lundi 4 octobre 2010

Mal au cure


Ce week end, debout dans la salle de bains à me laver les dents, j'ai entendu une pub radio pour Oenobiol performance.

Oenobiol , l'ami gélules des femmes, promet de leur rendre la vie plus belle, plus folle avec des cures qui rendent au choix : la peau plus dorée, l'épiderme plus ferme, les cheveux plus forts, les jambes plus légères.
Et aujourd'hui, avec son nouveau traitement de choc, Oenobiol les rend aussi plus intelligentes et plus fortes pour affronter tous les tourments du quotidien.

A quand Oenobiol double action : pour des soirs sereins et des matins pétaradant ?
Avec deux couleurs de pilule : lavande pour le soir et orange pour le matin.

Ou bien Oenobiol mercredi-samedi : multicolore à la formule secrète qui vous donne le don d'ubiquité multi-sports et culture

Ou bien Oenobiol CoDir : pour être au max entre 9 et 12 et faire des powerpoints en 3 D les doigts dans le nez.

Ou bien Oenobiol fêtes de famille : subtile alliance de ginseng pour faire le plan de table, lavandin pour ne pas sauter à la gorge de sa belle mère dès l'apéro, neurones de Camdeborde pour cuisiner comme un chef et aloe-vera pour avoir une mine de rêve à faire baver de jalousie votre belle soeur de 10 ans votre cadette.



PS : crédit photo Naturally Nina

dimanche 3 octobre 2010

Linguistique de la tendance



Connaissiez-vous le Cardicool, le kitten flare et les mocallerines ?

Moi non plus, mais heureusement, le magazine Grazia est une mine d'informations capitales, une véritable béquille pour rester à la page des nouveaux mots de la planète fashion. A côté, les expérimentations des généticiens en biologie, c'est de la roupie de sansonnet.

Reprenons...

- le cardicool est le fruit des amours d'un cardigan à la papi et d'une couverture à la mamie. Un grand truc dans lequel on peut s'enrouler, se choucher, se ceinturer pour affronter les frimas et la mauvaise humeur des voyageurs de la ligne 13. Pas sûre que ce soit follement élégant mais confortable, oui.

- le kitten flare n'est pas un chaton au sens de l'odorat particulièrement développé. Nope. C'est un pantalon court mais quand même un peu large. Il y a un temps où on appelait ça un pantalon feu de plancher mais j'imagine que FireFloor sonnait moins bien que kitten flare...

- un aparté sur le kitten heel, qui lui, n'est pas un chaton qui vous colle aux basques mais une paire d'escarpins aux talons praticables, c'est à dire inférieurs à 5 centimètres. Alléluia on peut lâcher ses stilettos sans perdre en crédibilité modeuse ! Ouf, il était temps. Je dis Miaou.

- Restons aux pieds et terminons par les mocallerines, qui, vous l'aurez deviné sans mal, sont une subtile alliance de mocassin et de ballerine. Mon institutrice de CE2 en avait plein. Ca va pas être facile de nous faire saliver là dessus.

4 mots de plus dans notre vocabulaire.
Trop bien.

PS : Crédit photo : Kari Herer

vendredi 1 octobre 2010

Roule maboule



Parfois, je pense que je suis maboule et que je suis juste bonne à enfermer.

Tellement les doutes m'assaillent et m'empêchent d'avancer.
Et plus je doute et plus je culpabilise de douter et moins j'avance.
Alors je doute encore plus.
Et je me dis que je vais peut-être en mourir.
De honte.
Au fond de mon lit.
Et c'est la honte.
(Et Jean me regarde avec des yeux ronds)

Et puis, je tombe sur un dessin comme celui-ci.
Et je suis immédiatement rassurée.

Je suis maboule, ok.
Mais je suis pas toute seule

Ouf.


Big up pour Soledad.
Le reste de l'histoire sur son blog.

jeudi 30 septembre 2010

Le mercredi jour des enfants


Entre 19 heures et 19 heures 30, on est (souvent) tous les 5 affalés sur le canapé et on ricane devant Top Model USA sur DirectStar.
Un concours de top model super kitsch et bien daté.
Même Marguerite (ok, elle ne regarde pas vraiment, son centre d'intérêt est comment dire... plus moëlleux et plus gouteux)
Même Henri, adorateur de Pokemon devant l'Eternel.
Même les filles, élevées à Peau d'Ane et à Dora l'Exploratrice.

Les enfants ont changé je crois, et les chaînes de télé enfants aussi.

Un peu d'irrévérence ne fait pas de mal...





