jeudi 15 décembre 2011

Challenge du jour



Même dans les transports en commun, quand la buée le dispute à la chaleur moite des manteaux trempés et des parapluies qui dégoulinent sur la pointe des chaussures.
Garder sa bonne humeur est un objectif à côté duquel terrasser un dragon peut être sérieusement considéré comme gnognote.
Hauts les coeurs !

(ici)

mercredi 14 décembre 2011

Ben non



On a tous un gros gâteau au chocolat qui nous attend de l'autre côté de la barrière. Un bon gros gâteau qui a l'air super bon, on en rêverait presque. Il n'est pas loin, juste de l'autre côté de la barrière, mais on n'y va jamais, pourtant.

On a tous de ces trucs qu'on adorerait faire, qu'on pourrait faire, et qu'on n'arrive jamais à faire.

Moi, c'est le vernis rouge.
Je fais une fixette sur le vernis à ongle rouge. Je trouve ça féminin, chic, éternellement de bon goût en toute circonstance, même, mettons, pour changer une couche. Rien que glisser son ticket de métro dans la borne avec des ongles vernis devient glamour. Mettre la table prend une dimension hollywoodienne. Sortir les poubelles, une sortie shopping sur Rodeo Drive avec Romy Schneider.

Je me souviens de maman avec son vernis rouge des grandes occasions. Je la trouvais belle, ça me fascinait cette tranquille assurance de femme. Plus tard, je lui en ai même offert pour qu'elle continue à me faire rêver. Le Fire de Chanel, le rouge qui claque, qui vibre et qui réveille.

Chez Monop', je suis aimantée par le rayon vernis. J'en ai beaucoup. Des colorés, des bizarres, des qui me rappellent des occasions et de beaux rouges qui claquent, qui pètent et qui réveillent.

Et il ne se passe pas une semaine sans que je me dise que je vais en mettre.  Il me faut 30 minutes, c'est tout simple, après le dîner, devant la télé ou pendant que les enfants me récitent leurs devoirs.
Des tas de femmes y arrivent, des débordées et des oisives, des jeunes et des vieilles. Des tas.

Mais pas moi. J'y arrive pas. J'ai toujours mieux à faire. Le blog ou un mail en retard, une machine ou une tournée de yaourts. Une virée au monop' (devant le rayon des vernis) ou un raid à la boulangerie.
Je pourrais me payer une manucure ou une pose de vernis.
Ou bien juste brancher la radio et faire ma peinture trois couches en écoutant les nouvelles.
Ou bien faire une couche vite fait ce soir et une autre à la fraîche demain

Mais non.
C'est grave, dites, Docteur ?



PS : illustration ici
PS2 : vous aurez salué de vous même l'extrême raffinement du titre de ce billet, en raccord total avec l'illustration. Non ? Alors, je vous invite à le faire parce que j'en suis très fière.

mardi 13 décembre 2011

Muppet Salopettes


Petite je trouvais ça super ennuyant les Muppets avec cette idiote de Peggy et l'insupportable Kermit.
Aujourd'hui je suis pas fan fan des stickers qu'on colle sur les murs.
Mais là, je veux bien faire une exception.


formidables stickers à acheter ici


Et sinon, la dernière drogue du bureau, c'est le flux d'actus insolites de Yahoo (ici). Un mélange d'almanach Vermot, de calembours trop beaux pour être vrais et d'histoires qui ne peuvent pas être vraies, c'est trop dingue.

lundi 12 décembre 2011

Excellente nouvelle


Le blog est en train de se préparer à changer de peau.
C'est un exemple de luxe abordable et jouissif. Surtout quand Sophie s'en mêle.

Sinon on peut aussi :

jouer les riches et se garer en double file devant Merci, donner les clés au voiturier et croire que ce magasin extra-ordinaire est sa maison

aller écouter un concert dans une église monumentale et s'y sentir chez soi

acheter un éclair à la maison du chocolat pour le prix d'un demi ticket resto et le manger debout, dans la rue

ouvrir un livre et s'y plonger sans se préoccuper de ce qui se passe autour

écrire un mail de remerciement en pe(n)sant chaque mot

se lever cinq minutes plus tard et en profiter pour s'étirer dans son lit

Bonne semaine !


