Je ne m’appelle pas Véro-geek
NON. Je ne vous parlerai pas de l’iPhone, ni de Facebook, ni du Web3, ni d’Apple, ni de téléphonie mobile.
D’abord parce que j’ai tout vu, tout testé : j’ai dîné à Las Vegas avec Steve Jobs, bu une Caïpirinha aux Maldives avec Bill Gates, et Mark Zuckerberg (*) m’a demandé d’être son Friend – j’ai refusé, avec 468 amis sous mon profil, je joue à guichets fermés.
Et puis de toutes façons, ya aucune couleur de Pomellato assortie à l’iPhone.
Rappelez-vous, je suis une fille (donc) futile (et donc) étanche à toute sollicitation exprimée en giga octets ou en méga pixels.
Je laisse avec grand plaisir les tableaux comparatifs et les grands articles de fond aux vrais fondus.
Moi ce que j’aime, c’est qu’on me parle avec des vrais mots. Pas des borborygmes d’entreprise : la performance, la sécurité, la fiabilité, m’endorment profondément.
Non pas tant parce que je ne trouve pas ça important.
C’est juste que je voudrais que ça tombe sous le sens.
Qu’on puisse enfin se concentrer sur l’accessoire, le petit truc en plus, le ludique, l’outil qui ne sert à rien fondamentalement mais qui change tout.
Prenons un exemple concret : un manteau neuf c’est comme un manteau vieux – ça sert à avoir chaud quand il fait froid. Et pourtant, tout est tellement plus chouette avec ce manteau neuf : on en serait presque content que le thermomètre frôle les 0°C.
Et réfléchissez-y 5 minutes, ça marche tout pareil avec les sacs à mains, les mobiles, les lecteurs mp3 et les tondeuses à gazon.
Je ne vais pas faire ma Cosette, mais franchement déjà qu’on rigole pas tous les jours, alors si c’est pour appliquer aux loisirs les mêmes règles « d’optimisation de performance » qu’à la sélection de son imprimeur/agence/collège, alors je dis non.
Amis constructeurs pensez à nous !
Faites-nous des petites merveilles de technologie hyper solides, fiables, garanties sans bugs, qui s’installent (pour de vrai) toutes seules et qui s’utilisent (vraiment) sans mode d’emploi.
Comme ça on pourra passer des heures à se demander s’il vaut mieux prendre le jaune ou le rose et lequel fera le plus baver les copines. La vraie vie quoi
(*)l’homme qui a créé Facebook - vous ne saviez pas ça ?
PS : cet article est paru en 2008 dans le magazine DigitalWorld (aujourd'hui on line http://www.digitalworld.fr/).
dimanche 23 novembre 2008
samedi 22 novembre 2008
Confession

J'ai un aveu à faire.
Je sais, ça va vous choquer.
C'est pas facile.
En même temps, il est temps que j'assume la vérité et que je me montre telle que je suis, sans fard ni paillette.
J'utilise des mouchoirs en tissu.
Pour me moucher.
J'adore ça depuis toujours. J'en ai toujours un dans mon sac. Et si jamais je n'en ai pas, je me sens toute nue.
Bientôt je serai un dinosaure. On me mettra derrière une vitre anti intrusion. On me mettra à l'index - moi et mes microbes. On me montrera du doigt en me taxant d'irresponsable agent de propagation des maladies.
Chance, je pourrai me faire de nouveaux copains à l'amicale du snif : tous plus de 70 ans, cacochymes, tuberculeux et qui sentent fort l'aqua velva et l'anisette pacific (celle sans alcool).
Même pas mal. J'adore l'idée que je suis encore plus en avance que les plus écolos des écolos. Prêts à laver les couches de leurs lardons (beurk beurk beurk), à laver leur linge sans lessive, à manger des légumes non épluchés, à louer des poules pour avoir des oeufs frais et à ne pas se raser sous les bras.
Mais qui jamais jamais ne se vantent d'utiliser des mouchoirs en tissu.
De la légèreté de l'être

Mon déjeuner idéal est composé d'une soupe de petit pois menthe-salade de boulgour-fruits secs-smoothie-clémentine-Contrex.
