby sitter "qui a un DS demain", les pots pris en terrasse comme ça au débotté à la fin du boulot avec les copines un peu délaissées et les voisins de l'open space.

Comme si 11 mois de frustrations intenses arrivaient à leur terme, un genre de carême version longue, son dolby surround.

Ceux qui ont des enfants les écoutent d'un air entendu et participent gaiement au programme des réjouissances qui finit par prendre une couleur bubble gum à l'acide, d'un spring break ambiance Projet X.

Ceux qui n'ont pas d'enfants les écoutent avec l'air un peu effrayé devant l'apparent soulagement de parents à se débarrasser de la prunelle de leurs yeux et cherchent dans leurs yeux la trace de l'immense plénitude de la maternité dont ils leurs rabattent les oreilles tout le reste de l'année.

Les enfants qui ont, comme de bien entendu, toujours une oreille qui traine (c'est de bonne guerre, leurs parents aussi crèvent de ne pas pouvoir lire les 600 SMS qu'ils envoient chaque jour à leurs copains) se demandent si ce rejet soudain de leur progéniture ne représente pas un puissant outil de chantage et de culpabilisation dès le mois de septembre arrivé sur fond de "de toutes façons tu ne m'as jamais aimé, regarde comme tu es content quand je ne suis pas là".






mercredi 3 juillet 2013

Let's pack


Middle Child Complex

Moi aussi je veux mettre en scène ma valise avec classe.

(Ca fera juste beaucoup de photos)
(Vraiment beaucoup)

Garance Doré

Brilliantly Cool


Indie Days


mardi 2 juillet 2013

Dans le métro




Ya deux gars rigolos qui montent dans la rame de métro avec un transistor qui crache la bande son de Macklemore. Ils commencent à raper en se jetant des regards complices. Après un moment, on se rend compte qu'ils rappent en arabe.

C'est absurde et en même temps irrésistible

Il y a un homme entre deux âges, accroché à la barre centrale à l'autre bout du wagon, et il ne peut s'empêcher d'esquisser un mouvement du bassin sous les yeux effondrés de sa femme, mais il s'en fout et il sourit.

Une jeune femme aux longs cheveux noirs, assise, est plongée dans un livre qui parle de Lacan, totalement indifférente aux rappeurs débutants à côté.

Une fille se marre et se pousse pour que l'un des chanteurs fasse un acrobatie à deux francs entre deux barres.

L'autre donne une petite tape de frère d'armes façon gangsta "yo bro', you're ma bro" à un petit gars blond qui sort de la rame avec un skate sous les bras

Après ils arrêtent le rap et passent au zouk pour passer dans les rangs et remplir leur casquette américaine de pièces. Ils chantonnent en ondulant entre les voyageurs.

La récolte n'est pas fameuse mais ça n'a pas l'air de les toucher tant que ça alors ils recommencent un bout de rap en attendant la station suivante. Là ils sautent de la rame et partent dans le wagon d'à côté.

lundi 1 juillet 2013

Page blanche



Allez, on vous donne ce cahier et ce crayon neuf.
Vous en faites quoi ?

Ecrire une liste de courses ou faire un dessin
Griffonner des dessins ou faire juste une croix

Jeter des mots au  hasard et attendre qu'ils forment une phrase

Le garder pour soi, le plier en quatre et le mettre dans sa poche arrière

Ou bien le semer à tous les vents


Ecrire le best seller de l'été (prochain) ou le prix Pulitzer de l'année
Une grande lettre à un être aimé, à sa grand mère ou à son enfant



dimanche 30 juin 2013

Top 10 des trucs de l'été qu'on aime



Carlotta et Rosita en Volvo


(A part courir sur la plage en riant à gorge déployée en pantalon blanc et t-shirt avec nos prénoms dessus bien sûr)

1. sortir de sa douche et plonger dans son placard pour en exhumer son short en jean. Le trouver, l'enfiler, même froissé (il était vraiment au fond du placard) avec un grand soupir de bonheur

2. prendre un verre, mettre des glaçons dedans et les entendre tinter

3. décider d'inviter des copains à un apéro à 18 heures un dimanche soir. Savoir qu'il va se terminer à 22 heures alors que demain ya école et n'en ressentir aucune mauvaise conscience

4. réveiller les enfants à 7 heures 58 pour un départ à l'école à 8 heures 15. Bourrer leurs poches de Pepito pour faire petit déjeuner

5. prendre un verre, verser de l'eau dedans, puis des glaçons, les regarder fondre quasi à vue d'oeil

6. lire les pages littératures de magazines qu'on ne regarde jamais l'hiver et faire une liste de tout ce qu'on va emporter sur le lit d'extérieur entre 14 heures et 16 heures quand il fait trop chaud sur la plage mais juste pile bien sous les pins

7. sortir le blender, souffler dessus pour enlever la poussière et penser faire des smoothies verts détox avec des épinards, de la menthe et du lait d'avoine.

8. décider que finalement les t-shirts tie and dye retour de Goa qui explosent de couleurs façon délire psychédélique c'est envisageable.

9. re-découvrir ses pieds, voire même finir par les aimer

10. décider que le vin rosé est une boisson acceptable dès 17 heures.




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