lundi 23 mars 2015

English vocabulary : Ebb and flow




ebb |eb|noun (usu. the ebb)the movement of the tide out to sea: I knew the tide would be on the ebb | [ as modifier ] the ebb tide.verb [ no obj. ](of tidewater) move away from the land; recede: the tide began to ebb. Compare with flow.(of an emotion or quality) gradually lessen or reduce: my enthusiasm was ebbing away .PHRASESat a low ebb in a poor state: the country was at a low ebb due to the recent war.ebb and flow a recurrent or rhythmical pattern of coming and going or decline and regrowth.ORIGIN Old English ebba (noun), ebbian (verb); related to Dutch ebbe (noun), ebben (verb), and ultimately to of, which had the primary sense away from.


Nous passerons rapidement sur le fait que la cadette, toute à sa découverte musicale, ne s'émeuve guère de ne pas savoir qui est Jacques Higelin ni pourquoi il est connu, ni pourquoi d'ailleurs sa mère lui en parle, alors que l'interprète de sa nouvelle chanson préférée de tous les temps s'appelle Izia Higelin, pas Jacques.
(… soupir…)
Nous nous concentrerons sur le rythme de cette chanson qui nous rappellera étrangement le début des années 90 et les boites de nuit au nom de poisson exotique sur des boulevards au nom digne de Fleetwood Mac.
L'énergie de la jeune fille qui a à peu près aujourd'hui l'âge que nous avions quand Seattle est sorti de la brume pour devenir the place to be, nous rappellera la nôtre, vers 2 heures du matin dans la boite de nuit au nom de poisson exotique. Quand on secouait nos cheveux longs les bras grand ouvert en tournant sur nous même comme des toupies ivres (alors qu'on ne buvait que du jus de goyave).
Et sans doute, sans doute, que nous nous surprendrons à écouter les paroles. En nous en sentirons étrangement rassénérés.





mercredi 18 mars 2015

Je vous ai préparé un bon petit plat



A l'heure où une expédition au Mc Do ne s'envisage plus qu'avec un masque et des lunettes noires, ou acheter des Pepito ressemble de plus en plus à un crime contre son corps, sa santé et l'avenir de la planète, voire la survie des bébés phoques, cette publicité réjouie vantant les qualités du cassoulet en boite William Saurin ressemble à un grand pied de nez railleur.

Le cassoulet William Saurin, synonyme de mère au foyer en vadrouille laissant sa portée d'oisillons affamés à la seule garde d'un père bien trop occupé pour savoir cuisiner et dont les seuls talents culinaires se résument à plonger une boite en fer blanc dans une casserole d'eau bouillante.

Le cassoulet William Saurin qui surfe avec sa saucisse fluo sur la vague de la nostalgie des années 70, quand le summum de la vibe s'appelait conserves et que l'exotisme commençait au sud de la Garonne avec un plat de cassoulet.

Vous l'aviez oublié, et le voilà, plus fringant comme jamais, le jarret fier et le haricot conquérant, aussi vif qu'une tournée Age tendre et tête de bois. Prêt à en découvre avec les nouveaux hérauts des cuisines, en espérant secrètement le retour en force de ses lieutenants, les raviolis Buitonis et les cannellonis sauce tomate, encore meilleurs gratinés au four.


mardi 17 mars 2015

La tentation du vide


Jonas von der Hude 


Pas de télé, pas d'Internet, la moitié de sa vie dans des cartons emballés tellement vite qu'ils n'ont pas d'étiquette qui correspond à leur contenu, des meubles pas toujours encore arrivés. Et des placards partout, vides comme un frigo de fin de semaine. Des murs tout nus, et un lavabo habillé de brosses à dent et d'une crème de jour et basta. Un plan de travail de cuisine nickel, qui brille comme dans une pub de lessive aux enzymes.

Et puis d'un coup d'un seul on ouvre les cartons, on se reconnecte à Internet, on vide le garde meuble et la belle ambiance monacale façon j'habite chez Martin Margiela se mue en jour de Foire Saint Michel dans la rue de Siam. Débauche de couleurs, de vêtements, de linge de maison, de meubles dont on n'avait jamais réalisé avant qu'on les avait depuis trop longtemps, de vaisselle, carton entier de foulards, robes d'été et avalanche de mails.

On se croyait chez Milk Magazine et on se retrouve dans l'arrière boutique de la Farfouille. Mais après cette diète pas très volontaire ce n'est plus si difficile de faire un tri géant dans sa penderie et ses placards, d'oublier d'allumer son ordi le soir pour garder encore un peu ce sentiment de vide qui repose les yeux et les neurones.

