jeudi 15 juillet 2010

Jour d'été en Indre et Loire #4


Marie-Christine est contrainte d'obéir à son ancien amant.

La voici replongée dans un passé pas si lointain. Ils étaient jeunes, c'était l'été, les jours étaient longs et Noël ne cessait de lui faire des petits sourires, des compliments choisis, des petites remarques qui la faisaient rougir sous son chemisier blanc.

Sa mère voyait d'un mauvais oeil cette cour du fils du garagiste."Ma petite Marie-Christine, tu n'as rien à faire avec ce vaurien de fils Labaret. Il ne te causera que des ennuis".
Un pli amer barre le visage de la jeune femme "Tu parles, maman. Les ennuis, j'ai bien su me les créer toute seule".

Une fin d'après-midi particulièrement orageuse, Marie-Christine avait décidé de s'éclipser discrètement de chez elle pour aller retrouver Noël. Elle n'était pas vraiment sûre qu'il l'attendrait mais elle voulait éprouver la force de son désir pour lui. Et puis les mises en garde de sa mère ne faisaient qu'éveiller un peu plus sa curiosité. C'est vrai qu'il avait mauvais genre mais elle voyait bien qu'il n'était pas méchant et quand bien même, que craignait-elle ? Chavelles était un village tranquille et assoupi par la chaleur. De plus, tous les adultes étaient devant leur poste de télévision à regarder le Tour de France de passage à 100 kilomètres. Son absence passerait totalement inaperçue.

Ainsi décidée, elle avait enjambé sa fenêtre, et s'était dirigée d'un pas décidé vers la place du village et son café, très animé en cette fin de journée de juillet.

Elle l'avait repéré tout de suite. Il était en terrasse avec des camarades. A plaisanter et à regarder les filles passer. Elle s'était glissé dans le café, lui avait fait un signe discret et lui avait proposé de la rejoindre derrière l'église.

Le garçon ne s'était pas fait prier et quelques minutes plus tard ils s'étaient retrouvés dans la fraîcheur de l'ombre du monument. Après une heure environ, ils s'étaient séparés à regrets et s'étaient promis de se retrouver dans la soirée.

Mais Noël n'est pas là pour regarder Marie-Christine repenser au passé. "Arrête donc de rêvasser et montre moi où tu l'as enterré ce crétin"





PS : tout au long de l'été, retrouvez les aventures de Marie-Christine par épisode.
Photo :
Camilla Engmann

mercredi 14 juillet 2010

Jour d'été en Indre et Loire #3


Ils roulent maintenant depuis une heure.
Hormis le ronronnement du moteur, on entend aucun bruit dans la voiture.
Marie-Christine tient son sac à main serré contre elle. Elle est tendue et ses lèvres sont serrées. Noël conduit souplement sur la route de campagne.

Après une vingtaine de kilomètres, il ralentit, met son clignotant, et s'engage dans un chemin mal indiqué. La voiture brinqueballe dans les ornières.
Finalement, ils s'arrêtent dans un sous bois.
L'air est tiède et le soleil perce à travers les arbres.

Marie-Christine ne connaît que trop bien cet endroit. Elle réprime un frisson et se force à garder son calme.

"Descend" lui intime Noël, toujours aussi peu aimable.
Marie-Christine obtempère. Mais a-t-elle vraiment le choix ? Elle reste debout auprès de la portière, ne sachant que faire.

"Tu vas m'aider à creuser" lui dit Noël en sortant deux pelles du coffre.

Marie-Christine se décide à essayer de raisonner Noël.
"Mais pourquoi veux-tu faire ressurgir le passé ? Tu sais bien que c'était un accident. Il ne sert à rien de revenir là dessus. Tu vas faire souffrir tout le monde. Allez viens, allons prendre un café. J'ai de l'argent si tu veux. Je peux te donner de quoi redémarrer une affaire. Personne n'en saura rien"

"Un accident ?" lui rétorque l'homme "Un accident qui m'a valu 15 ans de cabane. Et encore, j'aurais dû y rester 20. Et ce n'est pas tes visites qui ont adouci mes journées. Comment peux-tu me demander d'oublier que tu n'as même pas essayé de me disculper ? Tu savais la vérité et tu n'as rien dit".

L'homme sent monter en lui toute la rage contenue pendant ces années d'isolement, loin des siens, loin de son village et du garage de son père. Il a aujourd'hui 33 ans et il a passé ses meilleures années derrière les barreaux.
Jugé coupable d'un crime qu'ils savent tous les deux qu'il n'a pas commis.

Et la mine contrite de cette pimbêche de Marie-Christine ne fait qu'amplifier sa colère.

