lundi 23 novembre 2020

Plus Bébel la vie

Photographe : J.Bouguet - 1987 - Kean au théâtre Marigny


Et pourquoi ne pas reprendre le fil de ces pérégrinations maintenant que le temps est là, ouvert, à la fois contraint et infini, empli de promesses, de projets et en même temps suspendu au coup de fil qui y mettra fin ?

Pendant que le monde s'emporte et se lasse à la vitesse de la pubication d'un Tweet, que les ondes éructent l'angoisse et que les plateformes vidéo nous engloutissent sous une avalanche de contenus impeccablement packagés, que l'on consomme avec frénésie avant de nous laisser, hagards, dans la lumière bleutée des écrans au milieu de la nuit. Pendant que les modes se font et se défont, revisitent les retours vers le futurs et les lancers francs vers un passé autrement plus attirant, il y a, justement des arrêts sur image qui font du bien.

Ahh, la légèreté des interviews de Jean-Paul Belmondo. Qu'il s'agisse de José Arthur, de Jacques Chancel ou du déjà indéboulonnable Michel Drucker, on sent comme une grande jubilation à l'idée de converser avec l'acteur français. C'est léger, parfois goguenard et ce n'est pas sans fond pour autant. Belmondo parle de son père, du théâtre, du Conservatoire, de son retour sur les planches,  de ses 8 heures de sommeil par nuit, de la peur et du temps qui passe. On dirait que l'expression désuète "avoir l'oeil qui frise" a été inventée pour lui. C'est sur Youtube et c'est un régal.

De quoi avoir furieusement envie de regarder la captation de "Kean", la pièce de théâtre qui le fit remonter sur scène après 27 ans d'absence, mais aussi "Un singe en hiver" d'Henri Verneuil, "un homme qui me plait"de Lelouch ou "l'homme de Rio" de Philippe de Broca (parce que Rio reste la destination parfaite de vacances et que le vestiaire des acteurs de ce film est indémodable et parfait).

mercredi 25 mars 2020

La vie d'après



La vie en mieux. Je ne peux pas imaginer que demain on va reprendre notre vie comme si de rien n'était. Ou plutôt, je ne VEUX pas croire que l'on va reprendre notre vie comme si de rien n'était (si tant est que l'on puisse repartir dans notre joyeuse inconscience consumériste après des semaines de vaches maigres et de bombances de confinement). 

J'ai besoin de ça pour ne pas me retrouver engloutie dans ce présent qu'on me présente au mieux comme une gigantesque blague absurde, ou au pire comme un début d'Armageddon, alors qu'en vrai ça ressemble plus à un gros chamallow un peu collant, à la fois délicieux et un chouille étouffant.

Plus que de savoir quand le chamallow va disparaitre, j'ai besoin de savoir comment on va vivre après

Parce que je ne peux pas être la seule à me demander : 


Ce qu'on vit là, ça peut changer quoi ?


Je partage avec vous les articles croisés ces jours derniers :

A quoi ressemblera le travail après le confinement (Usbek et Rica)




Si vous avez envie de répondre à cette question, envoyez-moi vos réponses à cette adresse : unefemmeavectoi@gmail.com ou envoyez-moi des DM sur Instagram, des whatsap ou des SMS.

Et moi je partagerai vos réponses ici et sur instagram et j'y ajouterai les réponses que j'aurai trouvées, ainsi que celles que je vais aller chercher.




dimanche 1 décembre 2019

Vive les ieuvs



Elle se dit qu'elle n'aurait jamais du accepter de poser pour cette couverture de magazine. Même contre la promesse d'un abonnement à vie et d'un cachet correct. Elle dit correct parce que sans avoir jamais été Linda Evangelista, il fut un temps pas si lointain ou son agent fixait ses prix bien au-delà d'un smic mensuel pour 1/2 journée de pause. Aujourd'hui elle fait moins la maligne. Parce qu'elle a bien calculé, sa retraite, elle ne la touchera pas avant au moins 17 ans. La faute à ses années sabbatiques à parcourir le monde en vivant de pas grand chose sur des yachts de milliardaires aussi désoeuvrés que friands de grandes beautés brunes. Les années ont passé et aujourd'hui on lui propose de jouer les top models sénior pour un dossier spécial sur les vieux en 2050.  Elle a bien calculé. En 2050, elle aura 80 ans. Ce dossier spécial parle d'elle. Et ça la déprime. Elle espère que le traitement graphique de la couverture la mettra au moins en valeur. Winston, le DA lui a dit "Chérie, ça va être formidable. On va demander à un illustrateur génial d'interpréter la photo avec ses codes. Tu vas adorer". Et là, à moitié assise, avec son haltère dans la main et son académique gris souris, elle est prise d'un doute.

