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mardi 14 octobre 2014

Le premier jour (pas forcément du reste de ta vie non plus)

Matt Newton


Vous souvenez-vous de la dernière fois que vous avez mis le pied pour la première fois dans un nouveau travail ?
Non ? Allez, un effort, souvenez-vous :

De cette impression d'être complètement à côté de la plaque, de ne rien comprendre du tout au ballet des gens autour qui se saluent, s'interpellent et ont les uns envers les autres cette tranquille confidence des relations bien installées dans une routine rassurante.

Du bureau où on vous installe, qui était sans doute à quelqu'un d'autre avant, ah oui c'est sûr il reste quelques blogs de post its entamés, un crayon Bic avec un logo dessus, trois trombones et un cahier dont une poignée de pages a disparu. Et tout le monde vous dit "ah, bonjour, vous reprenez le poste de Gérard ?" Il s'appelait donc Gérard.

Du téléphone qui sonne avec un nom inconnu qui s'affiche et vous qui répondez en vous demandant ce que vous allez raconter à cette personne qui s'est sûrement trompé de numéro (et de fait la voix, fort aimable, vous demande de réserver une salle de réunion pour le 14 octobre)

De votre agenda, super vide, qui n'a même jamais été aussi vide de puis..pfffout avant que des rendez-vous ne commencent à habiter les colonnes des journées à venir avec des rencontres avec des gens que vous ne connaissez pas mais qui elles, ont drôlement hâte de vous rencontrer on dirait

De la journée qui s'étire comme un chewing gum, pas ennuyeuse non, mais bizarre avec des moments très intenses et d'autres très vides devant un nouvel ordinateur qui lui même semble avoir un comportement échappant aux lois de Windows.

Des idiomes locaux, des abbréviations, des short cuts pour rejoindre la cantine, de la visite à l'informatique pour récupérer les codes et aux services généraux pour le téléphone.

Du premier déjeuner avec des collègues super souriants et dont on a oublié le nom dès qu'ils l'ont prononcé. Des banalités échangées au dessus de la salade caesar ou de la pizza reine.

Vous avez raison, on l'oublie super vite. on se tisse très vite un nid bien douillet sur sa chaise à roulettes, entouré de Nathalie, Sébastien et Marie Jo, dont on finit par connaître bien plus que le prénom  et avec qui on finit par partager beaucoup plus qu'une pizza reine.



mardi 4 juin 2013

Le savoir vivre au bureau : les petites notes


maccya


La vie de bureau répond à des règles non écrites dans le règlement intérieur, mais pourtant immuables et destinées à tenter de créer une harmonie propice au travail et à l'épanouissement du salarié. Règles immédiatement bafouées dans la plus grande indifférence par des salariés joyeusement jemenfoutistes en dehors de l'espace vital de leur chaise qui tourne.

Afin de garantir la paix de l'open space et des "espaces de relaxation" "cafétéria" "sanitaires" et salles de réunion aux noms exotiques, de petites fées et gentils lutins, le plus souvent anonymes, veillent à placer dans des endroits stratégique des signes et petits panneaux destinés à rappeler au plus grand nombre... ce qui leur semble important.

Généralement non signée, la note de bureau sera affichée par magie devant l'objet du délit et y restera jusqu'à ce que ses bords se cornent et s'ornent de petits commentaires moqueurs.

Généralement destinée à faire revenir bon sens, hygiène et protection de la nature à l'esprit d'usagers que l'on imagine fort bien les forces entièrement tournées vers l'entière réalisation des objectifs qui leur sont confiés, elles sont comme un poil à gratter dans une micro-société qui ne sait même plus ce que c'est (le poil à gratter).

Il y a la note du vengeur masqué qui menace le coupable et ses descendants sur 50 générations des pires conséquences s'il ne rentre pas immédiatement dans le rang,

la note en Anglais au 2nd degré que personne ne comprend,

la note sanitaire à la formulation immuable où il est question de "retrouver ces lieux aussi propres que vous les avez trouvés" agrémentés d'image rigolote et vaguement démodée de la banque powerpoint,

l'injonction péremptoire (à peine) adoucie par un smiley et recouverte de gribouillis goguenards au Bic en moins de 2 jours,

la supplique d'un Winnie l'ourson qui veut juste de l'amour, des sourires et que l'on ferme la porte

la note truffée de fôtes que personne n'ose corriger tellement c'est énorme mais que tout le monde prend en photo pour la publier sur Twitter / Facebook / Instagram et s'attirer des torrents de likes.

