vendredi 10 mars 2017
La mère parfaite n'existe pas
Vous savez, tous ces discours émouvants, ces déclarations d'amour confites de bons sentiments, où les mères sont fortes, qu'elles mènent leur vie et leur famille en oubliant leur propre confort. Debout les premières, couchées les dernières, camouflant leurs bleus à l'âme et au corps sous des sourires bienveillants et des cardigans col rond impeccables ?
On a tous en tête ces témoignages de grands costauds tatoués jusqu'aux yeux, ces terreurs des cités ou de la City, devenant tout chamallow quand ils évoquent leur mère, qui jamais n'a failli, ni ne les a fait souffrir.
Moi aussi, j'ai été élevée par une Sainte qui jamais ne se plaignait ni ne faisait passer son intérêt personnel avant le nôtre. Debout la première, couchée la dernière, malade seulement quand on ne regardait pas, souriante, bonne cuisinière, couturière hors pair, capable de trouver tout ce que j'avais perdu en moins de 2 minutes et qui en plus, donnait sans compter à notre communauté.
Cette image de super héroïne qui colle à la peau de l'image d'Epinal de la MERE, devenue la panacée à tous les maux, brandie partout et par tout le monde comme LA solution, le refuge ultime, me fait un peu frissonner.
J'ai un aveu à faire : c'est vrai que parfois je fais passer le bonheur de mes enfants avant le mien, que je plie le linge sans broncher. Que je fais des sacrifices, que je fais bonne figure alors que j'aimerais juste enfouir ma tête sous l'oreiller et disparaitre. Mais le plus souvent, je le fais parce que ça ME fait du bien à moi aussi.
Et puis, parfois aussi je ne le fais pas; je baisse les bras, je capitule, je vais me coucher à 19 heures, je disparais, je hurle que personne ne m'aide, je terrifie mes enfants en les privant de sortie s'ils ne vident pas le lave vaisselle. Je pense à moi et seulement à moi en me disant que j'ai besoin de vivre, que ma vie est au moins aussi importante que la leur.
Alors, la mère parfaite qui s'oublie, la mater doloris sacrificielle existe sûrement.
Mais, dieu merci, j'aime à penser que toute mère bénéficie du regard éperdu d'amour de ses enfants qui, même alors qu'elle a remplacé le masque de Batman par celui de Dart Vador, garde à ses yeux et pour toujours une aura merveilleuse.
jeudi 9 mars 2017
English vocabulary : nudge
nudge | BrE nʌdʒ, AmE nədʒ | A n coup m de coude, poussée f B vt (push, touch) pousser du coude, donner un petit coup de coude à (accidentally) heurter (brush against) frôler to nudge one's way through se frayer un chemin à travers [qch] à coups de coude IDIOM nudge nudge, wink wink ‹informal› tu vois un peu ce que je veux dire
Je me souviens de cette scène.
Il y a 8 ans.
Moi, un samedi soir, diner tranquille - bougies - champagne - serviettes en lin - lazy music, debout dans la cuisine, essayant de m'occuper pour échapper à un mal de tête lancinant pendant que Lucille et Perrine bavardaient l'air de rien. Et tout à coup, sorti de nulle part et certainement assez anodine au milieu de cette conversation légère d'un samedi soir d'automne bien gris et bien pluvieux, dans les vapeurs des légumes tout juste cuits, cette invitation à ouvrir mon blog à moi, à écrire tout ce qui me passait par la tête puisque c'était ça que j'aimais.
Je ne sais pas si ces deux amies, qui à l'époque étaient encore surtout des copines, ont jamais réalisé quel détonateur elles ont été, quel verrou elles ont fait sauter ce soir là. Sans doute pas. On a beaucoup ri, beaucoup parlé pendant cette soirée - et c'est très bien comme ça.
Depuis, ce blog est né, a bien vécu, a connu des pics de visites, des grands messages d'encouragements de mes proches proches, des rencontres épistolaires et dans la vraie vie pour de vrai, des trous d'air et des soirées de grand blanc. Sans ligne éditoriale, sans SEO ni référencement ni backlinks ni rien de ce qu'on professe dans les grands messes digitales. C'est un exutoire bienvenu, un terrain de jeu, un cahier d'exercice et une gymnastique de plaisir indispensable. Rendu possible par un encouragement tombé à pic.
mardi 7 mars 2017
Sans nu, Playboy était à poil
Ou bien "A force de trop vouloir partir loin de son histoire on finit par y laisser sa chemise" Ou bien "Quand un fils à papa aurait mieux fait d'écouter Aimé Jacquet en 1998", je ne sais pas pourquoi mais cette news 'inspire tout un tas de calembours pas très fins.
Lu aujourd'hui dans Courrier International, cet article du playboy daté du 15 février dernier qui raconte comment, un an après avoir lancé sa nouvelle formule garantie 100% textile, le fils de Hugh Hefner a fini par se rendre à l'évidence : "Naked is normal", sous entendu, on va pas en faire tout un fromage d'un téton qui dépasse, allez, hop, redonnez-nous les Playmates toutes nues (et pas cachées derrière des voiles) et que l'on retrouve une belle croissance à deux chiffres.
