mardi 20 avril 2010

août 76


[Franck Dubosc m'a fait penser à un truc. Moi aussi j'ai fait du camping. Je suis follement tendance. Comme d'habitude]

J'ai 6 ans. Mon bras est réparé. On va partir en vacances demain. Charger la voiture à ras bord, mettre des bouteilles d'eau renversées dans les plantes en pot, fermer les volets, et dire adieu à la maison pour trois semaines avant de prendre la route.
30 kilomètres plus loin, on est arrivés.
Au camping.

Pas le camping des flots avec sanitaires en béton, emplacements millimétrés et élection de Miss Languedoc.
Nope.
Un terrain au bord de l'eau avec marches creusées dans la roche, allée de pins et accès privatif à la plage. Une caravane au milieu, deux tentes, une cuisine d'été et des toilettes (ok, un seau dans un abri en bois). Le robinet d'eau (froide) est au bout du chemin et on y va avec des jerrycans.

3 semaines de vie en plein air, pieds nus, en t-shirt et en short.
Ma tante et ma maman, mon oncle et mon papa, mes frères et ma cousine adorée. J'ai 6 ans et elle 17 bientôt 18. Je l'adore et je la suis comme son ombre. Elle est belle, élégante, elle a de grands cheveux et une capeline. Et elle habite à Paris.
Tous les 8 on fait des courses de brouettes, des grandes ballades après le dîner, des championnats du monde de Badmington. On se baigne du matin au soir, les hommes font du dériveur et les femmes la cuisine.
On écoute Pierre Bellemare et ses histoires qui font trouille en essuyant la vaisselle.
A marée basse, les galets font place à du sable noir et c'est doux sous les pieds.
On a des piles neuves pour la radio. On écoutera Jean-Loup Lafont sur Europe 1.
On part demain et j'ai du mal à m'endormir. J'ai hâte.


jeudi 15 avril 2010

Le duel

Il y a des choix qui sont clivants comme on dit dans les powerpoints :
Vache Qui Rit ou Kiri
Kelly ou Birkin
A voile ou à moteur (qui a lu "à vapeur" ?)
BN ou Prince
Huggies ou Pampers
BMW ou Mercedes

Une bonne logique binaire, implacable grâce à laquelle on peut choisir ses amis, égayer un dîner un peu mou et prendre de bonnes décisions ( peut-on épouser quelqu'un qui pense que le beurre doux a sa place sur une table alors qu'on a soi même grandi à l'ouest d'une ligne Lannion - Pont Aven ? Moi je dis, c'est prendre un risque).

Depuis quelques mois une bataille fait rage autour de mon Clocher : puisque l'avenir de notre foyer repose sur notre capacité à cuisiner des repas sains, variés, économiques ET savoureux, quel robot ménager adopter ?
Dilemme qui renvoie le Kiri à la Rondelle avec ses copains - les soucis mineurs.
"Là c'est du lourd" comme on dit à la Nouvelle Star.

Alors ?

Le glamour Artisan de KitchenAid ou le teuton ThermoMix de Vorwerk ?

De mon côté le choix est fait depuis un an. Moi, je suis serveuse dans un diner sur la route 66, j'ai un tablier blanc immaculé et une robe ajustée, j'attends que Fonzy et Ritchie viennent prendre un Milk Shake. Mon Artisan est carrossé comme une Buick. J'ai construit ma cuisine autour et réservé un placard entier à ses accessoires. (il est encore vide le placard, mais je ne désespère pas de le remplir un jour. Je dois bien avoir un bout de Livret Epargne Ecureuil à vider quelque part). Mon filleul Yoann bave devant, c'est dire. (Yoann est à deux doigts devenir le prochain Jamie Oliver. En mieux. C'est de la preuve, ça)

En face, toutes mes copines de l'école se sont laissées séduire par la berline haut de gamme allemande. Le Thermomix de Vorwerk est fun comme son nom. Utilitaire jusqu'au bout de son bol mixeur à tout faire. La rigueur et l'efficacité allemande pour un prix riche comme l'économie d'Angela.
Avoir un Vorwerk, ça veut dire jeter sa balance, sa cocotte minute, son cuit vapeur et son blender, son robot plongeur et tous les saladiers de la cuisine. Un rêve.
A se demander combien ils sont dedans pour travailler aussi bien et aussi vite.
Vendu à domicile, démonstration ultra efficace menée tambour battant et suivi clientèle nickel. Objectivement imparable.

Vous imaginez l'ambiance à 16 heures 15 ?

Heureusement, Ottoki est pour la paix des ménages et l'amitié entre les peuples et propose dans son blog des recettes pour les DEUX robots. On y court, c'est là.


