lundi 14 mai 2012

Seamless



Il y a des jours qui prennent plus de place que d'autres dans la mémoire.
Des jours lumineux et doux dont on ne gardera que quelques clichés pas forcément réussis malgré l'armée d'appareils photo sur les tables.
Où miraculeusement tout semble se mettre en place sans accrocs : le ciel sans un nuage, le repas, les conversations qui rebondissent sans efforts.
Avec des enfants qu'on manque d'oublier avant de les voir surgir comme des diables, la bouche barbouillée et l'air hilare.
Et des ados qu'on ne voit pas tellement plus que d'habitude (ce qui est plutôt bon signe)
Sans effort.


jeudi 10 mai 2012

e-Avé



Avant on disait "Allo"pour commencer les conversations téléphoniques.
Ou bien on déclinait son nom, sa fonction, le nom de son entreprise.
Une introduction neutre, entrée en matière générique qui permettait - comme dirait les anthropologues - d'initier le contact.
Bonheur et confort de normes sociales immuables.

Aujourd'hui, on ne reçoit plus d'appels, on prend en communication une personne déjà identifiée par son numéro, son nom ou même sa sonnerie de téléphone.
Alors, à l'eau "Allo" et bonjour "oui, ma poupoune ?" "ah, bonjour Mercier, j'attendais votre appel" voire un direct "oui, je sais je suis à la bourre mais je suis presque là" ou bien encore "téou ?"

Par mail, par messagerie instantanée, par SMS, c'est encore une autre histoire. On n'a jamais autant écrit et pourtant on n'a jamais su aussi peu comment commencer les conversations.

On se retrouve à appeler à l'aide l'Esprit Saint et ses vertus polyglottes. On donne du "holà" et du "Buon Giorno", ou bien encore du "Kenavo" quand on rentre d'un week end en Bretagne (alors que tout le monde sait que ça veut dire au revoir - enfin non, pas tout le monde manifestement)

"Hello" reste la valeur sûre. Pas guindé sans être trop familier, raisonnablement cool mais quand même poli. Une alternative sans cravate au bonjour qui sent la poignée de mains franche et le contact un chouille formel.

On cherche, on hésite, on tricote, on bricole et on rafistole pour s'adapter aux situations et aux interlocuteurs.
Et on se prend parfois à regretter l'Allo.

mercredi 9 mai 2012

Tapis Rouge





Exercice de style numéro un de la star(lette), le tapis rouge est devenu une tarte à la crème des magazines. Pause avantageuse, moue et gaine spandex, les photos ont souvent le goût du papier glacé et l'odeur des panneaux super logotypés devant lesquels elles sont prises.

Celles de Jamie du blog from me to you (en photo ci dessus) sont elles délicatement vivantes et incarnées. On peut y sentir le vent frais sur les épaules dénudées, on y voit le détail de chute de rein et des décolletés ravageurs, et surtout on touche du doigt tout ce qui se passe en dehors de ces moments de pause, figés devant le mur de photographe. Toute ces foule et cette effervescence concentrés en un même endroit dans un temps si court.

Enjoy !

Time to Bich


The Fancy


"J’ai aussi ces chaussures de chez Bootleg, une boutique à Austin, que j’adore. D’ailleurs, je les ai réparées tant de fois avec du scotch que la dernière fois, quelqu’un m’a demandé si c’était du Margiela… J’ai éclaté de rire !"


(Alessandra, chroniqueuse du women's wear daily interviewée par Garance Doré)


lundi 7 mai 2012

Hip Hip Hip, Hipsters




Monsieur Cabinet est un illustrateur américain au nom étrange. A l'heure où on est tous des photographes hors pair grâce aux applis de téléphone, voir de beaux dessins change drôlement le quotidien



We were evergreen est un groupe de jeunes français chevelus et proprets aux mélodies aussi légères qu'effervescentes. Leur titre est en téléchargement gratuit sur leur site.




le Daily Elle est un fil d'info qui met l'accent tout au long de la journée sur des moments, des objets de désirs et des attitudes qui font baver une frange extrêmement limitée de la population, équipée d'une carte orange réduite aux arrondissement à un chiffre.  Et qui, par exemple, sur-aime APC marque idolâtrée par les hipsters parce que c'est net, taillé près du corps et dans des belles matières.
Un petit ilôt faussement futile, absolument pas indispensable et donc très rafraichissant.


Bonne journée !


dimanche 6 mai 2012

Mon gros lapin


Brésil (en bas), Suède (en haut) même combat.
Des installations artistiques hors format.
En tongs (en bas) ou en tuiles (en haut)
Même détournement d'usages de matériaux

Honestly WTF  ("non mais franchement, c'est quoi ce truc ?" en VF) dit le site qui les recense.
Et c'est bien




samedi 5 mai 2012

De battre mon choeur...




La chorale enregistre son disque.
Quatre demi journées de prises de son et de photos souvenirs.

Choristes qui retiennent leur souffle et se lancent, le regard tourné vers la chef de choeur, suspendus à ses mains et son regard, super concentrés pour que son visage s'éclaire à la fin du chant et qu'après les 5 secondes de silence d'église obligatoires, ils puissent enfin glousser, se déhancher sur leur chaise et échanger leurs impressions avec leurs voisins.

Chahut, chatouilles et plaisanteries pour relâcher la pression en espérant que le verdict de l'ingénieur du son soit à la mesure de leurs attentes et qu'il puisse passer au chant suivant, contents et confiants.

Il y les discrètes les pieds posés par terre, les cheveux sages attachés et les mains à plat sur les genoux. Les  malicieuses qui pétillent et peinent à tenir en place et les sages qui irradient simplement du plaisir d'être là.

La chef de choeur qui pose sur eux tous un regard exigeant et aimant, voulant faire de ces moments des souvenirs pour leur vie.

Et les rares spectateurs qui se font tout petit et se taisent pour ne pas empiéter dans cette harmonie, portés qu'ils sont par les vers du cantique de Jean Racine.

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