samedi 6 février 2010

Le Elle du 5 février

Et hop, je profite de ce samedi gris, froid et vaguement sinistre avec en fond sonore des Sonates de Mozart (1) et sur les épaules un plaid (en cachemire, le plaid, faut pas pousser Cendrillon dans les tisons non plus).
Jeanne fait de l'Allemand (ou bien plutôt écrit à ses copines sur Gmail en écoutant VV Brown. Ah oui, sur Gmail. Je viens de lui envoyer un mail et elle a répondu dans les 10 secondes) et Adèle dort à poings fermés dans notre lit pour récupérer de sa nuit blanche chez sa copine (A 10 ans, ça promet). Les hommes sont sous le crachin sur un stade en synthétique à courir derrière un ballon même pas rond (normal, c'est des hommes, ils sont forts, rugueux et aiment s'exposer aux éléments déchaînés).

Je viens de terminer le Elle de la semaine.
Bien obligée, j'ai terminé le Mensuel du Monde entre 1 heures 15 et 2 heures 25 cette nuit avec la lampe de chevet par terre pour ne pas réveiller my partner.

Il y a de grandes chances que vous lisiez Elle aussi. Parait qu'on est nombreux. 400 000 exemplaires payants par semaine selon l'OJD. Plus tous les maris qui jettent un oeil soi disant distrait, les ados qui le lisent aux toilettes et les tantes de passage qui les décortiquent les uns après les autres quand elles sont de passage chez une abonnée.

Mais vous remarquerez qu'on lit pas tous la même chose ni de la même manière.
Moi je le lis de la première à la dernière page - dans l'ordre (contrairement au télégramme de brest, que je lis de la dernière à la première page, mais c'est une autre histoire)

Tiens, on va faire un test. Je referme la dernière page et j'écris à la suite tout ce que j'en retiens, de ce numéro "spécial shopping pas cher".

- AGA doit être en vacances. Rien , pas une seule petite chronique, un petit entrefilet. Que se passe-t-il ? Arthrose du doigt ? Vacances sous les Tropiques ? Bouderie post entretien de fin d'année ? C'est bon de penser que même Alix Girod de l'Ain peut avoir des semaines sans - comme nous..

- les créateurs "nouvelle génération" ont souvent des têtes et des looks super passe partout comparé à leurs créations. Par ex. Nicolas Ghesquières chez Balenciaga. Ca nous change de Karl, Jean-Paul et Alber et leur signature-look.

- je voudrais bien voir cette bague Inouï qui ressemble à une Pomellato bobo ailleurs que sur un site de vente en ligne. Et puis cette mug aux courbes sans équivoques (6-7 mois minimum) de la marque Sam. Que je ne trouverai jamais parce qu'il y a comme ça des marques que personne ne connait et qu'on ne sait pas où trouver. Et c'est agaçant.

- je vais pouvoir me rouler dans le Liberty tout l'été. Chic. Surtout maintenant que j'ai repéré des rubans déchirés alla Aurélie Bidermann à 1 Euro pièce dans ma mercerie de quartier. Ca ne vaudra pas l'original, mais ça vaut le coup d'essayer. Et de faire plaisir à ma mercière (vaguement étonnée que je sois super contente d'acheter un biais à fleur aux bords déchirés)

- je trouve super tarte les nouvelles pubs Comptoir des Cotonniers avec leur principe I love / I hate (ex : I love jouer du saxo rien que pour moi I hate ne pas avoir raison ?!). Filent un mauvais coton. Vont faire poser Miss France avec Geneviève bientôt ? (mais j'aime beaucoup les escarpins noirs de leur nouvelle collection en arrière plan). J'aurais bien aimé vous mettre un lien vers la pub mais je ne la trouve pas et leur site n'est pas à jour (mauvais coton je vous disais).

- je suis totalement contre les recettes light de Trish Deseine, la gironde amoureuse du chocolat et des desserts violemment régressifs genre tarte carambar-nutella à la chantilly. Si même Trish se met à faire de la "jelly de champagne au sirop d'agave", où va-t-on ? (le pire, c'est que ça a l'air bon)

- on me dit que je vais adorer aller aux 3 Suisses (!) pour acheter leur "combi oversized en denim façon Dexys Midnight Runners" (!!). Pas sûre que passé 16 ans, ce soit une bonne idée. Mais ça me donne envie d'aller ré-écouter Come On Eileen. Le lien youtube est ici.

