jeudi 9 septembre 2010

One day in Paris

11 heures 12 dans le train.
Derrière, deux français ont proposé à un couple d'amis américains de passage de leur faire visiter Paris. Au programme : le Sacré Coeur, le Moulin Rouge, la Place du Tertre et les Champs Elysées. C'est marrant, ils leur montrent pas la porte de Clichy ?
A côté, deux jeunes encostumés échangent sur leur condition de jeune diplômé en recherche d'emploi. Manifestement, leurs études sont tellement techniques qu'ils ont du mal à trouver des offres "Si encore je cherchais un boulot de webmaster, ça serait facile, mais là...."



On arrive à la Gare. Le train ralentit et tout le monde se lève comme un seul homme.
Les américains et leurs amis se dirigent vers la sortie. Chouette, je vais voir quelle tête ils ont. Ils sont tous les 4 en jeans et en Converse. Ah, mondialisation quand tu nous tiens..


Premier arrêt devant les montres. la Baby G-Shock - star de la cour de récré - est à 170 Euros. Ca fait combien d'heures de baby sitting pour les filles ça ? On appelle ça une carotte.


Plongée américaine au Printemps. Sauce Newman et ketchup Dean and DeLucas. Miam.


Uniqlo. Un couple fait les courses pour habiller Monsieur qui a besoin de "fringues pour le taf". La jeune fille essaie de vendre cette veste en molleton à son amoureux. "Heu, t'es sûre ? Une veste en jogging ? Je crois pas non. Déjà que je peux pas mettre de chemises à carreaux".

Je cherche une chemise homme, blanche, taille L, coupe étroite - soit l'équivalent d'un gilet camel taille 38 chez la fille. ou d'un sandwich jambon beurre dans un bistrot ou d'un litre de lait demi-écrémé chez Franprix.
Mon prof de marketing appelait ça un produit PULL. De ceux qui vous feraient changer de magasin juste parce qu'il sont en rupture de stock. (par opposition au produit PUSH, qui lui doit vendre sa mère pour être acheté tellement on peut s'en passer. mais je sens que je vous perds, là, non ?)

Je ne trouve pas.
Tant pis. Je repose les autres articles et je ressors les mains vides. CQFD. Les théories marketing ont du bon parfois.


Zara. A 11 heures 58, je tombe nez à nez avec cette paire de bottes, probablement fruits des amours d'une descente de lit IKEA et d'un bottier espagnol.
Je fais mine de regarder mes mails pour les prendre en photo sans me faire huer par un des jolis vendeurs déguisés en serveurs de trattoria (pantalon noir, chemise noire, ceinture noire, cravate noire).
Toute à ma transgression des règles du magasin, j'oublie de regarder le prix. Dommage.

j'achète un pantalon kaki slim en taille 34 pour Jeanne. Il est tout rapiécé. Sa grand-mère va lever les yeux au ciel devant le peu de métier de ces couturières même pas capables de faire des reprises propres et invisibles.
Et une chemise blanche taille L coupe slim. Gracias !
Et une chemise sans col en chambray bleu pour moi.


12 heures 45. Dans le métro ligne 9, une dame se bouche le nez.

13 heures, j'attends Karine.
Une plongée dans le Chirachi saumon plus tard, je sais tout de la boite.
Je suis prête à y retourner.
Ah non ? Je suis obligée d'attendre janvier ? Bon, OK, je fais un effort.
Je la laisse sur le trottoir et je retourne vers le métro (oui, vous aussi vous avez déjà détesté cette collègue qui vous quitte après un long déjeuner tranquille pour aller faire les boutiques alors que vous avez une reco à écrire).

14 heures 15 dans le métro.
C'est vrai que c'est bof, le métro.
C'est une heure creuse. Aucune conversation à écouter.
Pffft.

14 heures 45.
Chérie, tu devineras jamais où ils m'ont collé au magasin cette semaine.
...
A côté d'un atomiseur multicolore plus grand que moi.
...
Je te jure que j'ai arrêté de boire. Pourquoi tu ne me crois pas ?


14 heures 55. Repérages chaussures pour Adèle. C'est pas bête.


15 heures 05. Je me la pète sur le quai avec mon Latte Tall Decaf de chez Starbucks. Et je me brûle les doigts.
Sur le chemin du retour, j'achète une épaule d'agneau, deux baguettes de meule et je cours sous des trombes d'eau pour retrouver les devoirs de Maths et la poésie "toujours et jamais".

mercredi 8 septembre 2010

Je suis sûr que c'est grave

(encore un personnage fascinant)

Selon l'appli Dictionnaire du Mac, l'hypocondrie, ça donne ça :
hypochondria |ˌhīpəˈkändrēə|
noun
abnormal anxiety about one's health, esp. with an unwarranted fear that one has a serious disease.
ORIGIN late Middle English (in the Greek sense): via late Latin fromGreek hupokhondria, denoting the soft body area below the ribs, fromhupo ‘under’ + khondros ‘sternal cartilage.’ Melancholy was originally thought to arise from the liver, gallbladder, spleen, etc.