lundi 27 août 2018

English vocabulary : oxymoron



oxymoron

noun   ox·y·mo·ron   \  ˌäk-si-ˈmȯr-ˌän ,  -sē- \
Popularity: Top 1% of lookups |Updated on: 25 Aug 2018


plural oxymora play  \ˌäk-si-ˈmȯr-ə, -sē-\

a combination of contradictory or incongruous words (such as cruel kindness);  broadly  something (such as a concept) that is made up of contradictory or incongruous elements 

oxymoronic

 play  \ˌäk-si-mə-ˈrä-nik, -mȯ-, -sē-\ adjective

oxymoronically

 play  \ˌäk-si-mə-ˈrä-ni-k(ə-)lē, -mȯ-, -sē-\ adverb


Merriam-Webster


Shaka Ponk est a priori aussi crédible en héraut de la consommation responsable que Tata Yvette en porte parole du CES de Barcelone.

Parce que Shaka Ponk est un groupe d'électro rock heavy metal patiné de funk et de punk, bref un mélange de Guns and Roses, de Nirvana patiné d'un je ne sais quoi rebelle, on a du mal à placer ses membres dans une imagerie de militants écolo scontemplant la nature s'éveiller au lever du soleil dans un silence seulement ponctué des cris de mouettes rieuses.




Pourtant en juillet dernier, Shaka Ponk, qui, nous apprend Wikipedia, n'est pas si "no future" que ça puisque créé dans un esprit zen, bouddhiste avec un esprit métal, a décidé de mettre sa notoriété (et elle est grande, en témoignent les immenses foules qui se pressent à leurs concerts) et ses amitiés solides avec le monde de la musique et des médias au sens très large, au service de la protection de la planète.

Ainsi est né le projet The Freaks, qui pour l'instant, liste 22 gestes écolos qui, s'ils sont appliqués par tous, nous permettront d'éviter le pire, ou tout du moins de faire en sorte que le pire arrive le plus tard possible. Certains gestes sont super connus, d'autres plus rigolos, mais TOUS sont donc définitivement rock'n roll.

Leur site est ici.

Avouez qu'après avoir bavé devant les merveilles de la nature tout l'été (en vrai ou sur le fil instagram des copains), c'est le bon moment pour s'y mettre (et convaincre nos délicieux ados que se voir offrir le dernier iPhone pour la rentrée est vraiment ringard).


jeudi 28 juin 2018

Chaos calme



Passer deux heures - juste deux heures, avec une classe d'enfants de 8 ans pour une mini sortie au marché, vaut toutes les retraites en monastère, les joggings de 2 heures, monodiètes et binge-watching de série.
L'effet est le même : pendant ce temps, on en perd toute notion (de temps), sauf au moment-flash où, prenant la mesure de la situation, on se demande ce qu'on fait là. Et pourtant en fin de compte, on se sent régénéré, nettoyé de l'intérieur (et dans le cas présent, un peu sourd quand même).

Imaginez une troupe d'une trentaine de garçons de filles parfaitement entrainés, au jeu finement réglé par 10 mois passés en communauté dans un bocal de 10 mètres sur 8. Chacun son poste : celui qui rend tout le monde marteau à force de trop d'énergie, la fille super fifille qui pleurniche, la bande de potes qui ne pense qu'à jouer au foot, la rêveuse, le costaud qui adore l'orthographe...
Arrivés au mois de juin, ils sont tous au max de la connivence et de leur capacité à partir en Live sur un sourire.
Fermez les yeux deux minutes et essayez de vous souvenir de votre classe de CE1.
Vous y êtes.
La même.

Le tout assaisonné d'une bonne dose de soleil , de bruit, de cris de joie, de cavalcades et d'arrêts "hauts les mains peau de lapin" devant un détail qui, à nous, pauvres adultes aux yeux collés par trop de pensées parasites, n'avait pas d'importance : au hasard, la forme d'un fruit, une lézarde dans le mur, une publicité dans la rue.