- je regarde toute la série mode parce que j'aime bien la (dé)coupe de cheveux de la mannequin. Pas pour les chaussures, qui sont euh... pas seyantes ? Des faillies espadrilles façon "Maurice tire et pointe à Nice avant d'aller boire un pastis chez Marius", des rangers et des chaussures montantes rouges à boucle.

- comme d'hab, je survole les pages beauté. Entre teint Nude Sexy, oeil Moka (et pas doré, malheureuse !), vernis silver et bouche pop, je me perds.

- je suis déçue. Pas de page "vie pratique " sur la nouvelle vie à la mode Bio cette semaine. Moi qui n'attend que ça, d'être convaincue, pour utiliser des couches lavables, remplacer le canard WC qui mousse par du jus de citron, le beurre par de l'huile de yack et mon porte bébé kangourou par une écharpe de portage en coton bio du Mozambique. Sans oublier les coupelle menstruelles.

Et vous alors ? Vous avez retenu quoi ?
**** les réponses : "l'Editorial de MF Colombani", "l'interview de Florence Cassez", et "les Etats Généraux de Elle pour en finir avec la violence" ne sont pas recevables. On est entre nous. Inutile de sortit son badge MLF (2)"****


PS ; crédit photo D.Guignebourg via Minute Mode
(1) je craque après la troisième sonate avant de m'endormir et je passe à ma playlist du mois. Oui, celle qui est en bas de la page. Là.
(2) sans rire, je lis quasi toujours les pages littérature, politique et société de Elle. Vraiment. Mais c'est beaucoup moins drôle à commenter.

vendredi 5 février 2010

Un monde fou, fou, fou


Une comédie de 1963 de Stanley Kramer avec Spencer Tracy et Mickey Rooney.
Furieusement kitch en même temps très actuel non ?
Et quelle jolie affiche !



mercredi 3 février 2010

Chamallow Guimauve

Crédit photo : Coulson Mac Leod via Design Mom

15 heures 55 sur le chemin du stade. La glacière Picard est pleine dans le coffre de la voiture. Les feux rouges succèdent aux feux rouges. J'avance à toute petite vitesse mais même pas mal, je suis en avance.

Juste avant le flash de 16 heures, Michèle Bernier répond à la question "c'est quoi le bonheur". Je pense à zapper mais le feu passe au vert alors je passe la 1ère et j'écoute.
Et tout à coup, je suis à deux doigts de pleurer.

Elle dit que les plus grands bonheurs qu'elle a connus c'est son premier amour, la naissance de ses enfants, son premier spectacle en solo. Qu'elle aime passer du temps avec sa famille, ses amis, et que même parfois elle est juste heureuse d'être là quand ses amis ont besoin d'elle, quand ils sont dans la peine et qu'elle peut les aider.
C'est bateau, déjà entendu 1ooo fois. Elle s'en excuse. De ne pas innover. De se réjouir de choses simples et de bonheurs quotidiens.

Et moi, quand je rentre dans le parking, j'ai le coeur serré.
Elle m'a eu par surprise.
Je me suis fait avoir.

On avance tous les jours avec un gros pull, des gants et un gros cache nez. Et on passe, imperméable, devant le petit dernier de 7 ans qui dort en serrant son doudou, les chansons d'amour déchirantes et les boites en forme de coeur de Jeff de Bruges. On se carapace loin des émotions, belles ou moches, qui nous sautent dessus sans prévenir. On est Français, on n'est pas américains, on sait vivre sans se vautrer dans l'émotion, non mais.

Et en ce moment, (et non ne me parlez pas d'hormones, ça n'a rien à voir pour une fois), j'ai envie de déposer les armes et de plonger dans le rose, dans les histoires d'amour qui se terminent bien et les yeux rieurs des enfants. De laisser tomber l'ironie - juste un peu- et d'arrêter de me plaindre. Et de pleurer en écoutant Michèle Bernier ou Joséphine Ange Gardien. Et de sourire dans la rue parce que je viens de déjeuner avec Charlotte et que c'était bon. Si je veux.