J'aime les frites. Les frites avec du ketchup mais pas avec mayo.
Et le Nutella.
J'ai vu Picasso au Grand Palais et j'ai mes billets pour Andy Warhol.
Je n'envisage pas une seconde de prendre une carte Velib pour rouler à Paris en vélo
J'ai un iPhone et je trouve ça top.
Je porte des low boots, des converses et des ballerines, des 12 cm et du plat, des jupes trop courtes et des robes trop décolletées. Et des jeans et des t-shirts informes.
Je ne me maquille pas tous les jours et certains soirs je ne mets pas de contour des yeux avant de me coucher.
Je ne manque pas, une fois par semaine, de faire le tour des magasins de ma rue pour bien faire le tour de tout ce qu'il ne faut pas acheter : un gilet en lapin, des bottes de motardes basses, une tunique à carreaux, des leggings en vinyle et des escarpins vernis jaunes. Parce que je suis une épouvantable snob.
AGA a écrit un article quasiment sur moi dans le dernier ELLE . Elle a vraiment compris que ma vie n'était pas facile. Oui, je sais, ça vous énerve car vous venez juste de jeter votre Elle pour passer à celui de la semaine prochaine. Car vous lisez Elle, je ne fréquente personne qui ne lit pas Elle. Ou au moins GQ.
J'habite à Paris depuis plus de 20 ans, j'adore ça, mais je ne suis pas parisienne. J'adore m'habiller mais je ne suis pas une fashionista. Même si je porte des Wayfarer en lunettes de vue - le WE parce qu'au boulot je les assume pas. Je sais qu'on peut vivre très bien sans Wayfarer, sans Elle, et sans Paris mais je préfère avec.
Je sais que les Panais sont des légumes, pas une tribu d'Amérique centrale dont la survie est menacée par la déforestation. Et j'aime bien ça.
Je roulerais bien en Range Rover et je fais mes yaourts bio dans ma yaourtière.
J'aime mon jardin, surtout parce que ce n'est pas moi qui tond la pelouse, taille les rosiers et arrache les mauvaises herbes.
Je ne penserai pas que ma vie est ratée si je n'ai pas de Rolex à 40 ans mais si je n'ai pas de Cartier Tank, si.
J'ai déjà eu des poux. Plein de fois. Ca finit toujours par partir.
J'aime bien raconter des histoires, enjoliver la vérité, me faire des films, prendre l'enfant malheureuse qui est en moi sur me genoux pour la consoler, trouver que Clive Owen est mieux quand il bouge dans ses films que sur les photos.
Je ne mets pas toujours de points à la fin des phrases.
Je parle trop et après je regrette. Ou non. Je me dis que je n'ai pas dit l'essentiel.
J'aime bien les slogans, les phrases qui claquent, les bons mots et les calembours comme ceux de Coco (ah oui, j'ai bien aimé Coco aussi), et les éclairs de mots.
Et pleurer quand je lis. Et chanter dans ma voiture et me déhancher dans les allées du Monop en poussant mon Caddy.
Et être fière de mes enfants, de mon mari, de ma famille, de mes amis comme j'aimerais être fière de moi et le leur dire. Ca vous parait compliqué ? Mais non, relisez la phrase, c'est limpide.
Je n'ai toujours pas réservé d'hôtel à New York. Oui bien sûr - évidemment, on part à New York au printemps. Pas vous, je sais, on est le derniers à le faire.
Je suis prévisible, conformiste et foutraque. Egoïste et pleine d'amour. Superficielle aussi. Je vous raconte tout et je ne dis rien. La preuve, j'écris un blog.
Photo : j'ai trouvé la photo sur un blog bizarre en en cherchant un autre. Je ne mets pas le lien parce que c'était vraiment bizarre. Mais j'aime bien la photo.
vendredi 21 novembre 2008
Hey Hugh !

Si j'étais chroniqueuse/journaliste dans un grand magazine de mode français avec un nom qui commence par E, alors j'irais interviewer Hugh Coltman.
Je le remercierais de mettre du soleil le matin dans mes oreilles entre Saint Lazare et Grands Boulevards avec "you could be trusted".
