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jeudi 5 avril 2018

les voyages immobiles


Longtemps, je n'ai pas réalisé que je grandissais entourée de bibelots.

Longtemps, je n'ai pas remarqué que la colonie s'enrichissait petit à petit d'un mélange anachronique qui faisait fi des pays, des époques, des goûts esthétiques et des matières. Des petits cailloux ramassés sur chaque chemin de voyage, comme des amulettes, des passeports pour un retour immédiat sur des lieux de villlégiature longtemps rêvés, et que peut-être même, ils n'imaginaient pas voir en vrai un jour.

Longtemps, mon regard est resté indifférent devant ces témoins de voyages que je ne voyais que dans la lucarne du Super 8 pour des séances que je trouvais super barbantes : une pyramide, un fleuve, un marché, des arbres et des montagnes et de temps en temps, mes parents, souriants, posant devant l'objectif un peu tremblant de l'ami missionné pour tenir la caméra.

Jusqu'à ce qu'un jour une femme de ménage missionnée pour soulager ma mère qui devenait fragile, entra dans le salon et déclara que vraiment non, trop c'était trop et qu'elle refusait de faire la poussière de ces étagères surchargées. J'ouvrais alors les yeux sur cet assemblage hétéroclite, serré contre la cheminée comme sur un quai de train un jour où normalement il n'y a pas de grève,  et je classais sans trop y penser ce spectacle dans la catégorie des kitsheries parentales attendrissantes.

Quelques années plus tard, au détour d'une visite de musée, scotchée devant un discobole aux proportions parfaites, à l'origine et à l'authenticité dûment contrôlée, je vins à m'interroger sur mon manque d'étonnement devant ce vestige d'un passé fort fort lointain, venu d'un pays jamais visité. Puis le lendemain, après m'être frayée un passage pour apercevoir de loin le minuscule symbole de Bruxelles, je me surpris à ressentir ce même sentiment de déjà vu.

Ainsi donc, je me rendis compte que j'avais grandi, en toute ingénuité, au milieu d'une compilation géante, un best of des best of des monuments du monde et que mon cerveau avait enregistré dans la case "ça c'est bon Coco, on sait ce que c'est" une quantitéé non négligeable de symboles de la civilisation.

(N'empêche qu'en vrai le Discobole est vachement plus grand et que le Manneken Pis ne fait pas tire-bouchon. Et ça il fallait que je le vois de mes yeux pour m'en rendre compte. Ouf, toute forme d'innocence n'est pas perdue).


lundi 13 novembre 2017

Se faire des noeuds au cerveau



Hellovader



Est-ce que regarder des vidéos de broderie peut être considéré comme "créer un climat propice à la réflexion dans le but de produire un contenu utile et enrichissant à destination d'étudiants en journalisme ?".

S'il est entendu qu'il (me) faut consacrer toute mon attention à un sujet qui n'a rien à voir pour finalement trouver l'inspiration qui me fera produire un contenu de qualité à destination professionnelle, ne faut-il pas s'intéresser à la nature même de ces détours ?

Et dans le cas présent, est-ce que le fait de regarder des vidéos de broderie pour apprendre à faire un point de chainette alors que la seule boucle que l'on maîtrise est le noeud de chaise peut être considéré comme un signe envoyé par ses neurones ?


mardi 31 octobre 2017

Flemme, ennui et vacances scolaires


Photo Thomas Lélu sur son compte Instagram



Passer deux semaines de vacances à la maison, avec un.e enfant, sans ami à proximité, tout en imaginant pouvoir se ménager quelques heures de travail par jour invite à s'interroger sur son rapport à la productivité, au temps qui passe et à l'ennui.

Nous avons donc d'un côté une adulte qui rêve de pouvoir allumer son ordi et expédier ce fameux dossier XX0 avant de s'effondrer sur le canapé pour terminer le roman commencé début septembre, voire faire une sieste, voire regarder le dernier épisode de This is US raté dimanche dernier. Attention, la réalisation de cet objectif est semée d'embûches et implique d'abord de surmonter l'immense poil de la main, l'incommensurable flemme qui nous saisit à chaque fois que le mot XX0 s'affiche devant nos yeux.

