dimanche 11 décembre 2011

Ma famille est une start-up






Avoir une grande famille c'est à peu près comme vivre dans une start up. Pour certains, ça commence au premier, pour d'autres ça arrive beaucoup plus tard. Chez nous, on a vraiment gagné l'esprit start up au 4ème.

Dans une start-up, ya un open space. Dans une famille élargie c'est pareil. Des lego dans le salon, un séchoir dans la chambre, une table à langer dans le couloir. On vit dans la cuisine, la cuisine s'ouvre sur le salon. On est tous ensemble, on a tellement peur de pas réussir à profiter les uns des autres qu'on veut se voir tout le temps.


Dans une start up, on est jeunes, on est trop cool, trop dans le mouv' des trucs à faire et à connaître. Dans une famille, on reste jeune longtemps. Pas le choix. Même à 45 ans les Memory restent une valeur sûre pour occuper les mouflettes. Quant à la musique et aux vêtements, c'est sûr qu'on aurait sans doute préféré échapper à Lady Gaga et aux Ugg. On se rattrape en mettant Supertramp à fond dans la voiture.


Dans une start up on manque vite de place. On rêve de s'étendre, de déménager, de se meubler design, de créer des "espaces" et des "atmosphères". En vrai, comme avec plein d'enfants, on se bat pour les mètres carrés, on va chez IKEA et chaque nouvelle réorganisation donne lieu à des négociations tellement serrées qu'à côté, la Communauté européenne à Bruxelles, c'est Nounoursland.

Dans une start-up, on a des subventions. Dans une famille aussi, ça s'appelle des allocs'. Et comme pour les subventions, les allocs' ça fait des jaloux même si ça fait pas vraiment bouillir la marmite.

Dans une start up, on se lève tous les matins en se promettant de travailler les fondamentaux, pour asseoir les bases d'un fonctionnement pérenne à base de process simples, redoutablement efficaces. Finalement, on se retrouve à gérer un bug imprévu, à faire un point avec Bernard de la compta et Cyril du fonds d'investissement avant même d'avoir ouvert une feuille Excel.
Dans une famille, ça donne le calendrier des servitudes familiales, le tableau des rendez-vous chez le dentiste, le pédiatre, le dermato et les réunions de café punaisé sur le frigo, ainsi que la résolution quotidienne de vraiment suivre son ado sur ses devoirs et la petite sur l'apprentissage de la propreté. Avant que pfffffiout une bronchite carabinée et le lave linge qui tombe en panne détruisent toute idée d'organisation sans faille.

Dans une start up, on manque parfois de recul devant les progrès de ses bébés. Que celui qui n'a jamais essuyé une larme de fierté au spectacle de l'école - pourtant passablement raté - de son enfant me jette la première pierre. On sait qu'on va y arriver parce qu'on y croit. Même si, objectivement, y'a encore beaucoup de boulot. Et plus le nombre d'enfants augmente, plus le manque de recul aussi. C'est le paradoxe de la multipare.

Dans une start up, un jour où l'autre, ça pète. Mêmes sans portes à claquer, on réussit les coups d'éclat, les coups de gueules et les mises au point qui montent dans les tours. Parce qu'on a quand même des objectifs à tenir, que ce soit la sortie de la bêta ou le passage dans la classe supérieure. Et qu'une bonne mise au point, ça fait parfois gagner beaucoup de temps.


Mais le mieux, c'est que dans une famille à étages, comme dans une start-up, on (se) dépense sans compter pour l'instant parce qu'on a une foi inaltérable dans l'avenir.

jeudi 8 décembre 2011

Le dans La viens chez moi


Parfois, en pleine semaine, avec mon bug vide à droite et quelques miettes de petit beurre sur mon clavier, je lève le nez et je vois..., je vois un intérieur très habité, très caramel et bois patiné, une boite de Monopoly et une Nike oubliées au milieu du salon.
Alors, je baisse les yeux et je vais me plonger dans un blog où tout n'est qu'esthétique et harmonie, travaux manuels et murs d'inspiration délicats. Enfants délicieux et murs blancs, sols peints et lumière filtrée par des voiles qu'on imagine immaculés.
Le dans La est une bonne thérapie gratuite que je vous recommande.






PS : oui, je sais c'est un post de crapule ce soir. Mais c'est beau, non ?

mercredi 7 décembre 2011

Cardinales pas banales



Quand on a des enfants, on s'expose à tout un tas de situations cocasses.
(Je dis cocasses parce que le mot cocasse est largement sous estimé).

On se retrouve parfois à faire des choses, à dire des choses qu'on pensait réservées à d'autres que nous.
La première fois qu'on doit sortir avec un landau dans la rue, le jour où on réalise qu'on passe tous ses dimanches aprem au parc à jouer les vigies, les courses gigantesques chez Leclerc tellement plus efficace si on a fait les menus de la semaine, les réunions d'école.

C'est pas qu'on est moins cools, c'est pas qu'on est plus vieux, c'est juste qu'on se trouve embarqués dans un chemin qui est, qu'on le veuille ou non, semé de petites balises incontournables, à la fois rassurantes, désespérantes, et aussi.. cocasses quand on réussit à les voir avec un peu de hauteur.

Là, maintenant, tout de suite, j'ai l'impression d'avoir passé une étape capitale - ou mieux cardinale pour continuer à filer la métaphore marine.