Je lui dirais que par sa faute, je ressemble aux chiens à l'arrière des R12 en attendant le feu vert devant le Starbucks (oui, c'est ça, tête en haut, tête en bas - le poil soyeux entre les deux yeux en moins).
mercredi 19 novembre 2008
Mauvaise langue
L'étoffe des héros

"Le groupe Kimberly-Clark lance un mouchoir tueur de virus sous sa marque Kleenex. Ce nouveau mouchoir Kleenex Anti-Viral est présenté comme étant capable d'éliminer en 15 minutes 99,9 % des virus de la grippe et du rhume. En effet, ces virus peuvent survivre habituellement plus de 48 heures dans un mouchoir classique. Kleenex Anti-Viral comporte quant à lui trois couches dont une contenant une formule anti-virale." (marketing magazine newsletter 18/11/2008)
Moi je dis vive le marketing de l'offre !
Quand on y pense, on vit dans un monde si inhospitalier, avec toutes ces petites bêtes qui nous narguent avec leurs yeux narquois et leurs poches remplies de virus qui vont nous sauter à la figure. Heureusement que Kimberly-Clark a en réserve toutes une armée de produits super héros. Allez, Batman retourne te coucher. Ton heure est passée
lundi 17 novembre 2008
GRRRRR !
Il est des lundis soirs comme des retours à l'âge de pierre.Sur le quai, nuée d'humains fatigués, bougons, pressés et le front plissé.
Bousculade et embirlificotage pour atteindre la voie 7 (pourquoi la 7 ce soir alors que normalement c'est toujours la 9 ou la 11 ?).
Voix monocorde et insensible au chaos qui égrène les annonces de départs retardés / annulés / du haut de sa tour de contrôle invisible (mais où se cache-t-il ?)
Trop de monde pour s'asseoir dans le train et personne qui bouge pour s'avancer dans l'allée et soulager la pression près des portes
Jeune mère égarée avec énorme poussette - hagarde à l'entrée du wagon et tout pleins d'yeux qui ont subitement très envie de regarder leurs chaussures - dès fois qu'il faudrait l'aider.
Mal embouché qui peste à haute voix contre ces "mères de famille irresponsables qui ont le temps et pourraient prendre les transports aux heures creuses plutôt que de nous poursuivre avec leur marmaille hurlante au nez qui coule".
Re-yeux sur les chaussures. Un peu honteux quand même.
Nuit subite dans le train et attente. Attente.
Attente encore.
Voix monocorde qui annonce l'annulation du train de 19 heures 57 en voie 7 mais annonce le départ imminent d'un train pour la même direction 8 voies plus loin.
Marée humaine qui se lève comme une Holà pas gaie pour courir voie 15 histoire d'avoir peut-être une place assise cette fois ci.
Ouf. Assis dans le train.
Tout le monde se perd dans son livre, son magazine, ses pensées, le volume maximum de son iPod branché sur Eminem-meets -les-Tambours-du-Bronx.
Voisin d'en face pas grand mais avec grandes jambes qui prennent toute la place - jambes largement écartées. Est-il vraiment concevable que je place mes genoux dans l'espace béant ou bien alors je me plie en 12 pour faire disparaître cette situation qui ne gêne que moi ?
Départ.
Ouf.
Une onde de soulagement légère mais tellement bienvenue parcourt la masse des voyageurs amassés comme des sardines en boite non calibrées d'importation -huile comprise .
Gare d'arrivée.
Bousculade pour sortir.
Revoilà la jeune maman. Avec sa poussette devant les escaliers. Bien embêtée. Qui prend toute la place et augmente la bousculade.
Re-mal embouché qui peste à haute voix contre ces "mères de famille irresponsables qui ont le temps et pourraient prendre les transports aux heures creuses plutôt que de nous poursuivre avec leur marmaille hurlante au nez qui coule".
Jeune femme qui propose son aide pour porter la poussette. Grosses baraques qui passent devant - même pas honte.
La sortie. L'air frais du soir. Le téléphone qui sonne "T'es où maman ?".
Sourire.
Crédit Photo : Henri R.
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