(Même si on sait bien qu'on se fera vite rattraper parce qu'on aime trop ça).

mercredi 25 février 2015

La vie en plâtre épisode #659 : compte à rebours


Le blog de la vie 0 défaut Le dans La

Un jour ou l'autre on décide de fixer la date du retour au bercail.
Clap clap, applaudissements, danse de la joie.

Enfin
Adieu à l'odeur de plâtre frais du mari rentrant le soir à pas d'heure "après un petit tour à la maison pour voir"
Adieu à la glace à la vanille made in China de la Cafet IKEA qu'on avale en attendant que son numéro passe de "en attente" à "en préparation".
Adieu aux catalogues Lapeyre, aux vendeurs de cuisine, aux rayons carrelage au fond d'impasses mal pavées.
Adieu aux appels de fonds à la banque et aux fournisseurs qui râlent parce que c'est trop long
Adieu aux dialogues mono-tâches, mono-sujets à base de profondeur des placards de cuisine et choix du sol du bureau


(la suite après le saut)

lundi 23 février 2015

Les Bretons sont les Français les plus heureux.. si si

obee Design


Ou bien les deux à la fois.une étude menée par l'IFOP pour le Journal du Dimanche, reprise par le site de TF1 ce soir, place l'Ouest de la France sur le top du top de la banane
Jugez donc :

"C'est en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire que les gens sont les plus heureux. Le Grand Ouest obtient la note de 5,9 sur 10, contre une moyenne nationale de 5,7 sur 10. ... Sur les onze critères pris en compte pour ce baromètre, la Bretagne obtient un vrai plébiscite. La région décroche ainsi la première place en matière d'environnement, de logement, d'équilibre vie privée/vie professionnelle, d'emploi et de salaires, d'éducation, de sécurité personnelle ainsi que pour les liens sociaux"


Des esprits moqueurs ou déprimés remarqueront qu'avec une note de 5,9 sur 10, on n'est pas non plus dans la démonstration d'allégresse, hein. On reste dans une petite moyenne timide. Mais quand même.



lundi 16 février 2015

La petite fille et le temps qui passe


Sempé



Ce week-end j’ai croisé Madame Berthou, cette institutrice dont je me souviens comme de celle qui m’a donné le plaisir d’écrire pour raconter le quotidien.

A chaque retour de vacances, parfois même de week end, elle nous demandait d'écrire une rédaction sur ce que nous avions fait pendant cette absence de la vie de la classe. Je n’ai gardé aucune copie de cette année là, je n’ai fichtrement aucune idée de ce que je pouvais écrire alors, mais je me souviens que cet exercice me faisait toujours un petit bond dans la poitrine et que j’attaquais ma feuille à carreaux comme d’autres mordent dans un éclair au chocolat,  avec gourmandise. 

jeudi 5 février 2015

Un porte clé en forme de coeur de Yosemite



Sur la ligne 3 entre Saint Lazare et Opera.  Il est tôt, il fait froid dehors et chaud dans le métro et le contraste entre les deux donne à tout le monde une tête bizarre et ensommeillée.
Debout au milieu de la rame, emmitouflée dans son manteau noir en peau retourné à capuche, elle attend sereine que la rame s'ébranle et que sa journée commence.
Un manteau noir, des chaussures noires, un casque de cheveux noirs et accroché au sac à main en cuir noir, un porte clé façon cristal de Baccarat taillé en forme de coeur et cette inscription en lettres à l'anglaise : Yosemite.

A des milliers de kilomètres de là, je l'imagine l'été dernier, en bermuda blanc impeccable et t-shirt imprimé, faire une halte à la boutique de ce parc national de Californie et craquer pour un souvenir à 5 dollars vendu par une caissière un peu lasse : un porte clé en plastique transparent dans lequel le soleil se reflète, jetant des éclats dorés sur sa jolie couleur rubis.
Une babiole qui lui fait de l'oeil et qui ira rejoindre les jean's Levis tellement moins chers que chez nous, les sweats Abercrombie et le bidon-de-moutarde-comme-dans-les-fast-food qu'elle va rapporter dans ses valises.
Un souvenir qui, prévoit-t-elle, lui rappellera les bons souvenirs de ce voyage à la découverte du Grand Ouest Américain (avec des majuscules) qu'elle rêvait de faire en famille depuis des années.

Et, de fait, rentrée à Paris, elle a accroché son coeur à son sac à main et depuis, sourit quand son regard tombe dessus, de temps en temps, à la faveur d'un changement de métro, par exemple.


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