PS : comme je ne réussis pas à faire ce que je veux et que je ne suis pas sûre de savoir ce que je veux non plus (pauvre Sophie), je vous laisse jouer avec l'affichage dynamique de Blogger. A défaut d'être très personnalisé, c'est rigolo.

dimanche 11 décembre 2011

Ma famille est une start-up






Avoir une grande famille c'est à peu près comme vivre dans une start up. Pour certains, ça commence au premier, pour d'autres ça arrive beaucoup plus tard. Chez nous, on a vraiment gagné l'esprit start up au 4ème.

Dans une start-up, ya un open space. Dans une famille élargie c'est pareil. Des lego dans le salon, un séchoir dans la chambre, une table à langer dans le couloir. On vit dans la cuisine, la cuisine s'ouvre sur le salon. On est tous ensemble, on a tellement peur de pas réussir à profiter les uns des autres qu'on veut se voir tout le temps.


Dans une start up, on est jeunes, on est trop cool, trop dans le mouv' des trucs à faire et à connaître. Dans une famille, on reste jeune longtemps. Pas le choix. Même à 45 ans les Memory restent une valeur sûre pour occuper les mouflettes. Quant à la musique et aux vêtements, c'est sûr qu'on aurait sans doute préféré échapper à Lady Gaga et aux Ugg. On se rattrape en mettant Supertramp à fond dans la voiture.


Dans une start up on manque vite de place. On rêve de s'étendre, de déménager, de se meubler design, de créer des "espaces" et des "atmosphères". En vrai, comme avec plein d'enfants, on se bat pour les mètres carrés, on va chez IKEA et chaque nouvelle réorganisation donne lieu à des négociations tellement serrées qu'à côté, la Communauté européenne à Bruxelles, c'est Nounoursland.

Dans une start-up, on a des subventions. Dans une famille aussi, ça s'appelle des allocs'. Et comme pour les subventions, les allocs' ça fait des jaloux même si ça fait pas vraiment bouillir la marmite.

Dans une start up, on se lève tous les matins en se promettant de travailler les fondamentaux, pour asseoir les bases d'un fonctionnement pérenne à base de process simples, redoutablement efficaces. Finalement, on se retrouve à gérer un bug imprévu, à faire un point avec Bernard de la compta et Cyril du fonds d'investissement avant même d'avoir ouvert une feuille Excel.
Dans une famille, ça donne le calendrier des servitudes familiales, le tableau des rendez-vous chez le dentiste, le pédiatre, le dermato et les réunions de café punaisé sur le frigo, ainsi que la résolution quotidienne de vraiment suivre son ado sur ses devoirs et la petite sur l'apprentissage de la propreté. Avant que pfffffiout une bronchite carabinée et le lave linge qui tombe en panne détruisent toute idée d'organisation sans faille.

Dans une start up, on manque parfois de recul devant les progrès de ses bébés. Que celui qui n'a jamais essuyé une larme de fierté au spectacle de l'école - pourtant passablement raté - de son enfant me jette la première pierre. On sait qu'on va y arriver parce qu'on y croit. Même si, objectivement, y'a encore beaucoup de boulot. Et plus le nombre d'enfants augmente, plus le manque de recul aussi. C'est le paradoxe de la multipare.

Dans une start up, un jour où l'autre, ça pète. Mêmes sans portes à claquer, on réussit les coups d'éclat, les coups de gueules et les mises au point qui montent dans les tours. Parce qu'on a quand même des objectifs à tenir, que ce soit la sortie de la bêta ou le passage dans la classe supérieure. Et qu'une bonne mise au point, ça fait parfois gagner beaucoup de temps.