(la suite après le saut)

jeudi 5 avril 2018

les voyages immobiles


Longtemps, je n'ai pas réalisé que je grandissais entourée de bibelots.

Longtemps, je n'ai pas remarqué que la colonie s'enrichissait petit à petit d'un mélange anachronique qui faisait fi des pays, des époques, des goûts esthétiques et des matières. Des petits cailloux ramassés sur chaque chemin de voyage, comme des amulettes, des passeports pour un retour immédiat sur des lieux de villlégiature longtemps rêvés, et que peut-être même, ils n'imaginaient pas voir en vrai un jour.

Longtemps, mon regard est resté indifférent devant ces témoins de voyages que je ne voyais que dans la lucarne du Super 8 pour des séances que je trouvais super barbantes : une pyramide, un fleuve, un marché, des arbres et des montagnes et de temps en temps, mes parents, souriants, posant devant l'objectif un peu tremblant de l'ami missionné pour tenir la caméra.

Jusqu'à ce qu'un jour une femme de ménage missionnée pour soulager ma mère qui devenait fragile, entra dans le salon et déclara que vraiment non, trop c'était trop et qu'elle refusait de faire la poussière de ces étagères surchargées. J'ouvrais alors les yeux sur cet assemblage hétéroclite, serré contre la cheminée comme sur un quai de train un jour où normalement il n'y a pas de grève,  et je classais sans trop y penser ce spectacle dans la catégorie des kitsheries parentales attendrissantes.

Quelques années plus tard, au détour d'une visite de musée, scotchée devant un discobole aux proportions parfaites, à l'origine et à l'authenticité dûment contrôlée, je vins à m'interroger sur mon manque d'étonnement devant ce vestige d'un passé fort fort lointain, venu d'un pays jamais visité. Puis le lendemain, après m'être frayée un passage pour apercevoir de loin le minuscule symbole de Bruxelles, je me surpris à ressentir ce même sentiment de déjà vu.

Ainsi donc, je me rendis compte que j'avais grandi, en toute ingénuité, au milieu d'une compilation géante, un best of des best of des monuments du monde et que mon cerveau avait enregistré dans la case "ça c'est bon Coco, on sait ce que c'est" une quantitéé non négligeable de symboles de la civilisation.

(N'empêche qu'en vrai le Discobole est vachement plus grand et que le Manneken Pis ne fait pas tire-bouchon. Et ça il fallait que je le vois de mes yeux pour m'en rendre compte. Ouf, toute forme d'innocence n'est pas perdue).


samedi 3 mars 2018

Bruxelles, une (première) fois





Armés du seul guide bleu Hachette (resté bien au chaud dans la chambre d'hôtel), de Pinterest et de Google, 2 jours complets à Bruxelles sans préparation, ni prétention.


Arrêt sur le chemin  : le  Louvre Lens,  3000 ans d'histoire en une heure et une cafétéria gentiment chauffée par le soleil à travers la baie vitré. Des gardiens (sans doute) champions du monde de la méditation à force de rester toute la journée dans le silence face à des oeuvres qui en ont vu d'autre, des groupes scolaires qui sautillent en attendant le gouter, des retraités qui profitent de leur  retraite et quelques RTT et congés payés, comme nous, qui prennent chaque minute passée loin du bureau et du chaos comme un cadeau.

L'hôtel des galeries : atterissage en douceur dans un numéro de Milk décoration. Ilôt contemporain et cosy au milieu de la Galerie Saint-Hubert, bulle de silence à deux minutes de la Grand Place et du parking du même nom. Le point de chute idéal pour des débutants en Belgitude pas ennemis de la boboïtude comme nous.

Ici : pour changer des frites, une néo-cantine (c'est comme ça qu'ils s'appellent) avec des jus verts, un tableau noir et tout plein de graines. Hyper bon et l'occasion de marcher un moment pour découvrir un quartier loin des touristes et des cartes postales.

Pour manger (quand même) des frites, des boulettes et boire de la bière : Le roi des Belges (Halles Saint Géry), les Gens que j'aime (pas loin de la Grand Place) et finalement tout le quartier Sainte Catherine et Saint Géry. Après avoir fait la queue dans le froid à 23 heures, l'esprit légèrement embué par la journée et la soirée, tenir dans ses mains un cornet de frites super chaud sonne comme un cadeau de Noël.

