mercredi 25 novembre 2009

Snobismes parisiens #5 : be different


Il parait que le bonheur danois que tout le monde envie n'est qu'un leurre. Qu'il repose sur une uniformité de pensée que nous ne pourrions pas supporter plus de 2 jours. Ça ne vient pas de moi, mais d'Arte (mais évidemment vous le savez car évidemment, vous ne loupez jamais une Théma d'Arte).
Alors que le temps se décide à nous rappeler que c'est l'automne, que les clients se souviennent qu'ils ont tout plein de queues de budget à dépenser avant la fin de l'année, que l'on ne peut plus parler de Grippe A, ni de Thierry, ni de Henri, ni de foot, ni de mains, sans que tout le monde ne change de sujet - reparlons de nos petits snobismes quotidiens.

- On ne lit pas Grazia. Sensé détrôner Gala et Elle, ce nouveau magazine féminin d'origine italienne a vite rejoint les rangs des journaux qui sont même pas dans les salles d'attentes. C'est dire.

- On mange du potimarron, du panais, des navets boule d'or et des topinambours. Et des rutabagas. En gros tous les légumes qui ressemblent à Scrooge, le film où Jim Carrey est cartoonisé sur toutes les sucettes de quais de gare en ce moment. Et on aime ça. Si.

- On oublie que c'est Noël dans un mois. On se fait des cadeaux maintenant. Qui sait où on sera dans un mois ?

- On fait mine de se pâmer devant les smartphones qui tournent sous Androïd (comme le HTC HD2 , le premier Windows Phone à gérer les écrans capacitifs et à offrir une gestion correcte du Flash) et on continue à chouchouter son iPhone (ou à reluquer celui de son voisin dans le métro le matin).

- On porte des chaussures plates. Les desert boots sable de Clarks semblent prendre la main. Si, vous savez ce que c'est. les chaussures de Simon et Garfunkel sur la pochette de l'album Greatest Hits. Comment ça on voit pas leurs chaussures sur la pochette ? Dommage, parce que c'est sûr qu'ils en portent. Si vous voyez toujours pas, la photo est là.

- Plus que jamais les rouflaquettes sont à l'honneur. Maxime Médard, tiens bon. Depuis la tombée en disgrâce de Titi, une place est à prendre dans le coeur des Français, elle est pour toi.

- On apprend plein de trucs inutiles et (donc) indispensables sur Twitter. Par exemple qu'on peut désormais choisir la mamie qui nous tricotera avec amour un beau bonnet en laine et une écharpe pour l'hiver. C'est chez Golden Hook. Ben si. Merci Géraldine pour le tuyau !

- On continue à détester adorer Christian Audigier, le golden boy de la fringue, ami des stars. Et il adore nous donner du grain à moudre : un café à son nom, un de ses t-shirts sur le dos de Michael Jackson dans son film posthume, une boutique dans Paris. L'homme aux 10 interviews par jour aime occuper le terrain.

- La Ugg n'est toujours pas morte. Mais on essaie de se souvenir que ce sont des bottes de surfeurs australiens destinées à réchauffer leurs pieds après des heures dans l'océan. Et qu'elles n'ont donc rien à faire sur le bitume.



PS : Cette photo vient de Design Sponge. Toute la maison de Jesse and Whitney Chamberlin est aussi désirable que leur salle de bain...

mardi 24 novembre 2009

cintrés


Je ne sais pas pourquoi mon regard est toujours attiré par les photos de vêtements sur cintres…. C’est grave, vous croyez ?

PS : Crédit photo : Vanessa Bruno (les portants aériens) et Comptoir des Cotonniers (les gros plans) sur leur blog

lundi 23 novembre 2009

Où suis-je

Il y a des lundis comme.. euh.. des lundis.
Chaussettes trouées, thé tiède, look misérable et moral en berne.
Quand il pleut, la chaussée glisse, il y a tellement de monde dans le RER qu'on peut sentir le dentifrice du voisin - mélangé au café qu'il a avalé vite fait en attendant sa correspondance.

Des journées où on attend devant le bâtiment D alors qu'il fallait aller au B et où on demande à Caro si elle peut nous héberger une nuit à Londres alors qu'on va à Lyon.

Des journées où on déjeune enfin avec celle que l'on n'a pas vue depuis des mois. On a même choisi un resto américain super déco avec des hamburgers aussi énormes que le sourire du serveur. Et où on termine avec un Perrier - Poulet - haricots verts - déca. Même pas cap de s'enfiler sa dose hebdomadaire d'hydrates de carbone en un repas.