A l'origine, la décision de s'affranchir du nu intégral avait pourtant pour objectif de stopper l'érosion des ventes et de se démarquer d'un marché dit du charme, totalement spoilé par une industrie pornographique sans foi ni loi.
Las, cette décision, bien que saluée à son lancement, n'a pas eu l'effet escompté.
Comme quoi, finalement, on a rarement raison de délaisser sa raison d'être pour espérer durer.
lundi 6 mars 2017
Exploration du territoire oublié
Quand on arrête de travailler, il faut se réhabituer au vide.
Dans les rayons des magasins, dans la maison, dans sa tête, dans ses poches, dans sa boite mail, dans son emploi du temps.
Réajuster ses yeux à la lumière du jour dans les rues de la ville (pas vues depuis des lustres), à la population (des nounous, des personnes âgées, des gens qui courent parce qu'ils sont en retard, des policiers qui font des rondes, le facteur, des enfants qui se chamaillent à la sortie des cours, des collégiens qui fument en se cachant pas vraiment dans la ruelle).
Se retrouver dans la rue à 15 heures 15 avec un chou fleur et deux baguettes tradition dans les bras. Plus un parapluie, un livre de poches et un pochon en papier avec deux trois bricoles dedans. Parce qu'on a eu l'idée à 15 heures 05, en passant devant le Monop', que ce serait bien de faire un gratin de chou fleur ce soir. Et que ça a fait comme un petit rebond dans le coeur, de se dire que "pour une fois je ne bricolerai pas un menu à 19 heure 43, debout devant le frigo avec Chica Vampiro en fond sonore." Comme un étrange sentiment de plénitude hérité d'une éducation pas très féministe quand on y pense.
(la suite)
samedi 4 mars 2017
Glissements de terrain
Il y a comme un vent de folie en cette fin d'hiver. Une impression d'ère catapultés dans l'espace avec des confettis, des bazookas, des tonnes de chewing-gum gums déjà mâchés et des fleurs des champs en pagaille. Un drôle d'environnement me direz-vous, mais vous ne pouvez pas ne pas comprendre ce dont je parle. Cet oeil du cyclone, cette impression que tout peut arriver. Et je ne parle pas seulement de politique, de météo et de la fin jamais programmée de Grey's anatomy malgré la mort (atroce) de son héros.
Les stars sur tapis rouge n'ont plus toutes des seins ronds et enflés comme des pastèques et parfois mêmes certaines osent afficher sans vergogne une poitrine menue et/ou occultée par un corsage qui monte jusqu'à la clavicule. Vous allez voir que bientôt elles auront des cuisses, et là....
(...) la suite
vendredi 3 mars 2017
english vocabulary : english paradox
According to Wikipedia :
The French paradox is a catchphrase, first used in the late
1980s, that summarizes the apparently paradoxical epidemiological observation
that French people have a relatively low incidence of coronary heart disease
(CHD), while having a diet relatively rich in saturated fats, in apparent
contradiction to the widely held belief that the high consumption of such fats
is a risk factor for CHD. The paradox is that if the thesis linking saturated
fats to CHD is valid, the French ought to have a higher rate of CHD than comparable
countries where the per capita consumption of such fats is lower.
En français, ça donne :
"Le paradoxe français est
l'expression employée par le monde anglo-saxon et les diététiciens pour
désigner l'étude épidémiologique d'une importante et étonnante contradiction
entre la richesse en matières grasses et en vins français de la cuisine
française, en particulier de la cuisine du Sud-Ouest et de la cuisine de la
Provence méditerranéenne riche en huile d'olive, et la relative bonne santé
publique des Français en matière de maladie cardio-vasculaire ou de cancer, en
comparaison en particulier avec les mauvais résultats sur la santé publique
anglo-saxonne et mondiale en rapport avec l'industrie agroalimentaire moderne
américaine et britannique, souvent qualifiée d'importante source de « malbouffe
»."
En breton, on peut traduire ça par : "j'aime le jaune et le soleil même si parfois il vaut mieux l'envisager dans des matière déperlantes et des laines d'agneau quatre fils".
dimanche 12 février 2017
Jusqu'au bout du plus loin possible
Peut-on aller trop loin pour un bon titre ?
Anne Demoulin, journaliste à 20 Minutes semble avoir décidé de repousser encore un petit peu les limites. Rebondissant sur un nouveau mot valise inventé par la merveilleuse lange anglaise, si prompte à passer son dico au blender pour qualifier chaque épiphénomène stylistique (cf. juste en dessous les 1500 signes sur le "blorange"), voici notre rédactrice zélée qui ne peut s'empêcher de créer la confusion dans l'esprit embrumé de ses lecteurs.
On imagine la moue malicieuse derrière l'écran et le plaisir non feint d'entrer enfin dans la compétition du titre calembour de l'année de la rédac, habituellement squattée par les journalistes des pages sports.
Il faudra qu'elle nous dise si elle a gagné, quand même.
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