Eglises : se dire qu'on a loupé un truc en découvrant qu'on aurait pu appeler nos filles Gudule (comme la cathédrale) ou Wivine (que l'on prie pour guérir des maux de gorge dans l'église de la Madeleine), et plus généralement se frotter les yeux devant le nombre de chapelles et d'église de la ville. Aller évidemment se recueillir devant les portes (closes à 18 heures) de Notre Dame du Finistère (ça ne s'invente pas), faire un détour pour aller voir de plus près l'immmmmmmmeeeeeeeense Sacré-Coeur et finalement renoncer à allumer un cierge dans tous les lieux que l'on croise. Il y en a tellement que certains sites en dressent des classements.

Manneken Pis : c'est pas une blague, il est vraiment minus et parfaitement pas remarquable (si l'on fait abstraction de la nuée de touristes qui le prennent en photo), contrairement au Palais de Justice, dont on a renoncé à faire le tour, tellement grand et massif.

Le Musée Magritte, pour découvrir qu'on ne connait rien au surréalisme (et que le Musée ne nous aide pas beaucoup à y voir plus clair) mais avoir envie d'en savoir plus (et rester scotché devant certains tableaux). Regretter de ne pas avoir plus de temps pour voir les autres ailes du Musée Royal des Beaux-Arts.

Les Puces de la place du Jeu de Balle : tous les jours un joyeux déballage manifestement incontournable de toute visite dans la Capitale, pas loin du quarter Sablon et de ses antiquaires très chics.

La maison Dandoy : biscuits, pains sucrés, gateaux et friandises. Comme son nom l'indique. Et en plus leur adresse principale est rue au Beurre (décidément, les Belges sont-ils les cousins des Bretons ?)

L'Atomium. Sous le soleil.

Et la sensation qu'on aurait pu y passer encore plusieurs jours pour découvrir par exemple le Bois de la Cambre, les chocolatiers fameux, toutes les marques de bière que l'on a pas goutées et tous les restaurants recommandés par Brussel's kitchen dont la Guinguette en ville qui nous faisait de l'oeil mais qui était complet.


Plus d'idées sur ce tableau Pinterest.


PS : en illustration, un tableau de Magritte sans pipe ni chapeau.

dimanche 7 janvier 2018

L'enfer, c'est les autres





Je ne sais pas si c'est d'avoir regardé le secret des banquises ou bien de m'être perdue dans les abysses d'Instagram pour me rappeler que finalement l'endroit le plus beau du monde c'était mon canapé et le feu de cheminée devant moi, ou bien encore d'avoir retrouvé mes amis les manchots boudeurs (*) sur le quai bondé de la gare Saint Lazare mardi dernier, mais je suis tombée en arrêt devant cette agence de voyage qui propose pour un tarif ridiculement stratosphérique de vous faire passer des vacances de l'extrême, mais en tout confort, en Antarctique.

(la suite après le saut, histoire de reprendre mon souffle après cette phrase kilométrique)

dimanche 3 décembre 2017

Second chance




Moi je suis sûre que vous aussi ça vous fait plaisir que même Steve adopte ce t-shirt.

A force d'être assommé H24 de discours de winners de la win qui gravissent l'Everest en slip, la peau impeccablement bonzée, les abdos au poil et l'esprit parfaitement aligné par une heure de méditation quotidienne, on finit par oublier qu'il existe, planquée juste derrière cette sublime place d'honneur au panthéon de la victoire, une autre position, celle de Second.

Si vous êtes né.e au 20ème Siècle, la place de second est pour vous synonyme de Poulidor, cycliste éternel challenger toute sa carrière, abonné aux seconds rôles. Poulidor, c'est la lose sympathique, le bon gars qui a du talent, que tout le monde aime bien, parce qu'il n'a pas cette morgue du vainqueur, cet air supérieur de celui qui tutoie les étoiles comme nous on tape dans le dos de notre boucher.
A les écouter, du haut de mes pas si vieilles années,  Poulidor c'était le gars sympa, mais c'était aussi le gars que personne ne voulait être. Parce qu'aussi arrogant soit-il, le vainqueur faisait quand même vachement plus d'effet.

