jeudi 5 avril 2012

Avoir un coeur seul





Il est des plaisirs que ne connaissent pas les jeunes coeurs nés après la vague électro-symphonique rock. Quand le comble du trendy était de mixer guitares + synthé + voix haut perchée.
Et que se balader dans la rue avec un walk man gros comme Guerre et Paix en livre de Poche était le summum de la liberté.

mercredi 4 avril 2012

Pumpa upp, baby



Hey, les gars, ça vous dit de sortir voir la lumière du jour pour une fois ?
Bon l'idée c'est d'aller faire un tour en Suède pour tester la nouvelle folie du déjeuner, le Lunch Beat.

Oh, ça va, me regardez pas avec cet air de lotte (poilue) prêt à passer au four dans sa robe Albal.
Je parle business là, les gars. Nouveau marché, nouvelle cible, nouvelle expérience consommateur.
Vous tenez peut-être là votre 92ème comme back triomphant.

Le Lunch Beat c'est une boite de nuit ouverte exclusivement une heure pendant le déjeuner.
Boite de jour donc où l'unique occupation est la danse.
On y va vite fait entre deux réunions, deux dossiers, deux coups de fil. En costard ou en jupette. 10 euros, un sandwich et un verre d'eau - sans alcool la fête est plus folle.

En gros, on cherche à se remplir la tête de BPM avant de retourner faire ses calculs de CPM. A trouver Ibiza à deux pas d'Ikea.


Vous trouvez ça triste ?
Oui, moi aussi un peu. On est loin du Club 54, des freaks en loque et des starlettes en strass. Risquez pas de croiser Basquiat ni Madonna. Ni des filles trop maquillées qui tirent sur leur jupe trop courte en attendant qu'un serial lover les repère assises perdues sur leur pouf en velours.

Un peu comme un éclair au chocolat sans sucre ou un Bee Gees sans moumoute.
Ah bon, c'est pas une moumoute ?






PS : Pumpa Upp est la traduction Google - et par conséquent sans garantie idiomatique - de "monte le son"

mardi 3 avril 2012

Cintré



Pendu au milieu d'une penderie échappée d'un film des années 60.

Penderie plaquée bois clair, design épuré que l'on aimerait danois mais plus vraisemblablement sorti des mains d'un menuisier de quartier - quand il y avait des menuisiers de quartier et que le plaqué bois clair représentait le summum du chic.

Pendu au milieu de cette penderie, donc, un cintre classique en bois et métal attend un hypothétique courant d'air pour se dégourdir le crochet.

Un jour, ce cintre a quitté les rayons d'un tailleur pour homme de la Riviéra. C'est écrit dessus " Rafal.Luxe, Nice".
Solide soutien d'un costume de demi mesure lourd et minutieusement fini.
Emballé d'un papier de soi géant puis d'une housse en feutre.


De Nice à la penderie d'un monastère de la région parisienne il y a toute une vie.
Des mains et des habits.
Des hommes et des femmes pressés de se débarrasser de leurs vêtements de ville, soucieux de ne pas faire de plis ou de gagner de la place.
Des valises et des malles.
Des penderies et des perroquets.

Aujourd'hui il étend son luxe tout nu en attendant son prochain pull, sa prochaine veste, sa prochaine chemise de passage.
Indifférent au temps, la tête dans ses souvenirs.
Les éclats de soleil du mimosa, le roulement des galets sur la plage, et l'odeur d'étoffe et de cuir de la boutique Rafal.Luxe de l'avenue Jacques Médecin.



PS : aujourd'hui la boutique Rafal existe toujours à la même adresse. Elle a perdu le suffixe "luxe" et s'est spécialisé dans les "vêtements pour hommes et dames (gros)" (ici)

dimanche 1 avril 2012

Cure de jouvence



Hier matin j'ai enfilé un jean, un t-shirt, un gros pull et mes converse.
J'ai attrapé une brosse à dent, un pyjama et un sac de couchage. Préparé un pique nique avec un sandwich au jambon, un paquet de chips et une bouteille de coca.
Répondu à toutes les questions de Adèle qui voulait savoir si j'avais de quoi m'occuper pendant le week end et puis je l'ai suivi en râlant un peu de l'heure matinale du rendez-vous.

Arrivée devant le car, tout le monde se connait mais moi j'ai qu'une copine que je retrouve avec soulagement.

Deux heures après, je regarde les carreaux des vitraux en rêvant.
On m'a demandé de me mettre au fond de la salle et de laisser le groupe travailler.
De temps en temps, ma copine me chuchote une blague à deux balles et je pouffe.
Alors on sort en rasant les murs et on va compter les brins d'herbe dans le Parc.

Le soir, après avoir joué sur ordinateur, fait un tour dans le village à pieds, mangé mon dîner soupe - cordon bleu- gnocchis au fromage - yaourt au sucre, assisté à une nouvelle séance de répétition, je rejoins ma chambre.

Je me lave les dents, fais un saut aux toilettes au bout du couloir et me glisse dans mon sac de couchage en pyjama. A moi Hunger Games.
Adèle passe me prêter son réveil et me fais un bisous avant d'aller retrouver sa bande.
A 23 heures 30, après avoir versé des larmes de crocodiles sur les 30 premières pages, je m'endors sur mon livre.

Le lendemain, c'est premier avril.
Avec ma copine, on réfléchit à des blagues.
Adèle lève les sourcils et soupire mi amusée - mi consternée.

A 14 heures, avec ma cops, on sèche la répétition et on part faire un tour de lac. On s'épate de la patience du groupe qui enchaîne les ateliers par pupitre sans se lasser. Nous on en aurait un peu marre d'être si sages à leur place. Alors on s'enfuit comme des souris se perdre dans les couloirs sans fin baignés de lumière. On fait les lézards au soleil en écoutant les oiseaux et les chants.

Bientôt c'est l'heure de partir et le chauffeur s'impatiente.
On reste en arrière et on monte les dernières dans le car.

Arrivées devant l'école, on se dit au-revoir façon fin de colo : avec effusions.


A 18 heures, on inverse les rôles. j'envoie Adèle faire ses devoirs et je file plier le linge.
Fin de la récré. C'était bien d'avoir 12 ans pour deux jours.

vendredi 30 mars 2012

Lire un blog


o

Mon addiction à moi c'est de lire des blogs.
Des blogs de photos, des blogs de mode, des blogs de design, des blogs en français, d'autres en anglais, d'autres dans des langues que je ne comprends pas.
J'aime entrer dans des univers qui me font envie, m'inspirent, me donnent des ailes ou me raccrochent à la réalité, parfois aussi m'énervent ou me donnent envie de donner de la voix.
Quelques jours sans eux et c'est comme une petite traversée du désert, un voyage solitaire.
Ils ne savent pas qui je suis, je ne sais pas qui vous êtes et étonnamment cela n'a pas grande importance.
Tous formons une communauté aux liens élastiques et souples, invisibles à l'oeil nu.


“There’s something sacred about reading a blog post on someone else’s site. It’s like visiting a friend’s house for a quick meal ’round the breakfast table. It’s personal — you’re in their space, and the environment is uniquely suited for idea exchange and uninterrupted conversation. In many ways, we should be treating our blogs like our breakfast tables. Be welcoming & gracious when you host, and kind & respectful when visiting.” – Trent Walton

jeudi 29 mars 2012

Upside down


Désolée de ce silence de 48 heures inédit.
En attendant que je retombe sur mes pieds, vous pouvez vous aussi connaître la sensation d'avoir la tête à l'envers sur le site du photographe Romain Laurent. C'est bath.

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