dimanche 19 juillet 2009

Rendez-nous Ronald

Mc Do de Passy, dimanche 19 heures 45.

On se croirait chez Cojean. Ou au Daily Monop. C'est blanc et marron, super clean et super réconfortant pour nos consciences de citadins malmenés. Finies les couleurs criardes et la tête de serial killer de Ronald, les hamburgers dégoulinant de fromage et de ketchup et les frites qui frétillent plus encore que leurs pâles cousines Végétaline.

Aujourd'hui, manger Mc Donald, c'est limite plus sain que de manger Bio. Le magasin est couvert d'images de tranches de tomate, de (fausses vraies) bouteilles de lait en verre, de vases remplis d'herbe verte enfermés dans des vitrines de verre qui font paravent entre les tables. Des faux graffitis (blancs) sur fond (vert) exposent les conditions draconiennes de sélection de la viande. La clim est tellement forte qu'aucune bactérie ne se risquerait à montrer le bout de son doigt crochu, poilu et répugnant.

Même le magazine est aseptisé. Diane Kruger, Phoenix, Placebo, Guitar Hero et FaceBook. Maquette blanche et grise. Ya tout ce qui plait aux jeunes. C'est l'agence qui l'a dit.

A ce stade là, c'est plus du revamping, ni du greenwashing, c'est du lavage de cerveau...

Le menu n'a pourtant pas changé. Il est "plus gourmand", "plus sain", "plus plaisir" comme on dit dans LSA. Il y des salades, des wraps, des fruits et des tomates cerises.

En vrai, tout le monde prend un Menu Big Mac avec du Coca, voire des Nuggets sauce BBQ. Avant de terminer sur un Sundae au caramel.

Tout le monde mange avec ses doigts en 10 minutes en faisant passer le tout à grandes lampées de coca. C'est gras, c'est chaud, c'est croustillant. C'est pas cher.

10 fois dans l'année, j'adore ça. Et j'ai pas envie du tout qu'on essaie de me faire croire que je suis chez Weight Watcher. Va peut-être falloir arrêter de transformer tous les commerces de bouche en annexe de l'hôpital Béclère. On ne peut pas tout le temps se nourrir de ratatouille, de pain frais et de poisson vapeur. On peut pas vivre tout le temps dans une annexe du Grand Comptoir.

Rendez-nous Ronald, que diable, et laissez-nous mourir de faim 2 heures après avoir avalé 1 Maxi Best Of.

samedi 18 juillet 2009

Boum Patatras

Hier soir, nouvelle séance ciné-club en famille avec la Boum de Claude Pinoteau.
Film d'époque en costume pour les filles qui ont trouvé très bizarre le looks des collégiennes et trrrop bien les lunettes oversize de Brigitte Fossey (Tom Ford t'es rien qu'un gros copieur en fait).

Film de science fiction pour les parents qui, à 13 ans, n'évoluaient ni l'un ni l'autre dans un monde aussi déluré que celui de Vic. Pas de mobylette, de boums, de virées en R5 avec une arrière grand-mère top branchée. Pas de prof d'allemand sexy comme Bernard Giraudeau non plus. Monsieur Ropars incarnait beaucoup plus, euh, la rigueur allemande. Dommage.

Sorti la même année que Fame mais à mille lieux pourtant de la violence de New York et des situations de vie pas rose rose des héros.
Un point commun pourtant : le short argent et blouson assorti de Sophie Marceau à la Main Jaune. Du vrai pur American Apparel 2009 que n'aurait pas renié Irène Cara.

J'avais 10 ans en 1980. Evidemment il était impensable que j'aille voir et l'un et l'autre au cinéma quand ils sont sortis. "Va donc à la piscine plutôt que de t'enfermer au cinéma" a sûrement dit Maman.
Qu'importe. Je m'en suis régalée après. Et encore hier


PS : Mais la musique de Vladimir Cosma, quelle guimauve...

vendredi 17 juillet 2009

Mythique

Après promis, je ne vous en parle plus… Donc, à propos du concert de Bruce (Qui, ça ?), hier, voici un extrait de l'article du Monde que vous pouvez retrouver en intégralité là…

« Une inconnue a heureusement modifié les règles du rituel des pancartes, que les spectateurs tendent vers Springsteen pour réclamer une chanson en obtenant parfois gain de cause. Plutôt que d'inscrire son titre favori, l'ingénue a préféré s'autoproclamer "French Courtney Cox". Avant de devenir célèbre grâce au feuilleton "Friends", l'actrice américaine figurait en 1984 dans le clip de Dancing in the Dark. Elle jouait une spectatrice que Springsteen extrayait de la fosse et invitait à danser sur scène. Evidemment, le tube a été interprété, Springsteen a vu l'écriteau et exaucé le vœu de la demoiselle. Il s'est même laissé étreindre avant de porter l'élue dans ses bras en la raccompagnant. »

Elle a fait ce que j'aurais adoré oser.



Ps : Je vous recommande le site des Vieilles Charrues et particulièrement la rubrique « les potins du Festival ». J'aimerais être une star pour pouvoir faire des caprices comme elles….

