mardi 9 mai 2017

Aux aguets

Mélanie Allag 


D'où vient-on que l'on soit toujours aussi méfiants et plein d'inquiétude face à tout ce qui sort des clous ? D'où vient que, plutôt que d'accueillir l'inattendu avec excitation, joie et enthousiasme on cherche toujours le loup ? Qu'on se dresse sur ses pattes, l'oeil inquiet et le jarret souple, prêt à bondir à la gorge ou à l'abri ?
On crie au complot, au storytelling, à la dissimulation, on suppute, on se tord les mains, on manifeste et on proteste. On imagine, on croit deviner les signes, on émet des soupçons, on pense déjouer la manipulation.

Après une campagne présidentielle aussi rude qu'incroyablement pavée de rebondissements et de déceptions, nous avons un nouveau Président.
Bon ou mauvais, providentiel ou pas, certainement armé d'une motivation hors du commun et d'une réserve de sommeil quasi inépuisable.
On ne sait rien de lui ou quasi en dehors du tombereau d'images, de rumeurs, de petites histoires plus ou moins chuchotées.
Mais cette année, et encore plus que jamais, cet homme ne pourra même pas bénéficier de ce fameux état de grâce avec lequel on accueille parfois les nouveaux.


vendredi 5 mai 2017

Sea you




La photo est un peu floue mais peu importe. Seule compte la tranquille impression de bonheur qui s'en dégage. Rien de spectaculaire, hein, rien de bling ni d'hystérique, rien d'exotique ni de  grandiloquent.

Mais au delà de l'image en elle-même, le souvenir quasi sensuel de chaque millimètre de pixel de l'image, le vent dans les oreilles et l'odeur inimitable de la mer sur un vieux bateau en bois. 

Les vernis entretenus au petit poil, les épissures au cordeau et les bouts souples.
Le seau à tout faire  avec à coup sûr une grosse éponge au fond.

La veste de mer Helly Hansen aussi confortable et usée qu'un vieux nounours, décolorée sur les épaules, couleur bleu marine passée à l'intérieur. Le chapeau posé sur le crâne au-dessus des oreilles et la main solide et carrée, qui tient la barre comme on tient la main d'un enfant, avec autorité et douceur. Et le sourire, éclatant, de l'homme qui est, à ce moment, là, exactement où il a envie d'être.

(la suite après le saut)

vendredi 28 avril 2017

A chacun son ambiance start up


& Other Stories



Vous avez toujours rêvé de bosser dans une start-up ?
Vous ne comprenez pas bien pourquoi tout le monde en fait tout un pataquès de ces start up ?
Vous avez bavé devant le film Le Stagiaire avec Anne Hathaway et Robert De Niro ?

Pas de panique.

En travaillant de chez vous, vous pouvez aisément expérimenter ce mode de vie plébiscité par les Millenials et décider si oui ou non c'est le Paradis.

Vous allez voir c'est tout simple.


mercredi 26 avril 2017

Viens dans ma bulle


crédit : unknown


Il y a 7 ans, Ed Pariser, serial entrepreneur du web, nous mettait en garde contre les Filter Bubbles, cet enfermement provoqué par les moteurs de recherche Internet, qui, à force d'enregistrer des informations sur nous au fur et à mesure de nos demandes, finissent pas nous enfermer dans une petite communauté rassurante et quasiment étanche. Il expliquait les dérives d'un tel isolement avec des noms sympathiques comme aveuglement, communautarisme et tout un tas de mots en "isme" qu'on n'aime pas.
Il en a fait un livre et une conférence TED (ici, disponible avec sous titres si vous ne maîtrisez pas l'anglais).