Et de l'autre une enfant, heureuse comme un bernique accroché à son rocher, toute à sa joie de pouvoir enfin voir sa mère plus de 2 minutes le soir, et ailleurs que dans la salle de bains où celle-ci vérifie un brossage de dents qui sinon resterait une douce chimère parentale. Enfant, qui bien évidemment, n'est pas particulièrement de nature contemplative, et qui, rapidement, montre les signes d'un ennui absolu.

(...)

mardi 17 octobre 2017

english vocabulary : trigger may be the tiger


Miles and Miles




trigger

 /ˈtrɪɡə/
WordReference Random House Learner's Dictionary of American English © 2017
trig•ger /ˈtrɪgɚ/  n. [countable]
  1. a small tongue in a gun that, when pressed by the finger, fires the gun.
  2. a device pulled or pressed to release something.
  3. anything that causes a reaction:a trigger for the fight.

v. [+ object]
  1. to cause or begin (a chain of events):Inflation triggered unemployment.
  2. to fire or explode (a gun, etc.) by pulling a trigger.


Dans l'épisode 3 de l'émission A voix Nue de France Culture (oui, je suis retournée courir ce matin), Jean Rochefort raconte comment Jean-Pierre Marielle a su trouver les mots pour le sortir de la torpeur dépressive d'un mariage malheureux et d'un échec incompréhensible au Conservatoire.
Afin de le convaincre de se rendre à une audition pour intégrer une troupe de théâtre, à court d'argument, Marielle dit ainsi à son ami "Le bus est direct" et, contre toute attente, cette phrase anodine se révèle un déclencheur suffisant pour que Jean Rochefort se rende à l'audition, soit engagé et passe 7 ans dans cette troupe de théâtre.
"Le moindre petit détail peut donner du courage et Marielle m'a sauvé" conclut Jean Rochefort.



For english readers : sometimes, out of the blue, you get the tiny itsy bitsy sparkle you need to do what seemed completely out of reach the moment before. And sometimes it changes your life. That is what happened to a very famous french actor, recently gone, who recalls how his friend, by giving me the most odd and random advice triggered his career.



PS : rien à voir mais la photo illustrant ce post est tirée du site d'un couple, Sarah Murphy et Stefaan DuPont qui voyage à travers le monde et qui en profite pour poursuivre les activités de son studio de création. C'est beau, ça fait rêver.








vendredi 13 octobre 2017

Oxymore (is never enough)




Oxymore : figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires (Exemple : un silence éloquent). Dictionnaire Larousse

Il y a comme ça des alliances qui paraissent impossibles et qui pourtant, quand on s'y colle avec un peu de curiosité, se mettent à fonctionner comme des pièces de puzzle parfaitement emboitées.


lundi 25 septembre 2017

English vocabulary : emotions in motion


Print Nageurs - Loi Taylor Studio sur Etsy


Vous êtes fascinés par cette capacité qu'ont les anglophones à transformer leur langue comme si c'était un chantier perpétuel, accolant joyeusement les syllabes pour former de nouveaux mots au gré de leurs inspirations et de leurs besoins, piochant allègrement dans les langues voisines pour ne pas avoir à chercher dans les méandres de la leur.
Car vous êtes comme moi, traumatisés par des années d'annotations rageuses et excédées au bic rouge dans la marge de vos rédactions, qualifiant de barbarisme le fruit de votre imagination débordante en matière de vocabulaire.
Barbarisme, soit rien de moins qu'un attentat à l'intégrité de notre raison d'être Français, personnifiée, dans l'esprit fertile d'un enfant de moins de 10 ans, par un soldat sanguinaire en peau de bête attaquant au sabre les pauvres lettres tremblantes de notre Bled.
De quoi frustrer à tout jamais votre quête d'horizon linguistique.


mercredi 30 août 2017

Rester en vacances



Imaginer le 30 août qu'il va nous falloir 11 mois avant de respirer de nouveau à pleins poumons et d'ouvrir nos yeux sur les beautés du monde est une perspective que nous nous accorderons à trouver toute à fait propre à déclencher des idées noires. 
Y ajouter par dessus le fameux "tunnel du mois de septembre" et sa litanie de soirées les doigts plein de scotch et de papier cristal et là c'est le suicide qui devient inéluctable.