Et de me sentir mélancolique avec cette reprise de Little Wings de Jimmy H. par Corinne Bailey Rae. Elle est mieux en version studio mais Youtube vous donnera un avant goût.

Well she's walking through the clouds
With a circus mind that's running round
Butterflies and zebras
And moonbeams and fairy tales
That's all she ever thinks about
Riding with the wind.

When I'm sad, she comes to me
With a thousand smiles, she gives to me free
It's alright she says it's alright
Take anything you want from me,
Anything.

Fly on little wing,
Yeah yeah, yeah, little wing




Anniversaire

Dans un peu plus d'un mois, j'aurai 40 ans.
Que ce soit dans un mois, une semaine ou une saison n'a plus grande importance maintenant.
Ayé j'arrive... Je me sens quasi prête à jouer les cougars, les MYLF ou les 4Oèmes rugissantes...



PS : Ce dessin vient d'ici. je me roule de dévotion et d'envie devant le blog de Soledad Bravi. Ca me fascine les gens qui savent s'exprimer par le dessin, qui ont étudié la typo, la mise en couleurs et le graphisme. Et son blog roll est top aussi. On y découvre tout plein de monde. Un jour on y trouvera le blog de Sophie aussi. Sophie c'est ma nièce de 20 ans. Notre Soledad à nous.

PS2 : ne me dites pas que vous ne savez pas ce qu'est un cougar (la quarantenaire en chasse de Hollywood) ou une MYLF (un acronyme très chic "Mother You'd Like to Fuck", c'est à dire "la mère de famille qui fait fantasmer les ados tellement elle est plus canon que ces pimbêches à la peau fraiche de 15 ans"). Tout un programme qui devrait m'occcuper sereinement ces 20 prochaines années...

mardi 2 février 2010

Prends un petit poisson

Vous avez déjà tout essayé ? Acupuncture, réflexologie, balnéothérapie, vinothérapie, zadigetvoltairithérapie, Nutella-ogie.
Vos journées ne sont qu'une quête sans fin du bien être et des soins qui vous apporteront détente, sérénité et peau à jamais détoxifiée.
Vous décrochez un gommage au spa du Ritz sans réservation, vous avez arrêté le Ken Club parce que c'était pas assez cher et vous allez deux fois par semaine refaire votre French chez Manucurist.
Et pourtant vous restez sur votre faim.

Aventurières urbaines, voilà de quoi vous bluffer.
A condition de ne pas être chatouilleuse.

Allez hop, on laisse tomber la pédicure médicale, avec rape électrique, blouse blanche et masque. On dédaigne la pédicure esthétique so déjà-vu.

On adopte La Rufa Fish attitude.
Keskeçédonc ?

Les filles, faut sortir un peu quand même, hein. Non, l'Asie ne se réduit pas à ses jeans d'Hiroshima, aux Sushis et au riz cantonais.
Dans ces pays au raffinement exquis, il existe une race de poissons qui s'appellent les poissons docteurs. Ces Rufa Fish vous exfolient, nettoient, aseptisent les pieds en un clin d'oeil (de poisson). Ouais. Des poissons caréneurs en quelque sorte (pour utiliser une métaphore maritime qui aurait enchanté Tabarly).

A Paris, le Rufa Fish Spa vous attend et il vous en coutera 49 Euros pour pouvoir connaître le délice des papouilles à nageoires.

N'essayez pas avec vos poissons rouge. Pas sûre qu'ils apprécient. Et vous non plus.

PS : Merci Little Paris pour la news et Judo Dad pour la photo

lundi 1 février 2010

Day 1


7 heures 01 :
debout. Comme d'hab. Mais de bonne humeur. J'ai le temps. Douche, lait, peigne, pyjama. Réveil des enfants "ça, va, c'est bon, tout le monde n'est pas en vacances" dit l'aînée, en grommelant. "je ne suis pas en vacances, je suis en repos prénatal. Nuance ! " "pffft" répond elle, derrière ses cheveux emmêlés.