PS : le visuel c'est Solid Frog et la pub c'est DDB

mercredi 29 septembre 2010

Smells like teen spirit





Je me souviens danser sur cette chanson de Nirvana dans une boite de nuit de Floride qui s'appelait le "Stingrays", entourée de jeunettes aux seins refaits exhibant des jambes impeccablement bronzées et des fesses rebondies dans des shorts en jeans neige.
1992.
Tampa Bay.
La quintessence du style.
En sortant de boite, on reprenait Fletcher Avenue et on allait prendre des bains dans des jacuzzis en plein air au milieu de résidences qui portaient des noms exotiques et un peu toc comme "Coral Gables" ou "Saint Croix".
On était super rebelles.
Je portais des shorts en Liberty rose et des Bensimon rouge. Et une veste en jeans achetée 30dollars chez Gap.
Les filles de l'école préféraient les Ked's et les French Manucure.
On n'était plus des teens mais pas encore des adultes.
C'était la dernière année d'études et on voulait s'en mettre plein les yeux.

Et on n'a pas été déçus.


PS : Ici, c'est la version de Patti Smith. Va savoir pourquoi, mais en 2010, c'est celle que je préfère..

mardi 28 septembre 2010

En congé parental #2

On en était à 14 heures 29, c'est ça ? Alors, on reprend
(en vrai il est 17 heures 45, j'ai collé Marguerite dans les bras de ses soeurs pendant que je me jette sur l'ordi et que Henri a le droit de regarder la télé 30 minutes avant de faire ses devoirs)

14 heures 45 : je pars chez Monop'
Avez-vous bien compris le rôle primordial de Monoprix dans la santé mentale de toute femme au foyer ? C'est là qu'elle rencontre ses autres copines femmes au foyer, qu'elle sourit aux femmes enceintes, et développe un sens aigu de la stratégie : à 15 heures en semaine, il n'y a QUE des personnes prioritaires à la caisse, c'est la guerre. Qui est le plus méritant, le porteur de carte vermeil ou la pilote de triple poussette ? C'est un peu comme le poker, ça se joue au bluff, c'est délicieux.
Sinon, j'achète des éléments essentiels à la bonne tenue du foyer, des trucs qui ne pouvaient pas attendre le plein de la semaine, genre cotons tige. Et je pousse le luxe jusqu'à faire TOUS les rayons de l'étage avant de me décider à prendre le premier prix.
Et un joli t-shirt.
Et des chaussettes de bébé.
Et une écharpe pour Jean.
Et le dernier Tara Duncan pour Jeanne.
Ou non.

15 heures 30 : retour à la maison. Goûter de Marguerite qui partage avec les personnes âgées, non seulement son prénom, mais aussi des horaires de repas en léger décalage. 6 heures 30, 11 heures 45, 15 heures 30, 18 heures 45.

16 heures 15 : c'est ma récré. La sortie de l'école. Je partage avec mes copines 30 minutes d'infos primordiales condensées en 3 minutes au milieu du brouhaha et des enfants qui nous sautent devant le visage pour attirer notre attention (la capuche du manteau simplement posée sur la tête façon cape, les mains couvertes de peinture et le pantalon troué)

16 heures 40 : Goûter. La cerise sur le gateau du congé parental est là. Ecouter les kiddos raconter leur journée comme si c'était la Conquête de l'Ouest, la tête dans le pot de Nutella, est le meilleur booster de moral que je connaisse. Je communie avec eux en trempant un bout de baguette fraiche et tiède dans ma tisane. Mais comment je vais faire sans goûter en janvier, moi ?

17 heures : devoirs. En ce moment je commence le programme de CE2. Je crois que la maîtresse est assez fière de moi.

Après, c'est le tunnel. Tout à coup il faut simultanément donner le bain et le dîner, préparer le dîner, vider le lave vaisselle et le remplir de nouveau, ramasser le linge et le plier, envoyer encore 2-3 mails à Charlotte, faire des photos débiles pour illustrer le billet du jour, râler pour que les sacs soient ramassés et que le salon passe de joyeux bordel ambiant à véritable hâvre de paix digne de figurer sur la couverture de AD.
Ca me rappelle les veilles de présentation, quand rien n'est prêt et qu'on répond au client avec une voix un peu trop haute " tout est sous contrôle, on est quasi prêts, juste un peu de relecture, corriger quelques coquilles, peaufiner les graphiques".

