dimanche 13 juillet 2014

Nicolas, Mathieu et moi




Tombée je suis ce matin devant l'ouverture de la soirée d'adieu de l'Etoile Nicolas Le Riche à l'Opéra de Paris.  Sur mon petit écran d'iPhone, avec la pluie qui tombe en fond sonore et la lumière timide d'un dimanche matin de juillet qui se prend pour fin septembre.

On oublie l'Opéra de Paris, ses collants moulants et son cérémonial doré. On oublie M le showman adepte des couleurs qui dépotent et des riffs rageurs. On devine l'émotion des deux artistes. Les deux sont des virtuoses sans en faire des tonnes et toute la salle semble retenir son souffle. Comme moi.

J'aurais bien aimé y être.

La captation  réalisée par Arte est ici et l'introduction par M commence à 5 minutes 30. Si vous êtes d'humeur, regardez toute la vidéo. C'est beau.



jeudi 10 juillet 2014

Bikini Club


Sulia.com


Ma copine Lulu pourrait ouvrir sa salle de sports, je suis sûre qu'elle ferait un carton.

Pour nous motiver à la rejoindre dans son jardin pour faire du sport avec sa coach super fit, elle nous appâte avec le menu du repas qui va suivre la séance de torture façon Tabata : "les filles, on se bile pas trop pour le menu, j'ai une salade rafraichissante, deux poulets au four et un cheese cake".

En vrai, on arrive toutes en ordre dispersé, avec encore des bribes de la journée accrochées à nos épaules.

Ya celle qui arrive directement du boulot avec les talons encore fumants d'avoir couru sur l'asphalte pour attraper le train de 19 heures 34 mais qui sort une bouteille de son sac avec son leggings, celle qui arrive cachée derrière un énorme saladier gris IKEA king size où repose une salade super fraiche super saine super bien assaisonnée, celle qui arrive à la bourre en vélo, toute rouge en disant "mince, j'ai encore oublié mon tapis mais j'ai du pain maïs amandes"… Lulu accueille tout le monde, vérifie la cuisson de ses poulets tout en cherchant des chaussettes pour celle qui a oublié les siennes, remonte des bouteilles de Contrex pour tout le monde et repète qu'on commence à 20 heures sharp, hein, parce que sinon ça fait diner tard.

Et la coach super fit attend, imperturbable, que tout cette sarabande se forme, se délie et se mette en ordre de bataille, tapis fluos alignés sur la pelouse et sourire aux lèvres.
Ensuite, tout aussi imperturbablement elle fait mine de ne pas remarquer que sa classe est drôlement dissipée, même si toutes mettent du coeur, mais pas forcément en même temps, pour suivre sa chorégraphie impeccable. Pas de miroir, pas de public, pas de représentation. En vrai, on bosse vraiment mais sans en avoir l'air, sans bomber du torse ou se tirer la bourre. Mais on parle tout le temps. Des vacances, des enfants, du menu du soir ou des soldes.

Au bout d'une heure, le ballet s'arrête, s'étire, soupire de contentement, roule les tapis et remonte vers la cuisine pour se mettre à table.
Enfin.
Une belle table avec serviettes en lin et jolie vaisselle, hein, on le mérite.
Et on se régale. C'est globalement sain et plein de vitamines et d'oligo-éléments, même si parfois ça dérape un chouille vers la fin.
Une fois la nuit tombée, tout le monde s'embrasse, se félicite, se remercie et se sépare avant la semaine prochaine.

Lulu a sans doute inventé la seule séance de sport addictive.





PS : super dur de trouver une photo pour illustrer ce post. Parce que si vous tapez fitness dans Google, c'est une horde de slimista abonnées au jus de tofu et aux joues creuses que vous trouverez. Et vous avez bien compris que ce n'est pas l'esprit de l'entreprise. Vraiment pas. Même si on est toutes tankées comme des déesses. Quasi.


vendredi 4 juillet 2014

France-Allemagne : le top 10 des brèves de comptoir





Aujourd'hui on partage un même dress code tricolore que les Américains.
Si pour nos cousins d'Outre Atlantique, s'habiller en bleu-blanc-rouge  le 4 juillet relève de la bonne éducation, chez nous c'est assez rare de voir des drapeaux nationaux aux balcons des immeubles, de croiser un homme arborant un maillot bleu flambant neuf dès 9 heures du matin, ou de tomber sur un rayon de maquillage spécial tricolore dévasté.

Mais aujourd'hui, c'est différent, c'est pas pareil. Parce que chez nous, à 18 heures, y'a match.
Plus fort que la fête nationale, les parades et les feux d'artifice, l'équipe de Didier Deschamps va rencontrer l'équipe allemande en quart de finale de la Coupe du Monde de football.

