mercredi 25 janvier 2012

Après tout - le retour



(le mauvais moment est passé  la situation s'est retournée en faveur du coupable avec une maestria que même Gérard Majax n'a jamais réussi à maîtriser. Il est temps de sonner l'hallali. La mère attend, déjà vaincue)

- Et la bonne nouvelle c'était quoi ?

Le petit garçon - décidément très fort - se prépare à porter l'estocade. Il prend son temps, avale un bout de pain tombé dans sa main par hasard. Il ouvre la bouche et modèle un filet de voix qui réussit - et c'est tout à fait incroyable, à être la fois réservé et triomphant, effacé et tonitruant.

- J'ai eu un A (pause voluptueuse et jouissive) . Un A en poésie.

(la mère est vaincue et en même temps pas tout à fait surprise. Dans son fort intérieur, elle se demande même comment le maître a pu se limité à un seul A. Un triple A aurait été plus juste, non ? Cet enfant a avalé un conservatoire d'art dramatique dans son sommeil. A moins que ce ne soit le visionnage intensif de Scoubidou sur W9. Ou un atavisme côté paternel ? Peu importe, elle se souvient qu'elle doit répondre)

- Un A en poésie ? C'est bien, ça. Mieux qu'un E en tous cas.

Sourire complice des deux côtés.

Le petit garçon vient contre sa maman, entoure sa taille de ses bras et colle son nez dans le creux juste fait pour ça, pile entre ses côtes, là au dessus du nombril. Et les deux restent là dix bonnes secondes, fondus de sérénité.. Avant que les brocolis ne crient à l'aide et que la petite soeur n'arrive, les bras en avant, jalouse de cette attention portée à un autre qu'elle.

PS : Sun Believable

mardi 24 janvier 2012

Après tout


(regard de conspirateur. Arrivée en crabe dans la cuisine. Proposition d'aide généreuse et extrêmement polie. Exclamation de joie devant dîner de brocolis et d'omelette. Voyons voir, l'affaire est grave)

"Oui, mon chéri ? Alors, raconte moi ta journée d'école'
Mine de circonstance que nous qualifierons d'interro-résignée.

"mmmm. J'ai eu une bonne note et une mauvaise note. tu veux laquelle en premier ?"

(Nous y voilà)

"Je ne sais pas, la plus mauvaise d'abord ?"

Mine contrite. Secondes qui passent comme des heures.

"J'ai eu un E en dictée"

Re-secondes qui passent comme des heures, cette fois ci imposées par la mère. (Dramaturgie obligatoire recommandée par Dolto-Cyrulnik et Rufo, les rois mages de la parentalité moderne)

"Mais c'est une TRES mauvaise note, E ?!"
(dans la voix de la mère, on sent toute la déception, la tristesse et le regret de voir l'intelligence vive et - forcément - exceptionnelle de son fils ainsi gâchée)

Empathie totale de l'enfant qui souligne derechef et avec une innocence absolue :
"Tu trouves aussi ? Moi, pareil"

(allez râler après ça. Pas facile. A défaut d'une médaille d'or à la dictée de Pivot, on promet une grande carrière de diplomate au petit garçon)






PS : chez  French by Design
PS2 : derrière cette citation très idiomatique se trouve un jeu de mot autour de l'acronyme WTF, littéralement "what the fuck", soit en français joli "à quoi bon ?", fort utilisé aujourd'hui par les fanas de réseaux sociaux pour qualifier tout article, photo, citation, vidéo, comportement dont le contenu laisse pantois son spectateur.

lundi 23 janvier 2012

Tout seul




Lev Yachine, Ballon d’or 1963

Considéré comme le meilleur gardien de but de tous les temps, ce stakhanoviste du football soviétique (il jouera jusque 40 ans) impressionnait par son agilité. Surnommé l’araignée noire, Lev Yachine aurait arrêté plus de 150 penaltys dans sa carrière ! Il est à ce jour le seul gardien à avoir reçu le Ballon d’or. Une statue à son effigie,  des récompenses à la pelle et une amputation tragique de la jambe gauche, Yachine a tout d’une légende.

(in GQ)

dimanche 22 janvier 2012

Tout va bien




La reine Angleterre arrache ses mauvaises herbes pour passer ses nerfs (ici), Jean-Luc Mélanchon rêve d'écrire un roman d'amour (là).