Au risque de décevoir un certain nombre d'entre vous, dormir avec sa fouta de bain au sable incrusté dans les fibres n'apparait PAS comme la solution la plus mature ni la plus agréable de prolonger votre été (déjà senti un coquillage après quelques semaines sur une étagère ? Alors, vous voyez ce que je veux dire). 

En revanche (et là je vous vois pousser un soupir de soulagement) il existe des moyens à l'efficacité merveilleuse de prolonger le doux sentiment de plénitude du mitan de vos vacances.


lundi 28 août 2017

Sociologie de trottoir #1 : le pompier


Maarten Van der Kamp


Il est midi, c'est l'été, il fait doux et le vent souffle mollement dans cette rue piétonne. Les ménagères font des zig zags entre boulangerie, boucherie, pharmacie et Monoprix. Le postier roule sur son vélo électrique, les enfants trainent les pieds et les nounous papotent.
Les mamies marchent à pas comptés et portent leur demi baguette aussi précautionneusement que s'il s'agissait d'un verre en cristal. La police municipale fait sa ronde en discutant avec animation du dernier transfert du PSG avec un commerçant sorti prendre l'air. Des hommes en costume et des femmes en tailleur marchent d'un pas vif et se hâtent vers la gare toute proche.

Ils apparaissent tout à coup et passent en troupeau à une allure que l'on qualifiera d'allegro ma non troppo. Foulée aussi légère que leur short, t-shirt réglementaire ajusté au millimètre, coupe courte, rasage 5 lames, talkie-walkie à la ceinture et ce flocage sur le torse qui veut tout dire : "pompiers de Paris". Silencieux, si ce n'est leur respiration et le bruit de leurs pieds, qui heurtent en cadences les pavés de la rue.

jeudi 24 août 2017

Pêche miraculeuse




(ça fait tellement longtemps que je n'ai pas écrit que je ne sais plus comment faire. Tout à l'heure, j'ai failli aller m'allonger dans une chaise longue avec un livre avant de réaliser que je ne suis plus en vacances, que le ciel est gris et que le monde a fort fort bruissé pendant que je brunissais, comme en témoigne la to-do list de la fin août. Retrouver mon ordi me fait finalement le même plaisir qu'enfiler mon maillot le premier jour de plage : anticipation, plaisir et trouille de ne pas être à la hauteur).

L'action se passe dans un entrepôt Emmaüs.
Emmaüs était un des magasins préférés de ma mère, qui nous a petit à petit convaincus que, faisant fi de toute apparence, le beau, le pratique, l'inespéré peuvent vous y sauter dans les bras ; promesse de bonne affaire mâtinée de bonne action - autant dire un incontournable, pour autant que l'on puisse être sur place un jour où l'endroit est ouvert.

L'espace, grand, est méticuleusement séparé en pièces délimitées par des meubles.
Animés par le seul désir de nous promener sans intention particulière, nous concentrerons notre attention sur un coin qui pourrait s'appeler "vide grenier", soit un tas de petites choses de maison sans grande valeur, qu'on aurait pu appeler "des affaires de ménages" : assiettes, bols, verres, cendriers de tous les jours, témoins privilégiés de la vie quotidienne. De l'arcopal, du verre blanc, de la terre cuite, on est plus dans une ambiance de fin de vide grenier que dans une brocante au village suisse.

Tous les articles sont proprement disposés sur des étagères et des tables à tréteaux recouvertes de tissus unis. L'après-midi s'étire, les clients furètent, les bénévoles attendent les clients et deux-trois manutentionnaires sont en train de remettre en place le coin "couture" aujourd'hui fermé.