Aujourd'hui, cette idée prend un peu l'eau on dirait.
D'abord parce qu'à moins d'être Steve Austin (ou Barack Obama, ou Thomas Pesquet, ou François Gabart, ou Marie Curie), tout le monde ne peut pas être leader tout le temps. Tout le monde ne peut pas être leader par définition. Sinon ça s'appelle une armée mexicaine (pas sûre que cette expression soit follement politiquement correcte en 2017), une compétition sans enjeu.

Mais on dirait qu'à côté de cette conception binaire de l'existence (gagnant - perdant), la question est moins d'être le premier que d'en être simplement. Et la place de second re-prend alors toute sa place.
Etre dans le projet, y participer, y apporter sa contribution à la mesure de ses talents, prendre sa place dans l'équipe peut être aussi satisfaisant que de diriger cette équipe et d'en être le leader couvert de gloire.

Une conception de la vie où tout à coup, ne pas coiffer pas tout le monde au poteau n'est pas la preuve évidente d'un renoncement, d'un manque d'ambition ou d'une faiblesse de caractère, mais plutôt d'une conception de la vie où on choisit ses objectifs et ce que l'on a envie de donner ou d'atteindre, tant que cela nous permet d'avancer sur notre chemin.


Et ça, un dimanche aprem, c'est drôlement réconfortant, non ?

lundi 13 novembre 2017

Se faire des noeuds au cerveau



Hellovader



Est-ce que regarder des vidéos de broderie peut être considéré comme "créer un climat propice à la réflexion dans le but de produire un contenu utile et enrichissant à destination d'étudiants en journalisme ?".

S'il est entendu qu'il (me) faut consacrer toute mon attention à un sujet qui n'a rien à voir pour finalement trouver l'inspiration qui me fera produire un contenu de qualité à destination professionnelle, ne faut-il pas s'intéresser à la nature même de ces détours ?

Et dans le cas présent, est-ce que le fait de regarder des vidéos de broderie pour apprendre à faire un point de chainette alors que la seule boucle que l'on maîtrise est le noeud de chaise peut être considéré comme un signe envoyé par ses neurones ?


mardi 31 octobre 2017

Flemme, ennui et vacances scolaires


Photo Thomas Lélu sur son compte Instagram



Passer deux semaines de vacances à la maison, avec un.e enfant, sans ami à proximité, tout en imaginant pouvoir se ménager quelques heures de travail par jour invite à s'interroger sur son rapport à la productivité, au temps qui passe et à l'ennui.

Nous avons donc d'un côté une adulte qui rêve de pouvoir allumer son ordi et expédier ce fameux dossier XX0 avant de s'effondrer sur le canapé pour terminer le roman commencé début septembre, voire faire une sieste, voire regarder le dernier épisode de This is US raté dimanche dernier. Attention, la réalisation de cet objectif est semée d'embûches et implique d'abord de surmonter l'immense poil de la main, l'incommensurable flemme qui nous saisit à chaque fois que le mot XX0 s'affiche devant nos yeux.

Et de l'autre une enfant, heureuse comme un bernique accroché à son rocher, toute à sa joie de pouvoir enfin voir sa mère plus de 2 minutes le soir, et ailleurs que dans la salle de bains où celle-ci vérifie un brossage de dents qui sinon resterait une douce chimère parentale. Enfant, qui bien évidemment, n'est pas particulièrement de nature contemplative, et qui, rapidement, montre les signes d'un ennui absolu.

(...)

vendredi 27 octobre 2017

Drôle d'endroit pour une rencontre




Il y a comme ça des photos qu'on ne se lasse pas de voir. Comme cette série de Jean-Pierre Bonnotte pour Gamma documentant la sortie en mer en 1968 d'Éric Tabarly, Alain Delon et Brigitte Bardot.

En 1968, Éric Tabarly a 37 ans, c'est un marin déjà célèbre, encore officier de marine, qui a déjà gagné beaucoup de courses. Cette série de photos est prise l'année où sort du chantier Pen Duick IV, un trimaran géant et révolutionnaire qui sera cédé deux ans plus tard à Alain Colas, qui le rebaptisera Manureva  avant de gagner une Transat en 1972 et de disparaitre ensuite, permettant à Alain Chamfort d'alimenter les ondes des radios pour les 40 ans qui suivent. Éric Tabarly est alors (et le restera) un gars guère bavard en société, vraisemblablement plus à l'aise en slip de bain et baskets sur son bateau qu'en smoking sur les tapis rouges de la croisette.