On accueille des correspondants étrangers à la maison.
Version light, hein.
4 jours, ils sont occupés pendant la journée, on ne doit jouer les hôtes parfaits que le matin, le soir et samedi toute la journée. En plus ils sont deux, donc au pire, ils s'ennuient à deux dans leur chambre.

Le hic, c'est qu'ils ne parlent pas un traitre mot de Français. Et qu'ils ont encore cette décontraction de l'enfance qui les pousse à nous faire des discours sans geste, sans expression, pour nous demander un truc dont on n'a aucune idée de l'importance.
Parce que le polonais, mesdames, messieurs, ça ne ressemble à rien. En tous cas, ni à l'anglais, ni à l'allemand, ni même au breton.
Et l'on se retrouve alors dans ces situations totalement absurdes où chacun de son côté parle dans sa langue tout en sachant pertinemment que l'autre n'y comprend goutte mais sans trop savoir comment faire autrement.

Dans ces cas là, on découvre le langage universel des über-marques et des symboles transfrontaliers.
Halte au rafraîchissement, au verre d'eau, et viva le "Coca Cola" !
Prononcez les deux syllabes magiques "pizza" et immédiatement un grand sourire barrera le visage jusqu'alors perplexe de votre interlocuteur.
Dites "soupe" et vous verrez le même visage réjoui redevenir beaucoup plus hésitant, avant qu'une dénégation timide ne crée une franche complicité entre tous les habitants de moins de 15 ans de la maison.
Lâchez deux garçons dans une chambre de garçon et observez les se jeter en connaisseur sur le double fusil mitrailleur à cartouches en mousse NERF, le soupeser et engager immédiatement une nouvelle bataille  trans-polochons ponctuée de "schdong" et de "bang" contre la puissance invitante, plutôt contente de s'en tirer à si bon compte.


Et je comprends mieux pourquoi ma mère m'a toujours dit qu'on peut s'en sortir partout avec des sourires, des gestes et un peu de bonne volonté.

(à suivre)

mardi 6 décembre 2011

Alexander "Truth"


"J’aime les chansons où le chanteur siffle au début, ça me rappelle la conquête de l’Ouest et la foi qu’on met dans les conquêtes. Et j’aime les chansons avec quelque chose d’ambitieux, qui essaie de nous faire voler au lieu de nous faire plonger ou tressauter"




Sophie Fontanel dans les Inrocks


(en écoute ici. j'ai finalement désactivé le clip que je n'aime pas beaucoup finalement. Merci Val Làô)

dimanche 4 décembre 2011

Si j'avais une baguette magique, je demanderais d'être




Enfermée une nuit au Bon Marché.

Virer toute la faune du samedi et garder une petite garde rapprochée pour me tenir compagnie et piquer des fous rires au rayon chaussettes hommes.

Se donner rendez-vous dans une heure et partir chacun dans une direction comme un explorateur du 7ème (arrondissement).

Moi je filerais au rayon femme. J'essayerais tous les jeans jusqu'à trouver celui que je ne voudrais plus quitter. Je m'inonderais de Neroli Portofino et me ferais 5 manucures. Je ferais ma poseuse dans les allées en portant un sac Celine comme si c'était normal, je m'enroulerais dans les décorations de Noël, je déciderais après mûre réflexion et moultes essayages que Roger Vivier fait les plus belles bottines à talon et que c'est indéniable, je fais bien un 37. 
Je chanterais à tue tête et je jouerais à la marchande.
La blasée, la pédante, la timide et la pressée. L'extra embauchée pour les fêtes et qui manie le bolduc comme une virtuose. La super professionnelle qui sait comme personne sublimer sa cliente.

Et puis après on se retrouverait tout là haut au milieu des canapés larges comme un périphérique et des chaises à bascule.
On ferait une grande et belle table, improviserait un dîner avec 2-3 bricoles de la Grande Epicerie. On irait allumer la stéréo pour brancher notre musique. 
On allumerait des bougies, beaucoup de bougies, en choisissant des parfums qui s'accordent subtilement. 
On irait s'habiller super chic sans regarder les étiquettes et on se sentirait pour une fois aussi rich and famous que les rich and famous. 

"Oh darling, you look delicious !" "Jeeez, baby, you're a star in that gown !" 

Après on dînerait en parlant anglais tout du long avant de s'étrangler de rire au dessert.
On terminerait en dansant jusqu'à ne plus pouvoir tenir debout.
Et on s'écoulerait épuisés dans des lits gigantesques, enroulés dans des plaids en cachemire qui sentent le neuf sur des matelas trop pneumatiques pour être vrais.

Ca vous tente ?



PS : non, mon chéri, cette description n'est pas une liste de Noël déguisée. C'est juste un exercice préalable. (la photo vient du magasin BONTON de la rue du Bac, où Marguerite aimerait bien rester toute la nuit)


jeudi 1 décembre 2011

Respirer

Avant de :

prendre le comptable au téléphone
vider la machine à laver
s'attaquer au repassage
remplir les papiers de la sécu
traverser le jardin et s'engouffrer dans la voiture
attaquer le contrat Murdoch par la face Nord
parler boulot
rassembler ses forces et se jeter dans la bataille



PS : Love love love Pinterest et Naturally Nina !

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