PS : crédit photo Life.


mercredi 14 avril 2010

Pas ce soir. J'ai Baltard

Peux pas poster ce soir. Suis devant La Nouvelle Star avec ma Nouvelle Star à moi.
En plus je me demande quand le bustier de la présentatrice va glisser. Gros suspense. Ils sont tant que ça en manque d'audience ?

mardi 13 avril 2010

Balance

Crédit photo : Go Go Abigail

La lumière est blafarde. On voit l'ombre d'une femme de ménage au dernier rang, courbée vers les sièges. Le régisseur rugit. Le technicien a une angine et vient de déclarer forfait. Il faut trouver un remplaçant, le former.
Le propriétaire de la salle écoute le régisseur en penchant la tête, les mains derrière le dos. Il en a vu d'autres. Et il a d'autres soucis. Ce soir, on joue à guichets fermés. Mais ce n'est plus si fréquent. Le Zénith lui fait de l'ombre. Il va falloir trouver des idées. Accueillir des réunions de prêcheurs évangélistes ? Des avant-premières de cinéma ? Des meetings politiques ? On est loin des créations originales, des pièces de théâtre d'avant garde qui ont fait les beaux jours de la salle dans les années 70. Et ça ne plait pas beaucoup au propriétaire.

Elle entre côté jardin. Petite, menue, un peu blanche et mal coiffée. On dirait qu'elle s'excuse presque d'être là. Elle avance à petits pas, se pose en équilibre au bord de la scène et ne bouge plus. Elle s'imprègne de l'atmosphère de la salle, elle l'apprivoise. Elle ferme les yeux...

"Dans 4 heures, la salle va s'éteindre. Je serai dans les coulisses, la peur au ventre et le coeur au bord des lèvres. Prête à tout pour ne pas être là et la rage d'y aller quand même.
J'essuierai mes mains un peu moites sur mes hanches. Le contact avec l'étoffe de la robe me calmera, comme toujours.
Je réclamerai un verre d'eau, comme toujours. Et comme à chaque fois, je lui trouverai un goût de terre.
Je jetterai un dernier coup d'oeil vers le ciel pour implorer sa clémence.
J'embrasserai mes doigts un par un. Un par enfant et le dernier pour leur père. Pour qu'ils restent avec moi.
Une grande respiration.
Une deuxième.
Et la main droite levée pour donner le signal du départ : le rideau rouge qui s'écarte, la poursuite qui apparaît au coin de la scène et qui me fait signe d'avancer.
Et les mots qui se bousculent dans ma tête et qu'il faut que je sorte. Maintenant."


Dessin !

J'aime ce dessin de Soledad
On dirait du Sempé de filles

lundi 12 avril 2010

Les snobismes parisiens # 5


C'est direct de mon canapé que je capte les nouveaux incontournables de mes voisins tant honnis mais tellement enviés : les parisiens...

Le Vélib s'essouffle et peine à fidéliser ses abonnés. C'est un peu comme la marinière en fait. Maintenant qu'on en trouve partout, ça devient beaucoup moins drôle d'être vu avec. Mais chez Decaux, ils sont bien embêtés.

En parlant de marinière tiens. Maintenant que vous l'avez en bleu, en rouge, en robe, en t-shirt, en pull, vous pouvez passer à l'exercice suivant : la veste militaire kaki. Reste plus qu'à fouiller dans la cave pour trouver celle que votre grand frère portait en 1985. Oui, celle avec le drapeau allemand sur l'épaule gauche.
En vrac, les autres tendances phares de la saison :
- la chemise en jean
- la veste en jean étriquée
- le pantalon en jeans (à pinces, long, court, façon sarouel, façon costume)
- la robe en jeans
- le pantalon de motard (pas forcément en jeans, il peut être kaki aussi, la mode est bonne fille, elle n'est pas QUE monomaniaque)
Rien de très nouveau donc, à ceci près que cet été "White is the new neutral color" aphorisme au moins aussi délicieusement hilarant que "grey is the new black" (soooo 2009)
Ah, et si vous en avez marre de dire "jeans" à tout bout de champ, dites "indigo". C'est bien aussi, et ça lasse moins.

Du côté des lycées parisiens, toujours autant de cheveux dans les yeux, de RayBan, de sacs longchamps, de t shirts blancs, de pulls à capuches et de Bensimon aux pieds. Et des jupes, et des shorts courts courts courts (en jeans bien évidemment). Et de bagues. Sur les dents les bagues.

Cette année on porte du rouge à lèvres. Mais on laisse tomber le gloss et le vrai rouge. On attaque direct le rose. Fluo Girls nous voilà.

Maintenant que la littérature suédoise a plombé le moral de tout le monde avec ses ambiances glauques et ses personnages aux noms imprononçables, on cherche quoi lire sur son iPad cet été.

Et cet été on sera "belle toute nue" comme l'émission télé de M6. Vous vous souvenez ? Il faut s'aimer comme on est, sublimer sa vraie nature sans la nier. Soit quatre fois plus de boulot tous les matins pour paraître fraiche et naturelle. Et on nous ressort THE couleur symbole de cette lame de fond : la couleur nude. Cette teinte chair synonyme de gaine 18 heures, de collants de danseuses 180 deniers, de soutien gorge spécial chemise blanche. Et qui ne pardonne rien. Va pas être jouable d'être stressée, fatiguée, ouachless au printemps. La couleur nude ne pardonne rien.

Je continue mon enquête et je vous raconte la suite très vite...


Crédit photo : the New Yorker via La belle illustration

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