Un rugbyman sud africain taillé comme un tueur fait de la poésie : ""Les nuits d'été, je m'allonge près d'un feu de camp et j'écoute, au loin, les cris des chacals" (Bakkies Botha). 


 Lana Del Rey, chanteuse pneumatique 360°, invente le terme de "Hollywood Sad Core" pour qualifier son style musical et Bruce Springsteen sort un album "en colère"(ici) 


Sinon, Sébastien Tellier va bien. Son nouveau single s'appelle "Pepito Bleu". C'est, euh..., étonnant.


"pour commencer la prière des cieux
je vais m'asseoir, décoré de pépito bleu
et je rêverai de toi et moi 
dieu
comme j'attendais nos jeux"








Avec tout ça, si vous ne passez pas une bonne semaine..




PS : photo chez Wit and Delight

jeudi 19 janvier 2012

Des histoires de (Des)chiens


A bas les miaou, vive les ouafouaf
Une vidéo des Deschiens qui nous expliquent Internet tout bien comme il faut, hein, Madame Morel ?





Et Volkswagen qui joue sur le succès phénoménal de sa publicité de l'année dernière (le jeune garçon déguisé en Darth Vador) pour embaucher des chiens chanteurs et créer leur nouveau spot : the bark side

mercredi 18 janvier 2012

Marée Rose



Attention les copains, c'est une alerte fashion.
Le Rose quitte la cour de récré des maternelles pour envahir les murs, les meubles, les joues et les lèvres des filles lancées.
Voire leurs cheveux, mais bon, là, il vaut mieux travailler dans le showbizness avé les artisssstes.






mardi 17 janvier 2012

Rédac'



La cloche vient de sonner.
Le bout de doigts aussi rouges que le nez, les pieds tout engourdis dans les souliers en cuir, c'est la fin de la récré et l'heure de rejoindre la douce chaleur de la classe de CM1 de Madame Berthou.
Madame Berthou dont personne ne peut ignorer les moindres recoins de la vie, prétextes à démonstration, exemple et digressions de 8 heures à 16 heures 45.
Madame Berthou, enthousiaste supportrice des rédactions qu'elle ne se résoudra jamais à appeler expression écrite malgré les injonctions répétées des circulaires ministérielles. Des rédactions sur la rentrée des classes, les dernières vacances et la beauté de la nature au printemps, peu importe, du moment que ça les fasse écrire, ces chers petits qu'elle couve comme une fratrie indisciplinée.

Si ces souvenirs éveillent en vous une douce nostalgie, alors j'ai la potion magique.
On remplace la sémillante Madame Berthou, son frère missionnaire et son mari prof de latin par Julien Simon, concepteur rédacteur, qui se se propose de vous envoyer chaque jour un exercice de storyfication. Derrière ce néologisme so furieusement 2.0, vous trouverez une idée pour reprendre le bonheur de la rédaction là vous l'avez laissé, la tête penchée et un bout de langue qui dépasse de la bouche.
La pression en moins. Inutile d'écrire si vous n'en avez pas envie, vous pouvez déjà commencer par vous raconter vos histoires dans la tête.
Ca va vous changer des histoires de machines à café et du froid polaire.


Aujourd'hui, ça donnait :

ÊTRE LA VICTIME D'UNE IMMENSE CONSPIRATION: L'avantage de cet exercice est qu'il peut se pratiquer à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, et enn'importe quel endroit: il s'agit uniquement d'un bouton à activer dans votre cerveau. Une sorte d'état mental. L'inconvénient, c'est qu'il peut vite vous faire virer à lafolie furieuse. Mais qu'est-ce que la perspective de finir sa vie à l'asile lorsqu'on a l'occasion de rigoler un bon coup, n'est-ce pas? Pour cet exercice, peuplez tout votre univers habituel (plus c'est habituel, mieux c'est) de conspirateurs. Ces gens qui vousregardent dans la rue: ils vous surveillent. Ces collègues qui vous sourient: ils savent quelque chose. Ce patron qui veut vous voir dans son bureau: il en veut à votre vie. La personne qui partage votre vie: un agent infiltré. Cette machine à café: truffée de caméras reliées à un bureau des services secrets, ou même à la mafia. Une seule solution: fuir pour leur échapper. Mais ils sont partout! Achevez l'expérience autour d'un pain au chocolat moelleux acheté à cette si gentille boulangère. Mais ne vient-elle pas de passer un coup de fil? La boulangère vient de vous vendre à l'ennemi.Courez!


On s'y met ?


PS : illustration via Design Mom

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