Je n'y connais que pouic au foot, mais j'adore écouter les fondus en parler sur un coin de table, debout sur le trottoir ou à la caisse du Monop' :

le grandiloquent :
"Ca va aller, la France est derrière eux"

le sceptique :
"Moi je me demande s'ils ont vraiment envie de gagner"

le manager :
"Faut reconnaitre, il fait un super boulot Deschamps. J'aurais pas cru."

le revanchard :
"Moi ça me plairait qu'ils se cognent les Allemands. Attends, 82, quand même (long silence plein de connivence et de sous entendus"

le stratège :
"Tant que la défense tient et que l'attaque y va, moi je dis, on a toutes nos chances"

Cui qui sait pas
"Ils sont jeunes, c'est pas mal, ils ont de la réserve mais bon, les Allemands ont l'expérience"

le parieur
"Ils vont leur mettre 2-1. Aux pénalties"

le gourmand
"Viens à la maison, ma femme a fait des pizzas"

le tire au flanc
"avec le CE, on a installé un écran géant à la cafet'. On y sera dès 16 heures pour pas rater l'avant match"

le déprimé
"je serai à Vézelay. Ya pas de télé. Ché même pas si je capte la 3G"

le fataliste
"Aller en 8ème, c'est déjà énorme. Alors, gagné ou perdu, c'est la même"

le content
"Moi je m'en fous, mon fils a eu son bac"





PS : ce post est dédicacé à Sybille, la seule Française à avoir émigré aux Etats-Unis pour voir un pays célébrer son anniversaire chaque année.

jeudi 3 juillet 2014

Coup de frais




Le magazine Kinfolk est américain, über bobo.
Ce soir, il vous offre une parenthèse de fraicheur, capable de vous refroidir les neurones après une journée d'été collante et estivale à souhait

C'est ici et c'est frais.







mercredi 2 juillet 2014

mardi 1 juillet 2014

Laver l'affront

Dominique Rocheteau récupérant un ballon devant le gardien de but allemand

En 1982, j'avais 12 ans, les cheveux courts et un sweat shirt (on appelait ça un swouit) turquoise avec un col polo et une fermeture asymétrique jaune poussin. Au top.

Je n'étais pas devant la télé le 8 juillet pour regarder la demi finale de la Coupe du Monde opposant la France et l'Allemagne. Mais sans doute que j'ai sursauté sous ma couette quand j'ai entendu mon père crier à la 57ème minute lorsque le gardien de but allemand Harald Schumacher a envoyé un joueur français, Battiston, sur une civière sans être sanctionné par l'arbitre d'un carton rouge amplement mérité.

A la fin, la France a été éliminée.
Et, visiblement, ça n'a pas arrangé l'histoire chaotique de l'amitié franco- allemande. Je me souviens même de ma grand mère échanger avec ma mère (toutes deux modérément footophiles) sur cet affront insupportable, cette injustice incompréhensible.

Ca ne m'a pas empêché de prendre Allemand en deuxième langue, remarquez. Le foot me passionnait moins que la lecture de 20 ans (le magazine) et le chocolat Poulain.

Trente deux ans plus tard, l'heure de la revanche a sonné.
Vendredi à 18 heures, la France va retenir son souffle - en tous cas la France née avant 1975 un peu plus fort que les autres.

Pour mieux comprendre (et être capable de mettre sa nouille si vous devez déjeuner avec des fanas de foot dans les prochaines 72 heures), il faut lire l'article de Benoît Hopquin dans M le magazine, remis à jour sur le Monde.fr aujourd'hui, intitulé sobrement "Nous, à Séville, nous apprîmes l'immoralité".

"Trente-deux ans ont passé, soit sept Coupes du monde, et bientôt huit, selon le calendrier astronomique de notre temps, qui égrène le retour régulier d'une pluie d'étoiles sur notre modeste Terre, soudain résumée à un champ clos à la chaux. Trente-deux ans..."


 (je crois que c'est ce qu'on appelle un cri du coeur, un élan lyrique, un baroud d'honneur, voire, un acmé journalistique)


Et Vive la France.


lundi 30 juin 2014

La boulette

maman girafe embrasse bébé girafon sur la tête
Lauren Conrad


A la crêperie samedi soir. Ambiance détendue post auditions de fin d'année, pluie dehors qui bat le pavé mais sourire dans nos coeurs qui se reflète sur le beurre des crêpes fondantes au sarrasin.

 Jeanne, du haut de ses 17 ans, vraisemblablement un peu stressée par son oral à venir 2 jours plus tard, prend la parole et nous parle de cette nouvelle application qui permet aux parents de sa copine M. de contrôler l'accès Wifi des appareils de la maison à distance.
Compatit au désarroi de son amie et de son frère privés d'accès selon le bon vouloir de cette autorité insoutenable qu'on appelle parent. S'insurge de cette privation de liberté et regrette le manque de confiance témoigné par ces parents forcément un peu sadiques.

(…)

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