Quand, soudain, apparait, coincée entre un vase d'inspiration sino-Ikea et un cendrier marqué du sceau de la ville de Dieppe, cette tasse en verre.

(Ca tombe mal, des tasses et des mugs on en a plein les placards, ce n'est vraiment pas ce que l'on cherche).

Et cette tasse, l'air de rien, sait se faire remarquer. Parce que, justement, elle n'a l'air de rien.

Comme si le verrier avait voulu s'inspirer de ses soirées à regarder Dallas ( la bouteille de whisky de JR, carrée et sculptée comme un diamant) et de sa folle semaine à l'Oktoberfest en 1978 (la chope de bière, ronde et massive) pour créer le récipient idéal et délicat de son Ricoré du matin, dans un format somme toute réduit (on approche plus des 25 cl que de la pinte).

Une incongruité forcément réjouissante, vendue 2 euros, signe que la magie d'Emmaüs agit toujours, et qui traîne désormais au milieu du comptoir de la cuisine, offerte aux rayons du soleil avec lesquels elle joue volontiers, comme une starlette de la croisette.


PS : la chasse a également rapporté 6 petits verres dentelés Duralex (aussi appelés "verre de mamie spécial limonade qui pique très fort"), 3 sachets de Playmobil-qui-ont-tous-leur-cheveux-ce-qui-en-soit-est-exceptionnel, une véritable chope en verre et un mini vase en pseudo porcelaine bleu ciel.


lundi 3 juillet 2017

Les horoscopes




Elle, assise en tailleur, lit un magazine, hyper concentrée.
Lui, lève le nez de son livre et lui demande :
"Mais pourquoi tu lis ton horoscope ?"

Elle, sans lever le nez de son magazine
"Des fois que je lirais quelque chose qui me plait."

Lui ne répond rien. Il attend la suite.
"...."

Elle souffle, lève le nez et plante ses yeux dans les siens :
"Si ça me plait pas, j'oublie tout de suite, si ça me plait, ça me donne de l'énergie.
Tiens, parfois, je lis même des horoscopes déjà passés.
Si l'horoscope s'est trompé, je me dis que j'ai détourné les étoiles en ma faveur.
Si l'horoscope avait raison et que j'ai vraiment passé une sale journée comme il l'avait prédit, je me dis qu'heureusement que je ne l'ai pas lu le matin, parce que ça m'aurait minée. Et ça me réconforte."

Lui, perplexe et vaguement moqueur.
"Pffft. Autant garder tous les horoscopes que tu aimes bien et en tirer un au hasard le matin."

Elle, lève les yeux au ciel et parle lentement.
"Ca ferait pas pareil. Yaurait pas cette petite appréhension de lire un truc pas bien"

Lui, qui décidément, n'a pas envie de comprendre.
"Mais puisque les trucs pas bien tu les retiens pas ?"

Elle, se pique au jeu, pose le magazine à sa droite et se redresse.
"Oui, c'est vrai. Mais même, ça met du piment. Si tout était positif de suite et tout le temps, ça serait pas drôle. Là, regarde (elle tend la page de la semaine et pointe vers le signe poisson en lisant) "l'air est plein de promesses, vous pourriez faire des rencontres dynamisantes", tu trouves pas ça chouette ?

Lui, dubitatif.
"Ca veut rien dire. regarde, le conditionnel "vous pourriez", non seulement ils racontent n'importent quoi mais en plus ils se mouillent pas"

Elle, souffle, reprend son magazine et replonge dans sa lecture.
"Laisse tomber"

vendredi 30 juin 2017

c'est la t(f)ête



Racine Paris 

Chacun a son détecteur de fumée personnel.

Mais si, vous savez bien, ce signal que le corps vous envoie quand la machine surchauffe. Gastro, grippe, dos bloqué, torticolis, migraine. On croyait naviguer en vitesse de croisière, voiles bien bordées et vent de le dos, peut-être un peu sous pression, un tout petit peu, à peine, et bam, par terre. Plus bouger, l'oeil torve et le cheveu terne.