Mais le mieux, c'est que dans une famille à étages, comme dans une start-up, on (se) dépense sans compter pour l'instant parce qu'on a une foi inaltérable dans l'avenir.

jeudi 8 décembre 2011

Le dans La viens chez moi


Parfois, en pleine semaine, avec mon bug vide à droite et quelques miettes de petit beurre sur mon clavier, je lève le nez et je vois..., je vois un intérieur très habité, très caramel et bois patiné, une boite de Monopoly et une Nike oubliées au milieu du salon.
Alors, je baisse les yeux et je vais me plonger dans un blog où tout n'est qu'esthétique et harmonie, travaux manuels et murs d'inspiration délicats. Enfants délicieux et murs blancs, sols peints et lumière filtrée par des voiles qu'on imagine immaculés.
Le dans La est une bonne thérapie gratuite que je vous recommande.






PS : oui, je sais c'est un post de crapule ce soir. Mais c'est beau, non ?

mercredi 7 décembre 2011

Cardinales pas banales



Quand on a des enfants, on s'expose à tout un tas de situations cocasses.
(Je dis cocasses parce que le mot cocasse est largement sous estimé).

On se retrouve parfois à faire des choses, à dire des choses qu'on pensait réservées à d'autres que nous.
La première fois qu'on doit sortir avec un landau dans la rue, le jour où on réalise qu'on passe tous ses dimanches aprem au parc à jouer les vigies, les courses gigantesques chez Leclerc tellement plus efficace si on a fait les menus de la semaine, les réunions d'école.

C'est pas qu'on est moins cools, c'est pas qu'on est plus vieux, c'est juste qu'on se trouve embarqués dans un chemin qui est, qu'on le veuille ou non, semé de petites balises incontournables, à la fois rassurantes, désespérantes, et aussi.. cocasses quand on réussit à les voir avec un peu de hauteur.

Là, maintenant, tout de suite, j'ai l'impression d'avoir passé une étape capitale - ou mieux cardinale pour continuer à filer la métaphore marine.

On accueille des correspondants étrangers à la maison.
Version light, hein.
4 jours, ils sont occupés pendant la journée, on ne doit jouer les hôtes parfaits que le matin, le soir et samedi toute la journée. En plus ils sont deux, donc au pire, ils s'ennuient à deux dans leur chambre.

Le hic, c'est qu'ils ne parlent pas un traitre mot de Français. Et qu'ils ont encore cette décontraction de l'enfance qui les pousse à nous faire des discours sans geste, sans expression, pour nous demander un truc dont on n'a aucune idée de l'importance.
Parce que le polonais, mesdames, messieurs, ça ne ressemble à rien. En tous cas, ni à l'anglais, ni à l'allemand, ni même au breton.
Et l'on se retrouve alors dans ces situations totalement absurdes où chacun de son côté parle dans sa langue tout en sachant pertinemment que l'autre n'y comprend goutte mais sans trop savoir comment faire autrement.

Dans ces cas là, on découvre le langage universel des über-marques et des symboles transfrontaliers.
Halte au rafraîchissement, au verre d'eau, et viva le "Coca Cola" !
Prononcez les deux syllabes magiques "pizza" et immédiatement un grand sourire barrera le visage jusqu'alors perplexe de votre interlocuteur.
Dites "soupe" et vous verrez le même visage réjoui redevenir beaucoup plus hésitant, avant qu'une dénégation timide ne crée une franche complicité entre tous les habitants de moins de 15 ans de la maison.
Lâchez deux garçons dans une chambre de garçon et observez les se jeter en connaisseur sur le double fusil mitrailleur à cartouches en mousse NERF, le soupeser et engager immédiatement une nouvelle bataille  trans-polochons ponctuée de "schdong" et de "bang" contre la puissance invitante, plutôt contente de s'en tirer à si bon compte.


Et je comprends mieux pourquoi ma mère m'a toujours dit qu'on peut s'en sortir partout avec des sourires, des gestes et un peu de bonne volonté.

(à suivre)

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