la note avec UNE faute corrigée au Bic et que son auteur pense changer tout de suite sans jamais le faire de peur d'être démasqué et de porter longtemps sur son front l'étiquette infâmante "celui qui a fait la faute, si tu sais sur le mot dans la cafet pour qu'on fasse notre vaisselle. Comme si on avait que ça à faire, la vaisselle'"

Un jour on fera des best of de notes et on en fera un Tumblr ou un blog comme celui des notes de voisins : chers voisins (hilarant)






mercredi 11 avril 2012

On se fait une réu ?



Cette publicité de DDB illustre à merveille les travers de la vie en entreprise.
Vous le saviez sans doute mais il existe des corporations internationales à la pointe et par conséquent hyper équipées en ressources humaines qui décident de faire des journées sans e-mails et sans réunions pour encourager les salariés à se parler.
Well well well..

mardi 13 septembre 2011

Le bonheur des compet'



Bart Aalbers

J'aime que Bart Aalbers soit Hollandais et qu'il fasse un dessin en anglais sur une situation que j'ai vécue telltement de fois même si c'était en France et pour des projets d'études de marché - pas de publicités.
Il y a comme ça des situations absurdes qui transcendent les langues, les coutumes et les métiers.

jeudi 21 juillet 2011

Reste à la maison


Travailler de la maison, c'est se demander le matin pourquoi on s'habille alors qu'on ne va voir personne de la journée.
C'est aussi pouvoir aller chercher un recommandé à la Poste pendant les heures d'ouverture et sans que ça ne prenne plus de temps que d'aller à la machine à café.
Etre distraite, non par Luc et Valérie qui  discutent avec des clients et Philippe qui cherche un plombier pour changer sa chaudière, mais par le bébé qui se réveille dans le bureau - pardon, la chambre - d'à côté.
C'est se faire un oeuf sur le plat et une assiette d'haricots verts en écoutant l'histoire de la chambre à coucher à travers les siècles sur Europe 1, faire sa vaisselle et passer un coup d'éponge sur les plaques de cuisson et remonter avec un café qui a a le goût de café et un bout de chocolat qui n'est pas bêtement noir mais avec des morceaux de noisettes caramélisées dedans.
C'est s'arrêter pour écouter les bruits du jardin, le ronronnement de l'autoroute au loin comme un souffle de vent qui ne s'arrêterait jamais et le ronronnement de la télé que regarde la nounou en bas pendant sa pause.
C'est trier ses vêtements sur la chaise en écoutant une conférence hyper techos, et tout comprendre.
C'est se laver les dents à 15 heures parce qu'on en a envie.
C'est s'asseoir par terre avec l'ordi sur les genoux
C'est tomber 4 pages en une heure parce qu'on est hyper concentrée.
C'est relancer son mail pour vérifier qu'il n'a pas oublié un message au passage (la réponse est non)
C'est sourire toute seule quand le mail clignote enfin et répondre dans la seconde à Kate qui a envie de dormir sur son bureau.
C'est voir arriver à 17 heures pétantes son fiston qui apporte une assiette avec des bouts de baguette viennoise nappés de confiture et un verre de jus d'orange. Et qui attrape un bisou au passage.

mardi 18 janvier 2011

En garde !



La vie en entreprise ressemble à une croisade avec ses chevaliers plein de fougues, ses troubadours et ses  magnifiques châteaux.... Des combats sans merci pour reprendre le contrôle d'un lieu qu'on pense être à soi, de mains de sarrrazins qui pensent qu'ils sont dans leur bon droit.
De retour au château, les chevaliers festoient autour d'une table ronde, se partagent le butin. Les fous du roi font les fous et les princesses sont belles et roses.


PS : vous aussi, je sais, ça vous énerve de pas savoir de qui est la musique de la pub iPad. C'est ici. Merci qui ?

dimanche 11 octobre 2009

Sans commentaire



“ Your work is going to fill a large part of your life, and the only way to be truly satisfied is to do what you believe is great work. And the only way to do great work is to love what you do. If you haven’t found it yet, keep looking, and don’t settle. As with all matters of the heart, you’ll know when you find it". Steve Jobs

PS : Merci Heather


mercredi 15 juillet 2009

Bureau


Chez nous les bureaux sont anonymes. Biscornus mais anonymes. Il m'a fallu quelques jours quand je suis arrivée pour saisir le système de demi étages qui relient les deux bâtiments. Encore aujourd'hui, j'hésite toujours quand je dois aller à la compta. C'est deux et demi ou un et demi ?