Généralement, et en toute honnêteté, on le sentait venir depuis quelques jours ce petit coup de grisou. Et généralement, tout aussi honnêtement, on a choisi de pas voir plus loin que le bout de son nez, rapport au fait que si on commence à s'écouter, on n'a pas fini de de ne plus rien faire.

(la suite après le saut)

vendredi 9 juin 2017

L'amour, toujours l'amour


C'est la fille qui a grandi en écoutant la musique qui sortait de la chambre de ses grands frères, qui a somnolé tous les samedis soirs devant les Enfants du Rock et qui trouvait que le summum du cool à 14 ans était de prendre le bus le mercredi après-midi avec son imper Burberry, une boucle d'oreille en plastique bleue pendante à l'oreille et  ce titre là de David Bowie à fond dans le walk man Sony. Qui avait un t-shirt Simple Minds coupé au dessus du nombril et collait des photos de chanteurs sur ses cahiers de maths.

C'est la fille qui ne pouvait pas passer une journée sans écouter de la musique. Qui se souvient très bien de tous les 33 tours achetés avec ses sous et qui se souvient très bien aussi de son premier 45 tours, de la bande son de l'été de ses 15 ans, et aussi de ses 16 ans, et de chaque année après.

C'est la fille qui a grandi et qui, petit à petit, a écouté moins de musique, a préféré courir en écoutant des podcasts, a arrêté d'aller aux concerts et a râlé en voyant ses enfants scotchés à leurs écouteurs.

A une exception, près.

C'est la fille qui, quelques années plus tard, ce matin, à 9 heures a téléchargé le nouveau disque de Phoenix sur iTune sorti ce matin même.  Qui l'écoute sans aucune objectivité parce que tout à coup son âme de groupie se réveille. Qui cherche ses écouteurs pour l'emporter dans le train tout à l'heure. Et qui a pris des places pour leur concert comme pour les 4 albums précédents. Alors même que leur venue à Paris coïncide avec le 15ème anniversaire de son fils.


vendredi 5 mai 2017

Sea you




La photo est un peu floue mais peu importe. Seule compte la tranquille impression de bonheur qui s'en dégage. Rien de spectaculaire, hein, rien de bling ni d'hystérique, rien d'exotique ni de  grandiloquent.

Mais au delà de l'image en elle-même, le souvenir quasi sensuel de chaque millimètre de pixel de l'image, le vent dans les oreilles et l'odeur inimitable de la mer sur un vieux bateau en bois. 

Les vernis entretenus au petit poil, les épissures au cordeau et les bouts souples.
Le seau à tout faire  avec à coup sûr une grosse éponge au fond.

La veste de mer Helly Hansen aussi confortable et usée qu'un vieux nounours, décolorée sur les épaules, couleur bleu marine passée à l'intérieur. Le chapeau posé sur le crâne au-dessus des oreilles et la main solide et carrée, qui tient la barre comme on tient la main d'un enfant, avec autorité et douceur. Et le sourire, éclatant, de l'homme qui est, à ce moment, là, exactement où il a envie d'être.

(la suite après le saut)

vendredi 28 avril 2017

A chacun son ambiance start up


& Other Stories



Vous avez toujours rêvé de bosser dans une start-up ?
Vous ne comprenez pas bien pourquoi tout le monde en fait tout un pataquès de ces start up ?
Vous avez bavé devant le film Le Stagiaire avec Anne Hathaway et Robert De Niro ?

Pas de panique.

En travaillant de chez vous, vous pouvez aisément expérimenter ce mode de vie plébiscité par les Millenials et décider si oui ou non c'est le Paradis.

Vous allez voir c'est tout simple.


mercredi 12 avril 2017

On est partis en croisière à Samoens

Slim Aarons - 'Snowmass Picnic' Aspen 1967 (tirage à vendre chez Yellow Corner)

Une semaine à la montagne pour des marins du dimanche de la côte Ouest qui croient que les spatules sont seulement dans le tiroir de la cuisine, c'est a priori prendre un poisson rouge et lui expliquer qu'il sera super bien dans un terrarium. Alors qu'en fait, il y a plus de points communs qu'on croit.