"Ca, ma jolie, tu vas me le payer. On va retrouver ce cadavre et tu vas m'accompagner à la Police. Ce sera la dernière fois que les poulets me verront chez eux. Mais une fois que j'aurai lavé mon honneur, je disparaitrai et vous n'entendrez plus parler de moi. Tu pourras retourner à ta vie misérable de petite notable de province. Et tant pis si ton mari te découvre sous un jour moins glorieux. Ah, ça c'est sûr, il va descendre de son petit nuage, le petit Jean-Michel"



PS : tout au long de l'été, retrouvez les aventures de Marie-Christine par épisode.

mardi 13 juillet 2010

Jour d'été en Indre et Loire #2

"Ne discute pas, prend ton sac et suis moi"
La jeune femme devient toute blanche et tente de protester "Mais, comment m'as-tu retrouvée ?"
Manifestement pressé, l'homme ne prend pas la peine de lui répondre et lui empoigne fermement le bras
"Mais arrête, tu me fais mal, à la fin" gémit Marie-Christine
"Arrête de faire ta pleureuse, fais ta valise, la voiture attend en bas et je ne veux pas rameuter tous tes voisins. Ils m'ont l'air bien curieux ceux-là, et je ne veux pas d'ennuis. Tu m'en as déjà suffisamment causés".
La jeune femme se ressaisit, ferme la porte de l'appartement et se dirige sans attendre vers sa chambre. Là, elle ouvre la penderie, se saisit d'un sac de voyage et y jette quelques effets et un nécessaire de toilettes.
"Dépêche toi, je te dis, on ne part pas sous les tropiques. Tu t'achèteras ce qui te manque en chemin". L'homme est nerveux et fait les cent pas dans le salon. Au loin, on entend toujours le murmure des publicités à la radio.

A cet instant, Jean-Michel franchit les portes de son bureau, sans se douter un seul instant de ce qui se passe dans sa paisible résidence.
Il est à peine 13 heures 10 et la vie de Marie-Christine vient de basculer.

L'homme qui se tient devant la jeune femme est de taille moyenne. Âgé d'une quarantaine d'années, il porte sur son visage les stigmates d'une vie agitée. Ses mains sont robustes et burinées. Des mains de manuel.
Marie-Christine ne pensait jamais revoir ce visage aux traits durs. Elle l'avait enfoui au fond de sa mémoire et n'y pensait plus que ses nuits de cauchemars.

Il s'appelle Noël Labaret. Condamné pour meurtre, il vient de purger une peine de 15 ans à la prison de Fleury Mérogis et a été libéré le matin même pour bonne conduite.

Noël était le fils du garagiste de Chavelles, un petit village de Touraine.
17 ans, une carrure d'athlète et un sourire enjôleur. Et les 400 coups du dimanche au lundi. Un cancre qui faisait le désespoir de ses professeurs et passait plus de temps dans le bureau du proviseur que sur les bancs de sa classe.
Mais un cancre qui faisait tourner la tête de Marie-Christine Festool, la première de la classe, qui allait quelques années plus tard épouser Jean-Michel Delapierre, le fils du médecin du village.

Il y a 20 ans, Noël Labaret a été le premier flirt de Marie-Christine.

"Allez, grouille toi, on a de la route".
Noël sort de la cuisine. Il a éteint la radio.
On entend les oiseaux dans les arbres. La brise fait frissonner les rideaux du salon.

Marie-Christine prend sa valise, décroche son imperméable de la patère.
Ils sortent de l'appartement, descendent sans un mot les 3 étages de l'immeuble, et se dirigent vers une petite voiture garée un peu plus loin.








PS : tout au long de l'été, retrouvez les aventures de Marie-Christine par épisode.
Photo :
A cup Of Jo

lundi 12 juillet 2010

Jour d'été en Indre et Loire #1


[A la manière de... Pierre Bellemarre]

Il est 13 heures et Marie-Christine vient de mettre le poste de radio en marche après avoir fait la vaisselle du déjeuner.
Comme chaque jour, son mari Jean-Michel est rentré déjeuner à la maison. En coup de vent, comme il le dit lui-même. Les journées à l'usine sont longues et le travail de contremaître de Jean-Michel est exigeant. Il faut pointer et chaque retard est sévèrement puni.
Marie-Christine et Jean-Michel Delapierre se sont installés dans cette petite ville de l'Indre et Loire il ya une dizaine d'années.
A l'époque, les jeunes mariés avaient l'ambition de s'acheter une maison pour élever une famille qu'ils espéraient nombreuse.
Mais la vie en a décidé autrement et le couple est resté sans enfant, dans son appartement du centre ville de Tournon.
Aujourd'hui, Marie-Christine, debout dans sa cuisine, se sent lasse.
En s'essuyant les mains sur son tablier fleuri, elle se dit qu'elle en a plus qu'assez de cette petite vie étriquée dans laquelle elle étouffe.
Où sont passés ses rêves d'adolescentes ? Ses études ont pourtant été exemplaires et on lui promettait une belle carrière. Elle était plutôt jolie et avait de nombreux prétendants.
Mais elle avait rencontré Jean-Michel lors d'une soirée chez des amis et ils s'étaient mariés très vite, puis installés dans cette sous préfecture tranquille.
Elle avait dû abandonner toute idée de travailler, faute de poste lui correspondant.
Depuis 5 ans, 5 longues années, les jours s'étirent, rythmés par les tâches ménagères et les horaires de Jean-Michel.
Soudain, le carillon de la porte d'entrée retentit et sort la jeune femme de sa rêverie.
Marie-Christine prend le temps d'ôter son tablier, de jeter un coup d'oeil dans le miroir de l'entrée pour vérifier sa coiffure et son maquillage et ouvre la porte.
Etouffant un cri, elle a un moment de recul avant de s'écrier
"Toi ? Mais que fais-tu ici ?"
L'homme repousse Marie-Christine dans l'appartement et referme la porte.
Ils sont seuls, face à face, dans le vestibule.