En 1968, Alain Delon a 33 ans, il a un fils de 4 ans et va divorcer cette année de sa première femme. Il est (ou va le devenir) amoureux de Mireille Darc. C'est aussi l'année où il est à l'affiche de 5 films dont La Piscine dans lequel il joue avec son ex, Romy Schneider. Le gars qui chôme pas en quelque sorte.

En 1968, BB a 34 ans, c'est une immense star qui ne peut pas faire 3 pas sans qu'une horde de photographe n'apparaisse. L'année précédente elle s'est fait fouetter par Alain Delon pour un sketch de Louis Malle tourné à Rome, intitulé "William Wilson", faisant partie du film "Histoire Extraordinaires" de Louis Malle, Roger Vadim et Federico Fellini, acclamé par la critique.
Ca crée des liens.


Drôle d'équipage donc pour une sortie en mer dont le seul témoin est une série de photos atteignant un niveau de glamour rarement retrouvé depuis. Et le web, habituellement si bavard se révèle muet sur les conditions et circonstances de cette rencontre, nous laissant libres, pour une fois, d'imaginer ce qu'on veut.








lundi 23 octobre 2017

Jouer avec les mots


Ufunk





Un livre d'illustrations pour retenir l'orthographe en faisant appel à notre mémoire visuelle, ça vous dit ? Aujourd'hui, je vous invite à découvrir cette super série de Sandrine Campese éditée aux éditions Le Robert. Après le succès rencontré par ses deux premiers livres destinés aux adultes, la spécialiste de la langue française édite cette fois une version savoureuse pour les enfants.

Sur le lien sous la photo vous découvrirez quelques exemples. C'est malin et efficace.

Et sinon, dans le même fil, vous pouvez également aller jeter un oeil au travail de Joël Guenoun, un graphiste qui a le sens des mots et des concepts tout en un.
Tous les mardis ils traduit en image un point d'actualité (ici)et sinon on peut trouver un échantillon de son travail sur son site.
Là aussi c'est malin, épatant même, et ça donne envie de regarder le français d'un autre oeil.

Bonne semaine !







mardi 17 octobre 2017

english vocabulary : trigger may be the tiger


Miles and Miles




trigger

 /ˈtrɪɡə/
WordReference Random House Learner's Dictionary of American English © 2017
trig•ger /ˈtrɪgɚ/  n. [countable]
  1. a small tongue in a gun that, when pressed by the finger, fires the gun.
  2. a device pulled or pressed to release something.
  3. anything that causes a reaction:a trigger for the fight.

v. [+ object]
  1. to cause or begin (a chain of events):Inflation triggered unemployment.
  2. to fire or explode (a gun, etc.) by pulling a trigger.


Dans l'épisode 3 de l'émission A voix Nue de France Culture (oui, je suis retournée courir ce matin), Jean Rochefort raconte comment Jean-Pierre Marielle a su trouver les mots pour le sortir de la torpeur dépressive d'un mariage malheureux et d'un échec incompréhensible au Conservatoire.
Afin de le convaincre de se rendre à une audition pour intégrer une troupe de théâtre, à court d'argument, Marielle dit ainsi à son ami "Le bus est direct" et, contre toute attente, cette phrase anodine se révèle un déclencheur suffisant pour que Jean Rochefort se rende à l'audition, soit engagé et passe 7 ans dans cette troupe de théâtre.
"Le moindre petit détail peut donner du courage et Marielle m'a sauvé" conclut Jean Rochefort.



For english readers : sometimes, out of the blue, you get the tiny itsy bitsy sparkle you need to do what seemed completely out of reach the moment before. And sometimes it changes your life. That is what happened to a very famous french actor, recently gone, who recalls how his friend, by giving me the most odd and random advice triggered his career.



PS : rien à voir mais la photo illustrant ce post est tirée du site d'un couple, Sarah Murphy et Stefaan DuPont qui voyage à travers le monde et qui en profite pour poursuivre les activités de son studio de création. C'est beau, ça fait rêver.








vendredi 13 octobre 2017

Oxymore (is never enough)




Oxymore : figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires (Exemple : un silence éloquent). Dictionnaire Larousse

Il y a comme ça des alliances qui paraissent impossibles et qui pourtant, quand on s'y colle avec un peu de curiosité, se mettent à fonctionner comme des pièces de puzzle parfaitement emboitées.


mardi 10 octobre 2017

A propos de l'élégance et des vêtements





Les vêtements, ça a quelque chose de futile, d'énervant, de saoulant, d'indispensable et de négligeable. 