Mais ils ont rien compris.
Moi je sais ce que c'est un hypocondriaque. Je suis le maître étalon de l'hypocondrie. C'est même le nom de mon chien.

Je connais le Vidal par coeur. Le plus beau jour de ma vie c'est le jour où j'ai pu mettre la main sur un Vidal de professionnel - pas la version édulcorée réservée aux patients - bourrée d'inexactitudes. Non, moi j'ai le vrai. Celui de 2010. Le gros rouge avec ses feuilles toutes fines et son odeur d'apothicaire. J'adore.

Mes maladies on toujours un nom compliqué. Même quand c'est un rhume. Surtout si c'est un rhume. D'ailleurs un rhume, ça n'existe pas. Encore une vulgarisation inacceptable de symptomes qui en s'additionnant, pourraient conduire à une maladie léthale.

Je n'ai pas pris de Clamoxyl depuis 1993, le jour où les antibiotiques à large spectre ont été commercialisés.

J'ai une Carte Vitale Gold
A cause de moi la mutuelle de ma boite augmente ses tarifs tous les ans de 5%. Je fuis le DAF de ma boite de peur qu'ils ne me dénonce aux autres salariés.

Je sais mieux que mon médecin ce que j'ai. D'ailleurs il me demande mon avis avant de rédiger l'ordonnance.
J'ai été brièvement marié à un médecin. je pensais que je tenais là, la solution à tous mes problèmes. J'ai divorcé parce qu'elle ne me prenait pas au sérieux.
J'ai été délégué médical pendant deux ans mais j'ai arrêté parce qu'il y a trop de microbes dans les salles d'attentes. Et je passais trop de temps dans le cabinet des praticiens.

Les journalistes de l'Express m'appellent avant de publier leur classement des meilleurs hôpitaux de France.
Mon pharmacien a calqué ses dates de vacances sur les miennes.

Je suis un über-hypocondriaque.
Et je ne changerai jamais. C'est comme ça.


PS : un vrai livre en vente sur Amazon, découvert sur This isn't happiness.

mardi 7 septembre 2010

Bulle de paresse







Le blog des paresseuses est un site qui s'adresse à toutes les femmes d'aujourd'hui.
On y trouve des recettes de cuisine, des exercices de gym, la liste des légumes et fruits à consommer en septembre et des critiques de livres. Des dessins de Soldedad aussi (mais pas que) et des idées de sortie, des restos originaux.
Un vrai sac de fille en quelque sorte.
Le site fait écho aux guides pratiques des paresseuses qui sont écrits pour rendre la vie plus facile, plus jolie et plus marrante.
Et elles ont aussi fait une collection de vêtements vendus chez Monop et de la papèterie. (pour des paresseuses, c'est pas mal, non ?)

Aujourd'hui le blog lance un concours pour que ses lectrices racontent quelles sont leurs bulles de paresse, vous savez ces petits moments suspendus qui sont comme des petites touches de miel dans un quotidien sans beurre ni brioche.
De ces éclairs quotidiens qui font sourire dans le lit le soir.

Je n'ai jamais rien gagné aux concours (même les distributeurs de boisson de Las Vegas refusent de me donner du Coca, c'est dire), mais je n'ai vraiment pas envie de m'y mettre ce matin.
Et puis, cette question me titille.
Voilà ce que je leur ai répondu...


"Chères paresseuses,

C'est avec grand plaisir que que je participe à votre concours.

Ma vie n'est qu'une suite de bulles de paresse.
Tenez, en ce moment même je suis assise devant mon Mac. En fond sonore, le lave-vaisselle et sinon rien. Rien que moi et les touches du clavier. Et ça, ça vaut de l'or.
Dans 10 minutes ou dans une heure, ma dernière née va se réveiller et je vais aller la chercher, la changer, l'habiller et la parfumer. Et ça c'est de l'or aussi.
Ensuite, je vais partir travailler et battre le pavé. Et ça c'est de l'or.
Après je retrouverai mes autres astres, juste avant que leur père ne rentre, harassé, et que l'on se raconte nos journées à la petite lumière de la cuisine. Or, grand or.

Le reste, les devoirs, les courses, la CAF et la queue à la Poste, le ménage et les entretiens qui ne servent à rien. C'est ce qui rend le reste Or.

