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mardi 15 mars 2016
Mes chaussettes sont X-Bionic
On ne pense jamais assez à mobiliser l'approvisionnement nutritif de ses pieds. Cette révélation, que dis-je cette épiphanie m'a été révélée par surprise, un soir de mars.
Je venais d'essayer quatre paires de chaussures ("pas plus, sinon je vais vous perdre" a dit la docte conseillère de vente en doudoune noire) adaptées à ma foulée universelle (oui car "elle est universelle, votre foulée", elle a dit) . Un choix cornélien, (ponctué d'un "ne vous inquiétez pas, vous sentirez celle qui vous va" de la décidément très sûre d'elle miss doudoune, affûtée comme une triathlète). Et un choix qui frôle l'évidence ("je vous l'avais dit")
Toute gaite d'avoir trouvé chaussure à mon pied, et en solde en plus, je décidais alors, un peu follement, vous allez voir, de demander conseil pour l'achat d'une paire de chaussettes assorties.
(la suite après le saut)
dimanche 24 juin 2012
Les filles qui valaient 10 000. Mètres
Faire une course, ça commence par traverser Paris un samedi matin pour aller chercher son dossard. Et celui de ses copines. Premier doute, mais au fait pourquoi ?
Ensuite, ça veut dire se coucher pas trop tard, mettre le réveil et d'un coup d'un seul se retrouver sur un quai de gare à 8 heures 40 à attendre ses camarades de jeu après avoir pris un train semi désert où tout se monde se regarde - hagard - en se demandant ce qu'il fait là.
Sortie de boite, train matinal, salon Emmaüs Porte de Versailles, ou course à pied donc.
Première expérience de transport en commun en leggings qui brille et chaussures de running. Ouf, le Sartorialist est à Milan.
Ma sparring partner arrive, pomponnée comme pour un premier rendez-vous. j'ai du rater un truc.
Ensuite, dans le métro, à mesure que le point de départ s'approche, on commence à repérer les autres membres de la mystérieuse secte du t-shirt rouge. On fait genre on se voit pas. Etre un héros à 10 000 c'est beaucoup moins héroïque.
On arrive par l'arrivée, répétition générale de ce que sera notre triomphe dans quelques heures.
On essaie de négocier la médaille et le ravitaillement avant de commencer. La dame charmante bénévole, nous fait saliver mais reste intraitable. Le super sautoir, c'est que APRES. Ahhh, c'est donc pour ça qu'on parle de "discipline" sportive.
Pépé tire la langue pour bien caler son dossard au carré sur son maillot.
Bon, ben voilà, salut les gars, on se croirait devant H&M un matin de sortie de collection capsule. La musique à fond en plus. Et beaucoup plus d'hommes aussi.
Je suis jalouse des souliers coucher de soleil sur la baie di Lava de Pépé. Elle le sait et me nargue, la fourbe. Je me vengerai au kilomètre 8.
Presque. On lève les mains et on fait des vagues.
A un moment, et alors que le gagnant est déjà à 10 minutes de la fin de sa course et que les voitures s'impatientent derrière les barrières, on part.
Derrière nous, il y a 3 coureurs.
Oui, je crois qu'on peut dire qu'on part les dernières.
Après on applaudit les animations du bord de la route, on se félicite de réussir à passer devant Merci sans s'arrêter, on double plein de monde, on fait des blagues, on se raconte la semaine, Pépé me montre un resto qui paie pas de mine mais qui est super, on en oublie de prendre des photos, même le gars qui court avec sa fiancée habillée en mini tutu blanc et qui a l'air de trouver moyen cette idée de course amoureuse, même le papy et la mamy qui ont l'air aussi touristes que nous. On double les filles trop jolies, on slalome pour ne pas perdre le fil de notre conversation, et on fait des grimaces aux photographes.
On termine tout schuss.
Les premiers sont partis depuis longtemps. Il pleut et on court - encore - se mettre à l'abri avec des bananes dans la poche.
Au retour, à mesure qu'on s'éloigne du départ, on voit de moins en moins de lurex, de latex et de bas de contention. On mange des fruits secs, aussi pompettes qu'après une coupe un vendredi soir en terrasse. On sourit bêtement et se dit qu'on recommencera faire un chrono une autre fois.
mercredi 5 octobre 2011
Le mercredi c'est la course
Kilomètre 0 : Mon t-shirt me colle tellement que je vois la forme de ma tartine à la confiture sur mon ventre. Mais mes chaussures brillent. Mon legging brille. Je suis la Dita Von Teese du jogging. Quasi. Perrine pouffe mais bave devant mes New Balance à néon et se demande si Decath c'est faisable en courant. La réponse est non. Hé, en plus il est 8 heures 30, ils dorment encore. On règle nos applis runtastic en partant, on a trop de trucs à se dire. 50 minutes ça va faire juste.
Kilomètre 1 : finalement, il fait chaud, non ? On passe les portes du parc, ayé, on quitte le dossier "santé" pour aborder le chapitre "enfants" en le soupoudrant un peu de boulot.
Kilomètre 2 : un extra terrestre se pose à notre hauteur, adopte notre allure idéale, et commence à nous entreprendre comme le roi de la drague qu'il est. Nous saoûle de détails sans fin sur sa pratique sportive (10- 12 heures de jogging par semaine plus de la gym et des arts martiaux), son berger allemand (beaucoup plus résistant à la course que le Rottweiler), son film favori (Cowboys et Extra-terrestres, je vous le recommande) et nous quitte enfin après nous avoir donné son adresse mail (inspiré de David Carradine dans cette série des années 70, vous vous souvenez ? Mais si, dans la jungle) et demandé nos prénoms. Manque le clin d'oeil et la petite pitchenette sur nos joues. On a rencontré Patrick Chirac ! On attend 30 mètres avant de ricaner. Dis, tu crois que c'est à cause de mes chaussures ?
Kilomètre 5 : on prend des petites marches (qui montent) et des petits chemins (qui descendent). Non, ça fait pas mal, on fait mine de trouver ça super. On attaque un gros dossier là : les pompiers et leur inexplicable absence dans le parc ce matin. Ben alors, ils font la grève du sport ? Et qui va venir nous sauver des Patrick Chirac, hein, qui ?
Kilomètre 6 : On sort du Parc. Perrine pense qu'on va bientôt s'arrêter mais non. On dit bonjour à deux dames. Elles nous répondent avec un peu de jalousie devant notre foulée légère et nos rires gracieux. A moins que ce ne soit de la pitié rapport au brillant de mon legging et des plaques roses qui couvrent mon visage.
Kilomètre 6 et demi : quelqu'un peut m'expliquer à quoi ça sert de courir et de se faire mal comme ça ? On serait tellement bien devant un café crème et des petits beurre. Je hais le jogging. Bon, on va parler pour oublier. Et Marrakech, alors, t'as réservé un hammam ? Et dis donc faut pas rater la promo de Monop cette semaine, une bouteille de champagne Heidsieck achetée, une offerte. Non ? Si, je te jure.
Kilomètre 7 : on s'arrête. On stoppe nos Runtastic qui n'affichent ni la même distance, ni le même temps, ni le même dénivellé. Fiabilité totale. On décide de ne garder que les meilleurs chiffres en nous étirant telle Christy Turlington dans son DVD "Yoga for runner. A stunning body and a genius mind". Ok, d'accord, on fait trois petits exercices et on file dans la cuisine écluser une bouteille de smoothie. Perrine part chez Decathlon. Elle aime trop mes chaussures.
Pssst : une offre de réduction sur la baby boutique Cookie and Milk à attraper sur l'Atelier d'A Côté.
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