Preuve en est l'uniforme que nombre d'entre nous revêtons chaque jour pour ne pas avoir à nous poser l'épineuse question qui met le bazar dans notre organisation millimétrée du matin "mais qu'est-ce que je peux mettre". 

On a aujourd'hui, et c'est heureux, le plus souvent le privilège de choisir son uniforme.
L'uniforme peut être un pantalon noir et des baskets ou un costume bleu marine avec une chemise blanche (Hello Barack) ou un pull bleu avec un jean brut et des boots (Hello Jean) ou un total look Décathlon. Si l'habit reste un marqueur social, les coutures s'en sont un peu détendues et à moins de travailler dans la banque ou dans l'assurance, l'éventail des propositions est large et chacun peut composer sa panoplie presque comme il l'entend.

Et pourtant, la fashion week vient de se terminer (mais va-t-elle vraiment s'arrêter ? J'ai l'impression qu'elle est toujours en ligne quelque part), nous sommes assaillis de propositions plus ou moins alléchantes pour renouveler sans cesse notre penderie, et bon sang de bon soir, l'habit, quoi quoi dise, quoi qu'on fasse, fait encore bien souvent le moine.

On peut le prendre comme une tannée, une injonction insupportable, de la gourmandise ou une malédiction.

Sophie Fontanel, elle, passionnée par les vêtements, a une toute autre explication, qu'elle nous livre à l'occasion d'un hommage rendu à Jean Rochefort, disparu dimanche soir.


"Je vis les cardigans dans des couleurs dingues quand personne n'en portait. Je vis les grandes écharpes rouges, les trenchs verts, les pantalons de velours qui ne faisaient pas penser à mes professeurs d'université mais à un excentrique Hongrois. Et je vis le lien, entre ce chic libre et décalé, et la vie sexuelle.
Et je compris que les vêtements expriment la suite de ce que la peau voudrait dire. Et je compris de lui, là, qu'il disait au monde qu'on n'a jamais le droit de s'emmerder."


Ainsi donc, la manière dont on s'habille peut aussi être le vecteur silencieux d'un message subliminal, le vecteur de notre humeur au monde, de notre vraie nature intérieure.

L'élégance de Jean Rochefort n'était pas d'être un clone des tendances de la mode, elle n'était pas non plus de s'afficher avec un SMIC sur le dos. Non, elle était de laisser libre court à sa fantaisie et de laisser voir son élégance et sa liberté intérieure.

Prenez une moche personne et habillez là avec une panoplie de Jean Rochefort, et il sera au mieux ridicule, au pire affligeant.

Et ça c'est rassérénant non ?


L'intégralité de l'article (avec un titre qui ne le sert décidément pas) est à retrouver ici : "le style de Jean Rochefort a marqué une époque"

mardi 3 octobre 2017

Je suis un héritage

Catwalking/Getty Images on Man repeller

Demna Gvasalia, créateur de Balenciaga, est né en Géorgie en 1981.
Il a donc 36 ans, ce qui fait de lui, non pas un poulet de l'année ni vraiment un Millenial mais ce qu'on pourra appeller un fringant représentant des glorieuses 30's, cette tranche d'âge qui fait super peur aux vingtenaires et déclenche une irrépressible nostalgie chez les 40 ans et plus.

A chaque saison, Demna puise son inspiration dans le passé et la twiste (avec ce qu'on imagine être de la jubilation) pour proposer des silhouettes... euh... différentes.

Pourtant, passé le premier choc de voir passer un manteau à 4 manches ou des crocs à plateau couleur  crayola sous acide, il reste au fond de mon crâne un sentiment de vague réconfort et l'envie irrépressible de trouver ce créateur formidable.

Mais pourquoi diable me direz-vous ? Serait-ce un signe supplémentaire de mon aliénation à la dictature de l'image ?

Même pas.

Après d'intenses recherches et réflexions, le visionnage intensif des photos qui créent dans ma rétine une explosion de silhouettes dégingandées en technicolor, bam, la révélation.

