jeudi 16 mars 2017

Amazing grace





"Ce n'est pas quelque chose que l'on peut contrôler
Ce qu'on appelle la grâce, c'est un état d'esprit, 
Ca ne s'apprend pas.
La grâce, elle vient uniquement de la tête, 
de savoir comment on parle aux autres
C'est uniquement l'âme du personnage qui ressort.
C'est ça la grâce je crois"


Dans un court-métrage réalisé par Clémence Poésy pour l'Opéra de Paris, c'est l'étoile Michaël Denard qui fait la voix off.
Et il faut l'écouter poser ses mots avec précaution sur les images pleines de concentration, de douceur et d'effort des élèves de l'école, isolés dans une bulle ouatée.
Ce film est un petit véhicule de grâce justement, où l'on sent toute l'empathie de l'équipe qui a saisi ces instants de travail intense de ceux que l'on verra peut-être un jour en plein soleil, sur la scène.








Allez fureter sur le site de l'Opéra de Paris et 3ème Scène, sa plateforme de contenus numériques : une vraie mine de vidéos qui ouvrent les yeux sur une toute autre manière de voir l'Opéra, par exemple en ouvrant celui-ci à l'interprétation d'artistes que l'on ne s'attend pas à voir là, comme Vincent Dedienne ou Abd Al Malik ou Clémence Poésy justement.




mardi 14 mars 2017

Le point d'union


"Marlon Brando et son chat" Bridoz.com


Communiquer sans stéréotype de sexe est un premier pas vers une égalité réelle entre femmes et hommes, et l'un des chevaux de bataille du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes.

L'institution a édité un guide pratique pour nous aider à y voir clair et a établi 10 recommandations pour une communication publique sans stéréotype de sexe.

L'une de ces recommandations vise à adopter de nouvelles règles typographiques.

(la suite après le saut, le suspens est à son comble)

lundi 13 mars 2017

Le meilleur UX du monde ne remplacera jamais Valérie, Kevin ou Yasmine


Il faut se retrouver dans les magasins à contre courant de leur flux habituel pour se rendre compte que l’automatisation à des limites.

Essayez donc la Poste un matin (le samedi fera l’affaire si vraiment vous ne pouvez pas quitter votre bureau pendant les heures ouvrables). Ou alors un hypermarché un mardi à 11 heures.

Au milieu de la (petite) foule habituelle qui avance, choisit ses produits et file vers la caisse, ou bien attend plus ou moins patiemment son tour, on voit alors tous ces déclassés volontaires ou subis qui ne sont pas dans le moule : parce qu’ils n'ont pas fait "marketing 2ème langue", parce qu'ils parlent pas bien français, parce qu’ils n’ont pas les clés pour rentrer dans les cases, ou bien juste pas envie de gagner du temps à tout prix, ni besoin d’une rapidité de service à toute épreuve. 
Ou alors parfois ils cherchent quelque chose et n’ont nul envie de jouer à la chasse au trésor en suivant les signes de piste des rayons ou de la nouvelle signalétique à pictos. 
Ils veulent envoyer un courrier, pas taper l’adresse sur un clavier, ils veulent des noisettes en poudre sans avoir à deviner s’ils les trouveront au rayon fruits et légumes ou farines - condiments - sauces. Ils veulent un téléphone portable sans avoir à choisir entre 4 forfaits et 8 téléphones en s’abimant les yeux sur une notice écrite en patte de mouches.
Ou alors, ils veulent seulement un contact humain.

vendredi 10 mars 2017

La mère parfaite n'existe pas




Vous savez, tous ces discours émouvants, ces déclarations d'amour confites de bons sentiments, où les mères sont fortes, qu'elles mènent leur vie et leur famille en oubliant leur propre confort. Debout les premières, couchées les dernières, camouflant leurs bleus à l'âme et au corps sous des sourires bienveillants et des cardigans col rond impeccables ?
On a tous en tête ces témoignages de grands costauds tatoués jusqu'aux yeux, ces terreurs des cités ou de la City, devenant tout chamallow quand ils évoquent leur mère, qui jamais n'a failli, ni ne les a fait souffrir.
Moi aussi, j'ai été élevée par une Sainte qui jamais ne se plaignait ni ne faisait passer son intérêt personnel avant le nôtre. Debout la première, couchée la dernière, malade seulement quand on ne regardait pas, souriante, bonne cuisinière, couturière hors pair, capable de trouver tout ce que j'avais perdu en moins de 2 minutes et qui en plus, donnait sans compter à notre communauté.

Cette image de super héroïne qui colle à la peau de l'image d'Epinal de la MERE, devenue la panacée à tous les maux, brandie partout et par tout le monde comme LA solution, le refuge ultime, me fait un peu frissonner.

J'ai un aveu à faire : c'est vrai que parfois je fais passer le bonheur de mes enfants avant le mien, que je plie le linge sans broncher. Que je fais des sacrifices, que je fais bonne figure alors que j'aimerais juste enfouir ma tête sous l'oreiller et disparaitre. Mais le plus souvent, je le fais parce que ça ME fait du bien à moi aussi.
Et puis, parfois aussi  je ne le fais pas; je baisse les bras, je capitule, je vais me coucher à 19 heures, je disparais, je hurle que personne ne m'aide, je terrifie mes enfants en les privant de sortie s'ils ne vident pas le lave vaisselle. Je pense à moi et seulement à moi en me disant que j'ai besoin de vivre, que ma vie est au moins aussi importante que la leur.