Avant :
- On part aussi chargés dans la voiture que si on envisageait un séjour de détox sur une île déserte : courses alimentaires, vêtements chauds, livres, magazines.
- On regarde la météo tous les jours
- On fait ses valises avec beaucoup trop de choses dedans

Sur les pistes :
- le sandwich avalé au grand air au déjeuner est le meilleur du monde.
- la première gorgée de bière fraiche les yeux fermés face au soleil arrête immédiatement les pendules
- Les monos sont hyper bronzés sauf sur sur les yeux
- On se tartine d'indice 50 - surtout sur le nez
- Heure après heure on s'enivre d'air frais et on réhabitue ses yeux à l'espace

En dehors de pistes :
- On a l'air ahuri, les yeux fatigués et la mine joyeuse.
- Le coca rouge tiède faute de frigo dans la voiture a le même goût délicieux que celui qu'on buvait petits dans le cockpit, le dernier bout amarré au ponton.
- On se demande, après 6 heures en territoire naturel et chaussé de caoutchouc et de plastique semi humide, si une paire de Ugg portée pieds nus n'est pas un véritable avant goût du paradis.
- On est mal sapés pendant une semaine et on s'en fiche complètement. Le maître mot est la chaleur et le confort. Legging, polaires chaussettes. Même pour aller chercher du pain. Voire pour aller diner au resto (le soir où on décide de se coucher après 20 heures)
- On dîne hyper tôt, on se couche hyper tôt, on dort tout de suite
- On lit rien du tout. Ou alors vachement.


La minute guide touristique après le saut :

Le compte instagram du blog



Ayé j'ai ouvert un compte Instagram Une Femme Avec Toi (@unefemmeavectoi ou https://www.instagram.com/unefemmeavectoi/ si vous n'avez pas de mobile).
Pour partager avec vous et le monde entier de l'univers mes pérégrinations quotidiennes, mes étonnements et mes émerveillements (au moins) en français et en anglais aussi parce que je le peux et parce que je veux voir jusqu'où mes posts peuvent m'emmener.
Ca va être un petit laboratoire d'idées et de tests aussi. Je vous raconterai.

Pour l'instant il est tout maigre mais j'ai plein d'idées et il va grossir très vite.

Vous pouvez commenter, m'interpeller, me dire des trucs cool. Ca va être chouette.


mardi 11 avril 2017

Viens avec moi dans mes montagnes russes


Les plus belles photos prises dans les montagnes russes



Lundi : déjeuner avec une copine de copine pour parler d'un projet d'association; pas de business model ni de perspective de monter la prochaine licorne qui nous obligerait à louer un yacht l'été prochain pour échapper à la foule des médias en délire. Juste plein de points communs et d'aspirations partagées, l'envie de développer les échanges et de changer le monde. C'est excitant, c'est exaltant, c'est aussi hyper concret. Le ciel est bleu, l'air est frais. Je suis la Reine du Monde.
Les heures de la journée glissent sur moi comme une ondée bienveillante.

Mardi :

8 heures : découvrir les yeux à peine ouvert le ciel orageux sur mon compte en banque. Râler contre Pôle Emploi qui  traine à payer les indemnités.

9 heures :  ouvrir mon compte et me rendre compte que le virement a bien eu lieu. Hélas. Abandonner alors arc en ciel, licorne et Reine du Monde et écumer Indeed, Pôle Emploi et LinkedIn à la recherche d'un travail super bien payé tout de suite là maintenant.

9 heures 05 - 10 heures : écrire frénétiquement 5 mails de candidature en oubliant toutes mes bonnes résolutions de ne pas me jeter sur le premier job qui passe. Avant d'appuyer sur la touche "envoyer", demander conseil auprès de ceux, bienveillants, qui observent et encouragent de loin.

