dimanche 7 juillet 2013

Chroniques de l'été : No kids, free time


My Little Paris



A l'heure où l'été sonne enfin à nos portes recouvertes de mousse et d'escargots, les parents confient leurs enfants à des monos à peine plus âgés  pour retrouver un peu de leur insouciance de jeune couple.

(il y a aussi l'option grands-parents, frère ou soeur ou bonne copine qui se sentent l'âme de chef scout option grande salade de pâtes et chips à tous les repas, peu importe)

Ils en parlent à tout le monde et se répètent des semaines à l'avance comme un avant-goût de paradis le planning de sorties programmées : ciné, expo, dîners chez les potes sans repasser à la maison, frigo vide et valises sous les yeux. J'oubliais les grasse-matinées, les soirées à l'autre bout de la ville sans contrainte de baby sitter "qui a un DS demain", les pots pris en terrasse comme ça au débotté à la fin du boulot avec les copines un peu délaissées et les voisins de l'open space.

Comme si 11 mois de frustrations intenses arrivaient à leur terme, un genre de carême version longue, son dolby surround.

Ceux qui ont des enfants les écoutent d'un air entendu et participent gaiement au programme des réjouissances qui finit par prendre une couleur bubble gum à l'acide, d'un spring break ambiance Projet X.

Ceux qui n'ont pas d'enfants les écoutent avec l'air un peu effrayé devant l'apparent soulagement de parents à se débarrasser de la prunelle de leurs yeux et cherchent dans leurs yeux la trace de l'immense plénitude de la maternité dont ils leurs rabattent les oreilles tout le reste de l'année.

Les enfants qui ont, comme de bien entendu, toujours une oreille qui traine (c'est de bonne guerre, leurs parents aussi crèvent de ne pas pouvoir lire les 600 SMS qu'ils envoient chaque jour à leurs copains) se demandent si ce rejet soudain de leur progéniture ne représente pas un puissant outil de chantage et de culpabilisation dès le mois de septembre arrivé sur fond de "de toutes façons tu ne m'as jamais aimé, regarde comme tu es content quand je ne suis pas là".






mercredi 3 juillet 2013

Let's pack


Middle Child Complex

Moi aussi je veux mettre en scène ma valise avec classe.

(Ca fera juste beaucoup de photos)
(Vraiment beaucoup)

Garance Doré

Brilliantly Cool


Indie Days


mardi 2 juillet 2013

Dans le métro




Ya deux gars rigolos qui montent dans la rame de métro avec un transistor qui crache la bande son de Macklemore. Ils commencent à raper en se jetant des regards complices. Après un moment, on se rend compte qu'ils rappent en arabe.

C'est absurde et en même temps irrésistible

Il y a un homme entre deux âges, accroché à la barre centrale à l'autre bout du wagon, et il ne peut s'empêcher d'esquisser un mouvement du bassin sous les yeux effondrés de sa femme, mais il s'en fout et il sourit.

Une jeune femme aux longs cheveux noirs, assise, est plongée dans un livre qui parle de Lacan, totalement indifférente aux rappeurs débutants à côté.

Une fille se marre et se pousse pour que l'un des chanteurs fasse un acrobatie à deux francs entre deux barres.

L'autre donne une petite tape de frère d'armes façon gangsta "yo bro', you're ma bro" à un petit gars blond qui sort de la rame avec un skate sous les bras

Après ils arrêtent le rap et passent au zouk pour passer dans les rangs et remplir leur casquette américaine de pièces. Ils chantonnent en ondulant entre les voyageurs.

La récolte n'est pas fameuse mais ça n'a pas l'air de les toucher tant que ça alors ils recommencent un bout de rap en attendant la station suivante. Là ils sautent de la rame et partent dans le wagon d'à côté.

lundi 1 juillet 2013

Page blanche



Allez, on vous donne ce cahier et ce crayon neuf.
Vous en faites quoi ?

