mardi 28 janvier 2014

Sus aux kikis !

Le Pinterest de Fanny Grangier

On n'en parle jamais et pourtant, si l'on n'y prend garde, ils nous envahissent aussi vite que la menthe dans un carré des simples abandonné.
Ces petits papiers, prospectus, échantillons de parfums, facturettes de carte bleue, cartes de visites, tickets de métro (certains usagés et d'autres non), cartes postales et reçus de magasins.
Chaque jour, comme la marée, ils arrivent sournoisement et colonisent jusqu'au moindre recoin, jusqu'au moindre bout d'étagère oublié.
Ils sont l'algue verte des maisons, la chienlit des parterres, les pigeons des parcs. Détournez les yeux et vous vous vous retrouverez tout à coup face à un champ de désolation.

Loin, loin, la beauté irréelle, épurée, reposante des photos de magazines.

(la suite après le saut)

lundi 27 janvier 2014

2014 : faites sonner les cuivres



Bolig met en scène la suspension de Tom Dixon, star de Pinterest et des blogs de déco


Le gold c'est trop bling, l'argent trop ethnique.
Non, baby cette année tu vas adorer le cuivre, ouais le copper va devenir ton meilleur copain.

Ca a la chaleur bien cosy et l'éclat de l'or et la douceur du rose sans son côté gnangnan-pas-revenue-de-sa-periode-barbie-la-pauvre.
Ca donne bonne mine aux blondes et aux brunes, et son origine industrielle ravit les plus blasés des bobos.

La rencontre réussie entre l'entrepôt de Pantin et la place Vendôme.
La couleur des centimes d'euros, ces mal aimés des portes monnaie et des casseroles à confitures.

Ca marche en décor dans la maison, sur les bras, autour du cou et sur les doigts.
Dans sa version lustrée, le cuivre quitte son imagerie vieillotte et devient un champion pour structurer l'espace ou sa tenue et lui donner une touche de "oh mais c'est dingue, c'est hyper joli et original et lumineux, j'adôôôôre"


Ca va cartonner.





dimanche 26 janvier 2014

The happy show : par ici la sortie





Ce dimanche, on s'est levés tôt et on est partis frétiller devant le Happy Show, une expo lumineuse et joyeuse qui parle de la quête du bonheur d'un designer autrichien qui vit à New York, Stefan Sagmeister.

Il écrit sur les murs (jaunes, les murs), il se regarde le nombril et ausculte les étoiles et le regard de ses concitoyens. Et il et se demande (si et) comment on peut, aujourd'hui, être heureux.

C'est tout sauf intello-excluant et c'est kids friendly. Il y'a des vidéos, des dessins, des chiffres et un vélo. Et des grosses boules de chewing gum aussi.

Ca donne envie de prendre des vacances, de marcher pieds nus dans l'herbe et de reprendre l'écriture d'un journal de bord. Ah oui, et d'aller plus souvent s'enfermer dans des musées pour s'aérer la tête en famille.

(et accessoirement pouvoir se demander tous ensemble ce qu'est le bonheur à 3, 11, 14, 16 ans, et bien après avoir passé 40 ans)




The Happy Show. La Gaîté-Lyrique, 3 bis, rue Papin, Paris 3e. Du mardi au dimanche à partir de 14 heures (le mardi jusqu'à 22 heures, du mercredi au samedi jusqu'à 20 heures et le dimanche jusqu'à 18 heures). Jusqu'au 9 mars.Gaite-lyrique.net

Si vous voulez en savoir plus,  le dossier pédagogique de l'expo The Happy Show est très chouette et reprend en partie les textes écrits par l'artiste sur les murs.

J'avais déjà parlé de ce drôle de bonhomme  et de sa décision de prendre des acomptes de retraites dès maintenant ici.

jeudi 23 janvier 2014

Avenue Charlotte 16 heures 15



Elle court dans la rue avec les bras tendus en arrière pour aller plus vite. Son tablier rose dépasse de son blouson et flotte au vent.
Son collant un peu trop grand plisse sur les chevilles - coup de bol parfois il est trop court et ça l'empêche de courir parce que l'entrejambe tombe aux genoux.
De temps en temps elle s'arrête net et se plie en deux pour regarder le sol, avant de repartir en jetant un regard rapide en arrière pour vérifier si je suis toujours là.

Quand ses copines sont là, elles font la course en courant quasi sur place en criant de plaisir.

Parfois elle se cache derrière un arbre et imagine qu'elle est seule au monde. Pour un peu elle se ferait peur mais préfère finalement se montrer et tirer la langue avant de repartir en trombe.

Tout à coup elle se souvient que le nouveau chocolat en poudre est trop fort et qu'elle ne va pas pouvoir y tremper son pain au lait. Prise d'un soudain dégoût de la vie, elle s'assoit au bord du trottoir et se met à pleurer en appelant à l'aide.
Une grosse larme coule sur sa joue
Son serre-tête (doré avec deux grosse étoiles dessus) glisse et ne retient plus qu'un souffle.

Non, elle ne bougera pas, elle est trop triste. Elle ne sait plus trop pourquoi ce gros chagrin. La plainte se transforme en mélopée d'abord déchirante puis de plus en plus douce et lancinante… Elle pose la tête sur les genoux de sa mère qui l'a rejointe sur le bord du trottoir et regarde les branches nues de arbres qui se détachent sur le ciel bleu d'hiver.

Son frère l'appelle du bout de la rue. Elle se lève d'un bond et se jette dans ses bras en riant avant de repartir les bras tendus vers l'arrière vers la maison et le gouter.








mercredi 22 janvier 2014

Toute ressemblance avec des faits réels


Flickr Aleksandra Kojic


Les agences de publicité véhiculent dans leur sillage tout un tas de fantasmes, de clichés, d'idées plus ou moins loufoques sur ce qu'on y fait, ce qu'on y vend et comment on y vit. On le sait bien depuis Beigbeder et Séguéla : les créatifs glandent, les commerciaux courent et les clients tuent dans l'oeuf toute idée créative un peu nouvelle.

Ce bel univers pop, coloré et un chouille décadent est soigneusement entretenu par les agences elles-mêmes qui mettent un point d'honneur à ne pas vivre comme leurs clients.
Cette année c'est l'agence Mc Cann qui gagne la palme de la carte de voeux la plus drôle et la plus ironique. Bonne année les pubards !






mardi 21 janvier 2014

Prêtes à tout


Bored Panda
Ouf. Enfin seules




(série de photo à découvrir sur Bored Panda sur les acrobaties étonnantes de chèvres de montagne)


lundi 20 janvier 2014

Chez Dior




J'arrive en avance parce qu'avant j'ai déposé Henri au rugby. 
Devant nous des photographes qui arrivent, blasés, de chez Kenzo, et en grillent une avant de prendre leur place dans la salle.
Standing, ça veut dire qu'on a une invitation, mais pas assise. On est un peu la bourgeoisie du lieu. 




La noblesse, elle, est accueillie à grandes embrassades et effusions sonores par des gens en noirs qui compulsent frénétiquement leur iPad de fonction, tandis que le tiers-état patiente à côté, et espère, des étoiles plein les yeux, qu'elle verra au moins des stars, et pousse des cris quand un invité sur-looké fait son entrée

(la suite après le saut)

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