10 heures 30 : recevoir des emojis horrifiés en retour. Secouer la tête et détruire les mails de candidature.

10 heures 31 : recevoir la notification de rappel de rendez-vous avec Pôle Emploi demain.

10 heures 32 : hésiter entre boire un café et avaler un paquet de Shoks pour oublier. Laisser trainer un regard affolé dans le salon. Me souvenir que non seulement je ne suis pas capable de trouver un travail mais en plus il y a du linge à plier / une machine à vider / un panier à repasser. La liste des Il FAUT s'allonge devant mes yeux comme la litanie des Saints à la veillée pascale. Envisager de me ronger les ongles, habitude perdue depuis 1996.

10 heures 42 : recevoir une notification de LinkedIn qui me dit qu'ON a consulté mon profil. Le coeur presque gonflé d'orgueil, cliquer et découvrir qu'une  (seule) personne, déjà de mon réseau a regardé mon profil. Dégonfler mon orgueil.

11 heures : recevoir une notification de Runtastic qui me dit de ne pas oublier de "prendre un moment pour moi" et d'enfiler mes baskets. Envisager d'enfiler mes baskets 2 secondes avant de fermement refuser de céder à cette énième injonction numérique. Avec les notifications automatiques, j'ai l'impression d'avoir 15 ans et un directeur de conscience sur les épaules. Niet. Je suis pauvre, mais libre.

11 heures 45 : m'habiller avec autre chose que des vêtements mous, reprendre visage humain et sortir déjeuner sans avoir trouvé de solution et sans avoir faim.

15 heures 15 : rentrer du déjeuner sans avoir trouvé de solution, sans avoir faim mais avec la ferme intention de FAIRE quelque chose. Ignorer le linge, la poussière, les papiers et le linge à repasser.

15 heures 30 : Envoyer deux mails de relance, proposer de prendre un café à un nouveau contact.

15 heures 45 : commencer un post de blog en forme de mise en abime de l'abime de mes pensées. Me rouler dans la désespérance et l'auto-complaisance vaguement ironique et faussement détachée, ça va pas plaire au banquier mais au moins, ça je sais faire.

17 heures : le téléphone sonne à 5 minutes d'intervalle. Deux rendez-vous à venir pour du boulot.

17 heures 05 : gonflée à bloc, reprendre le projet d'association, écrire 25 idées en 3 minutes, trouver 10 articles parfaits, plier le linge, trouver la recette du pesto d'ail des ours et le faire dans la foulée, embrasser enfants et prendre photo de la glycine sous le soleil.




mardi 28 mars 2017

10 distractions qui améliorent votre productivité


Jean-Daniel Lorieux via Man Repeller


Derrière ce titre de post qui témoigne de ma (trop) grande consommation de LinkedIn en ce moment se cachent toutes les choses qu'on ne peut pas faire au bureau et c'est bien dommage parce qu'en même temps ça ne nuit pas vraiment à la concentration ni à la quantité de travail abattu. Il faudra que je m'en souvienne quand je négocierai mon prochain CDI.

Me faire les ongles de pieds (si vous êtes un homme, se faire les poils du nez doit faire le même effet). En profiter pour continuer à travailler pieds nus.

Prendre mon ordi sur les genoux et me poser sur le bord de la fenêtre là pile où l'écran est à l'ombre et les doigts de pieds au soleil ;

Aller courir, marcher, faire une course, repasser 3 chemises, mettre du linge à sécher, bref toute activité vaguement ennuyeuse et répétitive propice à la réflexion ;

Terminer les BN (d'abord c'est vraiment des gâteaux pas du tout bons pour la santé. Il vaut mieux laisser le pain complet aux enfants, un jour ils me diront merci) ;

Travailler sans musique et la fenêtre ouverte jusqu'à me rendre compte que les oiseaux, les jardiniers, les chiens font un barouf d'enfer (ça s'appelle réhabituer ses oreilles au silence, qui donc, n'existe pas)  mais que ça ne rend pas pareil que les sirènes de police, les embouteillages et les téléphones qui sonnent ;

M'interrompre pour aller chercher le t-shirt blanc et les chaussettes de danse de Marguerite (dans le sac de linge sale), lui faire (avec amour) un smoothie lait mangue banane (qu'elle ne boira pas parce qu'elle préfère quand ils sont rouges) et lui donner une Pom'Pote et un pain (frais) avec du chocolat.