20 heures 30 : l'Homme harassé par sa dure journée de travail passe la porte et apporte avec lui l'odeur enivrante des bureaux. Bien évidemment, je me jette à son cou. Bien évidemment, je suis toute de soie vêtue, légèrement maquillée, et j'entraîne mon aimé vers la cuisine où un délicieux dîner l'attend au chaud dans le four. Je lève vers lui des yeux éperdus d'admiration et bois ses paroles. Il me parle "connexion Internet " "réunion avec l'avocat" "flux RSS et community manager".... (soupir)

(En vrai, je suis de nouveau en pyjama en pilou et gilet cachemire et si je saute au cou de mon aimé, c'est parce que je vais enfin pouvoir parler plus de 10 minutes d'affilée à un adulte. Après on s'affale sur canapé et on sirote une tisane au thym avec du chocolat trempé dedans et je goûte le plaisir de passer une soirée sans rien à faire. Du tout)

22 heures 30 : je réfléchis sérieusement à ne pas me démaquiller avant de me coucher et de commencer enfin mon Elle. Je regarde mes ongles et comme tous les soirs, je me dis que promis demain, je me les peins en rouge. Je devrais bien trouver le temps, non ? Et je sombre


PS : il est 18 heures 40 et je suis toujours devant l'ordi. Mon planning est à la rue. Pas encore ce soir que je serai Femme Au Foyer 2010.

lundi 27 septembre 2010

En congé parental


Vous vous demandez ce que je fais toute la journée ?
Vous ne savez pas trop si mon quotidien ressemble à celui de Betty Draper, de Cendrine Dominguez, de Lynette Scavo ou de votre voisine de palier, jeune mère aux yeux toujours cernés et qui traine derrière elle une ribambelle d'enfants aux joues rouges ?

Moi aussi, je me demande bien.
A 6 heures 30 : Marc Olivier Fogiel fait des blagues avec Julie et ça fait rigoler Marguerite
A 6 heures 31 : Marguerite se souvient qu'elle n'a pas mangé depuis 10 heures et ne veut plus écouter Marco et Julie
A 7 heures 10 : Marco fait tout ce qu'il peut pour me réveiller. Marguerite termine son petit déjeuner. Je lui abandonne le lit tout entier, tout tiède, tout... Rmmmpf. Mais pourquoi se lever ?
A 7 heures 20 : je suis fraîche comme la rosée. J'enfile un pyjama, des chaussettes, un gilet en cachemire (*) et je descends m'occuper du petit dej. Je marche sur un Pokemon dans la chambre d'Henri et je crie. Henri râle. Parait que je suis pas gentille de lui crier dessus si tôt.

(chocolat chaud, thé, café, yaourt, céréales, pain, nutella, Guy Carlier et confiture de mirabelles, lavage de dents, coup de brosse, change de t-shirt il est sale, fais moi un bisou)

A 8 heures 20 : je ferme la porte. Silence. Je retourne dans la cuisine. Je regarde autour de moi et j'envisage sérieusement d'aller me recoucher avec Marguerite plutôt que de ramasser le petit dej, lancer la yaourtière, une machine, une autre machine de foncés, faire les lits, passer un petit coup sur les escaliers. Je décide de me faire un déca et d'allumer l'ordi.
A 9 heures 05 : Marguerite chante. Je suis deux étages plus bas, je ne l'entends pas. Elle se rendort.

(mails, blogs, mon blog, factures, re-mails)

A 10 heures 20 : je réfléchis au déjeuner tout en habillant Marguerite, me lavant les dents, faisant mon lit, étendant le linge et envoyant un 3ème mail à Charlotte.
A 11 heures : je m'habille. A regret. Je mets un slim pour me rappeler qu'il ne me reste plus que 3 mois pour retrouver ma forme de départ. Je promets de ne pas goûter aujourd'hui et je prends un Petit Beurre.

A 11 heures 29 : je pars en courant à l'école chercher Henri
A 11 heures 34 : Marguerite a faim. Très faim même
A 12 heures 15 : Henri a faim. Très faim même
A 12 heures 45 : Jeanne et Adèle ont faim. Très faim même
Je déjeune trois fois pour ne décevoir personne

A 13 heures 15. je ferme la porte. Silence. Je retourne dans la cuisine. Je regarde autour de moi et j'envisage sérieusement d'aller me recoucher avec Marguerite plutôt que de ramasser le dej, lancer la yaourtière, une machine, une autre machine de foncés, faire les lits, passer un petit coup sur les escaliers. Je décide de me faire un déca et d'allumer l'ordi

(à suivre)
(oui, suivre parce que là il est 14 heures 29 et Marguerite aimerait un peu d'interactions avec sa mère et arrive un moment où même deux étages plus bas, je l'entends)


PS : crédit photo Stephanie Fizer.
PS2 : je n'en ai qu'un. Il faut bien que je frime un peu, non ? Et puis, j'aurais dit, "j'enfile une polaire Decathlon", je suis sûre que vous auriez pleuré. Et c'est pas bon de pleurer devant un écran. Ca assèche la cornée.

LinkWithin

Blog Widget by LinkWithin