Ecrire une liste de courses ou faire un dessin
Griffonner des dessins ou faire juste une croix

Jeter des mots au  hasard et attendre qu'ils forment une phrase

Le garder pour soi, le plier en quatre et le mettre dans sa poche arrière

Ou bien le semer à tous les vents


Ecrire le best seller de l'été (prochain) ou le prix Pulitzer de l'année
Une grande lettre à un être aimé, à sa grand mère ou à son enfant



dimanche 30 juin 2013

Top 10 des trucs de l'été qu'on aime



Carlotta et Rosita en Volvo


(A part courir sur la plage en riant à gorge déployée en pantalon blanc et t-shirt avec nos prénoms dessus bien sûr)

1. sortir de sa douche et plonger dans son placard pour en exhumer son short en jean. Le trouver, l'enfiler, même froissé (il était vraiment au fond du placard) avec un grand soupir de bonheur

2. prendre un verre, mettre des glaçons dedans et les entendre tinter

3. décider d'inviter des copains à un apéro à 18 heures un dimanche soir. Savoir qu'il va se terminer à 22 heures alors que demain ya école et n'en ressentir aucune mauvaise conscience

4. réveiller les enfants à 7 heures 58 pour un départ à l'école à 8 heures 15. Bourrer leurs poches de Pepito pour faire petit déjeuner

5. prendre un verre, verser de l'eau dedans, puis des glaçons, les regarder fondre quasi à vue d'oeil

6. lire les pages littératures de magazines qu'on ne regarde jamais l'hiver et faire une liste de tout ce qu'on va emporter sur le lit d'extérieur entre 14 heures et 16 heures quand il fait trop chaud sur la plage mais juste pile bien sous les pins

7. sortir le blender, souffler dessus pour enlever la poussière et penser faire des smoothies verts détox avec des épinards, de la menthe et du lait d'avoine.

8. décider que finalement les t-shirts tie and dye retour de Goa qui explosent de couleurs façon délire psychédélique c'est envisageable.

9. re-découvrir ses pieds, voire même finir par les aimer

10. décider que le vin rosé est une boisson acceptable dès 17 heures.




jeudi 27 juin 2013

On est des parfaites Plagista


Malicious Glamour

Avec ma copine quand on est en vacances on est comme ça.
On se maquille à mort les yeux, on bois du thé Earl Grey dans de l'argenterie, on mange un demi-pamplemousse en faisant des étirements et après ...



Vogue Covers As a Reason To Live


on change de maillot pour pouvoir plonger de 5 mètres tout en sirotant un smoothie plein de spiruline, de yuzu frais et d'ananas.
Tout ça sans jamais nous départir de notre regard intelligent et concentré.
Jamais
Avec ma copine on est des parfaites plagista.
Pas vous ?



(En vrai, je me bouche le nez quand je saute dans l'eau, j'adore les Pepito trempé dans le Twinings sachet mousseline, je vais jamais à la plage avec ma montre parce que je veux pas la rayer et je bois de l'eau. Mais je suis une vrai plagista quand même)



mercredi 26 juin 2013

Le livre




Ya foultitude de bouquins, de blogs, d'émissions de télé marrants et décomplexés qui expliquent the dark side des petits bébés, des petits bouts de gars et de filles, des minots qui entrent au CP et qui gravissent en sautillant (ou pas) les marches jusqu'au CM2. Pour les parents  c'est un échappatoire et un réconfort, ces témoignages grinçants de collègues qui aiment leurs enfants à en crever, au moins autant qu'ils rêvent de vacances, loi, si possible sur une île déserte interdite aux moins de 18 ans.

Mais lorsqu'arrive l'adolescence, finit de rire, on a juste le choix entre tous les manuels de doctes pédopsychiatres qui nous expliquent l'inévitable vérité : oui, cet enfant qu'on a porté (oui, même les pères portent même si ça se voit moins, quoi que), vu naitre,  nourri de bio et habillé en Bonton, qui criait sa joie chaque soir quand on franchissait la porte, devient un drôle d'étranger qui nous échappe.

Là les parents ne disent plus rien, ne partagent plus rien, ne rigolent plus en se tapant sur les cuisses
Ils sont trop occupés à se demander ce qui se passe entre chaque éclaircie où ils retrouvent leurs chouchous parfaits.
De quoi faire une littérature très poilante là aussi pourtant.


On pourrait reparler de cet étrange sentiment de retour (en arrière) :
des réveils nocturnes ( se lever pour aller les chercher à leurs soirées),
des lessives de linges à répétition (vêtements grands + coquetterie + accumulation de vêtements en tas dans coin de chambre qui tout à coup apparaissent au pied de la machine),
alimentation à la demande,
jet lag (confond le jour et la nuit),
difficultés de compréhension orale ET écrite (au profit d'un idiome compressé en mode Fast Forward)

(...)



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