(Je vous rassure immédiatement. je ne suis pas la réincarnation d'un bonze tibétain dans le corps d'une femme de 40 ans avec 4 enfants de 5 mois à 13 ans, un congé parental payé une misère, un corps post partum qui a besoin d'une sérieuse reprise en main alors même que le placard est rempli de goûters. Ce que j'inaugure aujourd'hui et grâce à vous est une nouvelle technique de survie. "La bulle de paresseuse attitude". je vous dirai si ça marche. Bientôt)

Je vous embrasse confraternellement

Véronique "

lundi 6 septembre 2010

Aujourd'hui c'est le jour pour


Aller jeter un oeil effaré sur le site qui suit à la loupe la vie de Carine Roitfleld et de ses enfants. LA Roitfeld comme on dit est la directrice de la rédaction de Vogue. Notre Anna Wintour en quelque sorte.
Et elle a deux enfants assez grands et assez beaux pour attirer les photographes comme un bon pot de miel de châtaigne les doigts poisseux d'enfants à 4 heures.
Le blog est écrit par une anonyme, Kellina - fascinée par cette néo-famille royale.

Et on se demande jusqu'où on va aller comme ça ?


Se réconcilier avec la vie en recopiant des recettes de BabyCook et en regardant la bande annonce du film de Guillaume Canet "les petits mouchoirs" (ici) et le making of ().


pS 2 : Crédit photo : When I grow up

dimanche 5 septembre 2010

chouette, une nouvelle semaine


Vivement le wek end prochain pour :

se lasser (encore) des émission télé culinaires et mettre la main à la pâte avec des recettes bricolées
arracher les mauvaises herbes et collectionner les photos de design
ramasser les noisettes et cueillir les premières grappes de raisin
faire un concours de calembours pourris à table
recouvrir les livres d'école et écrire les noms sur des étiquettes neuves avec des majuscules calligraphiées
manger du chocolat noir avec des petits beurres
regarder Adèle faire du playback sur Flashdance, Henri des solos de air guitar et Jeanne les mettre en scène sur photobooth
goûter avec des copains en parlant de tout et rien et échanger des photos des vacances
zapper d'un match de foot à un dessin animé à un film avec Jennifer Aniston à un talk show avec Ardisson avant d'éteindre et de prendre un livre finalement.
essayer le Babycook et trouver ça super bon



PS : crédit image Do Fun Stuff, un album de musique pour enfants pas gnangnan qu'on peut écouter ici avant de l'acheter sur iTunes pour aider à la recherche contre le Syndrome de Smith-Magenis. Via Design Mom.

vendredi 3 septembre 2010

C'est l'histoire d'un ours...

Une publicité follement gaie, amusante, bluffante.
Vous savez, de celles qui vous font regretter de ne pas être publicitaire.


Bravo Buzzman.
(Et merci Perrine pour le lien. C'est malin, j'étais décidée à travailler ce matin)

jeudi 2 septembre 2010

C'est parti


Le petit garçon tout fiérot qui part à l'école avec lunettes de soleil de mac et sa casquette de base ball même si c'est interdit mais juste pour montrer à ses copains ses trouvailles de l'été (et pour faire rager ses grandes soeurs qui trouvent ça laid)

Le chemin où on marche à pas mesurés. Pas trop vite pour garder encore un peu l'illusion des vacances. Pas trop lentement pour ne pas retarder le moment des retrouvailles.

Le brouhaha de la cour de récré.

Les parents aussi contents de se retrouver que les enfants et les banalités tellement délicieuses à s'échanger.
"les vacances c'était super, la rentrée un peu dure. C'est bien qu'ils rentrent, ils retrouvent leurs copains, c'est vrai ils commençaient à s'ennuyer sinon et puis, c'est comme pour tout, les bonnes choses ont une fin et puis nous aussi on a bien besoin de souffler, on les aime mais ça fait du bien de ne pas les avoir dans les pattes"

Les jeunes mères avec poussette qui ont habillé leur bébé comme pour un mariage pour faire les belles devant les copines.

Et puis, dans un bruissement de voix, l'arrivée du Directeur et "du corps enseignant". Ses mots de bienvenue qu'il déroule - diction impeccable mots choisis - même si personne ne l'écoute

Et enfin, l'appel des noms.

Le visage tendu des enfants et le coeur serré des parents.

Ca y est, c'est à nous. C'est qui la maîtresse déjà ? Et qui a déjà été appelé ?
Ouf, ça va, tu es avec Charles ! Et Joséphine aussi.

le regard échangé avant de partir, ça y est, il s'en va de dos, le cartable de 2 tonnes sur les épaules, pendant que le Directeur continue.

La maîtresse qui compte ses petits. Le départ en rang vers la classe et cette petite main qui s'agite juste pour nous.

On se retrouve tout bête sur le trottoir.




PS : Crédit photo Design is Mine.

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