Ecrire dans mon lit en posant mon ordi sur le gros coussin ringard d'IKEA.

Faire une pause déjeuner de 12 minutes à 15 heures. Ou de 2 heures entre 11 heures et 13 heures. Quand j'en ai marre plus que quand c'est l'heure.

Aller déjeuner ou prendre un café avec plein de gens différents et ne pas parler de mon boulot, mais du leur ou bien alors de plein d'autres choses.

jeudi 9 mars 2017

English vocabulary : nudge


nudge BrE nʌdʒAmE nədʒ | coup m de coude, poussée vt (push, touchpousser du coude, donner un petit coup de coude à (accidentallyheurter (brush againstfrôler to nudge one's way through se frayer un chemin à travers [qch] à coups de coude IDIOM nudge nudge, wink wink ‹informal› tu vois un peu ce que je veux dire


Je me souviens de cette scène.
Il y a 8 ans.
Moi, un samedi soir, diner tranquille - bougies - champagne - serviettes en lin - lazy music, debout dans la cuisine, essayant de m'occuper pour échapper à un mal de tête lancinant pendant que Lucille et Perrine bavardaient l'air de rien. Et tout à coup, sorti de nulle part et certainement assez anodine au milieu de cette conversation légère d'un samedi soir d'automne bien gris et bien pluvieux, dans les vapeurs des légumes tout juste cuits, cette invitation à ouvrir mon blog à moi, à écrire tout ce qui me passait par la tête puisque c'était ça que j'aimais.
Je ne sais pas si ces  deux amies, qui à l'époque étaient encore surtout des copines, ont jamais réalisé quel détonateur elles ont été, quel verrou elles ont fait sauter ce soir là. Sans doute pas. On a beaucoup ri, beaucoup parlé pendant cette soirée - et c'est très bien comme ça.


Depuis, ce blog est né, a bien vécu, a connu des pics de visites, des grands messages d'encouragements de mes proches proches, des rencontres épistolaires et dans la vraie vie pour de vrai, des trous d'air et des soirées de grand blanc. Sans ligne éditoriale, sans SEO ni référencement ni backlinks ni rien de ce qu'on professe dans les grands messes digitales. C'est un exutoire bienvenu, un terrain de jeu, un cahier d'exercice et une gymnastique de plaisir indispensable. Rendu possible par un encouragement tombé à pic.



lundi 6 mars 2017

Exploration du territoire oublié



Quand on arrête de travailler, il faut se réhabituer au vide.
Dans les rayons des magasins, dans la maison, dans sa tête, dans ses poches, dans sa boite mail, dans son emploi du temps.

Réajuster ses yeux à la lumière du jour dans les rues de la ville (pas vues depuis des lustres), à la population (des nounous, des personnes âgées, des gens qui courent parce qu'ils sont en retard, des policiers qui font des rondes, le facteur, des enfants qui se chamaillent à la sortie des cours, des collégiens qui fument en se cachant pas vraiment dans la ruelle).

Se retrouver dans la rue à 15 heures 15 avec un chou fleur et deux baguettes tradition dans les bras. Plus un parapluie, un livre de poches et un pochon en papier avec deux trois bricoles dedans. Parce qu'on a eu l'idée à 15 heures 05, en passant devant le Monop', que ce serait bien de faire un gratin de chou fleur ce soir. Et que ça a fait comme un petit rebond dans le coeur, de se dire que "pour une fois je ne bricolerai pas un menu à 19 heure 43, debout devant le frigo avec Chica Vampiro en fond sonore." Comme un étrange sentiment de plénitude hérité d'une éducation pas très féministe quand on y pense.


(la suite)

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