jeudi 11 juin 2015

Don't mess with the Flo




Manifestement quand ils ont écrit leur dernier album, les Florence and the Machine avaient les nerfs.

Au milieu d'un océan de pop sirupeuse d'Europe du Nord qui nous appelle à faire la paix intérieure en mangeant des Krisprolls sans gluten, leur appel à une révolte un peu sale est finalement assez réjouissant et donnerait presqu'envie de rechausser des vieilles Converse pourries pour aller danser dans un garage aux fenêtres planquées sous des sacs poubelle.

Il parait que cet album fait un carton en plus.







mardi 9 juin 2015

Loin de la foule déchainée : ça Coco c'est du Mélo





Si vous aimez les films avec des super héros en collant moulant, les scènes de bagarres et de course poursuite, les caractères bien trempés, la testostérone en tube, les rebondissements incessants et les mises en scène sous acide qui décollent les rétines, alors passez votre chemin.

Si vous aimez l'accent anglais, les histoires d'amour contrariées, les femmes fortes et fragiles à la fois, les hommes fragiles et en même temps forts, les travaux des champs gais comme une vie au grand air sublimée, les costumes de la fin du XIXème subtilement remis au goût de jour et les grandes chevauchées débridées dans une lumière rasante de fin du jour, alors ce film est pour vous.










lundi 8 juin 2015

Amitié Franco-Allemande


500


Accroché à la barre du métro, il répète pour la troisième fois en articulant chaque syllabe pour être sûr d’être compris malgré le tunnel : « j’ai quatre corres’ et je ne sais pas quoi en faire », puis raccroche, dépité.

Quatre correspondants allemands plus précisément : haute taille, blondeur et sac à dos, deux garçons, deux filles, qui regardent le panneau de la ligne et essaient de lire les noms de stations en pouffant. Comme toujours, il y en a un (une en l’occurrence) qui joue les interprètes pour les autres. La question semble être de savoir quelle sera la prochaine destination. 
En face, trois Français. Celui qui appelle au secours au téléphone et ses deux acolytes, à peu près aussi mal à l’aise et perplexes de devoir partager ainsi une fin d’après midi de juin avec des jeunes atterris depuis deux jours dans leur classe et qu’ils doivent se coltiner dans un Paris tout à coup très estival. 

Ils ont le même âge, sensiblement les mêmes traits et la même silhouette, portent des baskets et un jeans. Et pourtant on les distingue sans peine. Pas la même façon de se tenir, pas le même délavage de jeans, pas les mêmes baskets ni la même coiffure. De chaque côté, on sourit pour marquer sa gêne, on parle très vite dans sa langue maternelle pour ne pas être compris par les autres et on échange dans un drôle de mélange de français, d’allemand et, évidemment, d’anglais. Un anglais qu’on s’applique à mâtiner d’accent yankee parce que d’un côté du Rhin comme de l’autre, la quintessence du cool se trouve plus à Big Apple que dans le Dorset.

On les regarde se dépatouiller de cette situation pas ordinaire et on se dit qu’une fois de plus la Tour Eiffel et les demi journées de cours partagés feront moins pour les rapprocher et leur donner enfin des sujets de conversations que le dernier titre de Beyonce passé à fond dans le car qui les emmène au Château de Versailles ou la finale de la Ligue des champions qui se joue ce soir là à Berlin.




mardi 2 juin 2015

Mou comme beige


Carolyn Sewell


"Faire plaisir à tout le monde est le plus court chemin vers le beige"

jeudi 28 mai 2015

Un week end en pente douce





Ca lui trottait dans la tête depuis un moment. 
Rassembler ses frères, ses belles soeurs, ses cousins et ses cousines pour un week end. Retrouver un peu de cet esprit de famille dans lequel elle avait été élevée et que les années, les kilomètres et la vie tout bêtement avaient rendu un tout petit peu pâle. 

(La suite après le saut)

mardi 19 mai 2015

Apesanteur


Garance Doré
Cannes. Ses films d'auteur, ses scénarios torturés et son marché du film sous tension avec producteurs à gros cigares et attachés de presse perchées sur talons de 12.

Cannes et son dress code sur tapis rouge et autour. Les shorts des touristes, les pilotis des jeunes filles en mal de hauteur.

Cannes et ses seins.

(la suite après le saut)

lundi 18 mai 2015

Photomathon

Jessica Vintage


Je voudrais comprendre ce qui passe par la tête des cadres de Photomaton quand ils décident, contre toute logique, de ne rien faire pour rendre leurs clients beaux en photos. Pis, on dirait que ça les amuse de  travailler sur des filtres enlaidissants.

J'imagine la réu de brainstorming :
- attendez les gars, on va prendre le contrepied d'Instagram et de ses filtres flottants façon BB Cream. C'est complètement démodé ce truc, dans 6 mois on n'en parlera plus. Nous on va frapper un grand coup avec notre nouveau filtre. Pensez cinéma d'auteur, les frère Dardenne, Lars Von Trier,
- ah ouais, les Ch'tis à Ibiza avant Ibiza, Dunkerque et Deneuve.
- C'est ça. Les gens en ont marre qu'on leur mente, ils veulent de la vérité. Notre nouveau filtre, c'est vous, c'est moi mais en plus vrai : je rajoute des rides, des cernes, je flotte le contour du visage pour le rendre bien saut du lit. Tout le monde va adorer, c'est le succès assuré.
- T'es trop fort, allez, on y va

(et le pire c'est qu'ils l'ont fait et qu'aujourd'hui, à travers la France, des gens heureux rentrent dans la cabine pour se faire tirer le portrait.
C'est pas rien ce portrait, il va orner 10 ans leur passeport, à vie leur permis de conduire, 3 ans leur carte de famille nombreuse, 15 ans leur carte d'identité. Le genre de photo qu'ils vont sortir de leur portefeuille 10 000 fois, qu'ils montreront à des tas de gens. Le genre qu'ils n'ont pas envie de louper. Ils regarderont le modèle de la fille canon du modèle, avec sa peau toute lisse et sa tête impassible nickel. Ils se diront qu'ils auront bientôt la même. Et après 5 minutes regarderont dépités leur trombine sur l'écran de contrôle en se disant qu'ils ont drôlement besoin de vacances, non ?)






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