Ps2 : La photo est sur mon PC depuis un moment et j'en ai oublié l'origine.... Désolée mais j'en avais un peu marre des photos de Springsteen. N'est pas Steve Mc Queen qui veut non plus... Et je n'ai rien sous la main de satisfaisant. Hormis cette photo que je réservais pour ma prochaine visite chez le coiffeur. Mais c'est une autre histoire.





jeudi 16 juillet 2009

Ciné Club


Ce soir, pas de BlaBlaBlog, je regarde Fame.
La faute à Géraldine de Café Mode qui m'a redonné envie de le voir.
C'est malin, maintenant, j'ai envie de danser dans la rue en guêtres fluos et justaucorps...
Mais pourquoi ont-ils rebaptisé Leroy en Larry dans la VF ?

14 juillet

Jolie photo de Rusty. Y savent y faire ces américains quand même !

Hungry Heart


J'aime Bruce.

Bruce est à Carhaix ce soir.

Dans ma ville natale.

Ca nous fait un point commun.

J'aimerais y être ce soir. Avec Bruce, mes frères, mes jolies-sœurs et mes neveux.

A sauter dans la boue et s'époumoner en sweat polaire. Dans un champ. Au milieu de nulle part. Où je suis née.


Got a wife and kids in baltimore jack
I went out for a ride and I never went back
Like a river that dont know where its flowing
I took a wrong turn and I just kept going

Everybodys got a hungry heart
Everybodys got a hungry heart
Lay down your money and you play your part
Everybodys got a hungry heart

I met her in a
kingstown bar
We fell in love I knew it had to end
We took what we had and we ripped it apart
Now here I am down in
kingstown again

Everybodys got a hungry heart...

Everybody needs a place to rest
Everybody wants to have a home
Dont make no difference what nobody says
Aint nobody like to be alone

Everybodys got a hungry heart...

Crédit : site des Vieilles Charrues

mercredi 15 juillet 2009

Bureau


Chez nous les bureaux sont anonymes. Biscornus mais anonymes. Il m'a fallu quelques jours quand je suis arrivée pour saisir le système de demi étages qui relient les deux bâtiments. Encore aujourd'hui, j'hésite toujours quand je dois aller à la compta. C'est deux et demi ou un et demi ?

Mais cette bizarrerie architecturale plutôt cinématographique mise à part, nos bureaux sont tout ce qu'il y a de plus interchangeables. Moins anonymes qu'une tour à la défense ou à Clichy. Mais quand même très très loin d'un bureau d'archi ou d'une rédaction bourdonnante.

Moquette mouchetée bien rase étoilée de quelques rares taches de café, lino dans l'escalier. Murs blancs. PC tous identiques, chaises à roulette, halogènes et bureaux noirs ou marrons. La boite a connu plusieurs vies alors le mobilier aussi. Mais on essaie de garder une certaine harmonie dans chaque bureau fermé par une porte pleine.
Chez moi, on a récupéré deux immenses bureaux façon bois massif assortis que Derrick aurait sûrement jugés un peu clinquants. Massifs mais solides. Et immenses.

Par temps de canicule, les toilettes sont la pièce la plus agréable de l'étage.
Au milieu on a une grande table où on déjeune souvent.
Quand quelqu'un ferme sa porte, on s'inquiète.

Dans mon dos, un panneau que je ne regarde jamais. C'est mon monde. Dont profite surtout ma voisine. Pas de dessins des enfants ni de plannings ni de liste de numéros de téléphone, j'ai punaisé ce qui me tombait sous la main : un dessin de Soledad, une photo de Philippe Manoeuvre qui dit "le rockeur ne prend pas de pincettes", un sac Monop, un horoscope extraordinaire dont j'attends toujours la réalisation... Et les trois fondements du système qualité. Et mon diplôme de formation incendie. Johnny, tu peux venir allumer le feu, je suis là. Avec mon extincteur.
Un pêle mêle bien rangé comme j'en sème partout - à la maison aussi. Même dans mon téléphone. Accumulations de traces de vie. De notes. D'idées sans queue ni tête.

Et sur le bureau, un nounours de Mécénat. Et des feutres de toutes les couleurs. Et des piles de papier brouillon, et des dossiers à peu près à jour. Et des tatouages de Malabar, un Elle retourné, et mon agenda. Et mon iPhone.
Je sédimente, j'accumule et puis un jour, je vide tout.
Dehors, la fanfare.

Il y a des gens qui n'investissent pas leurs bureaux. Qui ont une vie qu'ils n'étalent pas entre 9 heures et 19 heures. Une photo des enfants à droite, des bic crystal non mangés au bout, une agrafeuse qui marche. Ou bien une montagne de papiers et des photos de voyages lointains en noir et blancs au mur. Insoupçonnables.

Moi, je peux pas. C'est comme partout, je déborde, je recouvre et je range en piles que je contemple avec une immense satisfaction avant de tout changer.
Je suis comme les mannequins toujours à l'hôtel qui voyagent avec leur bougie parfumée et leurs draps pour se sentir chez eux. Je suis comme elles : une globe trotteuse perpétuellement homesick.

Et vous, il est comment votre bureau ?

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