8 heures 10 :
Rassasiée, habillée, maquillée. Prête pour faire les 150 mètres aller-retour pour l'école. Pas de sac à main, la radio toujours allumée. Bougez pas, je reviens.

8 heures 30 :
Retour. Elkabbach parle tout seul dans la cuisine. Je mets une machine en route. Je réchauffe le reste du café avec 2 petits beurre. Je fais mon lit en attendant Canteloup.

8 heures 45- 8 heures 55 :
J'écoute Canteloup en touillant mes gâteaux dans le café au lait. Je rince ma tasse et j'éteins la radio.

Silence.
C'est bizarre.

9 heures - 10 heures 45 :
Je regarde mes mails. je regarde Facebook. je regarde Garance Doré et le Parisien. J'envoie un dernier mail au bureau. Mes naseaux fument après, c'est malin. Pffft, respirer doucement, c'est fini. je regarde le site des auto entrepreneurs. je vais pour m'inscrire. je peux pas. il prend pas en charge ma version de safari.
J'envoie 3 mails en rafale à Jean. Il me répond pas. Il travaille, lui.

Silence.
Toujours.
C'est vraiment bizarre.

Le téléphone sonne. La nounou sera en retard. Ok, j'irai chercher les enfants à 11 heures 30.
Je vais dans la cuisine prendre un petit beurre (faut que j'arrête les petits beurres).
Je suis toute seule dans la maison vide.
Il faut un peu froid.

Je fais ce que je veux.
Je suis en repos prénatal, j'ai dit à Jeanne.
Mais qu'est-ce que je veux ?
Je peux regarder la télé, manger un paquet entier de Pepito, appeler l'agence pour visiter la maison à vendre à côté, appeler la banque pour savoir si on peut acheter la maison à vendre à côté tout en gardant assez de sous pour acheter des Pepito. Chercher un électricien pour réparer la sonnette. Commencer la saison 1 de Gossip Girl et de Mad Men. Dormir. Rêvasser. Faire un gâteau pour le goûter.

10 heures 45 : je reviens sur le Mac. Je vais transférer ma musique sur le MacBook. Ca c'est utile. j'ouvre la clé USB. je me perds dans iPhoto. Je me mets à écrire que je ne sais pas trop quoi faire de tout ce temps. De tout ce silence.
Ne ricanez pas.
Je suis dans un sas de décompression.
Je ne suis pas habituée à respirer sans ma routine train-metro-boulot-metro-train.
Je suis perdue.
Je flotte et je traîne.
Pfft, je copierai la musique plus tard.

11 heures :
Je regarde les horaires de la piscine de Bois Colombes. Parait qu'elle est chaude. je pourrais aller à la piscine le matin. Parait que c'est bien de nager.

11 heures 06 :
Je pourrais partir tout de suite pour rendre mon paquet La Redoute / poster mon colis / mettre les lettres dans la boite / acheter une baguette.

11 heures 10 : il neige. Pas envie de sortir. Je mets mes bottes et ma parka et je vais chercher le bruit là où il est. A l'école, dans une brasserie à côté de l'agence de ma copine, dans la rue et re- à l'école. Je suis une adepte de l'immersion progressive.

(à suivre)



PS : quel dommage. La piscine est ouverte de 11 heures 30 à 13 heures 30 et de 16 heures 30 à 20 heures. Pile quand je peux pas.

dimanche 31 janvier 2010

A qui ?



D day minus moins de 2 mois.

Mais à qui va-t-il ressembler ? A son frère, à ses soeurs ? A son père, sa mère, une tante, un grand père ou une mamie ?
"Il a le menton Rivière et le nez Cariou."
"Les yeux de son grand père et la fossette de sa mère."

On se replonge dans les photos que l'on avait oubliées dans des cartons.
Pour se faire une idée.

Retrouve les premières photos - nus sur peau de bête - de cousins et de grands cousins.
Pouffe devant leurs rondeurs débordant du chemisier et de la barboteuse en vichy.
La raie sur le côté et les yeux brillants.
Le sourire candide et le sous pull qui gratte.

Le charme des années 60's et la funkitude des 70's.
Pull polo gris et cardigan bleu marine.

Always preppy, baby.


Crédit Photo : collection ultra personnelle...

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