Alors, la mère parfaite qui s'oublie, la mater doloris sacrificielle existe sûrement.
Mais, dieu merci, j'aime à penser que toute mère bénéficie du regard éperdu d'amour de ses enfants qui, même alors qu'elle a remplacé le masque de Batman par celui de Dart Vador, garde à ses yeux et pour toujours une aura merveilleuse.


jeudi 9 mars 2017

English vocabulary : nudge


nudge BrE nʌdʒAmE nədʒ | coup m de coude, poussée vt (push, touchpousser du coude, donner un petit coup de coude à (accidentallyheurter (brush againstfrôler to nudge one's way through se frayer un chemin à travers [qch] à coups de coude IDIOM nudge nudge, wink wink ‹informal› tu vois un peu ce que je veux dire


Je me souviens de cette scène.
Il y a 8 ans.
Moi, un samedi soir, diner tranquille - bougies - champagne - serviettes en lin - lazy music, debout dans la cuisine, essayant de m'occuper pour échapper à un mal de tête lancinant pendant que Lucille et Perrine bavardaient l'air de rien. Et tout à coup, sorti de nulle part et certainement assez anodine au milieu de cette conversation légère d'un samedi soir d'automne bien gris et bien pluvieux, dans les vapeurs des légumes tout juste cuits, cette invitation à ouvrir mon blog à moi, à écrire tout ce qui me passait par la tête puisque c'était ça que j'aimais.
Je ne sais pas si ces  deux amies, qui à l'époque étaient encore surtout des copines, ont jamais réalisé quel détonateur elles ont été, quel verrou elles ont fait sauter ce soir là. Sans doute pas. On a beaucoup ri, beaucoup parlé pendant cette soirée - et c'est très bien comme ça.


Depuis, ce blog est né, a bien vécu, a connu des pics de visites, des grands messages d'encouragements de mes proches proches, des rencontres épistolaires et dans la vraie vie pour de vrai, des trous d'air et des soirées de grand blanc. Sans ligne éditoriale, sans SEO ni référencement ni backlinks ni rien de ce qu'on professe dans les grands messes digitales. C'est un exutoire bienvenu, un terrain de jeu, un cahier d'exercice et une gymnastique de plaisir indispensable. Rendu possible par un encouragement tombé à pic.



mardi 7 mars 2017

Sans nu, Playboy était à poil


Ou bien "A force de trop vouloir partir loin de son histoire on finit par y laisser sa chemise" Ou bien "Quand un fils à papa aurait mieux fait d'écouter Aimé Jacquet en 1998", je ne sais pas pourquoi mais cette news 'inspire tout un tas de calembours pas très fins.


Lu aujourd'hui dans Courrier International, cet article  du playboy daté du 15 février dernier qui raconte comment, un an après avoir lancé sa nouvelle formule garantie 100% textile, le fils de Hugh Hefner a fini par se rendre à l'évidence : "Naked is normal", sous entendu, on va pas en faire tout un fromage d'un téton qui dépasse, allez, hop, redonnez-nous les Playmates toutes nues (et pas cachées derrière des voiles) et que l'on retrouve une belle croissance à deux chiffres.

A l'origine, la décision de s'affranchir du nu intégral avait pourtant pour objectif de stopper l'érosion des ventes et de se démarquer d'un marché dit du charme, totalement spoilé par une industrie pornographique sans foi ni loi.
Las, cette décision, bien que saluée à son lancement, n'a pas eu l'effet escompté.

Comme quoi, finalement, on a rarement raison de délaisser sa raison d'être pour espérer durer.






lundi 6 mars 2017

Exploration du territoire oublié



Quand on arrête de travailler, il faut se réhabituer au vide.
Dans les rayons des magasins, dans la maison, dans sa tête, dans ses poches, dans sa boite mail, dans son emploi du temps.

Réajuster ses yeux à la lumière du jour dans les rues de la ville (pas vues depuis des lustres), à la population (des nounous, des personnes âgées, des gens qui courent parce qu'ils sont en retard, des policiers qui font des rondes, le facteur, des enfants qui se chamaillent à la sortie des cours, des collégiens qui fument en se cachant pas vraiment dans la ruelle).

Se retrouver dans la rue à 15 heures 15 avec un chou fleur et deux baguettes tradition dans les bras. Plus un parapluie, un livre de poches et un pochon en papier avec deux trois bricoles dedans. Parce qu'on a eu l'idée à 15 heures 05, en passant devant le Monop', que ce serait bien de faire un gratin de chou fleur ce soir. Et que ça a fait comme un petit rebond dans le coeur, de se dire que "pour une fois je ne bricolerai pas un menu à 19 heure 43, debout devant le frigo avec Chica Vampiro en fond sonore." Comme un étrange sentiment de plénitude hérité d'une éducation pas très féministe quand on y pense.


(la suite)

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