Mais cette bizarrerie architecturale plutôt cinématographique mise à part, nos bureaux sont tout ce qu'il y a de plus interchangeables. Moins anonymes qu'une tour à la défense ou à Clichy. Mais quand même très très loin d'un bureau d'archi ou d'une rédaction bourdonnante.

Moquette mouchetée bien rase étoilée de quelques rares taches de café, lino dans l'escalier. Murs blancs. PC tous identiques, chaises à roulette, halogènes et bureaux noirs ou marrons. La boite a connu plusieurs vies alors le mobilier aussi. Mais on essaie de garder une certaine harmonie dans chaque bureau fermé par une porte pleine.
Chez moi, on a récupéré deux immenses bureaux façon bois massif assortis que Derrick aurait sûrement jugés un peu clinquants. Massifs mais solides. Et immenses.

Par temps de canicule, les toilettes sont la pièce la plus agréable de l'étage.
Au milieu on a une grande table où on déjeune souvent.
Quand quelqu'un ferme sa porte, on s'inquiète.

Dans mon dos, un panneau que je ne regarde jamais. C'est mon monde. Dont profite surtout ma voisine. Pas de dessins des enfants ni de plannings ni de liste de numéros de téléphone, j'ai punaisé ce qui me tombait sous la main : un dessin de Soledad, une photo de Philippe Manoeuvre qui dit "le rockeur ne prend pas de pincettes", un sac Monop, un horoscope extraordinaire dont j'attends toujours la réalisation... Et les trois fondements du système qualité. Et mon diplôme de formation incendie. Johnny, tu peux venir allumer le feu, je suis là. Avec mon extincteur.
Un pêle mêle bien rangé comme j'en sème partout - à la maison aussi. Même dans mon téléphone. Accumulations de traces de vie. De notes. D'idées sans queue ni tête.

Et sur le bureau, un nounours de Mécénat. Et des feutres de toutes les couleurs. Et des piles de papier brouillon, et des dossiers à peu près à jour. Et des tatouages de Malabar, un Elle retourné, et mon agenda. Et mon iPhone.
Je sédimente, j'accumule et puis un jour, je vide tout.
Dehors, la fanfare.

Il y a des gens qui n'investissent pas leurs bureaux. Qui ont une vie qu'ils n'étalent pas entre 9 heures et 19 heures. Une photo des enfants à droite, des bic crystal non mangés au bout, une agrafeuse qui marche. Ou bien une montagne de papiers et des photos de voyages lointains en noir et blancs au mur. Insoupçonnables.

Moi, je peux pas. C'est comme partout, je déborde, je recouvre et je range en piles que je contemple avec une immense satisfaction avant de tout changer.
Je suis comme les mannequins toujours à l'hôtel qui voyagent avec leur bougie parfumée et leurs draps pour se sentir chez eux. Je suis comme elles : une globe trotteuse perpétuellement homesick.

Et vous, il est comment votre bureau ?

lundi 6 juillet 2009

Danino

Ce qui a de bien avec les déjeuners entre collègues - sur la terrasse du bureau et dans la verdure - c'est qu'il faut trouver des sujets dans lesquels on puisse tous se retrouver. Alors on parle de sport (Federer est fort, Amstrong est louche et Benzema a-t-il eu raison de partir à Madrid?), de films (Good Morning England est un chouette film) et de Politique (Cohn Bendit a fait une interview).

Et là, patatras, on me parle de Dany et hop, une musique dans la tête, la pub des yaourts Dany des années 70 "donnez-nous des Dany, le yaourt que l'on aimeeee...".
Oui, c'est une scie, ça reste dans la tête, j'en ai pour l'après-midi.

Et coq jouant à saute mouton avec l'âne, ça me fait penser aux Danino.
Vous en souvenez-vous ?
Ces mousses aux chocolats qu'on plaçait dans le freezer (ndlr : pour les moins de 30 ans, je précise qu'un freezer est un compartiment froid que l'on trouvait en haut des frigo et qui permettait de faire des glaçons - théoriquement. Sauf que souvent la porte était cassée alors les glaçons étaient ratés. Depuis tout le monde a un congélo, c'est plus pratique).