PS : tout au long de l'été, retrouvez les aventures de Marie-Christine par épisode.
Photo : A cup Of Jo

vendredi 9 juillet 2010

Trouver sa place



Hier soir, on nous a demandé si on a 4 enfants ou 3 enfants +1.
C'est vrai, ça, à partir de quand un enfant fait-il sa place dans la fratrie ?
Ce n'est pas si évident, ça vient progressivement, petit à petit, jour après jour...

Le trait rose à côté de l'autre trait rose sur le test.
La toute première échographie de contrôle où on voit juste un haricot blanc sur fond noir et un point qui tressaute
La deuxième échographie où le haricot blanc est devenu.. euh.. un gros haricot blanc. Avec le point, plus gros, qui tressaute.
L'annonce aux enfants, aux parents, aux patrons, aux copines, à la boulangère et à la prof de gym. Au voisin curieux et à la vendeuse de lingerie.
La déclaration à la Sécu
La troisième écho en espérant qu'on repartira avec THE photo, celle où le bébé est de profil avec le pouce dans la bouche.

Les jours où on fait tourner des prénoms dans la bouche comme un sommelier du Petrus dans sa bouche. Pour voir comment il se pose avec le nom de famille, dans la famille.

Les heures blanches de la nuit où on ne trouve pas le sommeil et où tout à coup l'immensité de ce qui va nous tomber dessus nous tombe dessus. Sans prévenir. Aïe.

La dernière écho où on ne voit plus rien et où on a envie de faire pipi avant. Et après aussi. Et une demi heure après encore.

Les coups de pieds, les coups de poing et le ventre qui se déforme.

La naissance et cette petite chose chaude, rouge et hurlante qu'on me met dans les bras et l'état d'hyperconscience de l'extraordinarité de l'instant qui suit.

Les premières 24 heures à l'hôpital avec le berceau en plexi comme attaché au lit par un fil invisible et la première visite des grands. Qui paraissent encore plus grands à côté.

Le retour à la maison. Le maxi-Cosi, la nacelle, la table à langer.

Les premiers papiers à retourner à la Sécu, à la CAF, au boulot, à la SNCF où j'écris le prénom et le nom de TOUS les enfants et celui du dernier en trouvant ça bizarre.

Les sorties en poussette façon maman poule et ses poussins.

Les soirs où le bébé pleure et que le grand frère se met en quatre pour le calmer.
Les fins d'après-midi où je rentre dans le salon et qu'ils sont tous devant la télé, et la dernière par terre à machouiller son tapis d'éveil.

Le premier pique nique tous ensemble.
Le kit bébé Total sur les aires d'autoroute.

Les étiquettes brodées : rouge sur fond blanc avec "Marguerite" dessus.

Les sourires full size qu'elle nous fait quand on va la chercher le matin.


jeudi 8 juillet 2010

Maillot ou Mayo ?

A 48 heures de boucler ma première valise, j'ai comme la jeune fille de la photo, une totale confiance en moi.

(...)


Presque.


Pas grave, je vais distribuer à tout le monde le manuel complet Hipstamatic, cette application iPhone incontournable qui fait des photos vintage et flou... et très flatteuses, pour peu que l'on sélectionne la bonne pellicule, le bon objectif et le bon flash. D'où le guide.


PS ; crédit photo Garance Doré.

mercredi 7 juillet 2010

Pyjama Party


Ca nous pendait au nez, ça.
Après le retour du caleçon - hypisé sous le nom de legging - le retour de l'imprimé - le sursaut de l'hawaïen, l'invasion du Liberty, l'avalanche de rayures -, voici le retour du pyjama à motif à porter en journée.
Allez hop, tout le monde ressort son best of année 80 du grenier des parents ! Dieu merci il n'a pas trouvé d'acquéreur au dernier vide grenier.





Crédit Photo Refinery 29.

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