Aujourd'hui Politico, site d'information américain, publie une longue enquête (les Américains aiment beaucoup écrire des articles très longs) très documentée et illustrée de travaux de sociologues sur la bulle des médias (américains), dans une tentative d'explication de leur incroyable fiasco lors des dernières élections américaines.
Cet article au titre bien flippant :  "the media bulbe is worse than you think" ("la bulle des médias est pire que vous ne l'imaginez") explique comment la bombe atomique Internet a complètement dynamité les médias et les entreprises de pointe américaines (la fameuse tech aux réussites faramineuses) et a créé un tout petit univers parallèle, auto-suffisant et auto-satisfait qui contrôle la prise de parole sur les grands canaux de communication.
En gros : exit les feuilles de chou locales dans tous les patelins avec leurs journalistes qui allaient boire le coup au bistrot du coin et se plaçaient à hauteur de la communauté, et place aux gros conglomérats nationaux qui pilotent l'avion à 7000 pieds au-dessus d'un tapis de nuage blanc et cotonneux sans jamais trop regarder ce qu'il y a en dessous.
Forcément ça crée des malentendus.
Des gros malentendus, car même avec la meilleure volonté du monde, difficile de garder les pieds sur terre quand votre univers professionnel se résume à 5 boites et 4 quartiers de 3 grandes villes, qu'on a fait tous les mêmes écoles et qu'on ne connait la province qu'en week end dans des locations rustiques tellement authentiques mais 5 étoiles.


(la suite après le saut)

lundi 24 avril 2017

War zao atao



Ca se dit l'oeil fier et la tête haute et ça se vit tous les jours.

Toujours debout.

Quand le feu est rouge et qu'il faut s'arrêter, quand la pluie tomber et qu'on n'y voit pas très clair et que les gouttes s'immiscent le long du cou, quand le choix au gouter c'est un fruit coupé ou un pain beurre, quand il faut se lever le matin alors que la couette est douce et chaude. Quand vraiment on n'y arrive pas, alors que pourtant on a l'impression de tout bien faire.

Toujours debout quand le ciel nous tombe sur la tête et qu'il va bien falloir faire avec.




mercredi 19 avril 2017

Sur ma table de chevet




Mon côté de lit est un joyeux foutoir qui prend la poussière jusqu'à former un genre de marchepied naturel pas désagréable, quoi que fort peu stable, qui me laisse malgré tout penser que que je n'ai pas qu'un patronyme royal au moment de me jucher sur ma couche.

- - - - Couche par ailleurs perchée aussi haute qu'un lit médical grâce (à cause ?) du sommier et du matelas mémoire de forme épais comme des livres de Dan Brown de tout couple de plus de 45 ans qui a fini par se convaincre que "rien n'est plus important qu'une bonne literie à notre âge" même au prix d'un billet aller/retour Seychelles en 1ère classe. Parfois je regrette mon clic clac d'étudiante - - - - -


Revenue aux dures réalités de la vie en famille, de l'optimisation de l'espace et de la chasse au bazar, il m'arrive de me lancer avec enthousiasme et efficacité dans un tri, qui aboutit immanquablement à une rupture d'espace temps pendant lequel je me retrouve, assise par terre à trier les indispensables des désespérément inutiles, découper les recettes et les photos chouettes, relire les magazines et les livres, ouvrages et prospectus étalés par terre. Avant de tout remettre en tas.

Le dernier tri a permis malgré tout de sortir des limbes moutonneuses quelques pépites - à la demande générale de mon lectorat bibliophile.

(la suite après le saut)

mardi 18 avril 2017

Quand tu sais pas, t'as Carlos





Non Carlos n'est pas que le fils de Françoise Dolto ni l'interprète du tube planétaire Big Bisou sorti en 1977, en pleine période Punk. (Finalement, à bien y réfléchir, c'était peut-être lui, le vrai Punk de l'histoire).

Il a aussi sorti en 1976 un 45 tours sur lequel on trouvait sur la face A le totalement oublié (sauf de Roro et ses frères) "bougalou du loup garou", et sur la face B le encore plus oublié "Si j'étais Président", profession de foi super festive et ritournelle impeccable dont les paroles sont fixées dans ma mémoire depuis... mes 6 ans.

Une semaine à peine avant de partir d'un pas décidé vers les urnes remplir votre devoir citoyen, voilà de quoi envisager votre plongée dans les programmes des candidats avec entrain et bonne humeur  :





PS : l'histoire de Yvan Chrysostome Dolto, fils de, diplômé en kinésithérapie, devenu secrétaire particulier de Sylvie Vartan avant de changer de nom pour prendre celui de Carlos en hommage au percussionniste Carlos Patato Valdes, et devenir un artiste de variété incontournable, vaudrait à lui tout seul un film.


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