Miam.
Rendez-nous les Danino.

PS : Ce-dessus une affiche de publicité de 1969 à vendre sur ebay aujourd'hui. C'est le seul visuel que j'ai trouvé sur Google. Et puis en 1970 Coluche en a fait la publicité dans un spot de 15 secondes signé Ted Bates... euh... Bizarre, à voir sur le site Culture Pub.

samedi 27 juin 2009

Sexy bear

On a tous besoin d'un héros à portée de main.

Un héros silencieux à l'encolure poilue, un grand coeur en salopette "Patrouille de France".

Mon sexy bear a changé ma vie. Depuis que je lui ai fait une place sur mon bureau, j'ai un patate d'enfer et les contrats pleuvent. Pour un peu je m'habillerais pareil.

Faites comme moi, adoptez un ourson MCC Patrouille de France. !

Celui-ci vous coutera 15 Euros frais de port inclus et soutiendra Mécénat Chirurgie Cardiaque. En cliquant ici.

mercredi 11 mars 2009

Un jour, à Paris

Crédit photo : via Cup Of Jo


Je travaille dans Paris. Dans le coeur de Paris même. En haut du Sentier, dans le quartier des fourreurs, à côté de Little Turquie et de Bolly-Brady-land. Le coin où des hommes frêles conduisent des scooters chargés de rouleaux de vêtements, où des magasins toujours vides ont des pelisses en devanture toute l'année, où les fans de Pete Doherty envahissent le McDo quand il joue au Grand Rex.
C'est un quartier pas très touristique, pas très en vogue, loin de la carte postale de la photo ci-dessus, mais j'aime bien.
Mon bureau est au deuxième étage et il donne sur la rue.
Alors toute l'année, j'entends le vitrier qui passe et qui crie pour qu'on se souvienne que justement ça tombe bien, le carreau de la cuisine est fêlé, le chauffeur de camion qui râle parce que les rues sont étroites, le conducteur de BMW qui hurle parce qu'un scooter Pizza Hut a frôlé sa carrosserie "ma parole, tu veux ma mort ou quoi ?", les enfants qui pleurent en rentrant de l'école et les jeunes trop funs qui ricanent en sortant de leur boite à bac - pardon de leur lycée privé d'enseignement général.
J'oubliais les sirènes de Police, les manifestants qui manifestent sur le boulevard, et la voisine blonde de l'autre côté de la rue qui repasse en sous-vêtements tellement il fait chaud (on a eu aussi un homme en slip mais on a vite arrêté de regarder, ce n'était vraiment pas Apollon).
Et les deux gars super fâchés qui règlent leurs comptes pendant des heures sur le trottoir en s'envoyant des noms d'oiseaux à la figure
On se croirait dans un épisode de Plus Belle La Vie. Ou dans une pub Rue Gama.
Sauf que.
J'ai mes bêtes noires. Les fanfares de rue. Deux hommes avec deux instruments de musique. Aussi bruyants qu'insupportables. Qui remontent la rue à la vitesse d'un escargot vieux et malade en attendant qu'on leur jette des pièces. So typical, so French, so cute.
Et qui massacrent de grands airs du répertoire avec enthousiasme, fougue et fausses notes. Et hop, un petit "comme d'habitude", et hop "yesterday".
Les 12 premières secondes, je suis transportée, l'été, dans les festivals de Rue, inondés de fanfares joyeuses et bigarrées altermondialistes et anticapitalistes. Il fait doux et la nuit tombe. Je suis en tongs et en t-shirt....
A la 13ème seconde, je me souviens que je déteste ça - pas les tongs, les fanfares.
Et là, assise devant mon PC avec la lumière de l'halogène, c'est encore moins drôle.
Et beaucoup plus faux.
Et beaucoup plus long.
Car là, impossible de prendre la première rue à droite et de s'engouffrer dans un café. C'est pas l'heure j'ai un-rapport-à-relire-une-typo-à-qualifier-un-redressement-à-recalculer.
A chaque fois, je râle et je peste, et je ferme la fenêtre.
Et je suis prête à faire une pétition pour qu'ils disparaissent.
A bien y réfléchir, je comprends pourquoi les services secrets ont parfois utilisé la musique comme instrument de torture.

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