Demna me plait parce que Demna parle à l'ado en moi.
A l'ado qui a porté fièrement son pull sur ses épaules par dessus une chemise à rayures de son père.
Qui a accroché à ses oreilles des grosses créoles en plastique bleu et porté son Burberry crânement ouvert par -10°c.
Qui a eu un sac banane et une ceinture chaîne.

On avait cru qu'il faudrait vivre toute notre vie avec cette croix d'avoir grandi dans les terribles 80's avec leur parfum de skaï et de débauche de signes extérieurs de bourgeoisie un peu moisie. Alors qu'il fallait juste attendre que la roue tourne. Ouf.

PS : plus de photos du défilé ici

lundi 25 septembre 2017

English vocabulary : emotions in motion


Print Nageurs - Loi Taylor Studio sur Etsy


Vous êtes fascinés par cette capacité qu'ont les anglophones à transformer leur langue comme si c'était un chantier perpétuel, accolant joyeusement les syllabes pour former de nouveaux mots au gré de leurs inspirations et de leurs besoins, piochant allègrement dans les langues voisines pour ne pas avoir à chercher dans les méandres de la leur.
Car vous êtes comme moi, traumatisés par des années d'annotations rageuses et excédées au bic rouge dans la marge de vos rédactions, qualifiant de barbarisme le fruit de votre imagination débordante en matière de vocabulaire.
Barbarisme, soit rien de moins qu'un attentat à l'intégrité de notre raison d'être Français, personnifiée, dans l'esprit fertile d'un enfant de moins de 10 ans, par un soldat sanguinaire en peau de bête attaquant au sabre les pauvres lettres tremblantes de notre Bled.
De quoi frustrer à tout jamais votre quête d'horizon linguistique.


lundi 4 septembre 2017

Biarritz surf gang






6 minutes : c'est le temps moyen passé dans la file d'attente de la caisse de Monop un jour de rentrée, un aller simple Colombes-Paris avec les nouveaux trains, a leisurely stay in the loo, la durée de cuisson tendre des coquillettes du soir, le bain de la dernière qui s'amuse avec ses Playmo, le temps de pause d'un masque fraicheur Daniel Jouvance, et surtout le temps de visionnage moyen d'un épisode de cette série qui décoiffe sur le surf.

Si pour vous ce sport est synonyme d'art de (bien)vivre, en harmonie avec une nature somptueuse,  de filles dorées par le soleil et d'abdos en béton surmontés de cheveux décolorés, alors vous allez vous prendre une bonne petit claque en regardant cette série en format court, développée pour être lue sur mobile.

Où l'on découvre à travers des témoignages et des images d'archives la vraie vie du premier et seul gang de surfeurs de la grande plage de Biarritz : le Biarritz Surf Gang, une soixantaine de jeunes plus proches de l'esprit des Sex Pistols que des planchistes ripolinés de nos fantasmes de Beach Boys.

C'est finement réalisé, jamais ennuyeux et vraiment étonnant.

La série est disponible sur la plateforme de distribution des formats courts de Canal+ : Studio +, depuis quelques mois, mais la bonne affaire c'est qu'elle est accessible gratuitement en ce moment.








Les infos sur cette série dans cet article du Monde et le nom de l'appli : Studio + à télécharger gratuitement (Les épisodes de Biarritz surf gang sont gratuits jusqu'au 15 septembre.  Ensuite, si le principe vous plait, c'est 2,99 euros par mois, sans engagement pour accéder à tout le catalogue du site).

mercredi 30 août 2017

Rester en vacances



Imaginer le 30 août qu'il va nous falloir 11 mois avant de respirer de nouveau à pleins poumons et d'ouvrir nos yeux sur les beautés du monde est une perspective que nous nous accorderons à trouver toute à fait propre à déclencher des idées noires. 
Y ajouter par dessus le fameux "tunnel du mois de septembre" et sa litanie de soirées les doigts plein de scotch et de papier cristal et là c'est le suicide qui devient inéluctable.


Au risque de décevoir un certain nombre d'entre vous, dormir avec sa fouta de bain au sable incrusté dans les fibres n'apparait PAS comme la solution la plus mature ni la plus agréable de prolonger votre été (déjà senti un coquillage après quelques semaines sur une étagère ? Alors, vous voyez ce que je veux dire). 

En revanche (et là je vous vois pousser un soupir de soulagement) il existe des moyens à l'efficacité merveilleuse de prolonger le doux sentiment de plénitude du mitan de vos vacances.


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