jeudi 30 décembre 2010

Fermez la porte, s'il vous plait !





Hier sur la route, j'ai entendu que ceux qui sont nés en fin d'année avaient plus de mal à l'école dans les premières années parce que, comme qui dirait, qu'ils sont plus jeunes quand ils rentrent à l'école alors ils mettent plus de temps à s'y mettre, mais que heureusement, tout ça se résorbe à l'entrée dans la vie professionnelle.

Ouf, ça va rassurer Marie et Joseph.

Et aussi, dans la bouche d'une docte chercheuse interviewée par un journaliste réquisitionné pour assurer l'intérim entre les fêtes pendant que le titulaire se la dore aux Maldives, que les femmes culpabilisent toutes au moins une fois dans la journée selon un sondage machin réalisé pour le mensuel truc.
Peur de pas bien faire leur boulot, peur de rater le bus, peur que leurs enfants ne soient pas premiers de la classe, que leur maman n'aime pas leur gigot et de ne pas être assez sexy pour leur mari qui va finir par partir avec une jeunette si elles abandonnent leur Capture de Dior matin et Soir et les abdos fessiers le samedi matin avant les courses au Carrefour.
Et la docte chercheuse de donner son avis.
De regretter cette course à la perfection aux femmes.
De les pointer du doigt aussi.
C'est un peu de leur faute, tout ça, non ?
Elles n'ont qu'à lâcher prise.
Faire du surgelé, ou laisser leur mari habiller les enfants le matin.


Genre, il faut qu'elles culpabilisent de culpabiliser.
Yeah.
Bonne fin d'année, les filles, on n'a pas fini le voyage, moi je vous dis.




PS : crédit photo perdu. Je suis désolée. Je me sens un peu coupable, même. Désolée, je ne suis qu'une femme qui doute.

Cousins


On dirait qu'on se battrait.
Que le grand jouerait avec le pistolet mitrailleur du petit et que le petit achèterait exprès un ballon pour jouer avec le grand.
Et que les deux tatoueraient leur nom sur leur biceps saillant.
Certes, pas fort saillant chez le plus petit.
Et que les deux poseraient pour la photo avec fierté.
Avant de retourner se mettre en boule sur le tapis de l'entrée.

mercredi 29 décembre 2010

Et bien dansons maintenant


Sylvie Guillem est une danseuse bluffante. Un peu décalée parfois, mais bluffante. Cette vidéo n'est pas la plus évidente de toutes mais si on prend pas le temps de regarder ce genre de choses entre Noël et Premier de l'an, on le fait quand ?

Happy 29


Une vieille publicité Paul&Joe pour terminer (presque l'année)

mardi 28 décembre 2010

Contre jour


Sur la crête de la dune, le ballon à la main, les équipes s'organisent. Les très grands d'un côté, tous les petits de l'autre. Un pull de chaque côté pour faire la ligne d'essai.
On voit les mères qui arrivent et qui râlent parce que les jeans neufs vont être verts et puis elles laissent tomber en même temps qu'elles s'assoient dans l'herbe rase qui pique.
Il fait très froid, d'un froid qui mord les joues, mais les joueurs n'en ont que faire. Ils courent et crient et se jettent les uns sur les autres pour réussir le plus joli plaquage de l'année.
Les filles hurlent les noms de leur joueur préféré - qui change au gré des actions. Le jeu est illisible mais c'est pas grave.
Il fait très froid, d'un froid qui mord les joues, mais les chiens n'en ont que faire. Ils tirent sur leur laisse pour rejoindre le ballon et puis décident d'aller chasser le renard dans les trous de sable qui transforment la dune en gruyère.
Le ciel est bleu glacier et les nuages s'enfuient.
Il fait très froid, d'un froid qui mord les joues.
Mais je respire à m'en faire exploser les poumons.
Vent, embruns et goémon.

dimanche 26 décembre 2010

Tête de litote


Les Bretons sont les champions du monde de la litote.
L'understatement est un sport national élevé au rang d'art.
Là ou un méridional - exemple pris au hasard - se lancerait dans un récit épique pour décrire les mille couleurs d'un ciel changeant, la douceur d'un feu de cheminée et le raffinement de mets délicats partagés avec des amis, le breton marmonnera d'un air impénétrable un fort laconique "Ya pire".

Ce n'est pas du pessimisme, ni un manque de reconnaissance, ni la marque d'un esprit désabusé qui a tellement pris d'embruns sur la tête qu'il ne sait plus distinguer la différence entre un jour bof et un jour youpi.
Le Breton est un hédoniste.
Mais ça reste très intérieur.
Et non dénué d'humour.

Preuve, ce signe à l'embarcadère de l'île de Batz, un jour d'été gris et frais : "risque d'éclaircie".

Au quotidien, on peut être désorienté au début.
Mais on finit par s'y faire.

Cela n'a aucun rapport avec la photo d'illustration ?
Allez, faites un effort. Vous ne voyez pas que c'est là une exacte démonstration par l'inverse ?
Imaginez comment les publicitaires s'arrachent les cheveux pour faire des publicités locales.
Sans superlatif.
Sans sur promesse.
Un vrai exercice de style.


PS : une fausse pub créée par une agence brésilienne et qui a quasi fait le tour du globe. On peut la retrouver avec d'autres déclinaisons aussi réussies ici.

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