Des journées où une copine essaie de trouver une date pour faire un dîner à 5 et qu'on se retrouve la seule à ne pas pouvoir y aller.
Ben oui, on va à Lyon, on vous a dit.

Avant de reprendre le train et de se rendre compte qu'il reste juste 10 pages avant de terminer son roman. Il restera 3 pages à lire. Pas assez pour faire un autre voyage. Trop pour tout lire avant d'arriver. Et quand est-ce qu'on va les lire ces 3 pages, hein ?

Mais ce qui est bien, c'est que ces journées là s'arrêtent aussi à un moment.
Et on termine, allongée sur le canapé à tremper des petits cookies Bonne Maman dans sa tisane devant le nouvelle série de Canal+.
Avant d'aller trainer sur le net et de trouver cette illustration.
Zombieland.
Illustration officielle des jours comme un lundi.



PS : Illustration ruben fleischer

Gimme me your Hand

Tant qu'à faire, oui, autant déjeuner dans un restaurant qui nous
propose de passer une bonne journée !
(39 rue de Richelieu Paris 1er)

jeudi 19 novembre 2009

A l'école

Dans le hall du collège des enfants, en retrait en bas des escaliers (rampe en bois, vieux vieux escaliers recouverts de lino), il y a une statue d'un prêtre en surplis (ou bien est-ce une soutane ?) qui tient un livre ouvert dans ses mains - les pages tournées vers le spectateur.
Et sur ces pages, on lit très bien (le graveur a bien pris garde de le graver en caractère 72) : "Simplicité, pauvreté, charité, abandon à la providence".

Et du lundi au samedi, une horde de jeunes de 12 à 18 passent devant le saint homme en chahutant, avec le sac Eastpack sur l'épaule et le sweat American Apparel négligemment ouvert.

Sublimes contrastes de la vie quotidienne...



mercredi 18 novembre 2009

Porte de Versailles


Le mardi soir c'est braderie Dior dans le Hall G. Vigiles à l'oreillette à l'entrée, double carte d'identité et invitation, laissez vos effets personnels aux vestiaire, merci.
A l'intérieur, beaucoup de monde, beaucoup de portants de guingois et de petites dames très chics en collant et soutien gorge de dentelle qui tentent de passer un petit modèle en soie super mimi par dessus leur tête sans abîmer leur brushing.
Avant d'avaler un sandwich Sodebo et de faire la queue 1 heure pour repartir chez elles les bras chargés des deux initiales convoitées.
Le luxe au prix du prêt à porter haut de gamme avec le prestige en plus. Équation imparable pour perdre la tête.

Le mercredi matin c'est Hall 2, le salon des Maires. Une giga foire à l'équipement des collectivités locales.
Sur le trottoir, il faut se frayer un chemin au milieu des syndicalistes en rouge qui distribuent des tracts au son de la sono à fond. "Faites du bruit" dit le tract. Dont acte. Trust et NTM. L'ambiance est chaude et bon enfant. Les rouges syndicalistes devant les bleus policiers. J'avance mon pion et je prends le tien.
Et puis les kilomètres d'exposition, moquettés de bleu.
Du jeu de square au funérarium en passant par les vendeurs de toilettes ambulantes (rondes, impression galet, ça va fait un Hit en 2010 sur les bords de mer). Et des décorations de Noël, des panneaux de signalisation, des véhicules électriques, et des banques.
Partout des hôtesses souriantes, tailleur et foulard noué à la gavroche.
Partout des stylos publicitaires et des mini viennoiseries qui attendent qu'on les attrape.
Et des armées d'hommes en costumes, avec des accents de partout, du qui rocaille, du qui roule, du qui chante, et tous qui terroirisent l'espace en le télétransportant loin de Paris.
Qui attendent le chaland et qui le haranguent. Ou qui se présentent, le badge en avant, "Mairie de Toulougnac" à des commerciaux aux dents étincelantes.

Et à droite dans le hall d'à côté, il y a un autre salon. Et puis encore un autre.
Et le Palais des Sports avec Mozart à l'affiche qui somnole en attendant 20 heures.

La Porte de Versailles est un tourbillon qui ne s'arrête jamais. Un melting pot détonnant. Une place des marchés bourdonnante où se font et se défont les fortunes et les images.

Chiffons

Jolis chiffons et explosions de couleurs aux braderies des maisons de
couture. Pour les yeux seulement. Le prix du rêve.

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